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Date: Thursday, 07 Dec 2006 21:41

Après trois années utilisation, où en est-on de l'utilisation de notre E.N.T au sein du lycée ?

Comme je l'avais écrit précédemment, sans volonté administrative, dans nos structures fortement hiérarchisées et très lourdes, il n'y a pas de réalité sur le terrain.

Certaines personnes donnent de l'impulsion, d'autres non.

La plate-forme avait pris son régime de croisière et donnait entière satisfaction depuis deux années pleines.

Les enseignants y saisissaient les absences élèves, s'échangeaient des mails ou des documents via la base de données documentaire.

Si un ordinateur, une imprimante, un logiciel ne fonctionnaient plus, ils pouvaient, grâce au module de maintenance, saisir un descriptif des problèmes, localiser le poste dans l'établissement et cette saisie était automatiquement dirigée dans la messagerie de l’enseignant chargé de la maintenance.

Il y avait là une fluidité et une réactivité qu'aucun papier n'aurait pu égaler, mais voilà maintenant tout cela est fini.

Le système a été jugé trop lourd (?!) et de nouvelles règles de fonctionnement viennent de voir le jour.

La saisie des absences élève est maintenant rédigée sur papier, et une structure pyramidale contenant plusieurs personnes a été mise en place pour gérer le problème de la maintenance. Les liaisons multidirectionnelles (qui fait quoi, comment et où)entre ces intervenants et la personne découvrant une panne sur un ordinateur, une imprimante ou un logiciel est bien sûr assuré par du papier.

Les points d'entrés quotidients qu'étaient la gestion des absences et le signalement de problèmes étant enlevés, les enseignants n'utilisent plus l'Ent. Donc, celle-ci est vouée à disparaitre tout doucement.

La conclusion amère, que je pourrais avoir à l'heure actuelle, c’est que seul on peut avoir de bonnes idées, on peut les développer et, aidées par les bonnes personnes, ces idées peuvent évoluer et rendre service à la collectivité. Mais voilà tout à une fin et ce qui a existé pendant des années vient donc d'être freiné voire arrêté d'une manière sèche et très efficace : les nouvelles procédures.

Il y a des jours où je regrette le pragmatisme qui m'animait quand j'avais ma propre société d'informatique et où seule l’efficacité primait. Les temps changent, et selon les structures les critères d’efficacités ne sont décidément pas les mêmes !

Voilà, c’est la fin de cette série de billets sur la naissance, la croissance et l’accident de parcours d’une ENT.

Author: "jlbaptiste" Tags: "Jean-Luc Baptiste"
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Date: Friday, 01 Dec 2006 23:54

Un site trouvé au hasard de mes séance de veille vient enfin de m'éclaire sur la relation entre SDET et le Géant de Redmond.

Attention : passer en mode plaisanterie...

Il suffit pour le savoir de consulter la page http://www.microsoft.com/college/ft_softdesengtest.mspx

dont j'extrais cette phrase pleine de saveur :

"Ultimately, as an SDET it’s your input that can make the difference between joy and frustration for the customers."

et encore une autre :

"Part of the fun (for a SDET) is how creative you can be devising ways to manipulate, crush, and sabotage software into submission—while creating innovative testing technologies along the way."

Me dire s'il est utile de les traduire !

Etonnant non ?

:-)

Author: "fbocquet" Tags: "Analyses et réflexions, François Bocqu..."
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Date: Tuesday, 19 Sep 2006 17:47

Je profite de l'annonce de faite lors du discours de rentrée par le Ministre lui même à propos des usages des ENT pour tenter de clarifier les termes utilisés et explorer un peu avant les évaluations qui sont proposées.

La source de base est disponible sur le web :
Plan en faveur des technologies de l'information appliquées à l'éducation
Discours - Gilles de Robien 14/09/2006

Je cite ici l'extrait qui m'intéresse :
"Rappelons qu'aujourd'hui 300.000 élèves du secondaire utilisent couramment les E.N.T.
C'est déjà bien, mais nous devons faire mieux et aller plus vite, notamment pour équiper les écoles primaires, où les espaces numériques sont encore insuffisamment développés."

