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L’Arctic Sunrise a levé l’ancre de Roumanie le 19 mars dernier. Le brise glace de Greenpeace a fait escale dans 9 pays, dont la France, pour soutenir les pêcheurs artisans. Retour sur 10 semaines de campagne.
Une campagne pour la petite pêche
Cette campagne a été inédite pour nous. Faire campagne pour la préservation des ressources marines, nous avons l’habitude. Faire campagne contre les navires géants ou les pratiques abusives nous avons l’habitude … Mais là, il s’agissait d’un tout autre projet. Il s’agissait de faire campagne pour une pêche artisanale, durable. Il s’agissait d’accompagner les pêcheurs.
Greenpeace pour la pêche .. voilà qui a troublé : les médias, et notamment les médias français en étaient tous surpris. Dans les ports de Saint-Malo et de Boulogne-sur-Mer, les comités des pêches et les représentants politiques étaient déjà prêts à la “confrontation”.
Mais ils n’y étaient pas du tout … Depuis la mi-Mars, nous avons navigué à travers l’Europe entière, avec un message décliné dans 9 langues : “Petite Pêche, Grand Avenir”.
Neufs pays, neufs cultures différentes, des côtes de la mer Noire à celle de l’Atlantique en passant par la Méditerranée. 20 escales, et autant de rencontres avec le public, les citoyens, les adhérents, les supporteurs, les curieux, les amoureux de la mer. Des dizaines de rencontres entre pêcheurs artisans et représentants politiques afin qu’enfin, les petits pêcheurs puissent avoir accès aux décideurs, des ateliers entre pêcheurs de différents pays pour créer un lien, des liens. Des conférences de presse, pour qu’ils fassent entendre leurs voix…
120 000 personnes à bord !
Ce tour de l’Arctic Sunrise en Europe a été un moment intense, rare et précieux. Lorsque nous avons invité les citoyens à se joindre symboliquement à cette flottille pour la petite pêche, ils ont été 120 000 à répondre présents. 120 000 à embarquer aux côtés des pêcheurs artisans, à les soutenir, et à les encourager … jusqu’à la victoire ! Alors que l’Arctic Sunrise faisait route vers les côtes françaises, la réforme de la politique commune de la pêche a été approuvée à Bruxelles. Entre autres choses, le droit de pêcher sera donné principalement à ceux qui pêchent de manière durable.
C’est un immense pas en avant. Mais nous ne devons pas baisser la garde ! Anne-Marie, Javier, Luis, Dimitri, Gwen, Jerry et les autres comptent sur nous tous. Nous devrons rester vigilants, en éveil, à chaque instant, pour nous assurer que les ministres de la pêche mettent vraiment en œuvre la politique qu’ils ont voté. Nous avons déjà commencé ce travail.
Ne laissons pas la flamme s’éteindre.
Au Cameroun, la joie des communautés se transforme en déception après la levée de l’ordonnance de suspension d’Herakles Farms. Les rebondissements dans le dossier Herakles Farms au Cameroun se succèdent.

nursery de palmiers à huile
Retour sur le dossier Herakles
En 2009, le gouvernement camerounais avait signé avec Herakles Farms un accord de principe pour une concession de plus de 73 000 hectares dans le sud-ouest pour la culture du palmier à huile.
Greenpeace et le Oakland Insitute avaient publié en mai un rapport accablant contre Herakles Farms, affirmant que “des employés d’Herakles Farms auraient pris part à des activités de corruption, versé des pots-de-vin (…) pour rallier un plus grand soutien en faveur du projet au Cameroun“.
Un rapport du ministère camerounais des forêts reprochait fin avril à la société américaine Herakles Farms des méthodes “d’intimidation et de corruption” pour acquérir des terres au Cameroun.
Fin mai, les autorités camerounaises avaient décidé de suspendre les activités d’Herakles, parlant d’”atteintes à la réglementation forestière et des revendications récurrentes des populations riveraines“, qui avaient manifesté à plusieurs reprises leur opposition au projet.
Mais le même ministre a levé cette suspension le 29 mai, sans donner d’explications
Nous avons été choqués d’apprendre que la suspension avait été levée la semaine dernière, sans un seul mot d’explication. Les allégations de corruption et de violations du droit national qui pèsent sur le projet d’Herakles Farms, depuis sa création, n’ont pas été prises en compte, et encore moins résolues.
En ordonnant la suspension, le gouvernement camerounais a montré qu’il mettait les intérêts de son propre peuple au-dessus de ceux des entreprises étrangères. Mais malheureusement en revenant sur sa décision, les communautés qui dansaient de joie, il y a seulement deux semaines, se sentent aujourd’hui frustrées et abandonnées. D’autant que les précisions manquent de la part du ministère. On peut seulement lire, dans une dépêche Reuters diffusée ce samedi 8 juin, que le ministère a demandé à Herakles Farms “d’oublier le contrat de 2009″ tel qu’il était…
Greenpeace appelle le gouvernement camerounais à mettre fin à ce projet, et à mettre en place un moratoire sur l’attribution de toutes les concessions foncières à grande échelle au Cameroun jusqu’à ce que des gardes fous soient mis en place pour protéger les moyens de subsistance des communautés locales et les forêts dont ils dépendent.
à lire aussi sur Afrik.com : Cameroun : une histoire de terres et d’huile de palme
« Quand le dernier arbre aura été abattu, la dernière rivière empoisonnée et le dernier poisson péché, alors l’homme s’apercevra que l’argent ne se mange pas »
Proverbe indien
En Turquie, le mouvement de protestation qui dure depuis plus de 10 jours a largement dépassé le cadre du parc Gezi – au sens propre comme au figuré. Dans toute la Turquie, les manifestations se sont multipliées. Dans le reste du monde aussi, les initiatives de toutes sortes (comme celle-ci, par exemple) ont fleuri pour soutenir les « Indignés de Gezi ».
En quelques jours, le rassemblement d’une poignée d’écologistes contre la destruction de quelques arbres est devenu le symbole de la résistance citoyenne pour la défense des droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique.

photo (c) Volkan Cagali / Greenpeace
Le dernier arbre… la dernière goutte d’eau ?
Malgré cette mobilisation, le gouvernement turc semble déterminé à vouloir poursuivre la destruction de Gezi pour construire un centre commercial. En réalité, le réaménagement du parc fait partie d’une longue liste de projets « environnementicides » conduits ces dernières années dans le pays. En voulant faire disparaître le dernier espace vert d’Istanbul, le gouvernement semble avoir versé la dernière goutte d’eau…
Face aux brutalités policières : non-violence et réseaux sociaux
Mais ce qui a fait déborder le vase, c’est surtout la violente répression policière qui s’est abattue sur les manifestants. Face à la violence des forces de l’ordre, les citoyens ont – une fois de plus – su se servir des réseaux sociaux pour faire passer leur message dans le monde entier. Il y a quelques jours, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qualifiait d’ailleurs ces réseaux sociaux de « pire menace pour la société ».

