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Editorial : Faisons un rêve …
Et si la majorité de la population d’un pays démocratique faisait le constat qui s’impose : les forces de l’ordre protègent bien plus le pouvoir établi qu’elles ne se préoccupent du sort des plus démunis. La fameuse légende de la défense de la veuve et de l’orphelin n’est même plus évoquée, tant cela ferait sourire ceux qui ont été « éduqués » pour réprimer, dans les écoles de police. Une certitude : s’il y avait moins de policiers dans nos rues, là même où leur présence ne s’impose pas, la tranquillité de tous ne ferait qu’y gagner. En effet, si la performance exigée n’était plus la priorité, le nombre de délits constatés serait en forte diminution. Dans un climat apaisé, la question majeure ne pourrait que se poser : comment laisser le champ libre aux malfrats qui ne cessent de menacer les citoyens paisibles ? Mauvaise approche du problème car nous savons bien que nos policiers sont surtout occupés à traquer les sans-papiers, tout comme ils s’activent à faire régner un ordre musclé dans les banlieues. Sans oublier leur intérêt porté aux mouvements sociaux ou à la protection des personnalités en déplacement. A ceux qui se posent la question : Que fait la police ?, c’est là une réponse tristement sans réplique.
Maurice Rajsfus
Appel à la délation
C’est nouveau, et cela sent le « caftage » à plein nez. Le 18 septembre, il était possible de prendre connaissance d’une opération pilote, rappelant un sinistre passé. Une adresse mail a été ouverte pour renseigner, en toute discrétion les services de police de l’Essonne (91). Sous couvert d’anonymat, les bons citoyens de ce département peuvent désormais renseigner la police, grâce à cette boite électronique. Le but de cet appel à dénoncer : « Mieux répondre aux attentes de la population, notamment en ce qui con cerne les délits troublant la tranquillité des habitants. Comme par exemple l’occupation des halls d’immeubles, les ivresses sur la voie publique ou les rodéos de moto. » Des fiches explicatives étant mises à la disposition du public dans les commissariats et les mairies. Les bons citoyens mécontents étant également invités à transmettre des photos et des vidéos. Une telle expérience avait déjà été tentée dans le Var, mais sans résultat, eu égard aux « contestataires » qui voyaient là un acte de délation. Il est vrai que lorsque l’on lâche la bride aux mauvais instincts les résultats vont bien au-delà du but recherché. Ainsi, à l’époque de l’occupation nazie (de l’été 1940 à l’été 1944), des millions de lettres de délation devaient arriver dans les Kommandanturs allemandes et les commissariats de police français. Comment ne pas noter que si la police allemande jetait à la corbeille tout ce qui ne concernait pas son activité répressive, les policiers de ce pays gardaient tout. On ne sait jamais… (D’après Direct-Matin, 21 septembre 2009)
Rigolo
En juin 2009, un capitaine de gendarmerie, qui participait à une enquête dans les locaux de la police nationale, à Bayonne, arborait un tee-shirt portant les inscriptions, « Fuck la police » et, en suppléments « Fuck les lois ». Ce qui a déclanché la colère du syndicat d’officiers de police Synergie. Lequel a malgré tout attendu le 24 septembre pour alerter le ministère de l’Intérieur, considérant que ces inscriptions étaient « peu dignes d’un officier de gendarmerie, et insultantes à l’égard de l’institution policière. » On savait que les pandores et les petites casquettes ne s’appréciaient pas vraiment mais, à ce point, qui aurait pu l’imaginer ? (Source, Libération, 25 septembre 2009)
Rigolo (2)
Le 24 septembre, dans la soirée, dans l’Essonne, le directeur départemental de la sécurité publique avait un accrochage avec un autre véhicule. Le lendemain, le syndicat Alliance (policiers en tenue) de la police nationale rédigeait un tract, en interne, pour moquer ce haut fonctionnaire, auteur d’une « Charte du bon conducteur », adressé l’été dernier aux policiers placés sous son autorité. Y a-t-il outrage dans les propos de ces soutiers de la sécurité publique : « La signature d’une charte ne protège pas des accidents courants de la circulation ». (Source, 20 Minutes, 28 septembre 2009)
Crise cardiaque ?
Dans la nuit du 26 au 27 septembre, dans le quartier du Vieux Lille, un homme âgé de 31 ans, qui avait fait un malaise cardiaque dans un fourgon de police devait décéder peu après. Suite à cet « incident », plusieurs voitures allaient être incendiées dans ce quartier, tandis que les forces de l’ordre étaient prises à partie par une quarantaine de personnes, deux jeunes étant placées en garde à vue pour « violences et jets de projectiles ». (Source, Libération, 28 septembre 2009)
Comptine
Cette charmante approximation nous a été confiée par une enseignante à la retraite. Il s’agit de l’adaptation d’une comptine très en vogue dans les écoles maternelles, au temps de la IIIè République :
Petit poulet sur un mur
Qui ne sait que taper dur
Cogne par ci
Tape par là
Range sa trique
Et puis s’en va
(Si ce petit Jeu peut vous distraire, rejoignez les persifleurs qui s’y adonnent avec un certain talent)
Des policiers exemplaires
On se souvient que le 23 juin 2007, à Marseille, un garçon de 14 ans, qui circulait sur son vélo, avait été renversé, sur un passage protégé, par un véhicule de police circulant à vie allure. Avec le gyrophare peut-être allumé, mais dont l’avertisseur deux-tons ne fonctionnait pas. Le garçon devait décéder le lendemain. Selon plusieurs témoins, les policiers avaient « grillé » le feu rouge, alors qu’ils n’étaient pas en mission urgente. Depuis, le conducteur, policier stagiaire à cette époque, a été titularisé. Lors du procès qui se déroulait à Marseille, le 26 septembre, contre ce policier chauffard, la procureure devait requérir une peine de un an de prison avec sursis, ainsi que l’annulation de son permis de conduire. Contre le chef de bord, qui se trouvait à l’arrière du véhicule, c’est une peine de six mois de prison avec sursis qui était requise. Selon la procureure : « ce sont des hommes d’honneur qui ont failli ce jour-là. » Au cours de l’audience, les policiers qui se trouvaient au banc des prévenus, plaisantaient entre eux en attendant de se présenter à la barre, selon les membres de la famille de la jeune victime. (Sources, France Info, 26 septembre et Le Monde, 28 septembre 2009)
Mauvais contact !
Dans la soirée du 25 septembre, à Clerrnont-Ferrand, un jeune motocycliste était gravement blessé, après avoir percuté un véhicule de police, d’après la version officielle. Pourtant, selon des témoins dignes de foi, c’est la voiture des policiers qui aurait reculé, ce qui avait provoqué l’accident. Cette seconde version paraît d’autant plus crédible que l’IGPN a été saisie par le procureur de la République. (Source, Libération, 25 septembre 2009)
Flingueur impulsif
Le policier qui avait fait usage de son flash-ball, à tir tendu, le 8 juillet, à Montreuil (93), provoquant la perte d’un œil à un jeune cinéaste, a été mis en examen, le 28 septembre, pour « violence volontaire ». Ce flingueur a néanmoins été laissé en liberté, et même s’il n’a plus droit au port d’arme, il est resté en service. (Source, France-Info, 29 septembre 2009)
Montre-moi ton attestation…
Ce n’est pas nouveau. Cela fait des années que les jeunes des cités, de préférence colorés, sont harcelés par de fréquents contrôles d’identité. Interpellations nécessairement complétées par des fouilles en règle. Excédé par cette pratique, un rappeur de Bondy (53), devait fonder l’association « Banlieue active ». Le 29 septembre, à l’initiative du CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires), plusieurs associations de quartier, dont celle de Bondy participaient à un débat avec la police. Parmi les pistes envisagés, il y avait cette dérisoire délivrance d’une attestation à chaque contrôle de police. Imaginons un jeune, plutôt « bronzé », exigeant une attestation après avoir été contrôlé et palpé au corps. Dans le meilleur des cas, le serviteur de l’ordre public ne manquerait pas de lui répondre : tire-toi ! (D’après 20 Minutes, 29 septembre 2009)
Fils à papa
Le 19 mai 2009, sur une route de Bretagne, entre Rennes et Lorient, une voiture 4 x 4 serre de très près une jeune femme circulant en moto, qui dira plus tard : « J’ai eu la trouille de ma vie ! » A bord du véhicule, les passagers trouvent plaisant d’inspirer la peur à la motarde. Dans le même temps, ils lui lancent des noms d’oiseau et font des gestes obscènes à leur souffre-douleur du moment. Il faudra cinq mois pour apprendre que le procureur avait adressé une simple admonestation à cette fine équipe au sein de laquelle le fils du Premier ministre François Fillon, avec un simple rappel à la loi. Peu de chose pour avoir manqué de provoquer un accident qui aurait pu être mortel. Sans oublier le délit de fuite. La victime a porté plainte, avec demande de dommages et intérêts. En cette circonstance comment ne pas rappeler le délit de fuite probable de Jean Sarkozy, après avoir heurté une voiture avec sa moto, en 2006, ainsi que l’altercation du fils de Villepin, avec des policiers, la même année. Circulez, il n’y a rien à voir ! (D’après Canal +, 29 septembre 2009)
Forte pensée
La réflexion qui suit est due à Napoléon 1er : « L’art de la police est de ne pas voir ce qu’il est inutile qu’elle voie! » Il est vrai que notre police est singulièrement aveugle dès lorsqu’il n’est pas de son intérêt de trop s’intéresser à certains délits…
Prélèvement ADN pour tous !
Le sinistre Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) ne cesse de s’enfler. Créé en 1998, 1e FNAEG ne devait contenir que les prélèvements des délinquants sexuels. Au fil des années, les raisons d’y figurer se sont multipliées depuis le fauchage d’OGM jusqu’au moindre graffiti inscrit sur un mur. En 2002, ce fichier comptait 2 100 empreintes, en 2009, ce sont 900 000 personnes qui y figurent, pour des raisons les plus diverses. Ainsi, il est possible de trouver, dans le FNAEG, même s’il n’y a pas de poursuites judiciaires, des « rebelles » en tous genres : militants d’extrême gauche, jeunes des cités, contestataires de toutes les causes, squatteurs, etc. Refuser un prélèvement de son ADN par la police constitue un délit pouvant être puni d’une peine de un an de prison et d’une amende de 15 000 euros. Cela même pour un simple « mis en cause ». Il paraît que le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, aurait un projet délirant dans ses cartons : faire figurer dans le FNAEG les ascendants, les descendants et collatéraux des victimes de meurtre, de catastrophes naturelles, de disparus et de personnes recherchées. 1984 ? Nous y sommes déjà ! (D’après Le Canard Enchaîné, 16 septembre 2009)
Pas de racisme chez les pandores ?
Six gendarmes mobiles, cantonnés à Satory (78) ont porté plainte auprès de la HALDE (Haute autorité de lutte contre les discriminations raciales et pour l’égalité). L’un de ces gendarmes aurait été, « maintes fois », qualifié de l’aimable sobriquet de « Bougnoule » par son commandant d’unité. Deux autres gendarmes, maghrébins d’origine,et musulmans, affirment avoir été l’objet « d’humiliations » au cours d’une séance de remise de galons, au cours de laquelle un gradé aurait trempé les galons dans un verre de bière, avant d’essayer de les mettre dans la bouche de leurs souffre-douleur. Les gendarmes plaignants se disent également victimes de diverses discriminations. Particulièrement dans leurs « notations administratives singulièrement basses, ce qui a pour conséquence de retarder, voire de rendre impossible toute évolution de carrière. » (Source, Vosges Matin, 26 septembre 2009)
Permis de tuer
Le 1er octobre, la cour d’assises du Gard acquittait un gendarme jugé pour avoir tué par balles, en 2003, un jeune de 17 ans qu’il tentait d’interpeller après un cambriolage. Au cours du procès, les avocats du pandore avaient plaidé la légitime défense mais nous savons que, depuis 1903, 1es gendarmes ont le droit d’ouvrir le feu, après une première sommation -sans même qu’ils se trouvent en situation de légitime défense. (D’après Libération, 2 octobre 2009)
Mensonge identitaire
La main sur le coeur, notre gardien de l’Identité nationale, Eric Besson, n’a cessé d’affirmer que le délit de solidarité n’existe pas. Une fois de plus, cet éminent ministre vient d’être démenti par les faits. C’est ainsi que, le 5 octobre, un réalisateur de cinéma était convoqué à l’hôtel de police de Toulouse. Son délit ? Avoir fourni un certificat d’hébergement à une jeune algérienne de 18 ans qui avait demandé un titre de séjour à la préfecture de Haute-garonne. Il est vrai que ce cinéaste ne pouvait qu’être hautement suspect puisqu’il est en cours de tournage d’un film intitulé Journal de sans-papiers. Cela ne peut que se payer comptant au pays de M. Besson puisque ce citoyen, qui fait l’objet d’une procédure judiciaire « en qualité d’aidant », risque d’être mis en examen et placé en garde-à-vue, s’inquiétaient le producteurs. (D’après Libération, 3 octobre 2009)
Responsables mais pas coupables
Le 1er octobre, à Nice, un véhicule de police percutait un scooter, faisant quatre blessés. Pour justifier cette bavure ordinaire, le préfet des Alpes-Maritimes, qui avait pris le temps de la réflexion, déclarait, le 4 octobre, que les fonctionnaires de police en cause avaient actionné le gyrophare et les sirènes et qu’ils « agissaient pour les nécessités du service. » Circulez, il n’y a pas à commenter les dérives policières. Même lorsque les fonctionnaires de police appuient sur le champignon pour que les pizzas arrivent chaudes au commissariat… (D’après 20 Minutes, 5 octobre 2009)
La police nous observe, observons la police !
Le 23 novembre 2000 (sous la gauche, Daniel Vaillant étant ministre de l’Intérieur), se constituait un Observatoire des usagers de la police (OUP). Initiative pleine d’intérêt car, depuis mai 1997, sous le gouvernement Jospin, le pouvoir policier s’affirmait comme jamais auparavant. Cela plus particulièrement au détriment des sans-papiers, comme des jeunes des cités désignés comme des « sauvageons » par Jean-Pierre Chevènement. Dans le préambule de présentation de cette association, régie par la loi de 1901, il était précisé, à l’article 2, quant au but recherché :
- rendre compte des faits impliquant les forces de l’ordre,
- interpeller toutes les autorités compétentes pour que les suites nécessaires appropriées, conformément à la loi, soient données,
- recenser les dysfonctionnements policiers en analysant les pratiques.
Comme l’Observatoire des Libertés publiques s’était donné cette tâche, depuis le printemps 1994, avec la publication du bulletin mensuel, Que Fait la Police ? (plus de 150 numéros publiés depuis quinze ans), nous ne pouvions que nous rallier à cette initiative salutaire. Laquelle devait pourtant rester sans lendemain, après une réunion tenue le 7 juin 2001. La création de cet OUP présentait cet intérêt qu’elle faisait participer à une œuvre de salubrité publique, outre des associations comme la CIMADE ou la FASTI, des magistrats et des avocats, tout comme des représentants de l’Education surveillée. En un temps où les forces de l’ordre, surarmées, disposent d’un pouvoir exorbitant, il serait peut-être bon de reprendre ces contacts permettant de mieux informer les citoyens sur les abus de pouvoir policiers. Une meilleure prise de conscience du danger représenté par une société qui ne connaît qu’une réponse policière aux problèmes économiques et sociaux, ne peut que s’imposer. Le seul remède aux difficultés ressenties par ce pouvoir fort n’étant que l’invective, et la matraque confiée aux policiers, il n’est que temps de sortir de la torpeur ambiante… (Communiqué de l’Observatoire des libertés publiques, 6 octobre 2009)
Sécurité en sol mineur
Cela manquait dans le paysage de l’Education nationale. Des supplétifs policiers sont arrivés, le 5 octobre, dans un lycée professionnel de Seine-Saint-Denis, à Aulnay-sous-Bois. Il s’agit des premières équipes mobiles de sécurité (EMS), qui devraient bientôt se multiplier dans le 9-3. Chacune de ces EMS est constituée de cinq « spécialistes » de la sécurité et de cinq membres du personnel de l’Education nationale. Un objectif : prévenir les tensions dans les établissements scolaires, tout en les sécurisant, pour permettre la continuité des cours « dans la sérénité ». Ce ne sont pas des policiers, mais des « contractuels de l’Education nationale » devait préciser le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, qui inaugurait cette première unité en compagnie – significative – du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux. Les membres des EMS seront reconnaissables à leur blouson vert et à un brassard. Ces policiers de complément ne sont pas armés – c’est heureux – mais cela ne tardera peut-être pas… (D’après Libération, 6 octobre 2009)
Détritus
Nous ne l’apprenons que tardivement. En mars 2009, un homme était arrêté par des policiers nîmois, en compagnie de « deux complices ». Son crime ? Il récupérait de la nourriture dans les poubelles d’un supermarché. Arrestation musclée, menottage, suivis de la garde à vue devenue classique. Le « délinquant » aggravera son cas en refusant de se soumettre au prélèvement ADN désormais de rigueur. Ce dangereux « individu » est convoqué, le 29 octobre, devant le tribunal correctionnel de Nîmes. (Source, Siné-Hebdo, 7 octobre 2009)
Formule 1
Cela se passe dans la soirée du 6 octobre, à Cannes. Une voiture banalisée, avec à son bord trois cow-boys de la BAC, roule à très vive allure sur un boulevard de la ville. Ils ont été appelés par les policiers municipaux pur un simple contrôle d’identité. Les hommes de la BAC, qui ne sont peut-être pas des as du volant, heurtent un lampadaire. Il ,y a deux morts, l’un âgé de 32 ans et l’autre de 45 ; un troisième policier, assis à l’arrière, est grièvement blessé. Aussitôt informé, le ministre de l’Intérieur arrivait à Cannes dans la matinée du 7 octobre. De son côté, l’IGPN a immédiatement annoncé qu’elle allait enquêter sur les conditions de cet accident doublement mortel pour lequel il n’y aurait pas eu de témoin. Une certitude : en mission ou pas, les policiers roulent généralement à tombeau ouvert, y compris dans les petites rues des villes, négligeant parfois les feux rouges, ou même les sens interdits, risquant de provoquer de graves accidents. (D’près France Info et France Inter, 7 octobre 2009)
La peur de la police
Un homme, auditionné dans un commissariat de police du 13ème arrondissement de Paris, s’enfuit en passant par une fenêtre, avant de glisser le long d’une descente de gouttière. Selon la préfecture de police, cet homme, âgé de 22 ans, avait été placé en garde à vue pour « violences volontaires aggravées et agression sexuelle ». Après s’être enfuit, l’homme s’était engouffré dans le métro, à la station place d’Italie, où son corps a été retrouvé, sur les rails, décapité. On ignore encore si les policiers poursuivaient toujours cet homme, à l’heure du drame. Bien évidemment, l’IGS enquête. (Sources, 20 Minutes et Métro, 7 octobre2009)
Toujours dans le social !
