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Date: Sunday, 01 Apr 2012 17:30

Printemps extraordinairement précoce à Montréal…

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La crainte est maintenant qu'un gros gel vienne dévaster ce départ de végétation.

© 2012 Laurent Gloaguen - Ce billet a été originellement publié sur Navire.

Author: "Laurent Gloaguen"
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Date: Sunday, 01 Apr 2012 17:22

Cette inouïe irruption de l'été en mars ne devait pas durer… Optimiste, j'avais remis en service la fontaine, mais le gel nocturne est revenu.

Casser la glace…

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© 2012 Laurent Gloaguen - Ce billet a été originellement publié sur Navire.

Author: "Laurent Gloaguen"
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Date: Sunday, 01 Apr 2012 17:13

L'année dernière, le premier souper dehors, ce fut le 4 juin.

Le record de 2012 sera difficile à battre. C'était donc aujourd'hui notre premier souper dehors.

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© 2012 Laurent Gloaguen - Ce billet a été originellement publié sur Navire.

Author: "Laurent Gloaguen"
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Date: Sunday, 01 Apr 2012 17:10
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(Je précise que le capteur extérieur est situé à l'ombre, à l'abri des intempéries et du vent, à deux mètres de hauteur… Et que cette photo n'est pas truquée.)

© 2012 Laurent Gloaguen - Ce billet a été originellement publié sur Navire.

Author: "Laurent Gloaguen"
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Date: Saturday, 25 Feb 2012 22:03
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© 2012 Laurent Gloaguen - Ce billet a été originellement publié sur Navire.

Author: "Laurent Gloaguen"
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Date: Wednesday, 22 Feb 2012 15:17
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« Homme vêtu de noir avec des points blancs et des bandes blanches pour l'analyse chronophotographique de la locomotion. »

[Circa 1886. Photographie Marey, Étienne-Jules (1830-1904).]

© 2012 Laurent Gloaguen - Ce billet a été originellement publié sur Navire.

Author: "Laurent Gloaguen" Tags: "regards"
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Date: Sunday, 19 Feb 2012 17:40

Une bourrasque farceuse a rabattu la fumée de la haute cheminée sur notre petit groupe de clopeurs. Que faire sinon en rire, d'ainsi respirer le mort.

Nous étions là sur ce parking humide dans une zone périphérique sans grâce, le long du mur crépi du crématorium, à nous abriter d'une de ces familières tempêtes de décembre. Le reste de la troupe attendait à l'intérieur, dans une salle moderne et sans âme. L'attente… j'avais tant vécu dans les salles d'attente ces derniers mois… tout ce qui pouvait y ressembler m'insupportait désormais.

Alors, j'étais vite sorti, rapidement rejoint par les plus jeunes pour qui l'attente est par nature tout aussi difficile. Par mon geste, j'en avais donné l'autorisation muette et implicite. Si je sors de ce confinement funèbre, qui d'autre n'en aurait pas le droit ?

Et, de plaisanterie en sourire, de bêtise en larme effacée par le crachin, de cigarette en cigarette, le temps qu'il fallait est passé. La cheminée ne crachait plus de fumée depuis un temps, nous étions un peu frigorifiés, il était temps de rentrer au chaud.

Dans l'entrée du bâtiment, j'entends un cri lointain, une plainte qui provient de la salle. « Laurent, Laurent ! Où est Laurent ? ».

Je passe la double porte et retrouve la salle qui ressemble à une chapelle sans en être. Une trentaine de personnes assises se tournent vers moi, comme surprises de me voir apparaître alors que l'on m'appelle. Au bout de la salle, il y a un genre de pupitre avec un homme au costume sombre, professionnellement droit et impassible, un employé des pompes funèbre. À ses côtés, il y a le père, la carcasse rabougrie de douleur, un peu voûtée et tremblante.