crédits: http://www.pidjin.net/
Depuis quelques jours, les gaz lacrymogènes se sont dissipés sur la place Taksim. Spontanément, les habitants sont venus ramasser les détritus, replanter des fleurs, distribuer boissons et pâtisseries, jouer de la musique, s’échanger des livres… Les citoyens se sont réappropriés les lieux, pacifiquement, mais restent mobilisés.
Greenpeace Turquie mobilisée pour soutenir les manifestants et défendre la liberté d’expression
La promotion de la paix, les principes de non-violence et de solidarité internationale sont des valeurs fondamentales de Greenpeace. Et lorsque les droits à la liberté d’expression et de manifestation pacifique sont en danger, ce sont nos outils de travail qui sont menacés…
Les bureaux de Greenpeace à Istanbul se situent sur l’avenue principale qui mène à la place Taksim. Dès le départ, nous avons soutenu la mobilisation et ouvert nos portes aux personnes blessées. Nos locaux ont été transformés en infirmerie pour apporter les premiers soins à ceux qui en avaient besoin. Au plus fort de la répression policière samedi dernier, une grenade lacrymogène a été lancée en direction de la fenêtre de nos bureaux turcs. Elle a par chance atterri sur le toit.
Notre personnel présent sur place témoigne de la solidarité des employés, des bénévoles et activistes, mais aussi de nombreux inconnus qui, ayant entendu parler de l’initiative de Greenpeace, se sont présentés spontanément à nos locaux avec des médicaments ou de la nourriture pour nous prêter mais forte… C’est cette image-là de solidarité que nos collègues turcs souhaitent que l’on retienne du mouvement.
Et maintenant ?
Le mouvement de contestation pour protéger le parc et défendre le droit à la liberté d’expression arrive désormais à une étape décisive. Ce qui se passera les prochains jours sera un test grandeur nature pour la Turquie. Les choix qu’elle fera en matière de développement et de protection de l’environnement seront décisifs. Le pays devra choisir entre écouter la voix de quelques promoteurs immobiliers ou celle de millions de citoyens, entre privilégier les intérêts commerciaux ou l’intérêt commun …Un choix qui, malheureusement, trouve un écho familier dans de nombreux pays et ne peut que nous appeler à redoubler de solidarité.
Ce matin, l’ACRO (association pour le contrôle de la radioactivité dans l’Ouest) laboratoire indépendant, a publié un rapport sur la qualité radiologique des eaux souterraines au droit du Centre de Stockage de la Manche (CSM). Le contrôle des rejets du centre de stockage est en effet un élément essentiel de la surveillance du site …
Les conclusions de ce rapport sont accablantes : le centre de stockage de déchets nucléaires de la Manche présente des fuites qui polluent la nappe phréatique dans des proportions largement supérieures aux chiffres publiés par l’Andra (agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs).
Lire l’intégralité du rapport de l’ACRO
Les déchets stockés dans ce centre laissent du tritium (élément radioactif) se déverser dans le sol.
La pollution en tritium des nappes phréatiques a pour point de départ une contamination massive des eaux souterraines et superficielles survenue en 1976. Mais l’ACRO note dans son rapport que la pollution n’a pas encore disparu. Si elle a globalement diminué, la contamination des eaux souterraines peut encore atteindre 150 000 Becquerels/Litre dans certaines zones.
Or, cette contamination aurait du baisser si l’on considère la décroissance logique de la radioactivité et le renouvellement des eaux. On ne peut donc pas exclure que le CSM continue à alimenter les nappes phréatiques en tritium.
Dans la Manche, des déchets classés faiblement radioactifs
Les déchets stockés dans la Manche font partie de la catégorie des faiblement radioactifs et ayant une durée de vie courte.
Dans la classification de l’ANDRA (Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs), les déchets de faible et moyenne activité à vie courte sont essentiellement des déchets liés à la maintenance (vêtements, outils, gants, filtres…) et au fonctionnement des installations nucléaires (traitements d’effluents liquides ou gazeux). Ces déchets sont également issus de laboratoires de recherche, d’hôpitaux, d’universités… ou d’opérations d’assainissement et de démantèlement.
Après avoir été stockés au Centre de stockage de la Manche, aujourd’hui fermé et surveillé par l’Andra, les déchets FMA-VC sont accueillis dans un centre exploité par l’Andra dans le département de l’Aube depuis 1992. Plus de 10 000 m3 y sont stockés chaque année.
Malgré cette classification, le rapport dévoilé par l’ACRO aujourd’hui pointe une terrible évidence : l’Andra n’arrive pas à gérer ces déchets sur quelques dizaines d’années !

classification des déchets radioactifs – (c) Andra
Déchets nucléaires : un problème insoluble
L’industrie nucléaire est aujourd’hui dans l’incapacité à résoudre le problème des déchets. Les solutions proposées, à commencer par les centres de stockage ont prouvé leur inefficacité, voire pire, leur dangerosité.
Dès lors, nous ne pouvons que dénoncer le débat organisé sur le centre de stockage de Bure : comment discuter sereinement d’un projet de stockage des déchets les plus fortement radioactifs qui nous engagerait sur des milliers d’années ? Avant même de parler de Bure, essayons de régler les problèmes que nous avons déjà !
Greenpeace suspend sa participation au débat public sur le projet CIGEO – Bure tant que les autorités n’auront pas présenté un plan d’action satisfaisant pour résoudre les problèmes dénoncés par l’Acro au centre de stockage de la Manche : reprise, tri et reconditionnement des déchets ainsi que décontamination de la nappe phréatique et du site.
Les déchets, tabou du nucléaire
Les déchets sont le point faible du nucléaire, son talon d’Achille : l’industrie nucléaire jouit d’une image “fascinante” pour le public. Pour beaucoup, l’énergie atomique est une prouesse scientifique nationale incroyable, le fleuron du “made in France”. C’est ainsi que la présente les responsables politiques et industriels … Mais la question des déchets fait tâche dans la toute puissance de l’atome. Car aucune solution acceptable n’existe.
Nous savons que la seule solution possible pour les déchets nucléaires est d’arrêter d’en produire.
Les déversements pétroliers dans des régions précieuses du globe ne sont plus une menace. C’est une réalité.
En Russie, ce sont chaque année 6 milliards de litres de pétrole fuient à terre, soit l’équivalent d’un “Deepwater Horizon” tous les 2 mois. De ces 6 milliards de litres s’échappent chaque année 600 millions de litres de pétrole qui se déversent dans l’océan Arctique.
Et depuis le 26 mai, le pétrole a commencé à couler le long de la rivière Kolva, vers le sud, à travers le territoire autochtone des Komis au nord de la Russie. Depuis une semaine, le pétrole s’accumule dans la rivière et sur ses berges sans que la compagnie responsable, Rusvietpetro ne réagisse.

Une catastrophe sociale et environnementale
Aucune annonce n’a été faite aux résidents concernant les opérations de nettoyage, ni aux investisseurs pour les informer qu’un déversement est en train d’avoir lieu. Quant aux médias, ils restent muets sur la question.
Greenpeace Russie a obtenu des photos de militants du regroupement Save the Pechora Committee, une organisation qui se trouve sur le terrain en ce moment afin de documenter la situation et le fait que les résidents se retrouvent forcés à nettoyer par eux-mêmes. Ils n’ont aucune idée du nombre de baril déversé jusqu’à présent dans les cours d’eau, mais à en juger par le nombre de barils déjà collectés par les habitants et le pétrole qui reste sur les rives, ils estiment que 100 tonnes ou 730 barils se sont déversés.
Depuis le 26 mai, les populations locales respirent des vapeurs d’essence nocives 24 heures par jour. Certains habitants ont sorti leur propre bateau pour nettoyer et prélever le pétrole dans la rivière avec des pelles ou à la main. Beaucoup n’ont peu ou pas de matériel pour se protéger. Des images recueillies par un militant local montrent le triste spectacle des rives recouvertes de pétrole, ou de certains résidents ayant manipulé le pétrole à mains nues.
Des responsables invisibles
Les autorités et la compagnie Rusvietpetro, ne semblent montrer aucun intérêt pour la situation. Interrogée sur son plan d’intervention d’urgence, l’administration a prétendu que des barrages flottants et des sacs de sable avaient été mis en place et que la situation était sous contrôle. Mais le barrage flottant placé sur la rivière Kolva ne fait que de 15 mètres de long et la rivière peut atteindre entre 100 et 200 mètres de largeur. Les militants locaux ont pris des photos des sacs de sable, posés en tas, inutiles, le long des berges de la rivière.
Si Rusvietpetro et les autorités russes n’ont pas la possibilité ou refusent de traiter cet accident, il est effrayant d’imaginer comment ils comptent faire face à un déversement dans l’Arctique russe, à des centaines de kilomètres de toute installation de secours et dans des conditions au combien plus dangereuses en raison des glaces et des tempêtes arctiques.
Aidez-nous à garder les entreprises irresponsables loin de l’Arctique. Rejoignez-nous!

Le Premier ministre Canadien prendra-t-il ses responsabilités vis à vis de la région Arctique ?
En mai 2013, le Canada a pris la relève à la présidence du Conseil de l’Arctique, forum international originalement mis en place pour assurer la santé et le développement soutenable de la région arctique. Cela signifie que pour les deux prochaines années, le gouvernement Harper définira l’agenda de ce forum – ce même gouvernement qui, depuis qu’il a été élu majoritaire, vide systématiquement de toute substance les lois de protection environnementale, cible les organismes de bienfaisance qui osent s’exprimer un peu trop fort et muselle les scientifiques afin de mieux servir les intérêts de l’industrie pétrolière et des sables bitumineux.
Harper a le pouvoir d’empêcher une catastrophe de l’ampleur de celle en cours en Russie de se produire, mais seulement s’il empêche les premiers forages d’avoir lieu. Nous ne pouvons laisser le premier ministre Harper et ses amis lobbyistes faire à l’Arctique ce qu’ils sont en train de faire au Canada. Nous devons confronter ces criminels environnementaux et demander la protection des peuples, des eaux, de la flore et de la faune de l’Arctique.
Agissez dès aujourd’hui et rejoignez l’initiative de Greenpeace Canada pour interpeller Stephen Harper. Il doit respecter le mandat environnemental originel du Conseil de l’Arctique, et protéger ce qui peut encore l’être des forages pétroliers et des marées noires.
Dites à Harper de mettre son agenda pétrolier de côté et de sauver l’Arctique.
À 9h ce matin, lors du discours d’ouverture de Frédéric Cuvillier aux assises de la pêche, Greenpeace est venue rappeler au ministre que la politique commune de la pêche européenne place maintenant les pêcheurs artisans sur le devant de la scène pour une meilleure gestion des océans. Des activistes ont déployé une banderole sur la scène, où on pouvait lire : “M. Cuvillier, Suivez le cap européen : Place aux artisans.”