Je ne suis pas certain de partager le même sens pour ces termes "utilisent couramment" surtout quand j'observe ce qui se passe sur le terrain (en particulier celui du supérieur mais pas seulement).

Peut-être serait il utile de nous mettre d'accord sur les termes utilisés et de se poser quelques questions ?

Ainsi le verbe "utiliser" sur le Petit Robert renvoie à la notion de "pratiquer" dont le 3ème sens nous intéresse particulièrement : "Employer (un moyen, un procédé), avoir (une activité, un comportement), d'une manière habituelle."

L'utilisation du terme "couramment" ("sans difficulté, avec aisance, naturel" et "d'une façon habituelle, ordinaire" toujours d'après le Petit Robert) renforce l'affirmation que 300 000 élèves de notre pays, leurs enseignants et sans doute leurs parents emploient de façon "habituelle et ordinaire, sans difficulté" des outils numériques pour exercer leur activité quotidienne (construire des connaissances et acquérir des savoir-faire dont apprendre à apprendre).

Comme on le verra plus bas, ce nombre me parait excessivement élevé et ceux qui l'on proposé au Ministre n'emploient sans doute pas ces termes de la même façon que moi.

Il est possible que 300 000 comptes aient été créé dans le cadre des expérimentations en cours depuis prés de 2 ans. Il me paraît peu probable que ces 300 000 comptes créés soient "utilisés couramment".

Pourquoi ?

Je circule dans de nombreuses régions et départements et je dispose de données chiffrées dans les usages d'ENT dans le Supérieur. c'est ce qui m'amène à m''interroger sérieusement sur l'utilisation de ces termes.

Nous suivons depuis la rentrée 2003 la montée en charge de l'usage des ENT dans le Supérieur en Région Rhône-Alpes.

Nous avons en effet suivi les requêtes du ministère en plaçant des indicateurs Xiti (visibles par le Ministère) et en ajoutant de nombreux indicateurs.

Une observation de ces sources statistiques fiables permettent de constater que les meilleurs scores obtenus sont proche de 50 % d'utilisateurs réguliers par rapport aux comptes créés.

Je fais l'hypothèse que, pour obtenir ces scores, un ensemble de conditions doivent être réunies sur une période suffisamment longue dans une organisation éducative.

Qu'est ce qu'un utilisateur régulier pour moi : c'est un utilisateur qui se connecte en moyenne 2 fois par jour ouvré soit entre 10 et 12 fois par semaine (par exemple une fois pour de la vie scolaire et une fois pour son bureau virtuel par exemple ou pour des documents).

Ainsi à l'Université Lumière Lyon 2, qui dispose d'un ENT pleinement fonctionnel depuis septembre 2003, il y a de l'ordre de 30 000 comptes actifs dans l'annuaire (étudiants, enseigants et personnels). Entre 14 000 et 18 000 utilisateurs différents se connectent par jour à l'ENT et les utilisateurs ont en moyenne par semaine de l'ordre de 10-12 sessions différentes.

Pour arriver à ce résultat, l'université Lumière Lyon 2 a mis en place de façon suivie depuis 4 rentrées un ensemble d'actions cohérentes :
1- elle a choisi des outils qui correspondent au public cible et les améliore sans cesse sur la base de leurs remarques (briques applicatives et socle)
2- elle a mis en place des stratégies de formation et d'accompagnement très lourdes : plus de 22 000 étudiants formés en stage de 4 jours en début d'année suivi de 50 heures de formation TIC en première année avec certification C2I à la clé
3- elle a mis en place une forte politique de communication qui est répétée depuis 4 rentrées et elle a réalisé des manuels utilisateur en papier distribués à près de 50 000 exemplaires depuis 2003 -télécharger la dernière version pdf 3,1 Mo NB : ces manuels sont sous licences Creative Commons-)
4- elle à augmenté le nombre de machines disponibles en réel libre service (plus de 500 machines dédiées dans des salles avec des moniteurs), lancé le dispositif MIPE depuis maintenant 5 ans, ouvert 62 points d'accès wifi gratuits et mis en place un service de support dédié).