C'est lui qui m'appelle ainsi. Il semble perdu, hagard, ébranlé, il a un monstrueux fardeau entre les mains. Je m'approche de lui, tandis qu'il semble utiliser ses dernières forces pour faire quelques pas en ma direction. Je traverse la salle écrasée de silence. Arrivé à sa portée, il me tend l'urne pesante que l'employé vient de lui remettre, je la prends fermement de mes deux mains de peur qu'elle ne tombe. Il me dit alors entre deux sanglots : « C'est mon fils. »

En moins d'une minute, je suis passé du badin à la sidération. Une main se pose sur mon épaule, on m'entoure, je sens comme une foule murmurante qui me pousse vers la sortie, vers l'air libre. Ce n'était pas prévu ! On ne m'avait pas prévenu. Chaviré, je sens revenir ces contractions irrépressibles, ces flashs de douleur tétanisante qui m'avaient saisi à l'église. Je tente de maintenir le cap, me voilà dehors. Un grain, des parapluies qui s'ouvrent. Une luxueuse berline noire s'arrête avec douceur, on m'ouvre la porte arrière tout en m'abritant de la pluie.

Je ne sais pas à qui est cette voiture, peut-être un beau frère qui a réussi, je ne sais pas qui conduit. Je m'installe, seul au milieu d'une confortable banquette en cuir, et je place l'urne entre mes jambes. Une urne tiède. Derrière les vitres lavées de pluie, les rues mouillées de Lorient défilent, des enseignes lumineuses, des silhouettes qui se hâtent de terminer leurs courses dans la nuit déjà tombée.

Je sens l'intérieur de mes cuisses qui commence à chauffer sérieusement, c'est la température des cendres qui se communique progressivement à la surface extérieure de l'urne. Et c'est là que je sens comme un liquide gras et visqueux qui s'écoule sur mes mains. J'ai la surprise de découvrir qu'il y a comme un suintement au niveau du couvercle. Des gaz et autres effluves de combustion doivent s'échapper des cendres brûlantes et se condenser dans le haut de l'urne. J'ai la crainte que la substance ne tache mon pantalon. Soulagé, je trouve des vestiges de mouchoirs en papier dans les poches de mon veston pour essuyer ce qui menaçait de se transformer en désastre. Je porte mes doigts à mon nez, ça sent comme un pot-au-feu qui aurait cramé.

Je reconnais la rue de la maison familiale. La voiture se fige, on m'ouvre et je m'extirpe.

La porte d'entrée est ouverte et je monte l'escalier. La mère, qui s'est jugée trop âgée pour supporter les cérémonies, était restée à la maison. Elle a préparé un autel pour recevoir l'urne et veiller son fils pendant la nuit, enfin ce qu'il en reste. C'est un genre de petite crédence recouverte d'un linge brodé, un drap du berceau de Marc apprendrai-je, des fleurs, des bougies, quelques photos, un crucifix.

On me dit qu'elle se repose dans sa chambre pour le moment. J'inspecte l'urne de tous côtés pour m'assurer qu'il n'y a plus de ces fuites huileuses, et je la pose au centre de l'autel. Je caresse le couvercle, examine les photos qui représentent Marc enfant. Puis on m'accompagne à la porte, autre voiture, autres gens, on va me conduire pour un grand souper à Larmor, avec les nièces et neveux, les amis de jeunesse, peut-être même des amours passés.

Les phares s'allument, l'automobile démarre, je me retourne pour voir la maison familiale disparaître. C'est la dernière fois que je la verrai.

© 2012 Laurent Gloaguen - Ce billet a été originellement publié sur Navire.

Author: "Laurent Gloaguen"
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Date: Saturday, 11 Feb 2012 04:40
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James F. Gibson : Falmouth, Va. — "Lord Abinger (William F. Scarlett, 3d Baron Abinger, Lt. Col. Scots Fusilier Guards) and group at headquarters, Army of the Potomac". 1863 April. Stereograph, wet collodion ; 4 x 10 in. LC-B815- 695.

© 2012 Laurent Gloaguen - Ce billet a été originellement publié sur Navire.

Author: "Laurent Gloaguen" Tags: "regards"
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Date: Wednesday, 08 Feb 2012 03:37
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Je ne suis pas sûr d'aimer la marque de mes nouveaux slips nouvelles bobettes.