photo (c) Nicolas Chauveau / Greenpeace
Malgré sa position défensive lors des discussions européennes, le ministre français de la pêche va devoir prendre en compte les pêcheurs artisans, qu’il le veuille ou non. La nouvelle réglementation européenne le lui impose.
L’Europe met les pêcheurs artisans au cœur de la politique commune des pêches
Après trois ans de négociations, un accord vient d’être conclu au niveau européen sur la réforme de la politique commune de la pêche. Parmi les avancées, les états membres devront accorder un accès à la ressource d’abord aux pêcheurs qui ont les pratiques les plus durables au niveau social et environnemental. Auparavant, les quotas de pêche étaient redistribués par les Etats seulement en fonction des quotas précédents, sans tenir aucun compte de l’impact des différentes techniques sur la ressource et l’environnement marin.
Lire notre billet : Politique Commune des Pêches : enfin, un engagement pour les océans !
C’est une avancée majeure et une première en Europe. Mais monsieur Cuvillier a pesé de tout son poids contre cette réforme (qu’il salue d’ailleurs maintenant dans les medias). Nous demandons donc à Frédéric Cuvillier d’inclure désormais systématiquement les pêcheurs artisans dans les discussions sur l’avenir de la pêche, et de démarrer un véritable dialogue avec eux .
Nous serons vigilants sur l’application en France de la nouvelle réglementation européenne qui donne une place importante aux pêcheurs artisans.
Une invitation conjointe de la Plateforme des pêcheurs artisans et de Greenpeace est restée sans réponse auprès du ministre de la Pêche, M. Cuvillier.

Contrairement à ce que M. le ministre a déclaré à la Voix du Nord, il serait inexact (pour ne pas dire carrément mensonger) de laisser penser que la plateforme des petits pêcheurs a eu une occasion de le rencontrer.
C’est une invitation conjointe de cette organisation de petits pêcheurs français et de Greenpeace qui est partie au ministère le 21 mars 2013 dernier. (Voir le courrier). La date initialement mentionnée est le 4 juin. Nous avions cependant, en concertation avec sa conseillère communication, arrangé le créneau du 3 juin matin afin de coller au mieux aux disponibilités du ministre. Cette invitation qui a fait l’objet de relances téléphoniques, et même, de relance sur les réseaux sociaux.
Invitation Ministre Frederic Cuvillier by Greenpeace France
C’est sur Twitter que Frédéric Cuvillier s’est finalement décidé à nous répondre..
Oui. Mais : pas à l’invitation des petits pêcheurs. À ce sujet, pas un mot, le ministre se concentrant sur l’accueil réservé à Greenpeace dans sa ville de Boulogne-sur-Mer…
Et puis, et surtout, M. Cuvillier a finalement supprimé, de son profil public, l’échange qu’il avait eu avec Greenpeace France. N’en reste aujourd’hui qu’un “retweet” dénonçant un “coup de comm”…

Le mépris de M. Cuvillier pour la plateforme de la petite pêche artisanale française est flagrant : il a tout simplement ignoré les différentes invitations que nous lui avons fait parvenir conjointement avec eux, dont la dernière en date à Boulogne sur Mer, au cœur même de sa ville.
Le ministre de la pêche … à contre-courant !
M. Cuvillier s’est exprimé à moins à deux reprises sur les pêcheurs artisans publiquement, la première fois, le 23 janvier dernier lors d’une audition à l’assemblée nationale où il soulignait que ces pêcheurs artisans, qui représentent 80% de la flotte et 50% des emplois du secteur, utilisaient des “barques”. La deuxième fois en ce début de semaine, dans La Voix du Nord, où il disait que ce type de pêche s’apparentait à de la pêche de loisir.
Visiblement, M. Cuvillier n’a toujours pas saisi l’importance de ces pêcheurs, auxquels il faut pourtant accorder une place juste pour aller vers une meilleure gestion des océans.
Ce matin, après trois ans de négociations, de rencontres et de discussions, un accord a été trouvé sur l’avenir de la Politique Commune des Pêches entre le Parlement, la Commission et le Conseil (voir le communiqué). C’est un soulagement, une éclaircie, un véritable espoir qui se dessine aujourd’hui pour l’avenir des océans.

L’Europe sur la voie de la restauration de la santé des océans
La pêche est en crise depuis des décennies, la colère des pêcheurs fait régulièrement la une des médias. Mais le problème n’est pas que les quotas soient trop petits ou que le gasoil soit trop cher… Le problème vient de la manière dont a été conçue la PCP, pour “l’augmentation de la production”. Or, on ne produit pas le poisson, on le capture, on le prélève donc sur un stock existant.
La réforme annoncée ce matin est un premier pas dans la reconnaissance des meilleures pratiques. Deux points en particulier sont à retenir :
L’Europe met en place des critères transparents pour l’accès à la ressource, d’abord pour ceux qui ont les pratiques les plus sélectives et les plus durables. Les pêcheurs artisans européens devraient être enfin mieux reconnus et leurs pratiques favorisées ! L’Europe demande également à chaque état membre d’analyser sa flotte pour voir où sont les marges de manœuvre puis de diminuer la pression de pêche, c’est-à-dire le nombre de bateaux et leur capacité, là où cela s’avère nécessaire.
On peut néanmoins regretter qu’aucun objectif d’échéance ne soit fixé pour la reconstitution des stocks de poissons. Cela revient à une déclaration d’objectif, sans donner de date pour l’atteindre … Souhaitons alors que cet objectif ne reste pas un vœu pieux.
La France pas vraiment leader
Si l’Union européenne a pris des positions progressistes, la France s’est quant à elle illustrée par ses manœuvres systématiquement bloquantes. Par la voix de son ministre M. Cuvillier, la France a systématiquement été du côté des intérêts à court terme, épuisant les stocks de poissons pour en retirer le maximum de profit, contre l’intérêt général.
La France semble parfois préférer payer des amendes plutôt que de mettre en place les directives européennes … Et nous serons donc particulièrement attentifs aux mesures prises pour mettre en œuvre la réforme.

Les petits pêcheurs à l’honneur
L’Arctic Sunrise conclut une tournée européenne en soutien aux pêcheurs artisans, ces “petits pêcheurs”, aux pratiques sélectives, que la nouvelle politique commune de la pêche doit favoriser sur l’accès aux ressources en poissons. Le navire fera escale à Boulogne-sur-Mer les 3 et 4 juin prochain… Dans la ville du ministre Cuvillier.
Greenpeace et les pêcheurs de la plateforme petite pêche lui ont conjointement proposé un rendez vous à cette occasion. Sans réponse, pour l’instant …
Toutes les actualités de la campagne Petite Pêche, Grand Avenir
L’Arctic Sunrise continue son périple sur les côtes européennes, pour promouvoir les méthodes des pêcheurs artisans. Car une pêche respectueuse de l’environnement est le seul moyen d’assurer une mer pleine de poissons et donc un avenir au métier.
Après son étape basque, au port de Bayonne (voir le reportage vidéo) , c’est sur les côtes bretonnes que le navire de Greenpeace a fait escale.
Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’arrivée du navire de Greenpeace à Saint-Malo pour parler de pêche, n’est pas passée inaperçue.

Certains pêcheurs, appuyés par des décideurs politiques ont en effet déployé toute leur énergie (et leur influence ! ) pour discréditer la démarche de Greenpeace et de la Plateforme des Petits Pêcheurs, allant même jusqu’à œuvrer pour déplacer le quai d’attache de l’Arctic Sunrise 48 heures avant son ouverture au public !
L’”accueil” était fort bien organisé : une banderole de “bienvenue” nous attendait, déployée sur un chalutier : “Greenpeace, prédateurs des emplois de la filière pêche”.
Notre réponse est claire : “sans poissons, pas de pêcheurs”.

Manifestement, la présence de Greenpeace et de son équipage n’était pas souhaitée tant que les négociations sur la Politique Commune de la Pêche n’étaient pas terminées. Les résultats de ces discussions sont attendus aujourd’hui.