A titre de comparaison deux établissements de Rhône-Alpes tendent vers ces résultats : l'Université de Savoie annonce approcher d'un tel résultat tout comme l'ENSSIB.
La première dispose de son portail et de ses outils depuis près de 7 années et les étudiants ont été progressivement formé à cet outil. La seconde est une école qui utilisait préalablement les mêmes outils que ceux qui ont été intégrés (il n'y a donc sans doute pas de rupture dans la représentation que ce font les usagers de ces outils).

Voici maintenant un exemple contraire :
La région Rhône Alpes a décidé avec les établissements de mettre en place un bureau virtuel en octobre 2003. Celui ci a été choisi sans les universités en février 2004. Il devait rentrer en fonction en mai 2004 mais de nombreux problèmes liés à l'efficaité des technologies utilisées ont repoussé un démarrage effectif à la rentrée universitaire 2005.
167 625 comptes étaient annoncés en janvier 2006 (les derniers chiffres indiquent de l'ordre de 153 000 utilisateurs).

Il a donc naturellement été annoncé par la Région comme par l'éditeur qui visait d'autres marchés en France qu'il y avait plus de 165 000 utilisateurs dans les établissements d'enseignement supérieur de Rhône-Alpes.

Mais regardons les chiffres de plus près :

Pour être précis, ces comptes en fait sont les entrées d'annuaire des universités recopiées dans l'annuaire de la Région Rhône-Alpes : ce sont des comptes en devenir (potentialisés).

Dans les faits, fin février 2006 (soit deux ans après le début du projet), un peu de moins de 27 000 utilisateurs avaient activé leur compte et 8 000 utilisateurs différents se connectaient par semaine (soit moins de 5% des utilisateurs potentiels) pour un peu moins de 4 sessions différentes par semaine. Ces chiffres n'avaient quasiment pas changé en mai dernier (voir les chiffres publics sur le site de l'Université de Lyon).
Deux années après le début d'un projet en généralisation, seul 1 utilisateur sur 20 est un devenu un utilisateur régulier alors même que nous sommes nombreux à nous demander comment on peut étudier sans utiliser un ENT !
Il s'agit bien sur de valeurs moyennes car certains établissements ayant fait d'importants efforts d'information et de formation étaient à plus de 12 % d'utilisateurs réels alors que d'autres parmi les plus plus importants en volume étaient à moins de 1% !
A noter que, dans de nombreux cas, les étudiants ne disposaient pas d'autres services numériques que ceux mis à disposition par la Région ce qui aurait du augmenter de façon significative le nombre d'utilisateurs.

Quel chiffre doit on retenir de cette analyse sommaire (qui mériterait d'être affinée sur bien des points) :
- celui de 167 625 utilisateurs déclarés (courants ou potentiels) ou celui des 8 000 utilisateurs réels ?
- celui de moins de 5% d'étudiants utilisant couramment le bureau virtuel par rapport aux utilisateurs potentiels ?
- celui de 3 utilisateurs sur 4 ayant activé leur compte au moins une fois mais ne l'utilisant plus ?

Et bien sur je ne parle pas des calculs du coût total de possession d'un tel service numérique car le calcul des coûts se fait bien souvent sur les utilisateurs potentiels et jamais sur les "utilisateurs réels" : le chiffre en euros serait bien sûr affolant pour toutes les collectivités !

Il y a bien sûr d'autres exemples du même tonneau dans le secondaire qu'il faudrait étudier de plus près.