Le 5 octobre, en fin d’après-midi, à Toulouse, des dizaines de salariés de l’usine Freescale (anciennement Motorola), qui bloquaient l’entrée de l’établissement, en ont été délogés par les forces de l’ordre. En grève depuis plus ‘un mois, alors que la moitié des 1.600 postes doivent être supprimés, les ouvriers de cette entreprise demandent de meilleures indemnités de départ. (Source, Direct-Matin, 7 octobre 2009)
Grosse fatigue !
C’est un salarié qui, pour son travail, fait plus de 300 Kms par jour en train, soit 3 h 35 de trajet entre Villetaneuse (93) et Longueau (60). Le 8 septembre, après être monté dans le train, à 17 h 15, il retire ses chaussures et s’allonge sur une banquette pour se reposer. Il sera bientôt réveillé par quatre officiers de la police des frontières (PAF) qui invoquent la loi pour lui intimer de s’asseoir, avant de le conduire dans le couloir pour un contrôle d’identité musclé. Alors que l’homme (responsable export d’une grande entreprise) cherche ses papiers, il est menotté et plaqué au sol. Il raconte : « Un policier a tenté de m’étrangler. Un autre a appuyé ses pieds sur les menottes. J’ai été insulté, traité de connard et de petite bite. » Arrivé à la gare du Nord à 18 h 20, l’homme est conduit au commissariat où il est placé en garde à vue pour « outrage, rébellion et incitation à la rébellion. » Il sort des locaux de police bouleversé, avec des bleus sur tout le corps et des douleurs cervicales. Son médecin va lui prescrire 15 jours d’arrêt de travail. Le 25 septembre, il portera plainte auprès de l’IGS, et s’il reconnaît avoir élevé un peu la voix, il affirme être resté poli et n’avoir outragé personne. Faut-il préciser que ce voyageur fatigué se prénomme Karim ? (Source, Métro, 8 octobre 2009)
Big Brother
Notre société policière ne cesse de se perfectionner. On nous regarde de plus en plus. Le collectif Démocratie et Liberté, qui rassemble de nombreuses associations et quelques partis politiques, a lancé, le 8 octobre, une campagne d’affichage pour contester l’installation prévue de 12.000 caméras de « vidéo protection » dans Paris. Ce collectif réclame le retrait immédiat du projet, ainsi que la tenue d’un débat pour informer les Parisiens sur cette volonté de les surveiller. (D’après Direct-Matin, 9 octobre 2009)
Enfin, un début d’aveu
Le 9 juin 2009, à Argenteuil, suite à un banal contrôle d’identité, un retraité algérien âgé de 69 ans, décédait après avoir été tabassé au sol par des policiers, puis dans le fourgon qui le conduisait au commissariat de police. Après une première autopsie, cette bavure avait été classée sans suite. Pourtant, le 9 octobre, le parquet de Pontoise prenait un réquisitoire supplétif « contre X…pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner. » Il serait intéressant de voir préciser qui était ce X mystérieux, dont on évite de donner la qualité, faute de fournir le nom. Toujours est-il, précise malgré tout le parquet, que « la deuxième autopsie a mis en évidence beaucoup plus d’hématomes que la première, et a fait un lien entre les hématomes et le décès. » S’il n’y a plus de doute, pourquoi le parquet reste-t-il si discret sur le ou les auteurs de ces violences « ayant entraîné la mort sans intention de la donner » ? (D’après Le Monde, 10 octobre 2009)
Des victimes authentiquement coupables
Le 25 novembre 2007, dans la soirée, à Villiers-le-Bel (95), une mini-moto, avec à son bord deux mineurs âgés de 15 et 16 ans, entre en collision, à un carrefour, avec un véhicule de police. Les deux garçons sont tués sur le coup. Suivront trois nuits d’émeute. Certes, les victimes auraient refusé la priorité à droite aux policiers, ils ne portaient pas de casque et roulaient à 66 Kmh. Il n’en reste pas moins les fausses déclarations des deux fonctionnaires de police de police qui avaient affirmé avoir circulé à 50 Kmh alors qu’ils roulaient à près de 65 Kmh, sans gyrophare ni cet avertisseur deux tons dont ils savent abuser. Cela n’a pas empêché la procureure de la République de Pontoise de demander le non-lieu pour les policiers, le 11 octobre 2009. Il était significatif d’apprendre, le lendemain, 12 octobre, que cinq jeunes, interpellés au cours des émeutes de la fin novembre 2007, et poursuivis pour « tentatives d’homicides volontaires » sur des policiers, étaient renvoyés en cour d’assises. L’accusation, à leur encontre reposant surtout « sur des déclarations sous X de témoins qui, de plus, ont été rémunérés pour leur témoignage », devait déclarer l’avocat des cinq jeunes… (Sources, Métro, Libération, et France Info, le 12 octobre et Métro, 13 octobre 2009)
Rigolo (3)
Peut-être les avez-vous croisés, lors d’une manifestation, ces clowns-activistes qui offrent des fleurs, des sourires et même des bisous aux CRS ou aux gendarmes-mobiles., plutôt que des rictus haineux. Ce qui n’est pas tellement apprécié par nos forces de l’ordre. Cela n’a pas échappé aux pandores retraités qui publient La Revue de la Gendarmerie, publication plutôt persifleuse envers l’institution autoritaire. C’est ainsi que les rédacteurs de cette curieuse revue se sont aventurés à demander aux clowns-activistes quelques photos significatives pour illustrer un de leurs prochains dossiers. Ce qui leur a attiré une réponse circonstancié : « …Nous prenons avec humour votre demande d’autorisation d’exploiter vos photographies de l’armée des clowns. Vous en savez sûrement plus que nous. Mais peut être que le cloisonnement entre services fait que vous n’avez pas accès à l’iconographie de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur) ou autre service du ministère de la Défense… » (Source, No Pasaran, octobre/novembre 2009)
Auxiliaires policiers aux guichets
Le 5 octobre, à Boulogne-Billancourt, un guichetier de la Société générale repère un sans papiers venu réaliser une opération bancaire. Immédiatement, il fait bloquer les portes de l’établissement, avant de prévenir la police. Cet homme vivait et travaillait en France depuis de longues années. Suite à cet exploit, ce paria est « retenu » au centre de rétention du Mesnil-Amelot (93), en attente de sone expulsion. (Source, Siné Hebdo, 14 octobre 2009)
La haine
Au cours de la nuit du 13 au 14 octobre, à Champigny-sur-Marne (94), un policier maître-chien, qui n’était pas en service, et promenait son animal, avait demandé aux occupants d’un véhicule de ralentir. Ce qui n’avait pas dû leur plaire puisqu’ils allaient passer à tabac l’auteur de cette injonction. Après un rapide aller et retour à l’hôpital, le policier était incapable d’identifier les suspects, interpellés le 14 octobre, qui devaient finalement être libérés. (Sources, 20 Minutes et Direct Matin, 15 octobre 2009)
Mon œil !
Les policiers ne sont jamais en reste d’interventions stupides. C’est à cela que l’on reconnaît les plus rugueux d’entre eux. Le 13 octobre, dans le 18è arrondissement de Paris, dans la matinée, un motocycliste franchissait un feu orange, pour ne pas freiner trop brutalement. Il se fait admonester par deux motards de la police, qui profitent de l’occasion pour procéder à un contrôle d’identité classique, au cours duquel les deux cerbères remarquent, sur le permis de conduire du « délinquant », la mention « dispositif de correctif de vision. » L’homme porte des lentilles, mais comme il ne peut présenter la paire de lunettes supplémentaires demandée par les policiers, il se voit lesté d’une amende de 90 euros pour « conduite d’un véhicule à moteur sans respecter une restriction d’usage mentionnée sur le permis de conduire. » Reste que l’arrêté sur la paire de lunettes supplémentaires a été abrogé en 1977. A la préfecture de police, on explique, sans rire : « Comment un policier peut-il savoir si un conducteur porte vraiment des lentilles ? » (Source, Aujourd’hui, 16 octobre 2009)
A la sainte Edwige, on nous ressert EDVIGE !
Les mauvais coups autoritaires nous sont toujours infligés en douce, le dimanche de préférence. Par voie de décrets et non pas au travers d’une loi nécessitant débat avec la « représentation nationale ». Il en va ainsi de la création de ces fichiers policiers ayant pour objet de placer sous haute surveillance une partie de la population (de plus en plus importante) jugée hautement suspecte. C’est ainsi que, le 18 octobre, au travers de deux décrets, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, nous a resservi une nouvelle mouture de ce fichier EDVIGE (Exploitation documentaire et valorisation de la ‘information générale), décrété le 1er juillet 2008, à la veille des vacances. Face à la vague d’indignation suscitée, ce projet avait été prudemment remisé, mais sans être passé à la trappe.
Il convient de rappeler que le fichier EDVIGE avait pour fonction essentielle de recenser tous ceux des citoyens de ce pays étant « susceptibles » d’avoir des responsabilités politiques ou associatives, voire postuler à des responsabilités. Au nom de l’ordre public, la police aurait pu se permettre de se suspecter quiconque se permettrait de s’inquiéter de l’avenir d’un pays n’ayant plus de démocratique que le nom. Le nouveau décret pris par Brice Hortefeux implique création d’un fichier pour cerner les empêcheurs de gouverner en rond, mais il ne porte pas encore de nom. Il est simplement « relatif à la prévention des atteintes à la sécurité publique » et également aux « enquêtes administratives liées à la sécurité publique. » Définitions suffisamment vagues pour mettre en cause ceux qui se risquent à dépasser la ligne rouge fixée par les autorités policières. Le second décret, complétant le substitut d’EDVIGE, et qui envisage de ficher des enfants, dès l’âge de 13 ans a également été publié au Journal officiel, daté du dimanche 18 octobre 2009. C’est là une idée fixe de notre gouvernement, répondant à « l’angoisse sécuritaire » de l’électorat de Nicolas Sarkozy. Il reste à souhaiter une mobilisation identique à celle de l’été 2008, qui avait conduit les têtes pensantes à oublier momentanément le fichier répressif EDVIGE. Il ne faut surtout pas négliger le fait que si les données relatives aux « origines ethniques ou raciales » paraissent abandonnées, il semble que ce nouveau fichier se référera aux « origines géographiques ». C’est là un langage codé qui n’est pas nouveau. Cerise sur le gâteau, ces deux décrets ont été signés le jour de la Sainte-Edwige… (D’après Libération, 19 octobre 2009)
Ce texte a été reçu par l’Observatoire des Libertés Publiques
« J’aime la police. Toutes les polices, nationale, des airs, des mers, fluviale, scientifique, des autoroutes, des douanes, la fanfare des gardiens de la paix, son équipe spéciale de gymnastique, les polices françaises, étrangères, et si elles existaient, j’aimerais également les polices des forêts et sous-bois, des écoles maternelles, des hôpitaux, de la ceinture d’astéroïdes, et de tous les environs immédiats de la terre. J’aime aussi la police municipale. Cette dernière a très efficacement accompli sa mission il y a quelques jours, sous mes fenêtres, en plein coeur historique de Toulouse. Petite chronologie des faits :
Comme tous les samedi soir vers 22h30, je découpais une feuille pliée en accordéon pour composer une sarabande de personnages, lorsque j’entendis le bruit d’un choc dans ma rue : une voiture conduite par une jeune femme venait d’encastrer maladroitement sa portière conducteur dans un fourgon de la police municipale. Mauvaise pioche me suis-je dit in petto.
C’était aussi l’avis du policier sorti du fourgon.
« Permis de conduire et papiers du véhicule (avé l’accent svp) ». Au lieu de lui présenter les papiers, la jeune femme présenta ses excuses, et mesurant que cela n’était pas suffisant, déjà en larmes, redoubla de sanglots
« Descendez du véhicule ».
La jeune femme ânonna quelque chose.
« Comment ça ? Vous n’avez pas les papiers de véhicule ? »
« Si, si », répondit le jeune homme assis coté passager.
« Vous n’avez pas le permis ? Quel âge avez-vous ? »
Je n’entendis pas bien la réponse de la jeune femme, heureusement le policier répéta pour qu’on l’entendit bien : « Vous avez 17 ans ? Vous n’avez pas le permis alors ? »
La jeune fille est totalement effondrée. Elle et son ami sortent de la voiture. Lui ne dit rien, il n’a pas 20 ans, élégant, costume et chaussures noires, chemise blanche, cheveux plaqués. Un peu trop élégant. Le cheveux peut-être un peu trop plaqué pour le policier qui semble être le chef :
« Vous avez bu ? C’est pour ça qu’elle conduit ? ».
« Non, non », se défendit-il. Le chef persista : « Il est bourré, il lui a passé le volant ».
Deux autres voitures de la police municipale arrivent avec gyrophare mais sans la sirène. La jeune fille redouble de pleurs. Elle parvient à peine à articuler des réponses aux questions des policiers. Le jeune homme ne moufte rien. Les derniers policiers arrivés tournent autour du véhicule encastré dans le car de police. Vérification de la vignette d’assurance, des pneus, des plaques numérologiques, appel au centre des cartes grises…. Allo Houston ? Tout est en règle.
Une 3ème voiture de la police municipale arrive. Un plaisantant chambre ceux dont le fourgon a été embouti. Une 4ème voiture arrive encore… Il y a en tout 5 véhicules de la police municipale dans la rue. Les policiers, parfaitement alignés, forment comme une haie d’honneur autour de leurs collègues et des jeunes gens. Je compte pour le moins 14 policiers, aux mines sévères, les mains reposant sur leur ceinturon. Le chef décide d’emmener la jeune fille au poste.
«Qu’est-ce qu’on fait de lui ? » risqua un jeune policier.
« On l’emmène aussi, il l’attendra à l’accueil.
Et la voiture ? Il peut prendre sa voiture ?
Non, on va la déplacer ».
C’est alors que j’ai entendu émanant d’un balcon voisin une voix féminine, celle d’une mamie vraisemblablement : « Soyez gentils avec eux, ils sont tout jeune, c’est des amoureux, ne les embêtez pas trop ».
Un policier lui répondit : « Rentrez chez vous madame ».
Elle n’entendit probablement pas le policier car elle poursuivi : « N’ayez pas peur mademoiselle ! Ce n’est pas grave. Ne vous inquiétez pas, ils sont gentils dans la police ».
Elle poursuivi en s’adressant aux policiers :
« Soyez gentils avec eux, ils sont pas méchants, c’est des amoureux ».
Une jeune policière, blondinette, pieds écartés à distance réglementaire, les pouces engagés dans son ceinturon, lui demanda de se taire. Elle se tût.
Je vis la jeune fille être entraînée dans une voiture.
Elle suffoque tellement elle sanglote. Une jeune femme de la police demande un sac aux collègues.
« Pour vomir ?
- Non, pour la ventiler ». Personne ne répond. Les deux amoureux sont embarqués dans des voitures différentes. Les voitures partent une à une. Il ne reste plus que deux ou trois policiers. Ils embarquent dans le fourgon embouti.
La voix au balcon s’est alors faite entendre de nouveau :
« Soyez gentils avec eux. Ce ne sont pas des méchants . – Taisez-vous, rentrez chez vous », jeta un policier par la fenêtre du fourgon.
La voix changea alors de ton : « Vous avez pris du gros poisson ce soir. Mission accomplie. Vous pouvez être fiers. J’ai honte pour la police municipale. ». Aucun policier ne répondit. Le fourgon démarra et la rue resta vide.
Je suis rentré déplier ma guirlande. Les coups de ciseaux avaient dessiné des personnages comme en uniforme, se tenant par la main. Je ne vis pas trace des deux jeunes amoureux dans la sarabande.