Une campagne POUR une pêche durable !
Greenpeace défend la reconstitution des stocks de poissons le plus rapidement possible à des niveaux sains car c’est justement le seul moyen de préserver les emplois de la pêche sur le long terme.
Mettre fin à la surpêche, c’est mettre fin à un manque à gagner de 3 milliards d’euros par an au niveau européen et c’est se donner les moyens de créer 6000 emplois en France, et donc de réaliser une croissance de 50% des emplois dans le secteur. Sur le sujet, voir les études de la New Economics Foundation (NEF) (en anglais) et le résumé : La pêche durable relève d’un simple bon sens économique en français.
La présence de Greenpeace à Saint-Malo a permis de faire émerger un débat entre professionnels, seul moyen d’avancer ensemble pour défendre un modèle définit par ses avantages environnementaux, sociaux et économiques. Ainsi, l’Arctic Sunrise a donné aux représentants de la plateforme de la Petite pêche artisanale français et à des pêcheurs locaux l’occasion d’échanger sur l’ensemble des volets liés à la pêche : enjeux environnementaux, sociaux et économiques …
Une pêche durable, qu’est ce que c’est ?
Les techniques de pêches durables, n’occasionnent pas de rejets et ont un faible impact sur les fonds marins. C’est une pêche de qualité dont le produit est bien valorisé sur les marchés locaux voire nationaux, qui induit une dépense en gasoil relativement faible qui ne contraint pas le pêcheur à s’enfermer dans une course au poisson pour assurer la rentabilité de son activité. C’est une pêche qui crée 4 à 7 fois plus d’emplois que la pêche industrielle par tonne de poisson pêché. Des emplois à temps plein et non délocalisables.
En dépit de ces avantages évidents et du fait que ce segment de pêche représente 80% des bateaux et la moitié des emplois en Europe, Monsieur le Ministre, Frédéric Cuvillier, s’obstine à les ignorer.
Il n’a d’ailleurs toujours pas répondu à notre demande de rendez-vous, pas plus qu’à notre invitation conjointe avec la plateforme petit pêche artisanale à nous rejoindre à bord à Boulogne sur Mer.

L’Arctic Sunrise poursuit sa route
L’Arctic Sunrise s’est déjà rendu à la rencontre des petits pêcheurs en Roumanie, Bulgarie, Grèce, Slovénie, Croatie, Italie et Espagne. Le bateau est actuellement sur les côtés anglaises, face à la Bretagne, avec à son bord un pêcheur artisan français, qui pourra échanger avec ses homologues anglais sur les enjeux de demain pour la pêche en Europe. L’Arctic Sunrise fera ensuite escale à Boulogne les 3 et 4 juin.
Pour comprendre la campagne, aller à la rencontre des petits pêcheurs, vous êtes invités à nous rejoindre à bord à Boulogne-sur-Mer, Quai Amiral Huguet, bassin Loubet, Lundi 3 juin de 14h à 19h et mardi 4 juin de 10h à 18h.
Le Forest Stewardship Council (FSC), organisme de certification de bois, a annoncé se dissocier de la multinationale Danzer Group suite à une plainte déposée par Greenpeace auprès du label contre cette entreprise forestière, dénonçant l’implication de l’une de ses filiales dans les violations des droits de l’homme en République Démocratique du Congo (RDC).
Nous avions enquêté et relayé ces faits en 2011 . Lire ou relire : Futur volé par l’exploitation forestière en République démocratique du Congo
Cette décision signifie que Danzer perd sa certification FSC partout dans le monde.

Danzer ne pourra plus s’habiller en “vert”
Cette décision du FSC, qui intervient 18 mois après le dépôt de plainte par Greenpeace, démontre que le label refuse d’entacher sa réputation en étant associé au Groupe Danzer pour sa participation aux violations des droits de l’homme.
Les entreprises avec lesquelles le FSC s’associe doivent respecter un certain nombre de critères minimaux tout le long de leur chaîne de production. D’après ces critères, s’ils étaient correctement appliqués, les compagnies forestières contribuant à la déforestation ou impliquées dans des violations des droits humains ou la destruction de zones à haute valeur de conservation devraient être exclues.
Cette décision démontre également que le FSC a urgemment besoin de mettre en place des garanties pour ses certifications dans les zones où règne un niveau élevé de corruption et où la bonne gouvernance, la capacité d’application des lois et la présence d’une société civile organisée font défaut.
La fréquence de ce type de conflits dans un pays forestier comme la RDC invite à la prudence quant à la délivrance de certificats FSC. Les conditions de contrôle que l’on y rencontre ne s’amélioreront probablement pas avant de nombreuses années, tandis que des violations, tant des droits de l’homme que de la législation forestière y sont régulièrement déplorées.
Quant à Danzer, la perte de sa certification ne doit pas suffire. La société doit être tenue responsable pour les agissements de sa filiale par le passé. Déjà, nous annoncions récemment comment l’ONG Global Witness et le Centre Européen pour les Droits constitutionnels et les Droits de l’Homme (European Center for Constitutional and Human Rights, ECCHR) ont déposé une plainte contre un responsable de Danzer, auprès du parquet de Tübingen, en Allemagne.
Cette nouvelle plainte et cette décision forte du FSC montrent, dans la foulée des campagnes menées par Greenpeace et de nombreuses ONG congolaises depuis des années, qu’il n y a pas de fatalité à ce que les groupes industriels du bois, d’où qu’ils soient, se croient tout permis et restent impunis dans des pays comme la République Démocratique du Congo.
Ce samedi 25 mai s’est tenue la journée citoyenne du débat national sur la transition énergétique, dans 11 régions métropolitaine et 3 d’outre mer. Entre 100 à 150 personnes par région, tirées au sort, étaient invitées à donner leur avis autour des grands thèmes du débat. Consciente que cette journée citoyenne et que ce débat national sur la transition énergétique ne bénéficiaient que d’un écho faible, Greenpeace a souhaité mobiliser.
Un débat “national” qui reste confidentiel …
Les ambitions du ministère sont pourtant affichées : campagne d’adwords sur Google, compte Twitter et page Facebook … À l’écran, le Gouvernement communique. On ne peut que regretter que ces campagnes d’information, et d’invitation à participer ne soient présentes que sur le web. Dans la vraie vie, il en est autrement : pas d’affiches, pas de campagnes radios, pas de spots télé … Pourtant, lorsque le sujet l’impose (Impôts, Santé) le Service d’Information du Gouvernement et les ministères financent des campagnes de publicité (ou d’information, c’est selon… )

Résultat ? Un ministère discret, des médias peu mobilisés (une vingtaine d’articles recensés en 15 jours ! ) et des Français qui n’entendent pas parler d’un débat pourtant présenté comme “national”. Un état de fait qui apparaît d’ailleurs dans les résultats mis en ligne par le ministère ce samedi : 71% des personnes interrogées ne connaissaient pas ou peu le sujet “transition énergétique” avant la journée.
Le débat sur la transition ne doit pas être cantonné à la Défense, siège d’Areva, de Total, d’EDF … Tous les sujets doivent être abordés !
Collèges d’experts, discussions techniques… Greenpeace a voulu donner des outils aux citoyens, et une dimension plus globale au sujet de la transition énergétique. Car, pour nous, les citoyens doivent pouvoir participer au débat national sur la transition énergétique pleinement. Sans trucages.
Nous avons donc proposé des outils pour appuyer notre discours, l’étayer, en faire la preuve :
➤ “Le Projet E” ou la transition électrique pour sortir du nucléaire en 4 quinquennats. Visualisez et explorez la transition dans le temps, dans les moyens, dans les opportunités. www.greenpeace.fr/E
➤ L’Abécédaire de la Transition Énergétique, pour décrypter en quelques clics tous les enjeux de la transition énergétique, en comprendre les termes clés. www.greenpeace.fr/abc-transition
➤ Et un rapport en infographies : les cinq centrales nucléaires à fermer en priorité, pourquoi et comment ! www.greenpeace.fr/fermez-les

