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Bon blogging
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Tu m’as regardé comme on mangerait un cœur.
Qui aurait pu résister ? Devant ça, j’ai tout lâché.
Ma valise d’orgueil. Mon sac à répliques. Et même mon grand ballon de rêves.
Et maintenant.
Maintenant que tu as tout mangé. Qu’il n’y a plus rien à ronger.
Tu t’en vas en dévorer un autre.
Misérable salope.
Forcément, avec sa bouche gourmande, sa jolie crinière brune, son accent joyeux et ses délicieuses fautes de français, le succès était garanti.
Pour corser le tout, c'était évidemment moi qui avait ramené la meilleure bouteille. Tout le monde dissertait dessus ; et moi, je ronronnais.
Et puis, pour achever d'épater, j'ai commencé à parler du bonheur du couple, cette espèce de grand champ d'herbes hautes où le vent gonfle nos désirs. Poète, quoi.
Et là, d'un coup, je me suis emporté. J'ai commencé à leur parler des fesses de Julia, dans un argot tour à tour brut et raffiné. Elle ne comprenait plus rien mais tous étaient subjugués par mon envolée.
Et en même temps que je logorrhais, je jouais du geste comme un chef d'orchestre. J'ai alors commencé à fermer les yeux pendant mes alexandrins et je sentais le souffle de l'inspiration pénétrer mes bronches et se transformer en gospell... Je volais.
Quand j'ai rouvert les yeux, ils étaient tous les trois sur Julia qui gloussait en espagnol, à poil sur le tapis.
Elle posa sur moi ses yeux puis sa main.
Et en souriant rendit le monde évident.
Et sous ce ciel renouvelé,
je naissais enfin.
- Ah... j'ai le clitoris en joie.
Jolie métaphore ou Culture Pub ? pensais-je, en regardant sur la table la bouteille de Badoit.
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nb : cette note rapide est destinée à cet internaute qui est venue un jour par ici en cherchant "Clitoris en joie". Puisse-t-il repartir contenté la prochaine fois.
Pipo me regardait d'un air abattu depuis le début comme s'il comprenait qu'avec tant de terre sur elle, il n'était pas près de revoir sa maîtresse. Quand il vit que j'allais m'éloigner, il se mit à hurler à m'en déchirer les ventricules. J'aurais pu chialer déjà, mais je pouvais encore tenir. Alors, plutôt que de m'épancher dans cette nuit romantique, avec le clebs qui gueulait le museau dans la lune et ce vent doux qui rappelait nos premières bêtises, je reculais. L'ombre du petit mât semblait fendre Pipo en deux. Il avait l'air d'un petit fantôme et je ne devais guère paraître mieux. Après quelques pas en arrière, je pivotais et te tournais le dos. Le chien gueulait toujours mais je savais bien qu'il finirait par se taire et me suivre, les oreilles tombantes et la mine cassée. Comme moi, en somme. Mais je pouvais encore tenir. Et puis j'aurais sûrement encore des années entières pour chialer.
La nuit était calme, le chemin clair. Je marchais sans torche et déjà tu me hantais. Tu me maudissais. Et pourquoi tu ne m'as pas crue? et pourquoi n'as tu pas...? et pourquoi as-tu choisi de...? me jetais-tu à la figure. Si Pipo avait pu parler, il aurait sûrement témoigner en ma faveur et chasser ton fantôme, mais ce charognard préférait rester à gueuler sur ta carcasse. Alors je marchais seul avec mes doutes et ruminais la moitié rancunière de ton souvenir.
Puis, alors que j'arrivais au ponton, Pipo s'est tu. Je l'entendis courir pour me rattraper, s'arrêter et se retourner pour te "regarder", puis repartir, et encore s'arrêter et te regarder, et puis repartir, jusqu'à me rejoindre et grimper avec moi dans la pirogue. Oui, c'est ça, Pipo venait de tout résumer : se retourner, te regarder, puis repartir, se retourner, te regarder...
...et en quittant la rive, au fil de l'eau, t'emporter.