Des fois, on s’amuse bien dans la police ».

Editorial : Le pire est toujours possible
Lorsque la crainte de l’uniforme tient lieu de morale civique, les libertés fondamentales sont en grand danger. Lorsque la vue des policiers ou des gendarmes suffit pour calmer les ardeurs contestataires d’une population jusqu’alors peu encline à tout accepter, il convient de s’inquiéter de l’avenir des institutions démocratiques. Lorsque les plus déterminés se voient contraints de marcher droit, cela porte un nom : contrôle social ! Lorsque l’on commence à se méfier, entre collègues de travail, pour savoir lequel risque de passer au tourniquet du licenciement, la solidarité n’est plus qu’un vague souvenir. Lorsque l’on soupçonne son voisin de palier de manger le pain de la police, il est certain que la suspicion s’est installée en lieu et place de l’amitié ou de la simple courtoisie. Sommes-nous déjà arrivés à ce niveau de décadence ? Est-il possible d’avoir oublié à ce point les leçons d’un sinistre passé ? En un temps où les forces de l’ordre disposent de plus en plus de pouvoir, il serait utile de rappeler ce que pouvait représenter la police triomphante à une époque où il n’était pas question de répliquer à ses ordres. Sauf à risquer un voyage vers des lieux d’où l’on n’était pas certain de revenir. Bien sûr, il s’agit là d’un passé heureusement révolu, mais les mauvaises manières policières envers les parias n’ont pas varié. Allez donc demander à une famille, placée en centre de rétention administrative, avant son expulsion, si elle est satisfaite de son sort car la porte de sortie ne conduit plus à Auschwitz…
Maurice Rajsfus
Ben, mon Cadet !
Le 6 juillet, un communiqué du ministère de 1′Intérieur annonçait qu’il était mis fin à la promesse faite aux Cadets de la République (Création de Nicolas Sarkozy, lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, en 2004) de pouvoir passer de concours d’entrée aux écoles de police, sans être bacheliers. Suite au concert de lamentation de ces serviteurs de l’ordre public contrariés, et au tollé de certains syndicats de policier, il y a eu revirement. Le 12 août, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, annonçait que 900 Cadets de la République seraient bien admis dans les écoles de police, à partir du 1er octobre 2009. Pour le ministre, ce contretemps n’était dû qu’à une « initiative administrative », ajoutant : « Je souhaite que l’engagement de l’Etat soit respecté. » (D’après Le Monde, 14 août 2009)
Délinquance en hausse
Mais que fait la police ? Si l’on se réfère aux statistiques publiées le 17 août par 1′Observatoire national de la délinquance, il y aurait eu une nette dégradation des résultats de la politique de sécurité. Notamment en ce qui concerne les agressions sur les personnes, en augmentation de plus de 4% sur les douze derniers mois. Par ailleurs, il y aurait une hausse significative sur les vols avec violence, en augmentation de près de 5%. Il est vrai que, dès le mois de juillet dernier, le ministre de l’Intérieur reconnaissait que la délinquance avait »cessé de reculer ». (Source, Le Monde, 19 août 2009)
Sanction promotion…
Suite aux violences policières, le 8 juillet, à Montreuil (93), au cours desquelles un jeune homme avait perdu un oeil, après un tir de flash-ball, il était possible d’apprendre, qu’à la fin du mois de juillet, le directeur de la sécurité publique de Seine Saint-Denis avait été sanctionné, »après une succession d’incidents ». Comme bien souvent, ce genre de sanction s’est manifesté par une mutation / promotion de cet éminent policier à l’IGS, institution qualifiée par les connaisseurs de « cimetière des éléphants » (D’après Le Monde, 20 août 2009)
Encore le sursis
En 2006, deux policiers de Romans-sur-Isère (Drôme) avaient frappé sans raison un handicapé âgé de 59 ans. Le 27 août, ces deux brutes ont été condamnées respectivement à 6 et 2 mois de prison, avec sursis. En somme, une invitation à recommencer. (Source, 20 Minutes, 20 août 2009)
Toujours le Flash-ball
Le 26 août, à Amiens, des policiers, en opération de « sécurisation » faisaient usage de leur flash-ball. Résultat : un garçon de 7 ans était blessé à l’épaule. S’agissait-il d’un acte de légitime défense ? (D’après France 2, 27 août et Direct Matin 28 août 2009)
Feu à volonté
Le 23 mai 2000, à Draguignan, un gendarme tirait sept balles de revolver sur un homme menotté, qui tentait de s’évader de la gendarmerie en sautant par une fenêtre. Le fuyard, atteint de trois balles, allait décéder rapidement. Le pandore flingueur était mis en examen, le procureur estimant qu’il n’avait pas agi, « comme il aurait dû le faire ». Suspendu pendant deux jours, l’auteur des coups de feu était déjà relativement absout car il était considéré qu’il avait « accompli un acte prescrit ou autorisé ». Finalement, le 19 août 2009, ce gendarme à la gachette prolifique, devait bénéficier d’un non-lieu. A cette occasion, l’avocat de la famille de la victime devait assurer qu’il n’y avait eu aucune sommation préalable. (Source, Libération, 28 août 2009) - ~
Comptine
Ne le répétez pas trop. Cette charmante bluette est due à l’esprit frondeur d’un policier parisien, peut-être en voie de grave déviances
« Fliquet
Fliquette
Miquet
Miquette
Matraquettes
Et pincettes
Pouet pouet
Cacahuettes »
(Prenez la suite, si le coeur vous en dit car il n’y a rien de plus rassurant que de rire d’une police qui a pour unique vocation de faire peur)
Où allons-nous ?
Avec 143 000 policiers, au 1er août 2009, 1es effectifs ont baissé de 1 400 postes depuis le 1er avril. La diminution programmée des effectifs de fonctionnaires d’autorité va imposer, à terme,la suppression de 8 000 postes de policiers et de gendarmes. Un exemple : d’ici 2011, quatre brigades de gendarmerie vont être supprimées dans le seul département des Vosges. (Sources,Vosges-Matin, 25 août et Libération, 1er septembre 2009)
Mort de peur ?
Le 29 août, à Chevilly-Larue (94), un homme âgé de 22 ans s’est défenestré du 4è étage d’un foyer social. Il semble que la police a été alertée, suite à une dispute avec un autre locataire. Il n’est pas exclu que le jeune homme -Algérien sans papiers- qui devait décéder suite à cette chute, se soit jeté par la fenêtre à la seule vue des policiers qui arrivaient sur les lieux. (D’après Libération, 1er septembre 2009)
Table ronde
Dès son arrivée au ministère de l’Intérieur, au printemps 2002, Nicolas Sarkozy n’avait cessé de proclamer qu’il fallait en terminer avec la politique de prévention, et que les policiers n’étaient sur le terrain que pour constater des délits. Sept ans plus tard, l’échec de cette volonté répressive est évident. De 1eur côté, les syndicats de policiers dénoncent une pression accrue sur leur activité. C’est dans ce cadre qu’était organisée, le 31 août, une réunion interministérielle, avec pour objectif de remobiliser les forces de l’ordre, face à une montée significative de la délinquance. Un rapport réalisé, il y a quelques mois, par le Conseil national des villes, regrettait que les fonds de prévention ont surtout servi à financer la vidéo-surveillance. Ce qui ne fait que confirmer les priorité fixées à la police. C’est ainsi que la politique du résultat est de plus en plus à l’ordre du jour puisque les commissaires et officiers de police voient leur rémunération indexée sur les performances. Faute de véritables avancées dans le cadre de la politique répressive, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, ne peut que nous offrir ce commentaire désabusés : « La sécurité est un combat permanent, il faut nous adapter en permanence ! » (D’après Le Monde, 1er septembre 2009)
Table ronde (2)
Au cours de la table ronde du 31 août, Brice Hortefeux s’est risqué à murmurer : « Les jeunes et la police doivent effectuer un bout de chemin, l’un vers l’autre. » Ajoutant néanmoin : »…Tolérance zéro pour les voyous, bavures zéro » pour la police et la gendarmerie. Bonne chose, réagissait le responsable de l’association A.C. le feu, qui commentait néanmoins : « La dégradation des relations entre la police et les habitants des quartiers ne concerne pas seulement les jeunes. Les contrôles à répétition, le tutoiement et le non-respect du Code de déontologie par certains policiers, le sentiment d’injustice après des bavures non-sanctionnées, tout cela finit par pourrir la vie des citoyens… »(Propos cités dans Métro, 1er septembre 2009)
Les « Boers » à la manoeuvre
L’animosité des policiers envers les chauffeurs de taxi est bien connue. La brigade chargée de les surveiller est d’autant plus « vigilante » à leur égard que, depuis une vingtaine d’années, une majorité d’entre eux est visiblement d’origine immigrée. Les affrontements qui ont opposé des chauffeurs de taxis aux policiers, dans la nuit du 31 août au 1er septembre, sont significatifs du comportement vindicatif des Boers (sobriquet désignant les policiers des aéroports). Intervenant dans une querelle entre chauffeurs de taxis et un loueur, les Boers, caillassés, demandaient des renforts, qui arrivaient rapidement sous la forme policiers de la PAF et de la BAC. Selon une source policière, un flash-ball aurait été utilisé, « vers le sol », mais blessant malgré tout un chauffeur. L’un d’eux, interpellé, étant retenu quelques heures au commissariat. Résultat, les chauffeurs de taxi bloquaient l’un des terminaux de l’aéroport de Roissy. La tension habituelle, entretenue par les forces de l’ordre est telle que les chauffeurs de taxi, en attente dans la base arrière de Roissy, ont qualifié ce lieu de l’appellation tout à fait évocatrice de « Guantanamo ». Selon d’autres sources, les policiers enquêtaient « sur un véhicule signalé comme volé ». Il n’en reste pas moins que Brice Hortefeux se serait ému de cette bavure, chargeant l’IGS d’enquêter sur les circonstances de cet « incident ». Une certitude : le flash-ball, soi-disant à usage défensif pour les policiers, paraît être devenu une arme aussi banale que la matraque Tonfa. A suivre… (Sources, 20 Minutes, Métro et Libération, 2 septembre 2009)
Les « municipaux » privés de taser
Les policiers municipaux seront momentanément privés de taser. Un arrêt du Conseil d’Etat, pris le 3 septembre, qui ne remet pas en cause le principe de l’emploi »du pistolet à impulsion électrique, juge cependant que les particularités de cette arme d’un type nouveau impose que son usage soit précisément encadré et contrôlé. » Il n’empêche, quelques heures après cette décision, Brice Hortefeux déclarait : « Nous allons préparer un nouveau texte pour que les policiers municipaux aient une formation adaptée. » Le ministre de l’Intérieur avait peut-être entendu les plaintes du syndicat national de la police municipale, qui regrettait que ses mandants ne « soient pas sur un pied d’égalité avec la police nationale et la gendarmerie ». Le porte-parole de ce syndicat sanglotait : « On ne comprend pas cette décision. Cela fait penser que nous sommes des sous-policiers ! » Est-ce possible ? (D’après Libération et 20 Minutes, 3 septembre 2009)
Brice Hortefeux porte plainte
Le 9 août, à Bagnolet, un garçon âgé de 18 ans était poursuivi par des policiers alors qu’il tentait d’échapper à un contrôle d’ identité. Il devait se tuer en heurtant un muret. Suite aux propos d’habitants de Bagnolet rendant la police responsable de ce décès, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux a porté plainte auprès du parquet pour « diffamation envers la police nationale ». (Sources, 20 Minutes et Direct Matin, 3 septembre 2009)
Bavures et longueur de temps…
Après chaque bavure, les autorités policières, aidés benoîtement par la justice, font durer la procédure et les enquêtes. C’est bien connu, il ne faut pas que l’image des forces de l’ordre puisse souffrir des dérives de quelques cow-boys. Ainsi, le 5 décembre 2004, à Courbevoie (92), un Malien sans papiers, âgé de 38 ans, était interpellé. Durant sa garde à vue, le « délinquant » tombe dans le coma, pour des raisons mal expliquées. C’est seulement le 10 décembre 2004 que la famille de Abou Bakari, tardivement avertie par la police, pourra voir leur proche, dont le corps gonflé présente sur le thorax une plaie qui n’est pas mentionnée sur le rapport médical. Le 4 janvier 2005, Abou Dakari décède à l’hôpital où il a été transporté. En avril 2005, son frère et son oncle décident de porter plainte pour « torture et actes de barbarie ayant entraîné la mort. » L’enquête va d’autant plus s’enliser que les policiers du commissariat de Courbevoie affirment -esprit de corps oblige- que la victime avait sombré dans le coma après s’être frappé la tête contre les murs de sa cellule. Près de cinq ans après les faits, la conclusion de l’expertise médicale est sans équivoque : il y a de fortes probabilités pour que Abou Bakari soit mort des suites de violences policières. Pour les experts, le décès ne serait pas dû à un choc direct contre un mur, avec cette précision : »L’exiguïté de la cellule ne permet pas de prendre un élan suffisant pour créer le type d’oedème constaté. » Pour les légistes, il y aurait eu « un ébranlement cérébral, par violentes secousses de la victime. Par ailleurs, comment négliger le fait que des pièces du dossier médical avaient disparu, à l’hôpital de Colombes où Abou Bakari avait été admis. Le 3 septembre, l’avocat de la famille de la victime remettait une note au magistrat instructeur pour demander la mise en examen des policiers du commissariat de Courbevoie. (Source, Métro, 3 septembre, Le Monde et 20 Minutes, 4 septembre 2009)
Encore une bavure constatée !
Le 11 juin, à Argenteuil (95), Ali, retraité algérien, âgé de 69 ans, devait trouver la mort après avoir été violemment interpellé par des policiers désireux de constater un délit. (Se reporter à Que fait la Police ? numéro 32, août/septembre 2009). Après la première autopsie, réalisée à l’hôpital, le décès était expliqué par une « hypertrophie cardiaque » -ce qui aurait pu laisser croire que la mort était sans lien direct avec l’arrestation. D’où le rapide classement sans suite de cette affaire. Pourtant, sous la pression des proches de la victime, un juge d’instruction allait diligenter une contre-expertise médicale. D’où une seconde autopsie, cette fois pratiquée par l’Institut médico-judiciaire de Paris, qui devait révéler la présence de « vingt-sept hématomes, de 12 à 17 cm de diamètre ». Pour le Comité de soutien, qui s’est constitué à Argenteuil, Ali « est bien décédé des suites de son interpellation -les rapports de cause à effet ayant été établis ». Suite à cette bavure constatée, comme devait le souligner la sénatrice verte Alima Boumedienne-Thiery, Brice Hortefeux va-t-il, une nouvelle fois, porter plainte pour diffamation envers la police nationale ? (D’après 20 Minutes, 4 septembre 2009)
CRS, peu de caresses…
Le 4 septembre, six CRS de Dijon comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Dunkerque. Ces braves serviteurs de l’ordre public étaient poursuivis pour avoir commis des violences, après boire, à la sortie d’une discothèque. A la suite d’une altercation avec un groupe de jeunes, ces CRS, momentanément basés, à Dunkerque, les avaient attendus, avant de briser les vitres de leur véhicule, puis les agresser physiquement et les asperger de gaz lacrymogène. Au procès, les CRS devaient reconnaître avoir abusé de boissons alcoolisées en cette soirée de juillet dernier. Huit mois de prison avec sursis pour ces six brutes devait requérir le procureur. Qu’en sera-t-il lors du délibéré ? A suivre. (Source, Le Monde, 7 septembre 2009)
Les syndicats de police surveillent l’information
Le syndicat de policiers en tenue, Alliance, a donc décidé de jouer les censeurs. Le 30 août, une journaliste de la chaîne de télévision M 6 interviewait le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux. Parmi les questions posées : la multiplication des bavures et le non-respect du Code de déontologie. Avec ce commentaire : « C’est un mauvais film dont on a l’impression qu’il est rediffusé trop souvent » et même » les policiers ayant dérapé sont toujours en fonction. » Le ministre s’était tiré de ce questionnement par des pirouettes. Il n’en n’a pas été de même pour le secrétaire général du syndicat Alliance qui, dans un courrier rendu public s’est appliqué à dénoncer le « dérapage verbal » d’une journaliste « sans doute aveuglée par une haine non-dissimulée de la police. » (Source, Libération, 7 septembre 2009)
Feu à volonté !
Le 7 septembre, lors d’un contrôle routier, à Chalons en Champagne, des policiers en uniforme tentaient de contrôler deux hommes circulant à bord d’une camionnette, sans ceinture de sécurité. Les deux « délinquants » se retrouvant finalement bloqués dans un cul-de-sac. Allait suivre un coup de feu de la part de l’un des deux policiers, lequel ne se trouvait nullement en situation de légitime défense. L’un des deux hommes était blessé à un bras. Le procureur a ordonné une enquête. (Sources, Libération, 8 septembre 2009)
Ordre républicain, vielles méthodes
Le 20 août, en opération de contrôle dans des camps de Roms du département de l’Essonne (91) des gendarmes ont cru bon ressusciter des méthodes de marquage datant d’une époque que l’on croyait révolue. Ces braves pandores se sont autorisés, alors qu’ils recherchaient des personnes sans papiers, à apposer, sur le bras d’un certain de parias, un tampon distinctif. C’était, ont expliqué ces représentants de l’ordre public, « pour faciliter l’identification et éviter les doublons. » Intervention plutôt fâcheuse pour l’image de notre République des droits de l’homme, a dû estimer Eric Besson, gardien de l’Identité nationale, qui a jugé cette pratique inopportune. (D’après Direct Matin, 8 septembre 2009)
Ouah ! Ouah !