Nous avons également interpellé directement les participants à la réunion du “Conseil National du Débat sur la Transition Énergétique” quai de Grenelle, et les citoyens tout au long de la journée jeudi, de la Défense (siège du ministère et des grands groupes énergéticiens) à Montparnasse (troisième gare en 2011 avec 26,5 millions de voyageurs)
Le nucléaire, tabou ou confidentiel ?
Quand on débat de la transition énergétique dans le pays le plus nucléarisé du monde, on doit aussi parler des risques et des coûts réels du nucléaire. Or, ce sujet est LE grand absent des débats en cours … Par exemple, dans le questionnaire soumis aux participants Samedi, dans la liste des raisons justifiant de la transition énergétique, le nucléaire (risques, coûts …) ne fait pas partie des réponses proposées !
Pour l’heure, ces sujets sont absents des discussions et des documents donnés aux citoyens. Pour comparer les scénarios énergétiques pour les années à venir, les coûts, bénéfices, avantages et inconvénients de chaque trajectoire, tout doit être mis sur la table. Y compris les nombreux défauts du nucléaire.
Et les citoyens des panels ?
Greenpeace était présente à l’entrée des débats dans plusieurs villes : Toulouse, Strasbourg et Paris, ainsi que Rouen, Metz, Lyon … L’accueil réservé par les participants (et les organisateurs!) de nos documents a été très positif.
Il nous a été très difficile de connaître les lieux de débat … Ces informations étaient jalousement gardées par les organisateurs … Une surprise à Clermont-Ferrand : impossible d’accéder à l’entrée du lieu, même pour distribuer nos outils à l’entrée … Les accès étaient sécurisés comme pour une réunion internationale ! A Lyon, il semble que le débat ait accueilli peu de participants.
Pour un débat revendiqué comme national et citoyen, la confidentialité était manifestement de mise !
Notons que l’analyse des premiers éléments bruts mis en ligne par le ministère apporte des indices intéressants :
pour les citoyens interrogés, la première justification de la transition énergétique est la protection de l’environnement et l’indépendance énergétique. La transition est largement considérée comme une chance pour l’environnement, et l’emploi. Parmi les effets attendus de la transition énergétique à terme : la création d’emploi, la relocalisation de la production et de la consommation d’énergie dans les bassins de vie.
Parmi les grandes décisions à prendre, celles qui apparaissent les plus importantes sont le lancement d’un vaste programme de recherche et développement au niveau national et européen, la réorientation des investissements vers les énergies renouvelables et l’introduction d’une fiscalité écologique et incitative .
C’est la consommation d’énergie qui était mise en avant dans le questionnaire. La production, elle, était clairement l’hôte discrète… De plus, notons que lorsque la dépendance énergétique est évoquée, seules les énergies fossiles, et notamment le pétrole sont citées. Rien sur les importations d’uranium nécessaire au fonctionnement des centrales, pourtant importé à 100 % de pays comme le Niger…
Quel rôle pour les citoyens dans la trajectoire énergétique de la France ?
Enfin, dans les questions concernant le sentiment des citoyens sur le débat, on peut noter qu’ils se déclarent majoritairement satisfaits de la journée … Mais, interrogés sur l’”utilité” des contributions citoyennes, ils sont 42% à marquer leur doute en répondant : “je ne sais pas” ou “pas du tout” pour le niveau local et 51% à exprimer la même incertitude sur la prise de décision au niveau national.
Manque de confiance dans les institutions ? Résignation ? Doute ? Expression de l’impuissance ?
Ces résultats marquent la volonté des citoyens de s’impliquer … Mais aussi leur résignation face aux processus de décisions opaques en matière d’énergie.
Pour nous, le débat doit être complet, partout et pour tous. Le savoir, c’est le pouvoir ! Connaître, comprendre les questions énergétiques, et surtout savoir : quelles sont les options et QUI doit décider ! Voilà les questions auxquelles nous voulons répondre dans les semaines à venir.
Communication externe et social washing, communication interne aux actionnaires … voilà deux domaines qui, pour Herakles Farms, sont totalement incompatibles.
Un rapport publié par Greenpeace et le Oakland Institute, Le Double jeu d’Herakles, dévoile des échanges internes à Herakles, échanges qui révèlent les petits arrangements du groupe américain avec la vérité et la réalité sur le terrain.
La publication de ce rapport intervient au moment même où l’on apprend qu’après des mois de controverse, le Ministère camerounais des Forêts et de la Faune (MINFOF) a ordonné la suspension de toute activité d’exploitation forestière de la société. La lettre de suspension du MINFOF fait référence à une lettre du ministère de la Planification Économique et du Développement Régional, rapportant des violations de la loi forestière camerounaise par la compagnie.
Nous ne pouvons que nous réjouir de cette décision, en raison des nombreuses infractions associées au projet Herakles, des conflits sociaux et des dégâts environnementaux qu’il a causés.
Ne baissons pas la garde
Herakles s’est arrangé avec le code forestier, avec la vérité … Cette décision de suspension ne doit pas stopper notre élan pour dire la vérité !

Des déclarations fausses, mensongères ou inexactes ont été relevées dans des documents ou communications d’Herakles Farms concernant son projet de plantation de palmiers à huile au Cameroun. En voici un “florilège” … ou le meilleur du pire de la communication d’Herakles :
Ce qu’Herakles clame : “[Herakles Farms a] obtenu tous les permis et autorisations nécessaires pour démarrer les opérations sur le terrain” (brochure Investment Opportunity)
La vérité : Conformément à la loi de 1976 régissant l’allocation des terres domaniales au Cameroun, toute attribution d’une concession supérieure à 50 hectares doit faire l’objet d’un décret présidentiel. Une partie de la concession octroyée à Herakles se situe sur des terres appartenant à l’État. L’accord (ou “convention d’établissement”) conclu en 2009 avec le gouvernement camerounais n’a pas été signé par le président.
Ce qu’Herakles clame : “Nous avons renoncé au bois au profit du gouvernement camerounais [...] Nous ne sommes pas des exploitants forestiers” (Lettre de B. Wroebel, PDG d’Herakles Farms)
La vérité : Aujourd’hui, c’est une toute autre histoire qu’Herakles Farms raconte à ses investisseurs. Dans sa brochure Investment opportunity (opportunité d’investissement) datée de mars 2013, on pouvait lire que “la vente du bois pourrait entraîner une hausse immédiate des bénéfices” pour l’entreprise. Dans un autre document intitulé Value Drivers, Herakles Farms informe ses investisseurs que l’exploitation forestière pourrait rapporter entre 60 et 90 millions de dollars au cours de la phase initiale du projet, en attendant les revenus de la production d’huile de palme qui seront générés lors des phases ultérieures.
Ce qu’Herakles clame : “La corruption ne sera jamais tolérée au sein d’Herakles Farms” (Herakles Farms – Anti Corruption policy)
La vérité : L’Oakland Institute et Greenpeace International ont en leur possession des éléments indiquant que des employés d’Herakles Farms auraient pris part à des activités de corruption, versé des pots-de-vin et fait des promesses d’emploi pour rallier un plus grand soutien en faveur du projet au Cameroun.
Interrogé à ce sujet, un employé d’Herakles Farms a répondu : “Bien entendu, des enveloppes ont été distribuées […] C’est comme ça que vous vous facilitez les choses.” Et d’ajouter que l’ancien directeur des plantations Herakles Farms “distribuait un grand nombre d’enveloppes et des sommes d’argent considérables“.
Ce qu’Herakles clame : Ce projet de plantation de palmiers à huile est une “opportunité d’investissement” (brochure Investment Opportunity)
La vérité : La situation financière d’Herakles Farms semble moins brillante qu’attendue… Les documents révélés par le rapport montrent les inquiétudes au sein de l’entreprise quant à la nécessité de changer de mode de fonctionnement, en particulier concernant les activités de déboisement: “les forestiers ne savent même pas comment s’y prendre pour abattre des arbres sur un site destiné à accueillir la plantation. Ils nous coûtent beaucoup mais avec peu de résultats.”
Ce qu’Herakles clame : “Herakles Farms est expérimentée en matière de développement, de gestion et d’exploitation de projets agricoles en Afrique“. (brochure Investment Opportunity)
La vérité : L’expérience dont Herakles Farms se prévaut dans ce type de projets se limite à un projet pilote au Ghana, une plantation de palmiers à huile de 2 500 hectares exploitée depuis 2008. En réalité, Herakles Farms a démontré à bien des égards son incapacité à mettre en place de façon adéquate et durable un projet de production d’huile de palme : Violation du droit camerounais, mauvaises pratiques sur la mesure des impacts environnementaux, litige juridique avec un sous-traitant …
Ce qu’Herakles clame : “Les investisseurs bénéficient en outre d’une couverture complète des risques politiques fournie par la compagnie Zurich Assurance” (brochure Investment Opportunity)
La vérité : Les assurances contre les risques politiques protègent les investisseurs en cas d’expropriation, de guerre civile, d’annulation de permis ou d’autres événements pouvant nuire à la bonne conduite d’un projet, en fonction des caractéristiques de chaque contrat. D’après un rapport publié par Munden Project sur les risques financiers dans le secteur agricole, ces polices d’assurance “constituent une garantie qui facilite les investissements dans les pays en développement”, mais prévient que “la plupart de ces contrats peuvent être invalidés si le client, ou des tiers agissant pour son compte, se livrent à des pratiques coercitives. Cette situation peut notamment se présenter en cas de litiges fonciers.”
Au vu des éléments indiquant qu’Herakles Farms s’est livrée à des actes “d’intimidation et de corruption” et à des violations persistantes de la loi, on peut se demander si ses investisseurs seraient effectivement couverts par l’assurance contre les risques politiques de la compagnie Zurich. (Ministry of Forestry and Wildlife/Programme for Sustainable Management of Natural Resources (PSMNR), Report: Fact finding mission on Herakles Farms (SGSOC) oil palm plantation project, février 2013.)
Ces quelques points ne sont que le début … et il a été difficile d’en faire une sélection, tant les agissements d’Herakles Farms sont tous pire les uns que les autres.
Consultez l’intégralité du rapport Le Double jeu d’Herakles Farms.
Après avoir décimé les forêts tropicales d’Asie du sud-est, les industriels de l’huile de palme se ruent sur l’Afrique.
Le projet Herakles Farms illustre la menace de l’accaparement des terres en Afrique. Un tel projet d’huile de palme, menée en violation du droit national, malgré l’opposition de nombreux résidents locaux, et dans une zone densément boisée, ne devrait pas être autorisé.
François Hollande a décidé de réduire la part du nucléaire de 75 à 50% de l’électricité en France d’ici à 2025. Il a promis d’enclencher la transition énergétique du pays. Et il a promis que les Français seraient consultés lors d’un grand débat citoyen.
Mais ce débat fait l’impasse sur des sujets fondamentaux.
Les fondements mêmes de la transition énergétique d’abord. Le site d’information et de discussion mis en ligne par le ministère fait l’impasse sur les notions les plus essentielles de la transition énergétique. Le “socle de connaissance” est un document long, un pdf difficile à explorer pour l’internaute citoyen. Certains sujets restent tabous dans ces documents … et dans les discussions.
Le risque nucléaire ensuite. Le livret d’information sur la transition énergétique envoyé aux citoyens sélectionnés pour participer aux débats en région fournit une information incomplète : le risque nucléaire n’est tout simplement pas développé, expliqué ou présenté !
Combien coûterait la prolongation de la durée de vie de nos vieilles centrales nucléaires ? Quels risques impliquerait-elle ? Combien payerons-nous la gestion des déchets ? Quelles seraient les conséquences économiques et sociales d’un accident nucléaire ? Serions-nous à même de le gérer ? Pas un mot !
Dans le pays le plus nucléarisé au monde qui compte 58 réacteurs sur son territoire, un débat sur l’énergie qui ne traite pas de ces questions est un faux débat.
Sans méthode claire et définie, sans réelle implication des citoyens, sans portage politique par le gouvernement, ce débat reste confidentiel et laborieux. En réaction à cette désorganisation et ce manque flagrant de volonté politique, Greenpeace a décidé de claquer la porte du processus officiel en novembre dernier.
Mais pour nous, le savoir, c’est le pouvoir.