Pour terminer, quelques questions pour susciter des commentaires :

  1. Qui a intérêt à laisser croire qu'il y a énormément d'utilisateurs effectifs ?
  2. Est ce que ce type de message nous aidera à progresser dans les usages réels de ces ENT ?
  3. Est ce qu'un ENT qui marche, c'est un ENT qui peut potentiellement être utilisé par beaucoup de monde ou un ENT qui est utilisé couramment par un nombre raisonnable d'usagers ?
  4. Ne faut il pas reprendre les problèmes à la base et les résoudre ?

- disposer d'ENT et surtout de briques applicatives adaptés aux publics et à leurs attentes (et pas forcément d'outils dont l'ergonomie est adaptée aux cadres entreprises mondialisées que l'on tente de rendre utilisable par des enfants du cycle 2 jusqu'aux jeunes adultes de nos universités), ne pas partir tout de suite sur des outils à tout faire mais se centrer sur quelques applications clés.
- insister sur la formation et l'accompagnement (en général il n'y a quasiment plus de budgets pour ces missions et l'EN fait ce qu'elle peut souvent avec les moyens du bord -entendons par là à moyens constants-)
- rendre publiques les statistiques d'usages comme cela à été fait en Rhône-Alpes dans le Supérieur afin de disposer d'outils d'évaluation incontestables et publiques (ce qui suppose de revoir les systèmes de comptage effectifs).

5. Ne faut il pas insister également sur les expériences qui ne fonctionnent pas et arrêter de diaboliser des projets qui compteraient des centaines d'utilisateurs réellement investis ?
6. Ne peut-on croiser les données avec les éditeurs de contenus numériques (qui doivent disposer de statistiques précises) ?

A bientôt pour en discuter...

Author: "fbocquet" Tags: "Analyses et réflexions, François Bocqu..."
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Date: Tuesday, 19 Sep 2006 16:17
Ouvert depuis le début de l'année scolaire, le blog des espaces numériques de travail (ENT) dans l'éducation s'interrompt. Une synthèse par épisodes et une réunion de clôture en tirent les enseignements.

D'octobre 2005 à juin 2006, 19 acteurs de terrain engagés dans des projets d'"Espaces numériques de travail" (ENT) en éducation, ont rendu compte de leur expérience sur le blog www.ent-leblog.net

Ce projet, mené par la FING et le Café Pédagogique et soutenu par plusieurs petites et grandes entreprises du secteur (Bordas-Nathan, CNS, ContactOffice, Encyclopaedia Universalis, France Télécom, HP, Kosmos, Lesite.tv - France 5 / Sceren CNDP, Microsoft), méritait une synthèse de qualité. Celle-ci a pris deux formes complémentaires :


La synthèse en ligne en 6 billets

La liste des thèmes repérés dans les billets et les commentaires alterne les thèmes relatifs aux usages et ceux relatifs à la technologie. N'hésitez pas à apporter vos propres commentaires !

1- La relation pédagogique (publiée le 21 mai)

2- Les ressources (publiée le 28 mai)

3- La place des blogs (publiée le 4 juin)

4- Libre vs propriétaire (publiée le 10 juin)

5- Un cahier de textes en ligne (publiée le 18 juin)

6- Normes, standards, interopérabilité (publiée le 23 juin)

 

Un séminaire de synthèse à Paris (7 juillet)

Seminaire ENTLe 7 juillet à la Cité des Sciences et de l'Industrie de Paris, les contributeurs et les animateurs du blog, les partenaires, ainsi que plusieurs acteurs des ENT venus de toute la France, se sont retrouvés pour échanger leurs expériences et réflexions.

Vous pouvez retrouver le compte-rendu audio de toutes les interventions >>

 


Le blog restera en ligne. Nous espérons que les contributions qu'il contient, et la synthèse contributive que nous vous proposons ci-dessus, aideront les acteurs de terrain et ceux qui s'engagent aujourd'hui dans des projets ENT.

Merci encore à tous les contributeurs : Xavier Aubrun, Jean-Luc Baptiste, Philippe Bernier, François Bocquet, Benjamin Clerc, Fabien Cregut, Michèle Drechsler, Bernard Garcin, François Giroud, Yves-Armel Martin, Pierre Mathieu, Carol McAlister, Christian Perrier, Jean-Paul Pinte, Jackie Pouzin, Patrick Richard, Fabienne Saint Germain, Michel Sauvade, Donat Wantz.