(Je ne fais pas de "going commando" en hiver…)

© 2012 Laurent Gloaguen - Ce billet a été originellement publié sur Navire.

Author: "Laurent Gloaguen"
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Date: Tuesday, 07 Feb 2012 04:21
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Maddie The Coonhound, by Theron Humphrey.

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Author: "Laurent Gloaguen" Tags: "regards"
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Date: Monday, 06 Feb 2012 23:15

Enfin, ce qu'il en reste…

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Trois caractères différents.

© 2012 Laurent Gloaguen - Ce billet a été originellement publié sur Navire.

Author: "Laurent Gloaguen"
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Date: Monday, 06 Feb 2012 20:33
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Johnny Mae Dawson, Miami, FL.

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Peaches Barnes, Statesboro, GA.

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Jeff Guy, Johns Creek, GA.

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Douglas Lanning, Cashiers, NC.

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Puff, Monterey, VA.

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Brook Nichols, Spencer, WV.

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Mike Miller, Spencer, WV.

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Charlie Hill, Vineland, NJ.

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Colleen and Nathaniel, Portland, ME.

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Stash Gaszynski, Wells, VT.

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Travis Leaman, Cumberland, PA.

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Noe Gonzalez, Newport, KY.

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Em Patterson, Tuscaloosa, AL.

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Jimmy, West Monroe, LA.

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Born and raised in the South, I grew up in a family rich with oral history. While studying in the Appalachian mountains I fell in love with photography. In 2007 I earned my MFA in photography from the Savannah College of Art and Design.For the past few years I was working in a commercial photography studio in the beautiful panhandle of Idaho. One morning I woke up, and decided I needed use photography to connect with folks, and tell their story.

Theron Humphrey.

[This Wild Idea.]

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Author: "Laurent Gloaguen" Tags: "regards"
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Date: Sunday, 05 Feb 2012 21:31
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[Icones Plantarum. Circa 1440, Italie. Sloane 4016.]

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Author: "Laurent Gloaguen" Tags: "regards"
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Date: Tuesday, 31 Jan 2012 05:11
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© 2012 Laurent Gloaguen - Ce billet a été originellement publié sur Navire.

Author: "Laurent Gloaguen"
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Date: Tuesday, 31 Jan 2012 05:08
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Quiche citronnée aux crevettes et poivre vert.

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Author: "Laurent Gloaguen"
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Date: Tuesday, 24 Jan 2012 21:24

Il n'est pas censé pleuvoir sur Montréal en janvier, et pourtant. Triste et sale.

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© 2012 Laurent Gloaguen - Ce billet a été originellement publié sur Navire.

Author: "Laurent Gloaguen"
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Date: Saturday, 14 Jan 2012 22:57

J'ai eu des amourettes de jeunesse. J'appelle ça des amourettes parce que cela ne durait généralement jamais plus de deux ou trois mois. Ce n'en était pas moins intense, ni moins romantique, mais cela ne débouchait pas sur une relation de couple. De beaux feux de paille, sans doute des étapes indispensables dans la formation du caractère. Puis, peut-être est-ce juste l'âge qui ne se prête pas à autre chose. On se fatigue vite des nouveautés, toujours en quête d'expérience, d'inconnu, d'étranger. Je crois me souvenir ne pas avoir été tendre en certaines occasions, et je m'en excuse.

J'ai eu des amours confortables, qui ont parfois survécu des années, sporadiquement. Rien de passionnel, sauf parfois au tout début, juste l'agrément d'être ensemble et d'occasionnellement baiser. On dirait aujourd'hui des "fuck buddies", mais c'était avant tout des amis. D'ailleurs, je m'interroge de plus en plus sur les barrières qui nous interdiraient de coucher avec ses amis si le cœur nous en dit, si l'occasion se présente. Il se trouve que trop de gens portent encore une excessive valeur symbolique à l'acte sexuel qui n'a pas lieu d'être. Ce n'est pas un engagement psychologique, c'est avant tout se faire plaisir à deux. Ou plus.

Puis sont venues les amours sérieuses, tardivement. Peut-être faut-il une certaine maturité, genre plus de 25 ou 30 ans, pour s'y adonner.