Les citoyens doivent pouvoir participer au débat national sur la transition énergétique pleinement. Sans trucages. Pour que ces débats ne restent pas le pré carré d’experts de l’industrie ou des politiciens, Greenpeace verse aujourd’hui une nouvelle contribution au public.
Trois outils, pour rendre aux citoyens les moyens de compréhension et de débat sur la politique énergétique.
Des outils à explorer, à offrir, à partager, à diffuser.
➤ “Le Projet E” ou la transition électrique pour sortir du nucléaire en 4 quinquennats. Visualisez et explorez la transition dans le temps, dans les moyens, dans les opportunités. www.greenpeace.fr/E
➤ L’Abécédaire de la Transition Énergétique, pour décrypter en quelques clics tous les enjeux de la transition énergétique, en comprendre les termes clés. www.greenpeace.fr/abc-transition
➤ Et un rapport en infographies : les cinq centrales nucléaires à fermer en priorité, pourquoi et comment ! www.greenpeace.fr/fermez-les
Ils sont à vous.
Il faut décider dans quelle énergie de demain la France investit aujourd’hui. Si vous n’en parlez pas, personne ne le fera !
La réunion du Conseil de l’Arctique s’est déroulée hier à Kiruna, en Suède. Cette réunion regroupe les membres permanents de cette organisation intergouvernementale, riverains de l’Arctique: Canada, Danemark, États-Unis, Finlande, Islande, Norvège, Russie et Suède ; et des représentants des peuples autochtones ainsi que les six pays observateurs, dont la France.

Ce rendez-vous était important, pour de nombreuses raisons. D’abord car la réunion rassemble les décideurs de l’avenir du cercle polaire, ceux qui ont l’avenir de ce territoire entre leurs mains … Une occasion inespérée de leur parler à tous ! Deuxième raison : c’est le Canada qui a endossé cette année la présidence tournante du Conseil, et que son parti-pris en faveur de l’industrie pétrolière ne présage rien de bon.
Autant de bonnes raisons donc, pour que nous soyons présents et surtout actifs !
Dès la veille de la réunion du Conseil, s’est déroulé un premier événement : la prise de parole des peuples autochtones contre les forages dans l’océan arctique.
Environ 80 délégués originaires de sept pays de l’Arctique se sont réunis à Kiruna pour assister à la conférence intitulée “The Peoples’ Arctic: Unified for a Better Tomorrow” (La population de l’Arctique : uni pour un avenir meilleur). Organisée par Greenpeace et le Comité de sauvegarde de la rivière Pechora, cette deuxième conférence annuelle avait pour but de tisser des liens entre les communautés autochtones de la région arctique et avec les organisations environnementales.
À l’issue de cette deuxième conférence, la Déclaration conjointe de solidarité autochtone pour la protection de l’Arctique compte 15 nouveaux signataires individuels et institutionnels, dont le Conseil arctique de l’Athabaska, les Premières nations Déné, l’Assemblée des Premières nations des Territoires du Nord-Ouest, le Conseil jeunesse du Parlement Saami de Suède, l’organisation écologiste groenlandaise Avataq, le Secrétariat des peuples autochtones et le maire d’une ville de l’Alaska. Pour consulter la Déclaration et la liste des signataires, visitez la page suivante (en anglais)
Mais malgré ces appels des peuples autochtones et des alertes de la communauté scientifique sur le sujet, le Conseil arctique s’est achevé sans décision contraignante pour réduire les émissions de carbone noir ou pour freiner la course à l’or noir dans cette région. De plus, le “Cooperation on Marine Oil Pollution Preparedness and Response in the Arctic Agreement”, signé par les ministres des Affaires étrangères n’inclut aucun standard minimum contraignant et ne rend pas les compagnies responsables des dégâts qu’elles pourraient causer en cas de marée noire.
Le message au Canada
Au moment où le Canada a pris la présidence du Conseil de l’Arctique, Greenpeace s’est adressée directement aux délégués de la réunion ministérielle, pour inciter le gouvernement canadien à placer les intérêts de l’humanité et de l’environnement au-dessus de ceux des compagnies pétrolières.
Le Conseil de l’Arctique a pour mission d’assurer la protection de l’environnement et le développement durable de cette région fragile; or le gouvernement Harper affirme vouloir utiliser cette organisation pour promouvoir les intérêts de l’industrie.
Greenpeace pense que le Canada doit utiliser sa présidence de deux ans pour inciter le Conseil de l’Arctique à atteindre des objectifs concrets, au nom de l’environnement nordique et de ses habitants :
* interdire les forages dans l’Arctique, compte tenu de l’impossibilité d’y empêcher et d’y nettoyer une marée noire;
* prendre des mesures concrètes et rapides afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre des États de l’Arctique, incluant entre autres la réduction des émissions de carbone noir;
* favoriser la création de réserves marines, ainsi que l’établissement d’un sanctuaire mondial dans l’océan Arctique central afin d’en protéger la biodiversité;
* minimiser les risques associés à la pêche commerciale;
* assurer une plus grande transparence et représentativité du Conseil de l’Arctique.
Votre message aux délégués !
Samedi 20 avril, plus de 17.000 personnes, dans 278 villes, et originaires de 35 pays autour du globe s’étaient rassemblées pour former des bannières humaines. Le message était simple, clair, pour être vu et entendu par les dirigeants politiques du monde entier : “I ♥ Arctic”.
De Buenos Aires à Bangkok, de Kiruna à Johannesburg, et en France dans 21 villes, les citoyens rassemblés en un front uni et pacifique ont exigé que les responsables politiques prennent leur responsabilités et prennent enfin des mesures pour protéger l’environnement fragile qu’est l’Arctique.
Ces photos, nous les avons délivrées aux délégués représentants du Conseil de l’Arctique. Sous la forme d’un livre, déposé dans leur hôtel. (Feuilletez le livre en ligne)

Il y a urgence pour l’Arctique !
Greenpeace demande aux gouvernements d’établir un sanctuaire marin mondial autour du pôle Nord, c’est-à-dire une zone légalement protégée de toute forme d’activité industrielle de grande ampleur, incluant les forages pétroliers et la pêche commerciale. Plus de trois millions de personnes à travers le monde ont d’ores et déjà appuyé cette initiative en signant la pétition Sauvons l’Arctique de Greenpeace.
Greenpeace s’engage à respecter les droits des Premières nations, et tente de favoriser l’application de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones dans toutes les étapes de développement d’une société plus juste et plus durable. Greenpeace reconnaît le droit des peuples autochtones à se réunir sur leurs territoires ancestraux afin de prendre part à des activités économiques traditionnelles telles que la pêche, la trappe et la chasse.
Le 25 avril dernier, l’ONG Global Witness et le Centre Européen pour les Droits constitutionnels et les Droits de l’Homme (European Center for Constitutional and Human Rights, ECCHR) ont déposé une plainte contre un responsable de la compagnie d’exploitation forestière suisso-allemande Danzer, auprès du parquet de Tübingen, en Allemagne. Il est accusé d’être responsable, par omission, de graves violations des droits de l’homme, perpétrées à l’encontre de membres d’une communauté forestière en République Démocratique du Congo en mai 2011.