Author: "Daniel Kaplan"
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Date: Tuesday, 19 Sep 2006 14:11

Ou ce blog est mort, ou ma montre s'est arrêtée ! (d'après un comique connu).

Est-il encore utile de contribuer ?
Y at'il encore des lecteurs et des responsables de la publication ?
Les archives vont elles vivre encore ?
tenez nous au courant :-)

Amicalement

Author: "fbocquet" Tags: "François Bocquet"
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Date: Tuesday, 18 Jul 2006 14:46

Vous avez suivi depuis le mois de septembre 2005 l'aventure du blog des ENT. Afin de mettre un visage et une voix sur les contributeurs qui ont fait vivre le blog, nous vous proposons un compte-rendu audio (et quelques photos) de la journée de clôture du 7 juillet dernier.

Philipebernier_3
Philippe Bernier

 

 

 

 

Fsg
Fabienne Saint Germain

 

 

Ms
Michel Sauvade

 

 

 

Pm
Pierre Mathieu

 

 

 

 

Yam
Yves Armel Martin

 

 

Author: "Daniel Kaplan" Tags: "Analyses et réflexions"
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Date: Friday, 23 Jun 2006 18:18

Dernière note de synthèse avant la rencontre du 7 juillet. Un sujet très technique pour lequel je dois reconnaître mon peu de compétence et avouer un certain manque d’intérêt. Et pourtant, c’est un sujet éminemment important nous dit-on. Il n’est d’ailleurs pas seulement technique mais carrément politique puisque le contrôle des standards est une arme essentielle dans la compétition industrielle, en particulier dans le domaine de l’informatique.

Dès janvier, François Bocquet publiait un long billet sous ce titre : pourquoi les ENT doivent respecter les standards ? Au départ, l’affaire paraît simple : il vaut mieux respecter les standards que ne pas le faire nous dit-il ; que des avantages d’un côté, la catastrophe de l’autre. Le choix est donc vite fait. L’interopérabilité est de la même farine : être interopérable, c’est avantageux, ne pas l’être, c’est le désastre assuré. François rappelle que le schéma directeur des environnements de travail (SDET) invite les développeurs d’ENT à respecter les standards en vigueur. Et Nicolas Chung, co-auteur du SDET, vient le rappeler dans un commentaire : les standards du moment ont beau être complexes et évolutifs, il vaut toujours mieux s’y conformer que de ne pas le faire.

Voilà donc. La synthèse aurait pu s’arrêter là. J’avoue que je n’en aurais pas été fâché.

Mais non. Le texte de François et les commentaires qu’il suscite montrent que les choses ne sont pas aussi simples. Il se trouve en effet qu’un éditeur puissant a pris la mauvaise habitude de ne pas respecter les standards ou plutôt de les faire évoluer à sa guise. Or, non seulement, ce mauvais sujet n’est pas puni de cette vilaine action, mais il en tire même des avantages inouïs, puisqu’il se trouve ainsi abrité de la concurrence. On nous a bien dit que les standards, ce n’est pas de la morale mais une arme de guerre industrielle. En tous cas, nous voilà ramenés aux discussions enflammées d’une note précédente sur les logiciels libres. Derrière la gentillette question du standard (tu le respectes, c’est bien, tu ne le respectes pas, c’est mal) s’en profile une autre, plus sournoise qui oppose « celui qui a créé son propre standard » à « ceux qui respectent le standard commun ».

Un autre sujet, proche de celui-ci, concerne l’indexation des données que nous avons évoqué dans la note de synthèse sur les ressources.