Il y a eu Marc, donc, vers mes 27 ans. Ce n'était pas prévu qu'on tombe amoureux, ça a démarré un samedi soir sur l'écorce d'un marronnier du bois de Boulogne, nous n'étions pas là pour tomber en amour, mais pour décharger un torrent de tensions humaines, dans un silence quasi religieux juste troublé de ahanements. Il ne bandait pas. Alors, nous avons marché, avons parlé, de tout, de rien, des étoiles, puis il m'a dit au bord du Grand lac, je te raccompagne ? Nous nous sommes rencontrés. Et l'amour s'est installé peu à peu, au grè de dîners et d'autres sorties. Un jour, j'ai apporté des roses. Un jour, je lui ai dit je t'aime. Il a eu comme un air cruel et m'a répondu qu'il avait le sida.

J'ai pris mon temps pour comprendre que la cruauté n'était pas dirigée vers moi, j'ai insisté, et nous avons vécu une histoire d'une intensité que seul le tic-tac permanent de l'échéance proche et fatale peut permettre. Les feuilles fraîches et vertes du printemps, je savais que c'étaient les dernières que ses yeux verraient.

J'en suis sorti ravagé, brûlé. Et l'époque étant ce qu'elle était, mes autres amis tombant comme des mouches, cela n'aidait pas à autre chose que cultiver une noirceur du cœur de plus en plus cynique et misanthrope.

Il y a eu Yves, ensuite, vers mes 31 ans. Ce n'était pas prévu qu'on tombe amoureux, ça a démarré dans de longues et amicales conversations sur ce qui était le premier logiciel de vidéoconférence sur Internet. La majorité de francophones fréquentant l'outil étaient canadiens, alors, je n'ai pas choisi le pays. Yves me parlait de ses difficultés dans son couple, moi, je lui parlais du deuil qui m'obsédait. Nous nous sommes rencontrés. Et l'amour s'est installé peu à peu, au grè de nos longs échanges virtuels. Un jour, j'ai lui ai envoyé des roses. Un jour, je lui ai écris je t'aime. Je ne lui ai jamais dit, mais je sais qu'il sait, il m'a redonné le goût de vivre.

J'ai 45 ans, ou 46, je ne sais plus (et je n'arrive toujours pas à m'habituer cette idée, l'impression d'en avoir toujours 30). J'ai épousé Yves. J'ai dit merde à un pays natal qui m'a traité comme un citoyen de seconde zone et je m'apprête maintenant à changer de nationalité. J'ai largué ma vie d'avant et ce Paris que j'aime tant, mais qui me saisit de tant de mélancolie. Une ville peuplée de fantômes, de deuils. Ce Paris qui m'est en fin de compte si malsain.

J'ai blogué aussi, avec intensité, c'était l'ère du "réseau social" qui démarrait. J'ai croisé des centaines de parcours humains. J'ai forgé de nouvelles amitiés, parfois très improbables. J'ai beaucoup donné, j'ai beaucoup reçu.

J'ai suivi un de ces parcours, une voix qui me touchait. J'ai pleuré en lisant ce qu'il écrivait, non seulement parce que c'était bien écrit, fort et sensible, mais aussi parce que ce qu'il disait de sa vie entrait en résonance avec moi, avec mes préoccupations, mes sentiments et mon histoire. Deux ou trois occasions mondaines m'ont permis de croiser l'homme derrière ces mots qui me ressemblaient tant, et j'ai été frappé par sa beauté, son sourire, l'humanité qu'il transpirait. J'étais tombé amoureux, mais je ne lui ai pas offert de roses. Je ne lui ai même pas dit que je l'aimais.

Enfin si, je lui ai dit bien plus tard, à mots un peu couverts, par courriel, pour l'inviter à mon mariage. "Et, je suis un peu amoureux de toi, enfin de ce que tu exprimes, enfin de ce que je suis sûr que tu es, un mec immensément riche et talentueux. (Ouais, de ton physique aussi, je suis gai, hein…)".