Les faits remontent au 2 mai 2011, quand des habitants de la communauté forestière de Yalisika, vivant sur le territoire de Bumba (Province de l’Équateur), ont été victimes d’extrêmes violences de la part d’un groupe de policiers et de militaires locaux. L’origine de ce déferlement de violence : la révolte grandissante des villageois face au groupe Danzer qui exploitait alors leur forêt pour son bois. Ce qui est reproché au responsable du Groupe Danzer est de n’avoir pas su prévenir les violences commises par les forces de sécurité congolaises contre la population civile de Yalisika. Selon des témoignages, les débordements auraient été facilités par un responsable de la filiale congolaise du groupe, SIFORCO. Il aurait par exemple été vu en train de payer les forces de « sécurité »… (A lire : le témoignage de René Ngongo , chargé de campagne pour Greenpeace International).
Danzer ne respectait pas ses engagements
Depuis de nombreuses années, Danzer avait déjà à plusieurs reprises été impliquée dans des faits aussi graves. C’est souvent le même cas de figure qui se reproduit. En avril 2011, des villageois du territoire de Bumba s’étaient révoltés contre la compagnie, l’accusant de ne pas avoir respecté ses engagements, imposés par le « Cahier des Charges ». La Siforco a débuté l’exploitation du bois dans la région de Bosanga en 1993 et avait donc conclu un « Cahier des Charges » avec les représentants des communautés en janvier 2005. La société s’y engageait à construire une école, un poste de santé et d’autres infrastructures. Ces contrats sont une obligation légale, le seul « bénéfice » octroyé aux communautés locales lorsqu’un exploitant forestier jette son dévolu sur leur forêt. Pourtant, la compagnie n’a dans les faits pas respecté une grande partie de ses engagements… Dans des territoires isolés comme les forêts congolaises, l’Etat est absent ou manque totalement de moyens.
Une violence innacceptable
Suite à des protestations grandissantes de la part de la communauté de Yalisika, une violence inouïe s’est alors abattue sur le village. Un villageois – Frédéric Moloma Tuka – est mort de ses blessures, des femmes et jeunes filles ont été violées, plusieurs villageois ont été tabassés, de nombreux biens ont été détruits et 16 personnes ont été arrêtées. Après avoir révélé ces faits, Greenpeace publiait en novembre 2011 un rapport complet. « Futur volé : Conflits et exploitation forestière au cœur des forêts congolaises – le cas Danzer ».
Des actions contre l’impunité
Les victimes de la communauté de Yalisika ont même déposé une plainte en RDC. Elles sont aujourd’hui représentées par Avocats Sans Frontières .
Début 2012, la société Danzer a vendu ses activités d’exploitation forestière au groupe américain Blattner Elwyn, laissant derrière elle un territoire ravagé et une population traumatisée. Depuis le début du scandale, Greenpeace a mené différentes actions pour donner la voix à ces protestations locales et dénoncer les organismes internationaux (AFD et les bailleurs internationaux) qui soutiennent ce type d’exploitation industrielle. Ce fut le cas à Caen, où 12 activistes de Greenpeace avaient pénétré dans la zone de stockage du port de Blainville pour intervenir sur une quinzaine de troncs de bois tropical appartenant au groupe Danzer.
Cette action en justice en Europe est une très bonne nouvelle pour les communautés forestières de République Démocratique du Congo et pour leurs forêts face aux abus commis par les sociétés forestières.
Des années après que les apiculteurs, les associations environnementales, les scientifiques… aient tiré la sonnette d’alarme, la commission européenne va certainement interdire trois pesticides jugés responsables du déclin des abeilles. Il était grand temps d’agir ! Au cours des dernières périodes hivernales, la mortalité des colonies d’abeilles domestiques en Europe se situait autour de 20 % et jusqu’à 53 % pour certains pays.

Une majorité simple d’Etats membres européens, dont la France, a voté hier en faveur de la proposition de la commission européenne d’interdire temporairement 3 pesticides de la famille des néonicotinoïdes. La commission a désormais le droit de mettre en œuvre cette interdiction. Celle-ci constituerait un premier pas dans la bonne direction pour protéger les insectes pollinisateurs et ainsi la production alimentaire en Europe.
Passer de l’agriculture industrielle à l’agriculture biologique
Le déclin des abeilles est un symptôme grave et particulièrement visible des défaillances de l’agriculture industrielle. Greenpeace se bat depuis des années pour que l’agriculture ne pollue les champs ni avec des OGM, ni avec des insecticides chimiques. La seule voie possible est de de promouvoir l’agriculture écologique, seule capable de garantir des pratiques agricoles et une alimentation saine.
Il y a moins d’un mois, Greenpeace publiait un rapport analysant les études scientifiques parues récemment dans les revues de référence Selon ces études, la mortalité accrue des abeilles s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs. L’usage de certains pesticides, et notamment des néonicotinoïdes, constitue clairement l’un de ces facteurs, ce que Syngenta et Bayer refusent obstinément de le reconnaître !

Les mensonges de Syngenta et Bayer polluent le débat
Avec leurs mensonges persistants, ces entreprises polluent le débat public. C’est ce que Greenpeace est allé récemment leur rappeler en accrochant une banderole sur le siège de Syngenta en Suisse et en s’invitant à l’assemblée générale de Bayer en Allemagne. Aux Pays-Bas, devant les locaux de Bayer, Greenpeace a organisé symboliquement l’enterrement d’une reine abeille.
Environ un tiers des cultures agricoles dépend de l’action de pollinisation des abeilles pour être fécondées, et c’est le cas également de 90% des plantes sauvages. La commission doit immédiatement les protéger !
Une pêche respectueuse de l’environnement est le seul moyen d’assurer une mer pleine de poissons et donc un avenir aux pêcheurs. C’est pourquoi l’Arctic Sunrise est présent en ce moment sur les côtes européennes.
Le bateau fera escale, très bientôt, sur les côtes françaises. Venez à la rencontre de l’équipage et des pêcheurs artisans et visitez le bateau, en un mot vivez un moment inoubliable !