Le groupe de travail Sesamath-ENT dont témoigne Benjamin Clerc dans l’un de ses billets consacré à l’indexation des ressources  a choisi de mettre en place une double indexation : par les compétences et par les mots-clés. Cette approche suppose que soit construite une arborescence de compétences facilement lisible par tous les enseignants. C’est à quoi s’emploie le groupe Sésamath. Les commentateurs du billet rappellent à Benjamin qu’il existe une norme pour les ressources pédagogiques, en cours de validation par l’AFNOR : la LOM-fr. Or, sa compatibilité avec le système d’indexation de Sésamath ne va pas de soi puisque la LOM-fr n’intègre pas l’idée de compétences. Mais pourquoi Sésamath n’a-t-il pas simplement adopté le standard LOM-fr pour indexer ses ressources ? La tentation d’améliorer unilatéralement les standards ne serait-elle donc pas le privilège d’une seule entreprise ?

Author: "Serge Pouts Lajus"
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Date: Monday, 19 Jun 2006 08:47

Venez nous retrouver le 7 juillet de 10h à 17h dans la salle Agora de la Cité des sciences et de l'industrie à Paris pour une journée d'échange et de débats autours des thèmes traités dans le blog.

L'inscription est gratuite mais obligatoire.

S'inscrire

Author: "Daniel Kaplan" Tags: "Fabien Eychenne"
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Date: Sunday, 18 Jun 2006 21:27

ENT : on voit bien que ce que ca signifie mais l'aviez vous remarqué, au fil du temps le E de ENT s'est transformé d'Environnement en Espace !
Y a t'il un sens caché derrière ce glissement dans l'acronyme ?

Depuis pas mal de temps, je me demande pourquoi le contenu de cet acronyme à changé.

Est ce lié à un point de vue politique comme à l'époque ou les uns parlaient de fossé numérique et les autres de fracture numérique ?

On notera que le changement de majorité gouvernementale a été concomitant à ce changement de vocabulaire.

Je reste attaché au premier terme Environnement plutôt qu'Espace et là encore je me pose des questions. Pourquoi cet attachement à la notion d'Environnement ?

Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer la définition d'Espace tirée de Wikipédia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Espace)

Etymologie: Le mot vient du latin spatium.
En ancien et moyen français, espace signifiait plutôt un laps de temps, une durée : le soleil occupait tout l'espace du jour.
En général, on parle d'espace pour désigner une certaine distance : l’espace entre deux personnes, ou une certaine surface : ce parc naturel couvre un espace considérable.
En Astronomie, "l'espace est l’étendue vide qui sépare les astres. On parle aussi vide spatial. On le qualifie quelques fois d'espace ou de vide interplanétaire, interstellaire (ou intersidéral), intergalactique pour désigner plus précisément le vide spatial qui sépare les planètes, les étoiles ou les galaxies. En réalité, l'espace n'est pas tout à fait vide, il a plutôt une densité extrêmement faible."

Doit-on retenir qu'un Espace Numérique de travail n'est pas tout à fait vide mais qu'il a "seulement" une densité extrêmement faible (d'acteurs, de sens, de contenus ou tout simplement d'usages) ?

Doit-on encore parler d'Espace pour désigner le temps qui nous sépare encore d'un déploiement réel et d'usages, temps où l'on nous parlera d'utilisateurs et non pas de comptes ouverts (même la très sérieuse étude réalisée par la CdC et l'ARF prend comme unité de mesure les comptes créés mais pas les comptes utilisés !).

Notons malgré tout un sens plus positif dans la Théorie de la connaissance où "l’espace est la forme de notre expérience sensible. C’est un milieu idéal, c'est à dire une construction de l’esprit, qui contient nos perceptions et où nous localisons le mouvement et les corps. Dans l’expérience quotidienne, l’espace est homogène, isotrope, continu et illimité."

Pour prolonger cette expérience, retournons donc sur un encyclopédie pour y chercher à connaître les significations cachées du terme Environnement (http://fr.wikipedia.org/wiki/Environnement)

Celui-ci recouvre de nombreuses acceptions.