Il m'a répondu qu'il ne pouvait hélas venir à la cérémonie, et avec style et élégance amusée : "Juste en passant, est-ce que tu crois que c'est un bon karma de faire une déclaration d'amour à un quasi-inconnu la veille de son mariage ?". Aussi, il rajoutait plus loin : "En fait, je suis plutôt content de constater que la proximité que je pouvais ressentir parfois n'était pas complètement imaginaire". Ce qui scellait que je n'étais pas tout seul à ressentir le machin.

Les années ont passé, on s'est un peu perdus de vue. La distance qui nous sépare n'aidant pas.

J'ai publié récemment des photos de moi, des photos un peu dénudées. Il a surgi pour dire que ces images ne le laissaient pas indifférent. La conversation s'est poursuivie sur un mode outrageusement licencieux. Plaisant badinage. Nouveau entre nous.

Je passais sur Paris, nous nous sommes donc vus, pour mettre à l'épreuve de la réalité nos scénarios épistolaires. Bref, nous avons baisé. Et ce fut plus que bien. Une entrée directe dans le top 3 (et vu mon âge et le cubage qui est passé sous les pont, cela n'a rien d'une distinction légère…).

Je suis rentré à Montréal, heureux de mon voyage. J'ai retrouvé avec bonheur mon foyer, les gens qui m'aiment. Mais, dans un coin de ma tête, j'étais troublé par l'expérience passée.

Pour ne rien arranger, il m'a écrit qu'il ressentait "un gros crush" et que je lui manquais. Ce à quoi je répondis "Bon, ok, on s'aime. Je vais essayer de vivre avec ça, il y a pire dans la vie." Parce que je ne pouvais rien répondre d'autre, j'étais effectivement amoureux, l'expérience n'ayant fait que précipiter et exalter un sentiment ancien. Et je le suis toujours.

Amoureux, mais pas prêt au nom de l'amour de rayer mes autres amours, et ce que j'ai construit dans mon pays. En lui disant cela, je l'ai horriblement blessé. Quelle horreur que faire pleurer quelqu'un que vous aimez.

Rétrospectivement, je me dis que j'aurai dû me tenir éloigné, raisonnable et prudent, mais la chair comme l'esprit peuvent être si faibles, si peu rationnels…

J'en arrive donc à la situation présente : j'ai mon cœur divisé en trois. L'un est mort, mais je l'aime toujours passionnément, l'un vit avec moi, et je l'aime d'une tendresse infinie, l'un m'a dit adieu, mais il me suivra dans mon cœur jusqu'à ma mort.

Je suis sorti me promener dans la neige. Et j'ai pleuré, non pas sur mon propre sort, mais sur le fait que quelqu'un quelque part pleurait à cause de moi. Et que je n'y pouvais juste rien. Et que cette impuissance me déchire.

Bref, mon parcours a croisé trois mecs extraordinaires, mais le dernier me laisse un goût de cendres, et je ne sais pas quoi faire avec ça. Ça me désole, profondèment.

J'ai vocation à aimer, me donner, pas à faire mal.

© 2012 Laurent Gloaguen - Ce billet a été originellement publié sur Navire.

Author: "Laurent Gloaguen"
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Date: Saturday, 14 Jan 2012 22:53
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© 2012 Laurent Gloaguen - Ce billet a été originellement publié sur Navire.

Author: "Laurent Gloaguen"
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Date: Thursday, 12 Jan 2012 18:35

Opération "carrelage des murs de la cuisine" terminée.

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Author: "Laurent Gloaguen"
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Date: Monday, 09 Jan 2012 15:43

On the sea where you have to be a month at a time
Working hard in the day
Your hands cracking from the cold and the salt
In the night when you go to bed
You try to sleep by listening to the boat breathing
The boat breathing
And the only thing
The only thing you can think of is me
Waiting for you by the window
With the brightest red lipstick on my lips
Just like Anna waits for her man
How will I learn
I'll wait…

— Emiliana Torrini, Fisherman's Woman.

© 2012 Laurent Gloaguen - Ce billet a été originellement publié sur Navire.

Author: "Laurent Gloaguen"
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