La police doit être honorée et, à cette fin, ses meilleurs éléments sont régulièrement pourvus de médailles. Par extension, il en va désormais de même des chiens policiers. En effet, le 7 septembre, un brave toutou, prénommé Pacha, s’est vu décerner la médaille de bronze pour acte de courage et de dévouement. Il est vrai que Pacha avait permis la prise de 16.000 cachets d’Esctasy, en 2006, et 1,2 tonnes de cannabis, en avril 2009. (D’après 20 Minutes, 10 septembre 2009)
Dignité humaine
Le 10 septembre, le tribunal correctionnel de Nancy a jugé que la garde à vue d’un homme qui n’avait rien bu, ni rien mangé durant les 48 heures de sa garde à vue, au commissariat de la ville, était « incompatibles avec la dignité humaine. » Source, 20 Minutes, 11 septembre 2009)
Un Beur, ça va, trois beurs, bonjour les dégâts…
Le 5 septembre, à la fin de l’Université d’été de l’UMP, le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, a gravement dérapé. Plaisantant avec un jeune UMP d’origine maghrébine, dont une joviale militante précise « qu’il boit de la bière et mange du cochon », l’ancien gardien de l’Identité nationale devait expliquer, sur le mode plaisant : « Il ne correspond pas au prototype… » puis, « Quand il y en a un, ça va. Quand il y en a beaucoup, ça commence à poser des problèmes. » Tout au long de la journée du 10 septembre, cette vilaine saillie s’est répandue comme une trainée de poudre sur les sites Internet, information largement reprise par les stations de radio et, en images, sur les chaînes de télévision. Rapidement, nombre de voix allaient s’élever pour condamner ce propos et demander la démission du ministre.
Il est évident que lorsque le 1er flic de France se permet d’utiliser un tel langage, cela ne peut qu’indigner les antiracistes. Parallèlement, on devait bien ricaner dans les cercles politiques où les Maghrébins sont globalement considérés comme des « individus » hautement suspect, et, en tout cas, comme des facteurs de troubles. Malgré les dénégations de Brice Hortefeux et le soutien appuyé de ses collègues ministres, il convient de ne pas oublier que l’hôte de la place Beauvau est un récidiviste de ce type de dérives. Lorsque Azouz Bégag et lui, se côtoyaient au Conseil des ministres, de 2002 à 2005, l’ami de Nicolas Sarkozy lui susurrait gentiment : « Allez, fissa, sort de là, dégage d’ici, je te dis de dégager ! » Rachida Dati, au temps où elle officiait au ministère de la Justice, aurait qualifié Brice Hortefeux de « gros raciste », et cela à plusieurs reprises. Sans oublié une autre victime, Fadela Amara, dont le cher Brice aurait dit, avec une évidente tendresse : « C’est une compatriote, même si ce n’est pas forcément évident, je le précise… » (Sources diverses dont plus particulièrement Libération, 11 septembre 2009)
Pas très franc du collier !
Après une manifestation, près de la Sorbonne, en 2008, un CRS accusait un homme de 28 ans, agrégé d’histoire, d’avoir lancé une bouteille sur un autre policier. Le 9 septembre, le tribunal correctionnel de Paris devait relaxer ce normalien, lequel avait facilement démontré qu’il n’avait rien du jeune à capuche et bandana décrit par le CRS. Il y a un terme précis pour qualifier cette accusation : faux témoignage ! (D’après Le Monde, 11 septembre 2009)
Gabelous flingueurs
Les douaniers sont armés. Pour que cela se sache, nos gabelous n’hésitent pas à plastronner avec leur pistolet automatique, bien en vue, et éventuellement à s’en servir. De plus, ces braves fonctionnaires du ministère des Finances n’opèrent plus seulement aux frontières, dans les aéroports et dans les ports. C’est ainsi que, le 12 septembre, à Corbeil-Essonne (91), des douaniers n’ont pas hésité à ouvrir le feu, à cinq reprises, sur un automobiliste qui refusait de s’arrêter, lors d’un contrôle dans le quartier des Tarterêts. Selon ces policiers économiques à la nuque raide, l’automobiliste « aurait » foncé sur eux avant de s’enfuir. Question essentielle : comment un automobiliste qui refuse de s’arrêter peut-il foncer sur ceux qui lui intiment l’ordre de s’arrêter ? (D’après Libération, 14 septembre 2009)
Triste courrier
Cela se passe le lundi 14 septembre, vers 15 h 30, à l’angle de la rue Gay-Lussac et du boulevard Saint-Michel, à Paris, à côté d’un abri-bus. Etonnée, puis indignée, une passagère témoigne du spectacle auquel elle vient d’assister :
« …Autour de l’abri-bus, une dizaine de membres de la police privée de la RATP, entourés de quelques policiers, bavardent tranquillement, l’air souriant. Arrive un bus et les policiers de complément se transforment en contrôleurs, exigeant les billets de ceux qui descendent du véhicule. Une jeune femme, au teint coloré, tente d’échapper au contrôle et s’enfuit vers une rue proche. Manque de chance, elle s’enfonce dans le passage Royer-Collard, une impasse où elle est rapidement rattrapée par un premier de ces policiers privés. Un deuxième arrive puis, toute la meute, neuf en tout, pour traquer cet important gibier. Comme je m’étais assise à la terrasse d’une brasserie proche, j’ai pu contempler le regard mauvais, halluciné même, de ces défenseurs de la veuve et de l’orphelin s’activant à faire leur devoir. Va suivre la délivrance d’un procès-verbal. La sécurité a un prix très élevé puisque pour quelques euros récupérés il a fallu mettre en œuvre une telle quantité d’argousins. Pauvre France ! » (Courrier reçu à l’Observatoire des libertés publiques le 16 septembre 2009)
Déontologiquement vôtre !
La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) créée en juin 2000, est en passe de disparaître, suite à un projet de loi présenté en conseil des ministres, le 9 septembre. Ses compétences s’exerçaient sur les dérives de la police nationale, de la gendarmerie et de l’administration pénitentiaire. Par la suite, cette structure, relativement indépendante, devait être saisie de faits se rapportant aux exploits de la PAF, des polices municipales, et même aux activités de sociétés privées de sécurité. Chaque année, la CNDS remettait un épais rapport au président de la République et au Parlement. D’année en année, le nombre de saisines, par l’intermédiaire d’un parlementaire, ne faisait qu’augmenter. Ce qui ne pouvait qu’irriter nos autorités. Au fil du temps donc, le budget alloué à la CNDS finissait par représenter une véritable peau de chagrin, d’où l’arrêt de la publication de son rapport annuel, faute de crédit. Dans le même temps, le poste de défenseur des enfants va disparaître. Sans doute parce que les jeunes mineurs sont peut-être des délinquants en devenir. Circulez, il n’y a rien à voir ! (D’après Libération, 16 septembre 2009)
Des policiers très inventifs
La volonté de mal faire de nombre de nos policiers n’est pas toujours connue, lors de leurs exploits. Dans le cas évoqué ici, il aura fallu plus de cinq ans pour que l’information concernant un grave dérapage soit enfin révélée par voie de presse. En avril 2004, trois éducateurs ardennais du service départemental d’aide social à l’enfance sont soupçonnés d’agir sous l’influence d’une secte. L’enquête, confiée au SRPJ de Reims conduit à l’interpellation de trois personnes, toutes âgées de plus de 50 ans. Lesquelles sont placées en garde à vue, avec des séances musclées pour les faire craquer. Suivra la mise en examen pour « abus de faiblesse sur mineurs, privation de soins, violence morale et non-présentation d’enfants. » De plus, la « tête pensante » du trio sera incarcérée à la prison de Chalons-en-Champagne, où elle passera plus de trois mois. Ses « complices » étant placés sous contrôle judicaire.
Le 25 juin 2009, les deux policiers zélés, convoqués devant un juge d’instruction de Charleville-Mézières, après une longue enquête, devaient reconnaître qu’ils étaient les auteurs des « aveux » attribués aux trois personnes interpellées. Certes, la justice y retrouve son compte mais les trois éducateurs ont vu leur existence brisée, dans le même temps que l’organisme social dont ils dépendaient voyait son activité bouleversée. Il n’en reste pas moins que ces deux policiers sont encore en liberté, et peut-être même en service. Reste à savoir s’ils ont agi en service commandé, avec obligation de résultat, ou s’ils avaient voulu « se faire mousser » auprès de leur hiérarchie. Toujours est-il qu’il a fallu attendre le mois de septembre 2009 pour que cette bavure soit enfin connue. (D’après L’Union de Reims, a septembre 2009)
Quand les cow-boys se défoulent
Le 15 septembre, vers 6 h 30 du matin, des hommes masqués défoncent la porte d’un appartement, aux Mureaux (78). Ils malmènent les membres de la famille, allant même jusqu’à menotter un garçon âgé de 16 ans. Pendant un quart d’heure, ces malfrats, en fait des policiers, arpentent l’appartement avant de s’apercevoir qu’ils se sont trompés d’adresse et de cible. Selon la famille, un voisin aurait subi le même traitement. Une certitude, les policiers sont repartis sans un mot d’excuse. A la direction de la sécurité publique des Yvelines, on reconnaît : « Ca arrive de temps en temps… » (Source, Libération, 17 septembre 2009)
Voyage présidentiel…
Le 18 septembre, Nicolas Sarkozy avait prévu de visiter l’hôpital Paul-Brousse, de Villejuif (94), pour y rencontrer des patients ayant bénéficié d’une greffe du foie dans cet établissement. Depuis plusieurs jours, les policiers affectés aux voyages officiels, assistés de très nombreux CRS et gendarmes mobiles, avaient investi cet ensemble hospitalier que les syndicats n’ont pas manqué de décrire comme une « zone occupée ». Le coût de cette promenade est estimé à 200.000 euros minimum, en comptant le prix des petits fours. C’est-dire l’équivalent du salaire de 7 infirmières. (Source, Libération, 18 septembre 2009)
Avec « délicatesse… »
Lorsqu’en août 1996, à Paris, le ministre de l’Intérieur Jean-Louis Debré, avait fait évacuer brutalement les sans papiers qui occupaient l’église Saint-Bernard, par les gendarmes mobiles, il avait affirmé que l’opération s’était déroulée « avec cœur et humanité. »
Le 22 septembre 2009, dans la matinée, l’objectif était de chasser de la « Jungle » de Calais quelques centaines de sans papiers, en majorité Afghans qui, depuis des semaines, tentaient de passer en Angleterre. Les images vues à la télévision, à la mi-journée, nous ont prouvé que les méthodes violentes (manifestants frappés à terre) n’avaient pas changé. En fait, les gendarmes mobiles et les CRS se sont surtout déchaînés contre les militants associatifs qui tentaient de s’opposer aux forces de l’ordre. Sans le même temps, les journalistes présents sur le terrain étaient rudement écartés, ce qui permettait, ensuite, de malmener les parias expulsés de leurs campements de fortune. Cela n’a pas empêché Eric Besson, gardien de l’Identité nationale, de proclamer que les CRS et gendarmes mobiles, lancés à la chasse à l’homme, s’étaient conduits « avec délicatesse » et, en tout cas « sans violences ». (D’après les images de Canal + et correspondances téléphoniques, 22 septembre 2009)

Editorial : Faits divers d’un été ordinaire…
La dérive sécuritaire sert de moteur à la politique répressive de notre démocratie formelle. A cette fin, il lui faut constamment placer en garde-à-vue, et même mettre en prison de plus en plus de suspects ou de supposés adversaires de l’ordre public. Comme la parole du policier, fonctionnaire assermenté, suffit pour servir de preuve, le terrain est libre pour toutes les dérives. L’affaire montée contre Julien Coupat et les « anarchistes invisibles » est révélatrice de cette volonté de criminaliser celles et ceux qui osent mettre en cause cet acharnement sécuritaire.
Depuis l’hiver 2001/2002, à la veille de chaque consultation électorale, les problèmes liés à la sécurité sont exacerbés, et reviennent au premier plan des préoccupations. L’UMP excelle dans cet exercice. Il est vrai que les citoyens de la France profonde, particulièrement ceux « qui ne font pas de politique », se sont toujours avérés sensibles à ce problème. Avec des solutions à courte vue ayant pour objet d’éviter de donner une réponse cohérente aux difficultés économiques et sociales.
Pour les récentes élections européennes du 7 juin 2009, c’est la même grosse artillerie idéologique qui était utilisée. Le projet de loi sur la sécurité intérieure, en gestation depuis l’automne 2007, était de nouveau à l’ordre du jour, lors d’un discours de Nicolas Sarkozy prononcé le 28 mai devant un aréopage de hauts gradés de la police et de la gendarmerie – à l’Elysée. Au programme : la rigueur, encore la rigueur, toujours plus de rigueur. Particulièrement envers les jeunes des cités censés menacer l’Etat républicain. D’où la mise sous haute surveillance des collèges et lycées des banlieues « sensibles ». La paranoïa étant à son comble lorsque l’on apprenait que chaque recteur d’académie pourrait disposer d’une équipe d’agents mobiles pour contrôler les élèves avec fouille à la clé. Le 23 juin, la loi sur les bandes, initiée par Christian Estrosi était débattue au parlement.
A l’occasion de son dernier discours sécuritaire, le président de la République atteignait au sublime en lançant, en direction de son auditoire en uniforme : « Aucune rue, aucune cave, aucune cage d’ escalier ne doivent être épargnées ! » Dans le même temps, Amnesty International rendait public un rapport dénonçant « le mépris des droits de l’homme », visant particulièrement la France, jadis terre de liberté, où les violences policières sont de plus en plus souvent impunies, singulièrement envers les étrangers sans papiers, criminalisés dans les centres de rétention administrative. Etait stigmatisé également le comportement des forces de l’ordre dans le domaine du contrôle social au travers des missions confiées à la police et à la gendarmerie, désormais sous commandement unique, comme au beau temps de la France de Vichy…
Maurice Rajsfus
Petit gredin
La Justice est bonne fille avec les serviteurs de l’Etat. Un commissaire de police, en poste à Juvisy (91) était jugé pour détournement de fonds sous scellées -près de 3 000 euros. Lors de son procès, l’avocat général avait requis un an de prison avec sursis et une interdiction d’exercer pendant cinq ans. Le 25 mai, en délibéré, le tribunal correctionnel de Créteil a finalement condamné ce fonctionnaire, pour le moins indélicat, à huit mois de prison avec sursis, sans qu’il lui soit interdit de rester dans la police. Finalement, c’est le Conseil de discipline de la police nationale qui devrait statuer sur son avenir. (Source, 20 Minutes, 26 mai 2009)
Pandore castrateur
Le 24 mai, un gendarme alsacien était placé en garde-à-vue, à Reichshoffen (67) puis écroué pour « acte de torture et de barbarie ayant entraîné mutilation. » Ce père de famille de cinq enfants s’était rendu chez l’amant de sa femme, et l’avait assommé, traîné dans un garage, avant de l’émasculer. (Source, Libération, 26 mai 2009)
Il n’est jamais trop tôt…
Le 29 mai, à Courdimanche (95) deux gendarmes se présentent dans une famille pour remettre une convocation à un garçon de 9 ans, devant comparaître le lendemain. Motif : le gamin s’était bagarré avec un camarade pendant la récréation. Ce « délinquant » devait être effectivement auditionné durant une vingtaine de minutes par les pandores. La mère de « l’adversaire » ayant porté plainte », la convocation est une conséquence logique », devaient expliquer ces braves militaires. Il paraît que les deux garçons se seraient réconciliés. (Source, Le Parisien, 31 mai 2009)
Comptine
Le policier tape, tape
Le CRS
Crosse, crosse
Les grosses menottes
Note, note
Le pistolet
Laid, laid
Et la racaille
Caille, caille.
(D’après une comptine que chantaient les enfants du Limousin, au XIX ème siècle)
Balayette
Le 28 mai, devant la gare de Massy-Palaissau (9l), un jeune homme, mêlé à une bagarre, est interpellé par des policiers en patrouille. Au cours de cette intervention, il tombe « accidentellement », sa tête heurte un muret de béton et il se fracasse le crâne. Hospitalisé dans le coma, son état était plutôt préoccupant. Il n’est pas inutile de noter que ce jeune homme se prénomme Ousmane. Selon des témoins, qui se « seraient rétractés », la victime aurait fait l’objet d’une « balayette ». Pour les policiers, le jeune homme est tombé en tentant de se débattre. Qui croire ? (Sources, FR 3, 30 mai et Le Parisien, 31 mai 2009)
Socialiste psycho-rigide
Le très sécuritaire député socialiste, Manuel Vals, député-maire d’Evry (91), celui-là même qui avait appelé à voter avec l’UMP le délit d’outrage à la Marseillaise et au drapeau , a encore fait parler de lui. Il a apporté son soutien à Christian Estrosi, auteur du rapport sur les bandes de banlieue, et les jeunes cagoulés, lors des manifestations. Le 30 mai, le député socialiste n’a pas hésité à déclarer : « M. Estrosi pose un vrai problème, esquisse une première solution. Je souhaite qu’on aille jusqu’au bout du débat pour, à la fois garantir les libertés et rendre la loi plus efficace. » Encore un effort et Manuel Vals pourrait de venir ministre de l’Intérieur ! (Source, Direct-Matin, 2 juin 2009)
A la porte !