À l'origine, il s'agit d'un anglicisme signifiant milieu. C'est le milieu dans lequel un être vivant fonctionne, le milieu incluant l'air, l'eau, le sol, les ressources naturelles, la faune, la flore et les êtres humains.

L'environnement est aussi, à un moment donné, l'ensemble des facteurs physiques, chimiques, biologiques et sociaux susceptibles d'avoir un effet direct ou indirect, immédiat et futur sur les êtres vivants et les activités humaines. En réalité, ce terme tend à être perçu très différemment en fonction, en particulier, des catégories socio-professionnelles. Ainsi, un industriel verra dans le terme environnement une référence à « pollution », un cadre pensera plutôt « cadre de vie », un artisan ou commerçant « ville », un agriculteur « voisinage », un employé « nature », une administration « gestion des déchets, nuisances sonores »...

Je m'arrête sur ce dernier point car on voit bien l'ensemble des sens et des réprésentations que chacun peut projeter sur l'environnement numérique. Chacun élève, parent, enseignant technophile ou technophobe, chef d'établissement ou inspecteur aura donc sa propre perception de son environnement numérique. Et SON environnement ne sera pas le-même que celui des autres !

Celà ouvre donc la perspective d'imaginer que chacun a son propre environnement numérique et qu'il ne peut y avoir un environnement unique, ni pour toute une académie, ni même pour tout un établissement. Au mieux, on peut penser que des solutions techniques sont mutualisées pour permettre à chacun de se construire et de s'approprier son propre environnement numérique.

Aujourd'hui la priorité est encore technique et les experts combattent encore sur des enjeux qui n'intéressent de fait pas les usagers :
- faut il des socles en J2E ou des socles en .net ?
- a norme JSR et le respect des RFC est elle indispensable ?
- la collectivité doit-elle inclure dans le calcul de coût complet les financements nécessaires pour garder les configurations matérielles et logicielles à niveau par rapport au choix d'un socle non conforme aux normes du W3C ?
- y a t'il une économie réalisée sur la performance pédagogique ou doit je seulement compter les timbres que je ne collerais pas et les appels téléphoniques que je ne passerais pas pour calculer le retour sur investissement d'un ENT?

Mais j'oubliais, toutes ces questions sont bien sûr relatives aux Espaces Numériques de Travail et pas aux Environnements Numériques de Travail !

Demain (ou aprés demain) arrivera le temps des environnements appropriés que chacun saura définir sans faire référence à une seule technique informatique ...

Souhaitons seulement que ce soit pour bientôt !

Author: "fbocquet" Tags: "Analyses et réflexions"
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Date: Sunday, 18 Jun 2006 10:59

Le 16 janvier, Michel Sauvade postait un article intitulé Le cahier de texte en ligne : un enjeu majeur au cœur des ENT dans lequel il décrivait le processus de déploiement d’un cahier de texte en ligne dans son établissement. Ce billet donnait lieu à 24 commentaires, une sorte de record. Cette abondance, n’est pas la seule raison qui nous a fait choisir le cahier de texte dans la liste des sujets à traiter en synthèse.

Dans l’ENT, cette application occupe une place intéressante à plusieurs titres : elle est familière à tous les acteurs concernés (enseignants, élèves, parents, CPE notamment mais également les inspecteurs sur lesquels nous allons revenir) qui perçoivent facilement la valeur d’usage de sa mise en ligne. C’est surtout le cas pour les élèves et leurs familles qui peuvent, à leur domicile, prendre connaissance du travail fait en classe, des devoirs, des leçons, des contrôles programmés dans toutes les disciplines. La valeur d’usage n’est pas aussi évidente pour les enseignants. Un témoignage en commentaire rapporte un cas où un cahier de texte en ligne a été expérimenté puis abandonné par les enseignants en raison de son caractère fastidieux. Il faudrait d'abord prendre en compte l’ergonomie et le design qui sont variables d’une application à l’autre et jouent évidemment un rôle très important pour la facilité d’usage. Les collègues qui se sont sentis au contraire délivrés de la corvée du gribouillage rapide en fin de cours signalent que le cahier de textes en ligne peut être rempli tranquillement au domicile, en même temps que la préparation des cours, et que l’on peut user du copier/coller lorsque la même progression est utilisée dans plusieurs classes et même d’une année sur l’autre.