A Bayonne :
Quai Edmond Foy
19 mai (15h30-18h), 20 mai (10h-18h), 21 mai (11h-14h30 + 16h30-19h)
A St Malo :
Quai Trichet, Bassin Bouvet
26 mai (10h-18h), 27 mai (15h-19h), 28 mai (11h-14h30 + 16h-18h)
A Boulogne sur Mer :
Quai Amiral Huguet, bassin Loubet
Lundi 3 juin de 14h à 19h et mardi 4 juin de 10h à 18h
Sur le web, les bateaux virtuels de soutien se multiplient !
Plus de 37 000 bateaux européens font désormais partie de la flottille de renfort aux petits pêcheurs, qui les accompagnera jusqu’à Bruxelles.
Accompagnez, pendant une journée, les petits pêcheurs bretons et l’équipage de l’Arctic Sunrise…
Comment ? C’est très simple : en rassemblant !
Vous avez déjà créé votre bateau sur https://myboat.gp/fr/ : alors regroupez le plus de matelots possibles sur votre navire ! Partagez, par mail, sur les réseaux sociaux, votre soutien aux petits pêcheurs européens. Le capitaine qui rassemblera le plus de signatures et de bateaux dans sa flottille, sera invité à passer une journée à bord de l’Arctic Sunrise, le 27 mai à Saint-Malo.
Vous aurez ainsi l’opportunité, exceptionnelle, de vivre une journée au rythme de l’équipage, de déjeuner au mess, de visiter les recoins de ce brise-glace. Dès votre arrivée, vous serez accueilli par un membre de l’équipage qui vous accompagnera toute la journée. Pour venir jusqu’à Saint-Malo, Greenpeace vous fera parvenir le billet de train aller/retour en seconde classe.
Quelques précisions utiles : pour participer, il vous faut être une personne physique majeure, être habitant de France Métropolitaine… Et surtout, avoir partagé et fait rejoindre la campagne à un maximum de matelots ! Nous arrêterons les comptages à 9h30 le 15 mai au matin.
Consulter le règlement du jeu
Les petits pêcheurs se mobilisent, et nous les accompagnons ! Nous sommes impatients d’accueillir l’un de vous à bord, pour que cette flottille virtuelle se prolonge dans la vie réelle !
Qui a entendu parler du débat sur la transition énergétique ? Tout laisse à penser que le gouvernement préfère qu’il reste confidentiel. La participation citoyenne est faible et éparse. Et les citoyens s’en plaignent. C’est un des membres du comité de pilotage qui le dit :
#DNTE Restitution des citoyens du Comité qui souligne les attentes et la désillusion des citoyens
— Bruno Rebelle (@brunorebelle) April 25, 2013
Pour les entreprises le traitement est différent… Et certaines en profitent !
Une offensive a récemment été lancée, d’abord par la voix de Laurence Parisot pour le Medef mercredi puis via le groupe de contact des entreprises de l’énergie lors d’une plénière du débat. Au menu, un ensemble de propositions pour tenter d’imposer leur vision au sein du débat sur la transition énergétique.
Une priorité : ne rien changer
Prolonger la durée de vie des centrales nucléaires françaises sous couvert d’une soi-disant compétitivité du modèle du tout nucléaire français, voilà ce que ces entreprises poussent. Et que font-elles de la promesse de François Hollande de réduire à 50% le nucléaire dans le mix électrique d’ici 2025 ?
Cette démarche va au moins avoir le mérite d’apporter une réponse à une question que beaucoup de Français se posent : qui va décider de l’avenir énergétique de la France ? Le Président de la République au nom de l’intérêt général ou les lobbies obsédés par le mythe du nucléaire ?
La prolongation : un pari insensé pour l’économie et pour la sûreté
Nous n’avons aucune idée des coûts futurs de la prolongation, certainement plus élevés que ce qu’annonce EDF. Avec les surcoûts futurs liés à la sûreté post-Fukushima ou à la prolongation, ce sera toujours plus d’investissements, jamais moins.
Prolonger le parc nucléaire français c’est prendre des risques croissants. Les centrales françaises ont 27 années de fonctionnement en moyenne, et jusqu’à parfois 12 années de plus si on compte l’âge des premiers bétons comme aux Etats-Unis. Conçues pour fonctionner 30 ans, les effets de leur vieillissement sont visibles dès 20 ans. La cuve ou l’enceinte de confinement sont par exemple deux pièces majeures ni réparables ni remplaçables. Le Président de l’ASN le disait lui-même récemment lors d’une audition devant l’OPECST. Le directeur de l’IRSN le confirmait lors d’un déplacement ce mardi 24 avril.
Et l’ASN dans l’histoire ? En misant sur la prolongation des centrales françaises, ces entreprises remettent en cause l’indépendance de l’Autorité de Sureté Nucléaire. Autorité qui est encore loin d’avoir validé les propositions d’EDF concernant les travaux de sûreté post-Fukushima. Et qui peut aussi s’opposer au cas par cas à l’extension de la durée de vie des réacteurs au-delà de 30 ans.
D’autres voix s’élèvent
Toutes les entreprises sont-elles si unies derrière la position très défensive et conservatrice défendue par Madame Parisot et certains membres du groupe de contact ? Elles n’ont pas le même intérêt à une vraie transition énergétique. Certaines entreprises défendant des énergies alternatives, à savoir FEE, AFPG, Enerplan, FNB, Amorce, Club Biogaz ATEE se sont désolidarisées des 12 propositions.
#DNTE : six acteurs du gpe de contact des entreprises se désolidarisent de la synthèse (FEE, AFPG, Enerplan, FNB, Amorce, Club Biogaz ATEE)
— enerpresse (@enerpresse) April 25, 2013
Une vraie transition est possible… Et indispensable !
Les alternatives compétitives et socialement avantageuses existent face au tout nucléaire. La France a un choix à faire. Il faut être lucide : développer les énergies renouvelables et l’efficacité énergétique n’est pas compatible avec le maintien du tout nucléaire. Greenpeace publiait et apportait au débat sur l’énergie dès février son scénario de transition énergétique. Les experts du débat, le gouvernement l’ont lu et jugé sérieux. Espérons qu’ils s’en inspirent…
Investir dans la transition énergétique, c’est investir avant tout dans les renouvelables et préparer la fermeture des centrales plutôt que de les prolonger.
Greenpeace a publié récemment le « portrait robot » des 5 centrales et des 20 réacteurs qui devraient être fermées en priorité :
Voir la liste des centrales
Aujourd’hui, le parlement européen a voté une proposition de réglementation visant à limiter les émissions de CO2 des voitures neuves en Europe. Celle-ci a pour but d’obliger les constructeurs à réduire la consommation des nouvelles voitures d’ici 2020 et au-delà. C’est maintenant au Conseil des ministres de l’environnement de se prononcer sur ce texte.

En fixant un objectif ambitieux, cette réglementation permettrait de préserver le climat, le pouvoir d’achat des automobilistes européens (car le volume d’émissions de CO2 est directement lié au volume de carburant consommé) et de réduire facture énergétique.
Malheureusement, les parlementaires sont tombés dans le piège du lobby automobile, et ont voté un texte décevant. Il fixe en effet un objectif de 95g CO2/km d’ici 2020 mais y introduit de nombreuses dérogations, telles que les « super crédits », qui leur permettraient de tricher en diminuant en réalité très faiblement leurs émissions de CO2.
Tricher pour continuer à polluer
« Les super-crédits », qu’est-ce que c’est ? Pour atteindre l’objectif fixé par la réglementation, les constructeurs doivent réduire la moyenne des émissions de CO2 de leur flotte de véhicules neufs. Cela signifie qu’ils peuvent vendre des véhicules dont les émissions dépassent la moyenne à conditions qu’ils vendent aussi des véhicules plus légers et moins polluants qui émettent moins de CO2 que la moyenne.
Mais, grâce aux « super-crédits », les constructeurs veulent que les véhicules très efficaces comptent davantage dans le calcul de cette moyenne que leurs véhicules les plus polluants. Cette astuce comptable, qui s’apparente à une véritable tricherie, permettrait à ces constructeurs, BMW et Mercedes notamment, de continuer à fabriquer des voitures lourdes et polluantes sans réelle contraintes.
Pourtant, Volkswagen a montré qu’un constructeur est capable de s’engager à produire des voitures plus propres et plus efficaces.
Une opportunité à saisir pour Delphine Batho
Après le vote décevant du parlement européen, les ministres européens de l’environnement devront se montrer ambitieux d’ici la prochaine réunion du Conseil.
Delphine Batho, la ministre française de l’écologie, a fait récemment des déclarations encourageantes sur les objectifs climat-énergie pour 2030. Avec cette réglementation européenne, elle a l’occasion immédiate de passer de la parole aux actes. La ministre doit prendre le leadership de ces négociations pour obtenir une réglementation ambitieuse et barrer la route au lobby néfaste des constructeurs allemands.
Greenpeace demande à Delphine Batho de défendre une réglementation européenne visant un objectif de 80g CO2/km en 2020 sans aucune faille comptable et d’au moins 60g CO2/km en 2025.
Il est crucial d’agir maintenant pour faire entendre notre voix auprès des décideurs politiques afin qu’ils défendent une règlementation ambitieuse !
Samedi 20 avril, plus de 10.000 personnes, dans 278 villes, et originaires de 35 pays autour du globe se sont rassemblées pour former des bannières humaines.
Le message était simple, clair, pour être vu et entendu par les dirigeants politiques du monde entier : «I ♥ Arctic».
De Buenos Aires à Bangkok, de Kiruna à Johannesburg, et en France dans 21 villes, les citoyens rassemblés en un front uni et pacifique ont exigé que les responsables politiques prennent leur responsabilités et prennent enfin des mesures pour protéger l’environnement fragile qu’est l’Arctique.
Un message universel qui sera déposé à l’Arctic Council
Des centaines de photos des événements I ♥ Arctic seront collectées et regroupées dans un livre, qui sera remis en mains propres aux ministres des Affaires étrangères des pays de l’Arctique lors de la prochaine réunion de l’Arctic Council à Kiruna, Suède, au mois de mai.
Un message universel que Greenpeace a déposé en Arctique
La semaine dernière, nos ambassadeurs ont atteint le pôle nord géographique, après une semaine de randonnée à ski. Ils ont y ont immergé un drapeau à quatre kilomètres de profondeur. Sur l‘étendard, disposé dans une capsule hermétique, figurent les trois millions de signatures du mouvement Save The Arctic.
Certains industriels ont des doutes, pourquoi les politiques persistent ils ?
Shell, Total ou Statoil ou tous émis des doutes ou retardé leurs projets en Arctique, et dans leur lignée, la compagnie américaine ConocoPhilips a décidé d’abandonner ses projets de forages au large de l’Alaska pour 2014. De plus, le gouvernement récemment élu du Groënland (mars 2013), annonçait un moratoire sur toute nouvelle licence d’exploration ou d’exploitation de gaz ou de pétrole, tout en soulignant que les 20 permis d’exploration déjà accordés devraient être accompagnés de mesures de sécurité largement renforcées.
Notre dépendance aux combustibles fossiles, et au pétrole notamment, apporte avec elle la destruction d’environnements fragiles et précieux, condamne le climat, et les habitants du monde entier. Les responsables politiques doivent entendre le message : www.savethearctic.org.










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