En 2008, 1e nombre d’expulsions locatives, effectuées avec le concours de la police, s’est élevé à 11 190, soit 157% de plus en dix ans. C’est le constat effectué par la fondation Abbé Pierre. (Source, Libération, 2 juin 2009)
Délit de comparaison
Le préfet des Pyrénées-Atlantiques a porté plainte pour outrage contre un médecin qui, indigné par le placement en rétention de deux enfants de 5 et 7 ans, lui avait envoyé ce mail : « J’apprends que l’on autorise l’enfermement d’enfants, cela me rappelle une triste époque où l’on mettait les enfants dans des wagons. Bonne
journée ! » Réagissant, dans le quotidien Sud-Ouest, le préfet n’était pas content : « La ligne rouge est franchie. La comparaison avec Vichy fait, et fera, systématiquement l’objet d’une action en justice. » Et le coupable sera livré à la Kommandantur ? (Source, Siné-Hebdo, 3 juin 2009)
La vie de château
Il semblerait que le contrôleur général des lieux de privation de liberté prenne sa tâche au sérieux. Dans une recommandation, rendue publique le 3 juin, cette autorité, encore indépendante, a épinglé le commissariat de police de Boulogne-Billancourt (92). Pour le contrôleur général, il s’ agit là d’un lieu « exemplaire d’un certain nombre de difficultés rencontrées ailleurs. » Si l’on se réfère à une visite effectuée dans ce commissariat, en octobre 2008, « …Les conditions d’hygiène sont indignes pour les personnes placées en garde-à-vue ! » Exemples : les toilettes débordent, aucune installation ne permet de se brosser les dents ou de se raser, et ne remplit pas davantage les conditions de couchage ». Ce commissariat n’est qu’un exemple parmi d’autres, semble-t-il. (Source, Direct-Matin, 4 juin et Le Monde,5 juin 2009)
Multirécidiviste
L’information a tardé à être divulguée. Le préfet de police de Paris a été condamné à deux reprises, les 16 avril et 4 mai 2009. Ce haut fonctionnaire d’autorité refusait de délivrer des récépissés de demandes d’asile -faisant office de titre de séjour aux réfugiés n’ayant pas trouvé de place dans les centres d’asile mais bénéficiant néanmoins d’une adresse postale. Déjà, en 2006, une première vague de plaintes avait été déposée contre le préfet qui, déjà condamné, avait « réintroduit ces pratiques en 2009″, relèvent Amnesty International et France Terre d’Asile. Il paraît que, depuis les récentes condamnations, le préfet se serait calmé. (Source, Libération, 5 juin 2009)
Un mort au commissariat de Sevran
En 2006, un toxicomane, âgé de 31 ans, était transporté au commissariat de Sevran (93), en état de démence. Deux heures plus tard, après avoir été menotté et allongé sur le ventre, dans un local de 4 mètres carrés prévu pour les personnes conduites au poste pour vérification d’identité, cette personne était déjà en mauvais état. Parce qu’il se frappait la tête sur le sol, un policier avait placé un casque de moto sous la tête de l’homme. Selon les experts logistes, il devait mourir « d’asphyxie mécanique ». Il est vrai que les légistes avaient également relevé une fracture du larynx qu’il se serait faite -selon les policiers- en heurtant le montant d’un banc. Le 4 juin, lors du procès des deux femmes policières, de service le jour du drame, accusées d’homicide involontaire, malgré les réquisitions du procureur qui avait demandé des peines de prison avec sursis, le tribunal de Bobigny devait relaxer les deux femmes. Sans commentaire ! (Source, Métro, 5 juin 2009)
Pas très franc du collier
En avril 2009, 1e gardien de l’Identité nationale, Eric Besson, affirmait que l’article L 622 de la loi Ceseda, prévoyant un véritable délit de solidarité, n’avait jamais été appliqué dans toute sa rigueur. Plus qu’un pieux mensonge, c’était une authentique contrevérité. Une fois de plus, la démonstration en a été apportée, suite à une plainte pour diffamation contre ce ministre. Le 4 juin, une militant humanistes du nord, membre d’une association d’aide aux migrants, rappelait qu’elle avait été placée en garde-à-vue par la police pour avoir aidé des sans papiers à recharger leur téléphone mobile. Droit dans ses bottes, Eric Besson avait pourtant affirmé que les militants bénévoles, ayant apporté apporté « volontairement leur aide à l’entrée ou au séjour illégal d’étrangers » ne seraient pas inquiétés. Comme on disait jadis, dans la France profonde, le ministre, transfuge du PS, est franc comme un cheval qui recule… (D’après Aujourd’hui, 6 juin 2009)
« Hou, la menteuse ! »
Le 1er juin, la secrétaire d’Etat à la famille, Nadine Morano, dénonçait le recours abusif à la police, suite à la convocation d’un gamin de 9 ans dans une gendarmerie (voir plus haut). I1 au ra suffit de moins d’une semaine pour que l’on apprenne que la sous-ministre avait elle-même porté plainte, en février dernier, contre une mère de famille des Landes qui, sur le site Internet Daylimotion, avait écrit ce commentaire « Hou,la menteuse ! », suite à une prise de position de la ministre. Peccadille. Pourtant, cette personne devait être convoquée au commissariat de police de Dax. L’affaire une fois connue, Nadine Morano démentait vouloir poursuivre cette personne au pénal. Ah bon… (Source, Aujourd’hui, 6 juin 2009)
Encartés
Le 7 juin, lors du petit déjeuner à la préfecture de Caen, entre Nicolas Sarkozy et Barak Obama, tout le centre-ville était bouclé par des centaines de policiers. Certains d’entre eux expliquaient tranquillement à ceux qui voulaient franchir les barrages qu’il était nécessaire, pour ce faire, d’être muni d’une carte de 1′UMP. (Source, France Inter, 8 juin 2009)
UTEC
A grands sons de trompe, la ministre de l’Intérieur avait annoncé la mise en place d’Unités territoriales de quartiers (UTEQ), dans les banlieues « sensibles ». L’arrivée de ces nouveaux policiers, à Cergy et Villiers-le-Bel (95) n’a pas manqué de provoquer des incidents, dans ces deux villes, les 4 et 5 juin. Ainsi, dans le quartier Saint-Chritophe de Cergy, les policiers UTEQ, ciblés par des feux d’artifice, faisaient usage de leurs flash-ball. Selon les autorités policières, la tension monte dans ce quartier de puis l’arrivée des UTEQ. Détail intéressants, ces véritables brigades punitives, fortes d’une vingtaine d’hommes chacune, se déploient tous les jours, dès 17 heures, dans les quartiers, et ont surtout pour but d’exciter les jeunes, plutôt que de chercher à calmer le jeu. (D’après 20 Minutes, 8 juin 2009)
Pas trop grave
Le 9 juin, le tribunal correctionnel de Versailles jugeait trois policiers poursuivis pour avoir harcelé sexuellement une de leur collègue féminine au commissariat de Vélizy (78), de décembre 2007 à octobre 2008. La jeune femme avait subi des insultes quotidiennes, et de constantes propositions sexuelles. De plus, au cours de séances d’attouchements sexuels, elle était menottée par ses collègues. Le procureur, peu soucieux d’envoyer en prison de braves défenseurs de l’ordre public avait requis des peines allant de dix-huit à vingt-quatre mois de prison avec sursis contre ces policiers « frivoles ». Les juges, un peu plus indignés devaient condamner les trois salauds à six mois de prison ferme, et sept mille euros de dommages et intérêts à payer à leur victime. (Source, Métro, 10 juin 2009)
Toujours le flash-ball
Le 4 juin, à Bondy (93), contrôle d’identité dans un quartier. En cette circonstance, un jeune aurait donné un coup de poing à un policier. Lequel, en tombant, aurait tiré involontairement avec son flash-ball. Atteint en pleine poitrine, le garçon était transporté à l’hôpital, crachant du sang. Sa version est très différente de celle du policier flingueur : »Le type est sorti de la voiture, m’a agrippé, et comme j’ai résisté le coup est parti tout de suite, presque à bout portant. » Un ami de la victime raconte : « Il y a quelques mois, un copain a été touché aux côtes. Ça fait une sacrée douleur… Ils nous braquent pour un oui ou pour un non et, parfois, le tir part. » A Neuilly-sur-Marne, au début du mois de mai, un garçon prénommé Samir, atteint à la tête par un tir de Flash-ball, avait été hospitalisé, avec un traumatisme crânien. Après l’affaire de Bondy, l’IGS a été saisie, et le tireur suspendu, mais que deviendra l’enquête ? Une députée du « 93″ s’indigne : « Beaucoup de plaintes déposées après des incidents de ce genre ont été classés ou égarés ! » (Source, Le Canard Enchaîné, 10 juin 2009)
Police familiale…
Le 15 juin, Michelle Alliot-Marie recevait au Carrousel du Louvre, à Paris, préfets, policiers et gendarmes, ainsi que quelques responsables d’associations. En tout, quelque 1 600 serviteurs de l’Etat. Outre un certain nombre d’informations dispensées sur les UTEQ (Unités Territoriales de Quartier, actuellement au nombre de 24 et qui seront 100 en 2010, la ministre de l’Intérieur devait annoncer la création de brigades spécialisées dans la lutte contre les violences familiales. Ce qui manquait encore dans le paysage policier. On n’arrête pas le progrès… (D’après Libération, 16 juin 2009)
Délit de gratouillis
Très récemment, entre Périgueux et Brive, un automobiliste circule tranquillement, quand il est stoppé par un véhicule de la gendarmerie. Motif annoncé par un pandore : « Vous téléphonez en conduisant ! » Surpris, l’automobiliste récuse cette accusation, mais le pandore insiste : « Monsieur, on vous a vu ! » Réponse de l’automobiliste : « Consultez donc l’historique de mes appels », avant de tendre son téléphone portable au serviteur de l’ordre public. Aucun appel n’étant enregistré, l’accusateur ne s’avoue pas vaincu et éructe : « Vous aviez quelque chose à la main, vous teniez un objet… » Même s’il s’est agi d’un simple grattement de tête, le représentant de la loi va dresser un PV, avec le motif suivant : « Conduite d’un véhicule dans des conditions ne permettant pas au conducteur de manœuvrer aisément ! » Tarif, 22 euros. (Source, Le Canard Enchaîné, 17 juin 2009)
Délinquance policière
Le 16 Juin, le ministère de l’Intérieur rendait public le nombre de sanctions prononcées en 2008 par les Commissions de discipline de la police nationale. Par rapport à 2007, 1es sanctions ont augmenté de 13,6% soit 3 423 simples dérapages policiers ou authentiques bavures. Il est dommage que nous n’ayons pas eu connaissance de la gravité des faits ; le seul chiffre fournis étant celui des 98 révocations. Ce qui laisserait entendre que les 3 325 autres sanctions ne concerneraient que des faits bénins. Par ailleurs, en 2008, 1es services de l’IGPN ont ouvert 1 345 dossiers d’enquête dont 44% ouverts sur saisine judiciaire, 24% sur saisine administrative, et 32% émanant de particuliers. Ces dossiers concernaient 585 faits d’atteintes aux personnes, 421 fautes professionnelles, 54 incidents de vie privée et 71 divers. Il s’avère que si les policiers travaillent plus pour ne pas gagner davantage, certains d’entre eux exécutent leur tâche sans trop de délicatesse. Et puis, alors que le nombre de policiers serait en diminution, la délinquance police paraît être en nette augmentation. (D’après, Le Monde, 18 juin 2009)
Justice expéditive
Sous mandat de dépôt depuis la fin ou mois de mai 2009, un gendarme de Reischoffen (67) a été retrouvé pendu dans sa cellule de la maison d’arrêt de Strasbourg. Ce brave pandore avait simplement émasculé l’amant de sa femme. (Source, La Provence, 19 juin 2009)
Unité d’action…
Le syndicat de policiers en tenue UNSA-Police, et le SGP-FO ont décidé de fusionner. Ces deux syndicats, qui se prétendent de gauche mais dont les adhérents, sur le terrain, ne se comportent guère différemment que les policiers supposés de droite, vont donc constituer une nouvelle force syndicale de policiers en tenue, dénommée l’Union. Faut-il attendre de ces fonctionnaires d’autorité qu’ils refusent la logique productiviste que le pouvoir attend des policiers, qu’ils soient de droite ou relevant d’une gauche approximative ? (D’après Le Monde, 20 3uin 2009)
Carnavalesque
Le décret émanant des services du Premier ministre, interdisant « le fait pour une personne, au sein ou aux abords immédiats d’une manifestation sur la voie publique, de dissimuler volontairement son visage aux participants des manifestations publiques » a été publié au Journal Officiel daté du 20 juin 2009. Comme prévu, les contrevenants pourront être passibles d’une amende de 1 500 euros, et de 3 000 euros en cas de récidive dans le délai d’un an. Décret publié, curieusement, trois jours avant l’examen de la proposition de loi du député UMP Christian Estrosi. En sera-t-il de même des femmes portant le voile intégral ou la burqua, voire de celles ou ceux décorés d’un masque de carnaval ? (Source, 20 Minutes, 22 Juin 2009)
Fête de la musique ou fête de la police ?
Dans la nuit du 20 au 21 juin, une centaine de personnes quittent la place de la Nation, à Paris, pour se rendre au bois de Boulogne afin d’y installer une rave party. Vers 3 heures du matin, la police intervient contre les ravers, qui n’avaient pas reçu d’autorisation. Devait suivre une heure d’affrontements. Plus généralement environ 14 000 policiers avaient été mobilisés à travers la France, pour faire respecter l’ordre musical, dont 2600 pour Paris et sa banlieue. Selon des informations émanant du ministère de l’Intérieur, quelque 223 « individus » avaient été interpellés dans le pays, dont 126 à Paris et, parmi eux, 196 personnes placées en garde-à-vue, dont 98 à Paris. (Sources, France Inter et Métro, 22 juin, Direct-Matin, 23 juin 2009)
Encore Tarnac …
Le 21 juin, à 15 heures, un rassemblement était organisé sur la place de la Fontaine des Innocents (beau symbole), à Paris, en soutien aux mis en examen de Tarnac. Dès 14 heures, la place grouillait de policiers en civils, certains d’entre eux aux allures de voyou. La séquence statique de la manifestation se déroulait dans le calme. Pourtant, dès que les centaines de personnes présentes décidaient de prendre la direction du plateau Beaubourg, les incidents devaient commencer. Particulièrement devant le siège de l’administration pénitentiaire. Le cortège se voyait repoussé à l’aide de jets de gaz lacrymogènes, et de charges de gendarmes mobiles. Pour éviter les interpellations, de nombreux manifestants devaient se réfugier dans les boutiques du quartier. Il n’en reste pas moins que quatre personnes devaient être interpellées, l’une d’elle étant frappée au sol. (Sources, Libération et témoins, 22 juin 2009)
Ah bon…
Une fonctionnaire de la police aux frontières (PAF), en poste à Orly, qui avait porté plainte pour discrimination et harcèlement moral, a été placée en garde-à-vue le 23 juin. Motif : violation du secret professionnel. Selon une source policière, cette garde-à-vue ne serait pas liée à la plainte déposée en avril dernier envers six policiers pour discrimination liée à l’origine, la religion et l’orientation sexuelle. (Source, Métro, 24 juin 2009)
Y a-t-il le feu à la démocratie ?