Parmi les autres acteurs intéressés : les inspecteurs, les IPR, peuvent consulter le cahier des textes des enseignants qu’ils inspectent, avant leur visite ou au cours de celle-ci. Cette possibilité conduit certains enseignants à exprimer de fortes réserves. La surveillance à distance et potentiellement permanente du travail des enseignants par les IPR peut être perçue comme une intrusion insupportable. Il faudrait en parler avec les IPR eux-mêmes, d’une part pour savoir s’ils n’éprouvent pas eux-mêmes quelques réticences à l’égard du cahier de textes en ligne, d’autre part pour recueillir leur point de vue sur l’usage qu’ils pourraient en avoir. Des règles d’utilisation devraient sans doute être négociées entre les enseignants, les IPR et les chefs d’établissements, établissement par établissement ou à un niveau plus global. Tant que cette négociation n’aura pas eu lieu, les réticences des enseignants pourront continuer de s’exprimer.

En attendant, une chose est sûre : l’actuel cahier de textes papier est considéré comme fastidieux par tout le monde. Non seulement parce qu’il est rempli dans des conditions inconfortables mais également parce qu’il est peu utilisé par ceux auxquels il est principalement destiné, les élèves et notamment les élèves absents, mais également leurs familles qui devraient pouvoir le consulter à tout moment dans l’établissement mais ne le font pas pour des raisons pratiques évidentes. Or, il n’y a rien de plus fastidieux qu’une tâche inutile. En outre, le cahier de texte papier est aujourd’hui utilisé principalement par les chefs d’établissement qui sont tenus de le viser régulièrement et par les IPR lors de leur inspection. Inutile et servant donc surtout au contrôle hiérarchique, il ne devrait logiquement pas avoir beaucoup de défenseurs. Dans un commentaire, un professeur de lycée, sans même s'abriter derrière l'anonymat, avoue qu'il ne remplit plus le cahier de textes de ses classes depuis plusieurs années. Il ne doit pas être le seul...

Pour que le cahier de textes en ligne ne soit pas lui aussi considéré comme fastidieux, une première condition est qu’il soit utile, une seconde, qu'il ne le soit pas seulement pour les inspecteurs et les chefs d'établissement.

Les enseignants qui l’ont adopté soulignent que le cahier de texte en ligne ne doit pas être et ne peut pas être une réplique à l’identique de sa version papier. L’idée même que le cahier de texte soit rempli à la va vite en fin de classe n’a pas de raison d’être conservée. L’équipement d’un PC connecté dans toutes les salles de classe n'est donc pas une condition nécessaire à la mise en place dans un établissement. Le cahier de texte en ligne est davantage un agenda du cours qui fait le point a posteriori sur ce qui a été fait en classe mais peut aussi servir à annoncer ce qui est prévu pour les prochaines séances. Il peut inclure des documents d’accompagnement complémentaires du cours. Il permet en outre des tris et des classements impossibles dans le simple classement chronologique du papier.

L’un des obstacles les plus sérieux au déploiement des cahiers de texte en ligne est la question de l’accessibilité. Dans un commentaire, une enseignante signale que dans son établissement, le projet a du être abandonné à la suite de la protestation des parents qui estimaient que les familles non connectées étaient trop désavantagées. La question de la fracture numérique est au cœur des problématiques de l’ENT. Elle ne concerne pas que le cahier de texte mais elle prend avec lui, en raison même de sa forte valeur d’usage, un relief particulier. Elle a été évoquée dans plusieurs billets et des commentaires et aurait peut-être due être traitée comme un thème spécifique dans notre synthèse.

Nous en reparlerons de toute façon le 7 juillet.

Author: "Serge Pouts Lajus" Tags: "Analyses et réflexions"
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