[pt] --- Um "Eu te amo" sussurrado no ouvido e ela pula no trem que já está desatracando. A vejo ir embora e saio do cais.
Lá fora, a Senhora Solidão, envolvente, com seu romantismo vulgar, me alicia : "Melancólico, meu amor?". A ignoro e continuo andando. E já alguns passos depois, a Senhora Saudade, em seu longo vestido lilás me engaja: "Uma lembrança?” Me vende ela. Nem lhe dou atenção e passo.
Então passa uma transeunte com cintura de violão que anda com elegância. Vendo-a, a Solidão e a Saudade irritam-se. “Puta!” Resmungam elas. A menina pára na frente duma porta colorida entreaberta, me dá uma olhadela e desaparece para dentro.
Quando chego na frente da porta, fico hesitando. Olho rápido para trás. E como sempre, sem reparar a pintura fresca na porta, entro. E no puteiro alegre de Senhora Infidelidade, sucumbo com delícia.
[fr] --- Un rapide "je t'aime" soufflé dans l'oreille et la voilà qui disparaît dans le train qui s'en va déjà. Je regarde un peu le wagon l'emporter puis je quitte le quai.
Dehors, madame Solitude, vulgaire dans ses grands airs, tapine. "Mélancolique ce soir ?", racole-t-elle. Je l'ignore et la dépasse mais à quelques mètres, madame Nostalgie, dans sa longue robe mauve, m'aguiche. "Un petit souvenir ?", me vend-elle.
Résolu, je la snobe, le regard posé sur une passante qui se déhanche souplement. En la voyant, Solitude et Nostagie s'agacent. "Sale garce", grommellent-t-elles. La dîte garce s'arrête devant une porte colorée, l'entrouvre, me jette un regard trouble, puis disparaît à l'intérieur.
A mon tour près de la porte, je regarde furtivement derrière moi. Et comme toujours, sans même voir la peinture fraîche sur le battant, j'entre. Et dans le joyeux lupanar de Madame Infidélité, je succombe avec délices.
La cuisse est multiple. Agréablement variée.
Il y a celles qui ne ferment jamais tout à fait. On peut les croiser, les tendre ou les plier, rien n’y fait : ça n’est pas jointif. Il y a toujours cet hypnotisant interstice dont l’objectif semble d’être l’objectif. A l’opposé, il y a la cuisse coussin, qui épouse totalement sa soeur, formant le plus évident des canapés. Sans interstice subversif.
Il y aussi la cuisse fine dont l’aine, fragile et délicate, s’arrondit exactement entre notre pouce et notre index ouverts. C’est la cuisse champêtre, celle de la svelte sauterelle, que l’on croque parmi les hautes herbes, sous le soleil et la robe à fleurs, près de la bicyclette. Elle peut aussi se décliner en version féline, dans la savane.
Il y a encore la cuisse lourde et moite, la douce sous le menton, celle qui pique un peu la joue, la molle qui fait des trémolos, la gourmande qui s'agite, la souple qui vous enlace, l’impatiente qui vous étrangle, et puis, parfois, l’inerte, totalement inutile.
Ce qui est beau avec les cuisses, c’est qu'elles forment l’ultime endroit auquel on peut encore feindre de s’intéresser juste pour la plastique. Et mieux vaut les flatter, car ce sont les gardiennes du temple.
Apollon,
ithyphallique en voyant Vénus si callipyge,
la prit par surprise.
Dans l'étreinte, l'épectase les emporta.
Et depuis ce céleste émoi, ils sont ici-bas
de marbre.
#. Je m'instruis! ithyphallique>en pensant à Fernande ; épectase>mourir pendant...
[pt] ---
Apólon,
itifalico ao ver Vênus tão calipígia,
a pegou de surpresa.
Nesse gozo divino,
se foram.
E desde então, nesta Terra ficaram
de pedra.
#. Aprendo! itifalico>de pau duro, cara! ; calipígia>bundão