Dans la soirée du 23 juin 2009, c’était l’annonce du remaniement ministériel attendu. Au ministère de l’Intérieur, c’est Brice Hortefeux qui remplaçait Michelle Alliot-Marie. Nul n’a pu oublier le rôle joué par l’ami personnel de Nicolas Sarkozy, alors qu’il était en charge de l’Identité nationale. Son arrivée place Beauvau n’annonce rien de bon pour l’avenir des libertés fondamentales. L’homme qui a présidé pendant près de deux ans aux expulsions massives de sans papiers envisage peut-être de traiter ceux qui se risqueraient à ne pas marcher droit comme des immigrés de l’ intérieur, et justifier l’un des sobriquets dont il avait été affublé, dès l’été 2007 : « Hortefeux …à volonté ! » Curieusement, dans le même temps, le secrétariat aux droits de l’homme, qui n’était pourtant qu’une coquille vide, a été supprimé. Doit-on voir dans cette décision un mauvais présage? (Communiqué de l’Observatoire des libertés publiques, 24 Juin 2009)
Solidarité sous haute surveillance
Le 23 juin, à Calais, des militants altermondialistes, installaient un camp baptisé « No Corder ». Environ 150 personnes s’y trouvaient. Ils n’étaient pas seuls, puisqu’en prévision d’une manifestation prévue le 27 juin, pour la « libre circulation, la fin des frontières et des contrôles migratoires », 2 000 policiers et gendarmes étaient mobilisés. (Source, Libération, 24 juin 2009)
Effectifs
A l’occasion du rapide aller et retour de Nicolas Sarkozy à la Martinique et en Guadeloupe, les 25 et 26 juin, quelque 900 gendarmes mobiles ont été appelés en renfort, depuis la métropole. Ce qui avait sans doute pour objet d’éviter les mauvaises rencontres entre le président de la République et les Antillais. (D’après Métro, 25 juin 2009)
Police syndicale
Le 25 juin, le service d’ordre de la CGT faisait évacuer la Bourse du travail de la rue Charlot, à Paris, occupée par des sans papiers depuis quatorze mois. Cela se passait vers 12 h 30. Un témoin raconte : « …Une trentaine de gros bras, crânes rasés, masqués, ont débarqué, armés de bâtons et de bonbonnes de lacrymo… » Gazés les occupants étaient contraints de quitter les lieux. Sur le trottoir, des sans papiers affirmaient reconnaître, parmi les policiers en civil présents les mêmes qui avaient forcé les portes du bâtiment une heure plus tôt. Toujours est-il qu’après cette opération le bâtiment était bloqué par la police. (Source, Libération, 25 juin 2009)
Fichiers, quand ils nous tiennent
En 2008, face à la montée des protestations, le fichier EDVIGE, qui avait pour finalité de recenser aussi bien les opinions politiques, que l’orientation sexuelle ou la religion des personnes paraissait avoir été mis en veilleuse. Il semble que ce n’était que reculer pour mieux sauter. En effet, un nouveau fichier serait en préparation : Périclès. Ce fichier est en fait constitué d’un logiciel de recoupement permettant de croiser plus de cinquante fichiers de la police et de la gendarmerie, avec des données bancaires et téléphoniques, pour ne citer que ces deux exemples. (Source, Canal +, 25 juin 2009)
Bavure républicaine
Dans la nuit du 14 au 15 juin, à Paris, un jeune Colombien, âgé de 27 ans, marié à une Française, affirme avoir été passé à tabac au commissariat de la police de la Goutte-d’Or, dans le 18ème arrondissement. Ayant été agressé dans la rue, il réussit à se réfugier dans le hall de son immeuble, et peut appeler la police, qui arrive rapidement. Les policiers interpellent l’agresseur, puis invite la victime à porter plainte. Au commissariat un autre policier le prend en charge. Il raconte : « …Le cauchemar a commencé. (le policier) en me poussant m’a mis les bras derrière le dos. Je lui ai répliqué que j’étais la victime, le plaignant… Dans un couloir, il m’a demandé d’enlever les chaussures, mes lacets… Je prends la direction de l’ascenseur et là, je reçois un premier coup de poing dans le ventre… »Comme il hurle a l’injustice, le policier lui balance un coup de poing à la joue droite, puis une gifle sur la joue gauche. Enfermé dans une cellule, on le fait se déshabiller, avant de le conduire devant deux policiers à qui il demande les raisons de son arrestation. Réponse : « Tu la fermes, petit latino, sinon on va te là fermer ! » Comme il demande à boire, il lui est répondu : « Il y a de l’eau que vous pouvez aller boire dans les chiottes ! » Dans la matinée, vers 10 heures, il est conduit, menotté, à l’hôpital Lariboisière où un médecin ORL relève une forte perte d’audition à l’oreille gauche. Après dix heures trente de retenue, sans raison, il est invité à sortir… en même temps que son agresseur. Le 16 juin, il déposait plainte auprès de l’IGS contre les trois policiers qui se sont conduits en tortionnaires. A suivre. (Source, Libération, 26 juin 2009)
Police de quartier…
Il semble, décidément, que les policiers des UTEC (Unités territoriales de quartiers) ne soient pas les bienvenus dans les cités. Ainsi, pour la seule nuit du 27 au 28 juin, 1es incidents se sont multipliés entre les jeunes et la police. A l’analyse, la relation de ces « frictions », émanant directement de ces « sources policières », informent le plus souvent à sens unique. A Limoges, des affrontements ont opposé des groupes de jeunes à la police, dans la cité de Breuil, après la condamnation d’un habitant à quinze ans de prison. Ensuite, dans la cité ‘’sensible » des Grands Ensembles, à Tremblay-en-France (93), des jeunes ont envoyés des fumigènes, à l’aide de mortiers de feux d’artifices, contre les policiers en patrouille. A Mantes-la-Jolie (78), des échauffourées devaient opposer une centaine de jeunes à des policiers, dans le quartier du Val-Fourré, suite à un contrôle d’identité musclé. En nombre insuffisant, les forces de l’ordre appelaient des renforts pour se dégager. Ce qui fut fait à l’aide de tirs de grenades lacrymogènes et de flash-ball, sans qu’il soit procédé à des interpellations. Enfin, la police se signalait, au cours d’une soirée animée par ses soins, à la cité des Tarterêts, à Corbeil (91), où elle avait été appelée, suite à un caillassage qui aurait été commis par une trentaine de jeunes cagoulés. Ce que les communiqués policiers oublient de rappeler, c’est que cette dégradation de la situation était due à des tirs de grenades lacrymogènes sur une paisible kermesse de quartier. Suite à cette véritable agression contre les habitants de cette cité, quelque 200 personnes devaient manifester dans Corbeil-Essonne, le 28 juin. Par ailleurs, 27 plaintes ont été déposées contre les forces de l’ordre. (Sources, 20 Minutes, France 3 et Métro, 29 Juin, Le Monde et Direct Matin, 30 juin 2009)
Policiers agressés dans le »93″
Dans la nuit du 29 au 30 juin, deux gardiens de la paix auraient été agressés, et roués de coups, en sortant du commissariat de police de Gagny (93). Insultés et fouillés, les policiers se seraient vu demander leur arme de service. Les agresseurs devaient prendre la fuite à l’arrivée d’une patrouille de la BAC. Au cours de la même nuit, à Montfermeil (93), deux véhicules de police en patrouille, l’un d’eux ayant a son bord le conseiller spécial de l’Elysée,Henri Gaino, ont été caillassés. (Source, Métro, 1er juillet 2009)
Qui faut-il croire ?
La préfecture de police dément la « bavure » qui aurait été commise par des policiers du commissariat de la Goutte-d’Or, dans le 18ème arrondissement de Paris, le 15 juin. Selon ses services, la victime aurait été frappée par son agresseur, et non par des policiers. Reste à expliquer pourquoi la victime s’était retrouvée en garde-à-vue, durant une dizaine d’heures, au commissariat de police -en compagnie de son agresseur. (Source, Métro, 1er juillet 2009)
Pas raciste la police républicaine ?
Un groupe de chercheurs indépendants a publié, le 30 juin, une étude scientifique du plus grand intérêt sur le comportement des policiers lors des contrôles d’identité. Les résultats démontrent une approche discriminatoire vis-à-vis des Arabes et des Noirs. Pour les premiers, la probabilité d’être contrôlés est sept fois plus élevée que pour les Blancs et, pour les seconds, six fois plus… Cette étude, réalisée sur l’observation du travail policier, à Paris, à la gare du Nord et dans l’échangeur du RER à la station Châtelet-les-Halles, entre octobre 2007 et mai 2008. Depuis, la situation n’a pu que s’aggraver.
Les enquêteurs ont discrètement décrypté 525 opérations de police, comparées aux 37 000 personnes passant à proximité. Exemple de commentaire, du rapport rédigé par deux chercheurs du CNRS : « L’étude a confirmé que les contrôles d’identité effectués par les policiers se fondent principalement sur l’apparence, non pas sur ce que les gens font, mais sur ce qu’ils sont, ou paraissent être ». Dans la moitié des cas relevés, les contrôles devaient déboucher sur une fouille. Les auteurs évoquant les nombreuses émeutes intervenues en France depuis l’automne 2005, ne manquent pas de signaler : « Les contrôles sont fréquemment au cœur de l’antagonisme entre les policiers et les jeunes, plus particulièrement ceux vivant dans les zones urbaines reléguées. Ces derniers se plaignent depuis longtemps d’être la cible de contrôles d’identité répétés, dépourvus de nécessité et relevant du harcèlement. » Pour terminer, les deux chercheurs ne manquaient pas de souligner que le cadre juridique « permissif » laisse aux policiers, « un large pouvoir discrétionnaire. »
Finalement, cette étude, qui ne peut que chagriner les autorités policière, ne fait que confirmer, de façon scientifique, ce que l’ on savait déjà ! (Sources, Le Monde et Libération, 1er juillet 2009)
Surtout,ne pas être « susceptible »
A l’occasion de l’étude sur le comportement policier, commentée ci-dessus, les chercheurs rappelaient les termes d’une loi liberticide permettant de donner tout pouvoir aux policiers : « Toute personne se trouvant sur le territoire national doit accepter de se prêter à un contrôle d’identité (dès lors qu’il existe) une ou plusieurs raisons plausibles de soupçonner qu’elle a commis ou tente de commettre une infraction ; ou qu’elle se prépare à commettre un crime ou un délit ; ou qu’elle est susceptible de fournir des renseignements. » En fait, nous serions tous concernés mais d’autres étant bien plus « susceptibles » que d’autres aux yeux des policiers. (D’après Le Monde, 1er juillet 2009)
Argenteuil : 1 mort !
Le 9 Juin, à Argenteuil (95) deux retraités algériens, âgés de 69 et 61 ans, dont l’un est invalide à 60%, sont interpellés par des policiers. Conduits à l’hôpital pour une prise de sang, l’un d’eux perdra connaissance, tandis que l’autre devait décéder. Selon plusieurs témoignages, les deux hommes auraient été roués de coups par trois policiers. Depuis, un collectif, « Vérité et Justice pour Ali et Arezki », exige toute la transparence sur cette affaire, et la mise en examen des policiers impliqués sur lesquels pèsent des charges accablantes. Le 24 juin, suite à une manifestation regroupant 400 personnes, une délégation avait demandé, en vain, à être reçu par le préfet. (Source, Tout est à nous !, 2 juillet 2009)
Forte pensée
« Le roman policier est un récit où le raisonnement crée l’effroi qu’il est chargé d’apaiser… » (Narcejac)
Je ne t’ai pas vu, mais je t’accuse…
Dans la nuit du 27 au 28 juin, se déroulait une sévère confrontation entre une cinquantaine de jeunes du Tremblay-en-France (93) et les forces de police. A cette occasion, un jeune homme, âgé de 23 ans, qui avait pris la fuite à la vue des policiers, était rattrapé et sera victime de « plusieurs coups de matraque », puis de »nombreux coups de pieds », ainsi que de « violents coups de poing ». Jugé en comparution immédiate, le 30 juin, il sera relaxé faute de preuves car les policiers qui l’avaient poursuivi ne pouvaient pas le reconnaître. L’avocat de la victime devait déposer plainte contre X pour « violences volontaires » commises lors de l’interpellation de son client. (Source, Le Monde, 2 juillet 2009)
Il n’y a pas qu’en banlieue !
Dans la nuit du 1er au 2 juillet, sur le Champs-de-Mars à Paris, un policier intervenait avec ses collègues pour mettre fin à une rixe entre jeunes. Mal lui en a pris car il sera blessé au cuir chevelu et au nez après avoir été frappé à coups de tessons de bouteille. (Source, Métro, 3 juillet 2009)
Sarkozy, je te vois (air connu)
En février 2008, dans le hall de la gare Saint-Charles, à Marseille, un policier zélé interpellait un « individu » qui s’était permis de lui lancer, « Sarkozy, je te vois ! », alors qu’il venait d’assister à un contrôle d’identité musclé. Jugé devant le tribunal de police de Marseille, pour cette insolence, le 19 mai 2009, ce professeur de philosophie est poursuivi pour « vociférations » par un perturbateur dont le propos a un « caractère offensant ». Au cours du procès, le ministère public, qui se voulait indulgent, ne requérait qu’une amende de 100 euros contre l’imprécateur. Depuis, Nicolas Sarkozy devait estimer que ces poursuites étaient « ridicules ». Finalement, le 3 Juillet, le tribunal de police de Marseille estimait que le « tapage injurieux diurne, troublant la tranquillité d’autrui », n’était pas constitué -et le « délinquant » était relaxé. Peut-être en ira-t-il de même pour ceux qui se risqueraient à clamer « casse-toi, pauv’con ! » Pour le professeur de philosophie, qui avait convaincu les policiers qu’il était au RMI, son intervention n’était rien de plus qu’un « geste d’humour destiné à détendre l’atmosphère. » (D’après Libération, 4 juillet et Le Monde, 6 juillet 2009)
Petit cochon !
Un policier, qui avait installé une caméra miniature dans les vestiaires du commissariat de Massy (91), afin de filmer ses collègues féminines, était suspendu par sa hiérarchie le 17 juin. Il n’en reste pas moins que ce policier voyeur ne semble pas être l’objet de poursuites pénales, bien que les investigations se poursuivent… afin que soient effectuées des vérifications sur le matériel informatique mis en œuvre par ce défenseur de l’ordre public un peu spécial. (Vosges-Matin, 18 juin 2009)
Pochtrons pyromanes
Trois policiers du commissariat de Reims devaient passer devant le tribunal correctionnel. Présentés devant le parquet, dans le cadre d’une procédure de comparution volontaire, les trois hommes, dont un gardien de la paix, un brigadier chef et un agent de sécurité étaient poursuivis pour incendie volontaire d’une caravane, alors qu’ils étaient en état d’ivresse. Circonstance aggravante, le brigadier-chef avait refusé de se soumettre à un contrôle d’alcoolémie. Les deux autres avaient un taux d’alcoolémie situé entre deux et trois grammes d’alcool dans le sang. Il n’en reste pas moins que tous trois ont été suspendus de leurs fonctions et placés sous contrôle judiciaire. Deux d’entre eux risquent jusqu’ à cinq ans de prison. (Source, Vosges-Matin, 5 Juillet 2009)
Récession policière
Par un communiqué du ministère de l’Intérieur, daté du 6 juillet, il était possible d’apprendre que les épreuves de recrutement de gardiens de la paix, prévues pour le 30 septembre, étaient reportées à « une date ultérieure non connue à ce jour ». Avec cette précision : »Aucun recrutement de gardiens de la paix n’est actuellement programmé ». Il semblerait donc que la RGPP (Révision générale des politiques publiques) frapperait également la police et, en priorité, les adjoints de sécurité et ces « Cadets de la République » imaginés en 2004 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Les syndicats de policiers, et particulièrement Unité Police (majoritaire chez les policiers en tenue), sont chagrinés. De même, les formateurs de la préfecture de Paris qui regrettent de voir frappés les « plus fragiles ». Interrogé, un jeune adjoint de sécurité se lamentait : « …On apprend le Code de déontologie de la police, le Code de procédure pénale, par le concours, et puis on se retrouve bêtement anéanti. Ce n’est pas comme faire une formation de mécanicien. En fin de contrat on ne pourra pas aller voir la concurrence… » Pourquoi pas, si l’on se souvient que le président de la République avait souhaité, il y a quelques mois, que les sociétés privés de sécurité procèdent à un vaste programme de recrutement. (D’après Le Monde, 8 juillet 2009)
Assassin en uniforme
Dans la soirée du 5 juillet, sur une autoroute, près de Clermont l’Hérault, une voiture garée sur une bande d’arrêt d’urgence prend feu. La passagère, une femme, brigadière de police, ne parvient pas à se dégager. Les secours vont la retrouver calcinée. Il se trouve, malgré tout, que sa portière était bloquée. Aux gendarmes qui enquêtent, son mari, brigadier-chef au commissariat de Montpellier, explique qu’il accompagnait son épouse aux urgences, suite à un malaise. L’autopsie va démentir ce scénario car les examens sont catégoriques : la policière est décédée avant l’incendie ; elle n’a donc pas été asphyxiée avant d’être carbonisée. En fait, la jeune femme est décédée d’un œdème pulmonaire, après une forte absorption de médicaments. Placé en garde-à-vue, le 7 juillet, le policier maintient sa première déposition, avant de l’abandonner, car les enquêteurs du SRPJ devaient découvrir des traces d’essence dans le véhicule incendié. Ensuite, ce brave défenseur de l’ordre public devait avouer qu’il avait organisé lui même cette macabre mise en scène, pour camoufler le suicide de sa femme, suite à une violente dispute à son domicile. Il se trouve, pourtant que les légistes devaient relever des ecchymoses et des traces de coups sur la tête de son épouse. Par ailleurs, le policier avait affirmé aux enquêteurs que celle-ci s’était pendue, mais rien dans les constatations des légistes ne peut permettre de conforter cette thèse. Soyons rassurés, il reste malgré tout des humanistes dans la police. (D’après Aujourd’hui, 9 juillet 20091)
Curieuse pendaison
Au cours des soirées des 6,7 et 8 juillet, à Firminy (Loire), de violents heurts devaient opposer la police et les jeunes d’un quartier populaire. Un de leurs camarades, âgé de 21 ans, venait de tenter de se suicider dans sa cellule de garde-à-vue, au commissariat du Chambon-Feugerolle. C’est apprenant qu’il était dans le coma que ses amis s’étaient révoltés. Au cours des affrontements, après des incendies de voitures et de commerces, neuf jeunes majeurs étaient interpellés. Le 8 juillet, on apprenait que le jeune homme était décédé à l’hôpital. De source policière, l’information était distillée que Mobamed s’était pendu avec des lanières découpées de son matelas. Explication approximative si l’on sait que les gardés à vue se trouvent sous une étroite surveillance policière, et qu’il aurait été nécessaire d’un long moment pour découper le matelas, accrocher les lanières, se pendre et décéder. La bavure n’est donc pas impossible. Les deux autopsies ont écarté toute violence policière. Toujours est-il qu’après l’ouverture d’une information pour homicide involontaire, l’IGS enquêre, tandis que la famille annonçait un dépôt de plainte. (D’après France Inter et France Info, 8, 9 et 10 juillet 2009)
Tristesse pandore
Le directeur général de la police nationale a présenté, le 10 juillet, aux syndicats de police, un vaste projet de « police d’agglomération » concernant les villes de Lille, Lyon et Marseille, où la police sera « maître d’œuvre ». Selon les syndicats de policier, ces villes, actuellement sous le contrôle de la gendarmerie passeraient sous celui de la police. Ce qui ne manque pas d’inquiéter les élus locaux. (Source, Libération, 11 juillet 2009)
Barrage pandore : 1 mort !
Dans la soirée du 10 juillet, à Saint-Pierre-de-Vauvray, près de Louviers (Eure), une équipe de gendarmes avaient mis en place un barrage pour contrôler des jeunes circulant sur des mini-motos.
Comme bien souvent, en de telles circonstances, cela se termine très mal, et un garçon, âgé de 18 ans, devait mourir après avoir heurté une palissade en béton. Selon l’un de ses amis, le jeune homme aurait été poussé par un gendarme, ce qui devait provoquer l’issue tragique. Tout naturellement, la préfecture appelait en renfort 80 gendarmes pour réagir aux manifestations qui allaient se dérouler dans Louviers. Pour la gendarmerie, il s’agit simplement d’un accident. (Source, France 2, 13 juillet 2009)
Petit escroc galonné
Le 1er juillet, un capitaine de police, en poste à Laon (Aisne), sortait, menottes aux poignets du palais de justice. En fait, ce policier, patron de la brigade de sûreté urbaine de Laon, venait d’être placé en détention provisoire, après avoir été mis en examen par un juge d’instruction pour : »recel habituel et blanchiment habituel de fonds qui proviendraient d’abus de bien sociaux et banqueroute. » Ces fonds détournés par ses soins qui allaient transiter sur son compte bancaire. Pour compléter le tableau, cet honnête fonctionnaire était également mis en examen pour « corruption passive ». Ce qui signifie en clair que ce policier se faisait gentiment arroser.
Au commissariat de Laon, on reproche désormais à ce galonné à la carrière exemplaire (il avait été médaillé, le 7 mai 2009, pour ses hauts faits) d’avoir encaissé sur son comte, depuis 2006, de multiples chèque provenant d’entreprises du bâtiment pour une somme avoisinant les 150 000 euros. Il est vrai que cet excellent défenseur de l’ordre public ne rechignait pas à reverser une partie de ces sommes à la tierce personne qui lui avait procuré ce filon. Ce capitaine, sans peur et sans vergogne pourrait encourir plusieurs années de prison ferme. (Source, L’Union de Reims, 2 juillet 2009)
Pyromanes en uniforme
Le 2 juillet, trois policiers du commissariat de Reims étaient écroués. Le 1er juillet, alors qu’ils venaient de quitter leur service, ces braves gardiens de la paix s’étaient comportés en « véritables voyous de banlieue » en allant incendier une caravane d’habitation, à Nogent l’Abesse, pour régler un obscur différent opposant l’un d’eux à la victime. Les trois hommes, un brigadier, un gardien de la paix et un adjoint de sécurité, affectés à la brigade de nuit, devaient être rapidement remis en liberté sous contrôle judiciaire, avec l’obligation d’entreprendre des soins anti-alcooliques – les faits ayant été commis sous l’emprise de l’alcool. En effet, ces tristes personnages avaient entre 1 gr et 2 gr d’alcool par litre de sang. Il est important de noter également que l’alcool n’était l’unique raison de cette équipée puisque, la veille, la future victime avait reçu une quinzaine de SMS l’avertissant des mauvaises manières qui l’attendaient. Par ailleurs, sans doute sans doute pressé d’assouvir cette basse besogne, le trio avait heurté un véhicule en stationnement, sans s’arrêter – d’où également un délit de fuite. (Source, L’Union de Reims, 3 et 4 juillet 2009)
Montreuil : les as du flash-ball
Le 8 juillet, à Montreuil (93), au cours d’une manifestation de soutien à des squatters expulsés le matin même d’une ancienne clinique désaffectée depuis une dizaine d’années, un homme âgé de 34 ans était touché à un œil, suite à un tir de flash-ball. Bilan : trois fractures au visage, le globe oculaire fendu en deux, la paupière arrachée. Dans une lettre, son père accuse : « Il a perdu un œil du fait de la brutalité policière ! » Cette intervention musclée se déroulait au cours d’un dîner festif organisé, en guise de protestation, dans une rue piétonne de la ville. Le père de la victime raconte : « Il n’y a pas eu d’affrontement ; cinq personnes ont été touchées par des tirs de flash-ball, tous au-dessus de la taille. » Les personnes présentes, au nombre d’une trentaine, ne menaçaient personne. Cette intervention violente pouvait être décrite comme disproportionnée puisque, selon des témoins dignes de foi, il y aurait eu sur place quelque deux cents membres des forces de l’ordre dont, également, des policiers du RAID. On ne peut éviter de parler de bavure dans la mesure où les policiers n’étaient pas en situation de légitime défense, intervenant même de façon provoquante. Dominique Voient, sénateur-maire de Montreuil, qui s’était félicitée de voir le commissaire de police demander une enquête à l’IGS n’en commentait pas moins cette agression avec amertume : « Le travail de restauration de la police républicaine est bien loin d’être achevé. » (Sources Rue89, 12 juillet, Libération, 13 juillet et Le Monde, 14 juillet 2009)
Mise au pas, à Montreuil !
Les policiers peuvent, impunément, se livrer à des bavures. En revanche, il serait interdit aux vulgaires pékins de protester contre les dérives des forces de l’ordre. Ce qui s’est passé à Montreuil , dans la soirée du 13 juillet, est révélateur, à cet égard, de cette bonne morale : la police cogne, le bon peuple doit se taire ! En fin d’après-midi, quelque 200 personnes s’étaient rassemblées pour protester contre la bavure policière du 8 juillet. Même si cette démonstration se voulait pacifique, c’était insupportable pour les autorités policières. D’où la présence massive de gendarmes mobiles et de CRS. Selon les témoins, les forces de l’ordre ont chargé, matraque haute, sans véritable raison. Pour Dominique Voynet, l’ordre de « dissoudre » la manifestation avait été prise en haut lieu. D’où cette violence à disperser cette petite foule solidaire des squatters, tout en procédant à une vingtaine d’arrestations. (Sources, France 2 et France 3, avec images significatives et Libération, 14 juillet 2009)
Montreuil : la police et les journalistes
A l’heure où la manifestation pacifique du 13 juillet commençait à se disperser, un journaliste stagiaire du Monde, qui ne faisait que son métier, était interpellé sans douceur par les policiers vers 21 h 15, il ne sera relâché que le lendemain à 6 h 30. Son récit est édifiant : « …J’ai été soudain plaqué » au sol, et j’ai entendu un policier dire : toi aussi tu viens avec nous ! Ils m’on attaché les mains dans le dos. J’ai répété à plusieurs reprises que j’étais journaliste mais ils ne m’écoutaient pas. Dans le fourgon, il y avait trois policiers qui traitaient les manifestants arrêtés avec moi de sales gauchos. (Au commissariat de Montreuil) …Ils nous ont envoyé dans une salle de fouille… nous avons été déshabillés, caleçons sur les genoux et fouillés… J’ai redit que j’étais journaliste mais ils n’ont rien répondu. Nous avons été placés dans une salle de garde à vue, avec deux caméras au plafond et des graffitis sur les murs peints avec du sang et des excréments. Il était sans doute 23 heures, nous n’avions rien mangé ni rien bu. Nous avons été transférés vers le dépôt de Bobigny, menottés dans le dos. J’ai redit que j’étais journaliste mais personne ne m’a répondu… Pendant l’interrogatoire, le policier disait que j’avais un casque lors de l’interpellation, ce qui était faux… » (Source, Le Monde, 15 juillet 2009)
A propos de la bavure de Montreuil.
Suite à l’agression policière du 8 juillet, à Montreuil au cours de laquelle un jeune homme a perdu un œil, il est important de rappeler que, depuis 2005, sept personnes ont ainsi été rendues borgnes par des policiers utilisant le flash-ball. Lorsque cette arme a été mise en service, en 2002, le fabricant justifiait son intérêt en expliquant qu’elle était « non-létale ». Au fil des bavures, dues à son utilisation, la terminologie était tranquillement modifiée en « peu-létale », ou même en « létalité atténuée ». En clair, si l’arme n’était pas nécessairement mortelle, elle n’en demeurait pas moins dangereuse.
En mai 2009, La Direction centrale de la sécurité publique rappelait aux directeurs départementaux de la sécurité les « règles impératives » d’utilisation du flash-ball, tout en précisant que « les visées au niveau du visage et de la tête » étaient formellement proscrites. Cette note de service évoquait également le « respect de la distance minimale de tir » – jamais à moins de sept mètres – alors que, trop souvent, des tirs sont effectués à bout portant. Il semble bien que la hiérarchie intermédiaire, tout comme la base policière, ne tiennent pas compte de ces « règles impératives ». D’autant plus que les auteurs de ces manquements au règlement ne sont pratiquement jamais jugés pour leur volonté de mal faire.
A Montreuil, comme les autorités policières ne pouvaient admettre que l’on puisse s’insurger contre les effets de cette arme, les troupes de choc étaient lancées, le 13 juillet, contre des manifestants pacifiques. Face aux protestations de Dominique Voynet, sénateur-maire de Montreuil, le directeur départemental de la Sécurité de Seine-Saint-Denis avait l’audace de répliquer ; « Si vous n’êtres pas contente, il faut être conscient du fait qu’en Iran, on tire sur les gans ! » On ne peut pas être plus cynique, et de telles déclarations ont pour fonction d’inciter les citoyens de ce pays à ne pas se mêler de ce qui les regarde. En clair, il est rudement conseillé de ne pas manifester pour protester contre les mauvaises manières policières. Communiqué de L’Observatoire des libertés publiques – 15 juillet 2009.
Montreuil : mécontentement policier
Après la bavure de Montreuil, et les charges policières qui devaient suivre, quelques jours plus tard, Dominique Voynet avait fait ce constat que « le travail de restauration de la police républicaine était loin d’être achevé… » Ce qui devait provoquer la colère du syndicat de policier en tenue Alliance, dont le porte-parole n’hésitait pas à déclarer, le 15 juillet : « On ne peut accepter qu’une autorité locale puisse dicter sa politique de sécurité à une force indépendante de souveraineté nationale ! » Ces policiers ont le sens de la formule, particulièrement en ce qui concerne « l’indépendance » des fiers-à-bras toujours prêts à jouer de la matraque au nom d’un ordre public toujours prêt à semer le désordre… (Source, Libération, 16 juillet 2009)
Les CRS n’aiment pas les lycéens
On le savait déjà, nos policiers n’aiment pas les étudiants, et pas davantage les lycéens. Tous des mauvaises têtes ne sachant que contester. Traditionnellement, de nombreux lycéens parisiens, en attente des résultats du bac, se rassemblent sur la pelouse du Champs de Mars. C’était le cas dans la nuit du 24 au 25 juin. Bien sûr on boit peu, on chahute, et il arrive même que l’on se querelle. Rien de bien grave, sauf que cela intéresse les CRS présents dans les parages, toujours prêts à rétablir un ordre qui n’est pas menacé. Une victime de l’un de ces cow-boys témoigne : « (Un CRS s’approche)…sans me prévenir, il m’a mis un coup de poing. » Le lycéen a une lèvre éclatée, mais ce n’était pas suffisant : « J’ai été déséquilibré, il m’a mis un coup de matraque dans le genou droit. Je tombe au sol. Il me fait une clé au bras. J’essaye de lui expliquer que je ne comprenais pas, que je n’avais rien fait. Il me répond : ta gueule, ta gueule ! Au bout de quelques secondes, il m’a relâché… » Un de ses amis a droit à un traitement identique. Comme les lycéens tentent de parlementer, les CRS lâchent un chien sur l’un d’entre eux, avant de le matraquer. Il témoigne également : « Ils nous insultaient, nous provoquaient, cherchaient à ce que l’on s’énerve. » A la suite, deux lycéens reçoivent des coups de matraque, deux autres sont embarqués. L’un d’eux dit avoir « ramassé des baffes au poste », après avoir été agrippé à la gorge par un policier. Les CRS lui expliquant gentiment : « Les coups, c’est gratuit ! » La première victime bénéficiera d’une interruption de travail temporaire de quinze jours, suite à un œdème à un genou et un hématome au mollet. Un de ses camarades constate : «, avec amertume : « On s’est fait embrouillé… » Le 15 juillet, la préfecture de police, contactée, affirmai ne pas être au courant. » (Source, Libération, 16 juillet 2009)
CRS en goguette : danger public
Le 11 juillet, quatre jeunes, âgés de 16 à 20 ans, résidant à Saint-Pol-sur-Mer, près de Dunkerque, décide de sortir en boîte. Dans une discothèque, ils se « frittent » avec huit consommateurs. Il s’agit en fait de CRS en goguette, bien connus du tenancier. Vers 4 heures du matin, les quatre copains regagnent leur voiture quand six de ces CRS, en civil, surgissent avec des matraques anti-émeutes et des bombes lacrymogènes. Immédiatement, , ils explosent une vitre de la voiture et arrosent les passagers du contenu de leurs bombes lacrymo. Comme il faut bien ses distraire, les braves défenseurs de l’ordre public transforment le véhicule en épave. Entre temps, ces CRS étaient revenus à leur hôtel pour se munir de leur matériel répressif. Les victimes ont porté plainte le 13 juillet. Face au procureur, les CRS devaient reconnaître les faits, mettant leur agression sur le compte de l’alcool. Mis en examen pour « violences en réunion avec armes, préméditation et dégradation », ces brutes imbibées doivent comparaître devant le tribunal correctionnel de Dunkerque, le 4 septembre. Comble de cette affaire ; le procureur devait juger utile de préciser que les quatre jeunes gens étaient « sans passif avec la police, sans histoire, et sans casier judiciaire », à suivre. (Sources, Libération, 17 juillet)
Mauvaises manières
Le 2 juillet, sur une route de l’Essonne, un automobiliste heurte un autre véhicule. S’ensuit une bagarre. Or il se trouve que ce conducteur, sourd et muet de naissance, est gravement blessé. Pourtant, cet invalide se retrouve convoqué devant le tribunal de grande instance d’Evry (91) pour « violence avec usage ou menace d’une arme, suivie d’incapacité n’excédant pas huit jours, et dégradation de biens d’autrui… » Il témoigne du traitement subi : « (Les policiers) m’on isolé dans une cellule qui puait affreusement la pisse. J’ai plusieurs fois réclamé l’arrivée d’un interprète e langue des signes… » Ce n’est que le lendemain qu’un interprète, à la compétence douteuse, arrivera au commissariat. Et puis, cette dernière précision du sourd et muet : « J’ai fini par signer une déposition car je n’en pouvais plus, les policiers me mettaient sous pression pour que j’abdique, et l’interprète traduisait mal mes propos. » Peut-on dire de ces policiers, pressés de constater un délit : « Il n’est pire sourd que ceux qui ne veulent pas entendre ! » (D’après Libération, 22 juillet 2009)
Pour mémoire…
Tout au long du mois de mai 1968, nos policiers s’étaient appliqués à matraquer les étudiants, sans état d’âme. Parfois à cinq ou six sur la même victime. (Les photos publiées alors sont significatives de cet acharnement sur les futures élites de la Nation.) Cette brutalité devait faire réagir vivement le préfet de police, Maurice Grimaud : « Frapper un homme à terre, c’est se déshonorer et déshonorer la police ! » Ce n’étaient que de bonnes paroles car ce préfet, plus humaniste que la moyenne des serviteurs de l’ordre, n’était guère entendu par les chevaliers du guet. Maurice Grimaud avait tenté de sauver l’honneur de la police, mais il devait se sentir bien seul. Suite à son décès, le 16 juillet, une minute de silence devait être observée dans les commissariats de police, le 23 juillet. Nul ne manquait à l’appel pour ce salutaire rappel à l’histoire – y compris les matraqueurs de 2009, tout aussi répressifs que leurs anciens de mai et juin 1968. Communiqué de l’Observatoire des libertés publiques, 23 juillet 2009.
Pratiques dégradantes
Le 30 juin, la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) présentait un rapport sur « les traitements inhumains et dégradants » au dépôt du palais de justice de Paris. Avec, pour point fort, « les personnes prises en charge ne sont pas traitées avec dignité. » Sont dénoncées, en particulier, « les fouilles à nu excessives. » Pour cet office, les policiers s’activent sans la moindre vergogne. Une policière précise qu’il est demandé aux femmes « de s’accroupir, et de tousser trois fois, les jambes écartées. » Quant aux hommes, ils doivent se pencher en avant, et tousser. Tout cela se déroule évidemment dans la plus grande délicatesse : « Une fois que les cheveux, la bouche et l’anus de la personne ont été contrôlés, elle se rhabille et passe sous un détecteur de métaux. » En fait, un détenu déjà fouillé à la sortie de la maison d’arrêt, pourra être fouillé et mis à nu jusqu’à cinq fois dans une même journée, lorsqu’il est conduit au palais de justice. Il paraît que face aux critiques qui ne cessent de se multiplier, ces fouilles répétées pourraient être limitées. (Source, Le Monde, 24 juillet 2009)
Libertés policières
Le 21 juillet, le collectif Liberté-Egalité-Justice, qui réunit 34 organisations, dont le Syndicat de la Magistrature et la Ligue des Droits de l’homme, dénonçait, dans un communiqué : « L’alarmante banalisation des atteintes aux droits et libertés. » Ce collectif réclame un moratoire sur l’usage par la police et la gendarmerie d’armes de type flash-ball et Taser. Il demande l’ouverture d’une information judiciaire sur les incidents survenus à Montreuil, le 8 juillet. Par ailleurs, le 22 juillet, L’Institut international de presse, basé à Vienne (Autriche), s’inquiétait des atteintes à la liberté de la presse, en France. Suite à l’interpellation d’un journaliste stagiaire du journal Le Monde, et aux perquisitions qui ont eu lieu récemment dans plusieurs rédactions, l’Institut lançait cet avertissement : « La police doit réaliser que ces types d’incidents, qui semblent faire partie d’un mode d’agression envers les médias (…) sont préjudiciables à la réputation de la France. » (Source, Le Monde, 24 juillet 2009)
La sécurité intérieure, fille naturelle de Big Brother !
Le domaine de la surveillance policière s’élargit, mettant en péril ce qui peut encore subsister d’espace de liberté. Le 24 juillet, la CNIL (Commission nationale informatique et liberté) rendait public un avis réclamant des garanties sur l’utilisation des logiciels-espions de la police pouvant être introduits à distance dans l’ordinateur d’une personne, sans son consentement. La CNIL suggère – mais ce n’est qu’un vœu pieux – de limiter l’usage de ces logiciels pour qu’ils ne soient pas à la disposition d’un trop grand nombre de policiers, sans l’autorisation d’un juge. Une certitude : la reconnaissance légale de ces logiciels figure d’ores et déjà dans le projet de loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi II), qui doit être débattue à l’Assemblée nationale d’ici la fin de 2009. Ce texte ajoute au Code pénal dix nouveaux articles sur la « captation des données informatiques en matière de criminalité organisée. » Encore faut-il savoir ce que peut recouvrir la formule « criminalité organisée », qui n’est, à l’évidence, qu’un fourre-tout permettant de surveiller quiconque est utilisateur d’Internet puisque, selon cette loi d’orientation, seront concernés les lieux publics ou privés, de même que les cyber-cafés.
Comme le rappelle utilement l’éditorial du Monde, qui nous fournit cette information, cette nouvelle atteinte aux libertés nous renvoie au STIC (Système de traitement des infractions constatées) qui permet déjà à la police de répertorier toute personne ayant été concernée par une procédure judiciaire – qu’elle soit mise en cause, victime ou simple témoin d’un délit. Avec cette précision : « Si la fusion projetée avec le fichier électronique tenu par la gendarmerie intervient, le champ sera encore plus large… Où est la limite de ces intrusions dans la vie de Français ? Nous sommes prévenus : Big Brother est là, tout près ! » Dans 1984 ; George Orwell avait imaginé le « télécran » permettant de contrôler les citoyens, chez eux. En 2009, Nicolas Sarkozy s’apprête à dépasser cette fiction par une sinistre réalité ! (D’après Le Monde, 25 juillet 2009)
Le lièvre policier et la tortue judicaire…
Dans la soirée du 27 octobre 2005, deux jeunes, issus des « minorités visibles », Zyed et Bouna, se réfugiaient dans un transformateur EDF, à Clichy-sous-Bois (93). Poursuivis sans raison par des policiers désireux d’ajouter quelques délits à leur palmarès. Ces deux adolescents, âgés de 15 et 17 ans, devaient y trouver la mort. Certes, deux policiers ont déjà été mis en examen pour « non-assistance à personnes en danger. » L’un de ces deux fonctionnaires, qui avait aperçu les deux garçons escaladant le grillage protégeant le transformateur, avait alors prononcé cette phrase, retrouvée sur les bandes radio de la police : « S’ils entrent sur le site EDF, je ne donne pas cher de leur peau ! » Sans que les deux policiers tentent le moindre geste pour les dissuader de franchir cette barrière.
Au fil des reconstitutions successives, le temps a passé et, près de quatre ans après cette bavure abominable, il parait que le dossier serait clos dans les semaines à venir. En effet, l’ordonnance de fin d’instruction viendrait d’être prise après une trop longue procédure. Il est vrai que l’on sait, d’expérience, que les policiers ne sont pas des justiciables comme les autres – ce qui incite les magistrats à une certaine lenteur. D’ores et déjà, nous savons que les parties disposeront de trois mois pour demander des actes supplémentaires, le parquet disposant ensuite d’un nouveau délai pour statuer. Le renvoi des policiers devant le tribunal correctionnel est possible. , mais un non-lieu n’est pas exclu. Une certitude : suite au caillassage d’un fourgon de police par les jeunes d’une cité, la justice est bien plus rapide, les juges n’hésitant jamais à se montrer impitoyables. (D’après Aujourd’hui, 30 juillet 2009)
Montreuil : bavure à moitié reconnue
Suite à la véritable agression dont un jeune réalisateur était victime à Montreuil, le 8 juillet, l’enquête conduite par l’IGS a notablement avancé. Il apparaît, sans conteste, que le policier de la BAC, auteur du tir de flash-ball, n’était pas directement menacé, et donc nullement en situation de légitime défense. A tout le moins, soulignent les enquêteurs, ce tir de flash-ball, qui allait faire perdre l’usage d’un œil à la victime, était hors des conditions d’utilisation, et sera donc considéré comme une riposte disproportionnée. La légitime défense étant écartée ; certains policiers n’en estiment pas moins se « sentir en parfaite insécurité juridique. » Notion difficile à trouver dans le Code de procédure pénale, mais qui permettrait, au-delà des textes, de se défouler sur quiconque oserait manifester sur la voie publique. Reste à savoir si le fonctionnaire d’autorité, dont le tir devait rendre borgne un jeune manifestant, a agi de sa propre initiative ou sur l’ordre de sa hiérarchie, au cours d’une manifestation pacifique. (D’après Le Monde, 31 juillet 2009)
Mayotte : les sans papiers dans l’œil du cyclone
Il n’y a pas qu’en France métropolitaine que la police et la gendarmerie s’appliquent à la chasse aux sans papiers. Il en va de même dans les départements et territoires d’outre-mer. C’est particulièrement le cas en Guyane et, plus particulièrement à Mayotte, au cœur de l’archipel des Comores. Pour les six premiers mois de 2009, ce sont 9.019 personnes (dont 1.310 enfants) qui ont été « reconduits à la frontière. » C’est-à-dire vers une autre île de cet archipel. Des contrôles quotidiens sont menés sur les routes, dans les quartiers connus pour abriter des sans papiers, tandis que les accès aux dispensaires et aux écoles sont l’objet de contrôles réguliers. Pour assurer de meilleurs résultats, les effectifs de la police et de la gendarmerie ont été triplés, depuis 2004, dans cette île de l’océan indien. Un fonctionnaire de la PAF (police aux frontières) reconnaît les limites légales de ces expulsions : « Tout le monde sait que le chiffres obtenue depuis trois ans seraient irréalisables, à Mayotte, si l’on respectait la loi ! » Sans commentaire. Ces trois dernières années, près de 9.000 enfants ont été expulsés, souvent en falsifiant la date de leur naissance. Des adolescents étant frauduleusement présentés comme des majeurs… (Source, Libération, 31 juillet 2009)
La France d’Outre-mer a la nuque raide
En Nouvelle-Calédonie, territoire français d’Outre-mer (TOM), les libertés syndicales sont relatives. Des militants du syndicat USTKE (Union syndicale des travailleurs Kanaks et exploités) sont emprisonnés. De plus, lorsque Bernard Kouchner se déplace à Nouméa, à la fin du mois de juillet, il refuse de recevoir les responsables de ce syndicat, dans le même temps que le centre-ville est bouclé par les forces de l’ordre. Les 3 août, des affrontements devaient oppose des manifestants aux gendarmes mobiles. Aux jets de pierres des militants kanaks devaient répondre des tirs de gaz lacrymogène – les pandores abandonnant le terrain après avoir dénombré 27 blessés dans leurs rangs. Dans le royaume du nickel, suite à la tuerie d’Ouvéa, en 1988, les accords de Matignon signés en 1989 paraissaient ouvrir la voie à une forme d’autonomie interne. Depuis, pourtant, des milliers de métropolitains ont été incités à s’installer en Nouvelle-Calédonie, où l’ordre colonial règne toujours. Au moindre conflit social, les piquets de grève sont attaqués par les forces de l’ordre. Suite aux événements du 3 août, des renforts policiers étaient annoncés. (Sources, Le Monde et Libération, 4 et 5 août 2009)
Concentration policière
Une nouvelle force policière va voir le jour, le 14 septembre : la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP), qui regroupera 26 fonctionnaires chargés, en principe, de lutter contre la petite et moyenne délinquance. Cette nouvelle structure, dirigée par Alain Gardère, fidèle de Nicolas Sarkozy, regroupera la police de proximité parisienne et les trois directions départementales de la sécurité publique des Hauts-de-Seine, de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Il est évident que la mise en place de ce « Grand Paris de la police » répond à l’inquiétude des autorités policières, suite aux révoltes des jeunes de banlieues en 2005 et 2007. Pour Nicolas Sarkozy, ce type d’organisation pourrait être étendu à d’autres agglomérations, « en fonction des besoins. » (Source, Libération, 5 août 2009)
Haut et court
Le 5 août, à Metz, à quelques mois de sa retraite, le général de corps d’armée commandant la gendarmerie dans l’Est de la France s’est donné la mort par pendaison. (Source, France 3 Champagne-Ardennes, 6 août 2009)
Vigilants vigiles
Décidés à empêcher la fermeture de leur usine, les salariés de Molex, à Villeneuve-sur-Tarn, en grève depuis le 7 juillet, étaient provoqués par les gardes du corps de leur patron américain. Ce qui provoquait des jets d’œufs de la part des ouvriers. Suite à cet affrontement, les grévistes apprenaient l’arrivée de vigiles, « affectés à la sécurité des bâtiments. » Sans doute pour permettre le déménagement des machines-outils, avant la fermeture du site. Jadis, les mercenaires de ce type étaient qualifiés de bandes armées du capital. N’oublions pas qu’il y a quelques mois, Nicolas Sarkozy avait évoqué la diminution des effectifs policiers, tandis qu’il incitait les sociétés privées de sécurité à créer cent mille emplois… (D’après Libération, 6 août 2009)
Fin de scolarité
Le corps d’un élève de l’école des officiers de police de Cannes-Ecluse (77) a été découvert, le 8 août, dans uj village des Pyrénées orientales. Selon les premiers éléments de l’enquête, cet élève officier, âgé de 30 ans, aurait utilisé son arme de service pour mettre fin à ses jours. (Source, Le Parisien, 10 août 2009)
Course-poursuite mortelle
Dans la soirée du 9 août, vers 21 heures, à Bagnolet (93), un garçon âgé de 18 ans, prénommé Yakou, se tue après avoir voulu échapper à un contrôle de police. Dans un virage, le jeune homme, poursuivi par des policiers, perd le contrôle de sa moto et va heurter une barrière métallique. Immédiatement, le parquet de Bobigny va charger l’IGS d’enquêter, tandis que, dans le même temps, les policiers affirmaient que leur véhicule n’avait pas heurté le deux roues de celui qu’ils avaient pris en chasse. Ce qui n’était pas indispensable pour pousser à la faute un adolescent affolé. Il n’en reste pas moins que, selon un certain nombre de témoins, il n’y avait pas un mais deux véhicules, voire trois véhicules de police sur le terrain, dont l’un aurait serré la victime près d’un trottoir, dans le même temps qu’un véhicule de la BAC arrivait en sens inverse. Ce qui est certain, c’est qu’il existe des notes internes, au sein de la police, recommandant de ne pas se livrer à des courses poursuites dont l’issue est fréquemment tragique. Ce qui n’empêche pas certains cow-boys de continuer à partir en chasse – surtout lorsque le « délinquant » fait partie des minorités visibles.
Bien entendu, selon certaines sources, le garçon serait défavorablement connu des services de police, comme si cela pouvait excuser l’issue fatale de cette poursuite.
Toujours est-il que le soir même du drame, face à la colère des habitants , et de quelques jeunes du quartier, qui mettaient le feu à des voitures, six fourgons et une quinzaine de véhicules, avec à bord des policiers en nombre, armés de flash-ball, pour « sécuriser » le quartier, arrivaient sans tarder. Que faut-il penser de l’intervention du ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, qui tenait à présenter ses condoléances à la famille de Yakou. Comme s’il y avait une bavure à faire pardonner. Bien sûr, la moto 125 cm3 du jeune homme était d’un modèle non-autorisé en ville, mais cela vaut-il peine de mort ? Les policiers savent bien que les courses poursuite qu’ils entreprennent conduisent trop souvent à la mort programmée du gibier… (Sources, Le Parisien, 10 août, Libération, 11 août et France Inter, 12 août 2009)
Prison pour enfant
Depuis le 30 juillet, des Philippins, vivant en France depuis dix ans ont été placés en rétention au centre du Canet, à Marseille. Une fillette, âgée de moins de cinq ans, fait partie de cette famille en voie d’expulsion, rappellent le Réseau Education sans frontière (RESF) et la Cimade. Dans Libération, daté du 4 août, l’anthropologue Emmanuel Terray publiait une tribune intitulée « Enfants internés : la honte ! », où il écrivait : « …L’internement des enfants est une honte pour notre pays, et si nous restions silencieux, il nous déshonorerait toutes et tous, que cela plaise ou non à M. Besson, il nous rappelle les périodes les plus sombres de notre histoire… » Comment ne pas adhérer à ce cri de colère, mais il y a toujours des policiers sans état d’âme qui acceptent de participer aux missions inhumaines consistant à venir rapter des enfants, en compagnie de leurs parents, dont le seul crime est d’être différent du modèle local ! (D’après France info, 12 août 2009)
Il faut bien rire un peu…
Pour faire s’esclaffer vos amis et même vos enfants, vous trouverez ici le rappel d’une trentaine de comptines anti-autoritaires publiées dans Que Fait la Police ? , depuis avril 2006. Si ce petit exercice peut au moins vous faire sourire, rejoignez nos correspondants qui ont alimenté cette rubrique, avec cet humour qui sied aux citoyens qui évitent de fréquenter les forces de l’ordre. Nous avons même l’espoir de faire sourire les policiers qui nous lisent, en tout cas ceux qui limitent leur activité à la protection de la veuve et de l’orphelin. Généralement, les gentilles bluettes qui suivent, un peu démarquées, issues de toutes nos provinces, servaient à rythmer les jeux enfantins. S’il pouvait en aller de même avec les textes ici proposés nous en serions ravis.
***
» A bon chien, bon rien
A bon flic bon chien
Haut les mains
Crottes de chien. »
(Cette charmante évocation de la dure vie du policier avait été publiée dans la revue Oeil de Fennec)
***
» Am stram gram
Flic et flic et colégram
Bourre et bourre et ratatam
Am stram gram… »
(Envoi d’un correspond anonyme, sans origine précise)
***
« Pique pique la bourrique
Tout partout il y a des fliques
Qui souvent nous font la nique
Tout en haut d’la rue du Bac »
(D’après une comptine très appréciée dans le Dauphiné)
***
« Tac tac tac
I1 pleut des matraques
Tuque tuque tuque
En plein dans la nuque
Flac flac flac
On reçoit des claques
Flic fLic flic
C’est bien ça le hic »
(Adaptation d’une comptine de l’Ile de la Réunion)
***
« Nos flicaillons font ci, font ça
Font comme font les rats.
Et quand serons-nous sages ?
Jamais jamais jamais ! »
(D’une chansonnette en vogue dans le Quercy)
***
» Nicolas place Beauvau
Dans son bungalow
La maison s’écroule
Nicolas débagoule »
(D’après une très ancienne ritournelle savoyarde)
* * *
« Vous êtes chômeur ?
Votre mère est Normande ?
Engagez-vous dans les Sections d’assaut
Avec flash-ball
Formation rapide et musclée
Vous vous ferez votre Beur »
(Communiqué par la petite revue de poésie Mon Oeil)
***
« Coquins coquailles
Derrière la muraille
Ils traquent la racaille
Comme le veut Sarkozaille »
(De la part d’un nostalgique des anciennes barrières de Paris)
***
« La France répressive
Aimez-là ou combattez-là ! »
(Lu sur les murs de l’Université de Nanterre)
***
« ABCD, le chef condé
EFGH, prend une hache
IJKL, pour couper nos ailes
MNOP, s’est coupé les pieds
QURST, ce triste entêté
UVWXYZ, ne manque pas de zèle »
(D’après une comptine canadienne,pays où la police n’est pas caline)
***
« A la queue leu leu
Tous les flics sont bleus
S’ils sont gris
tant pis !
(Comptine flamande, gentiment détournée)
***
« Nicolas sur son tonneau
Joue la comédie fric-frac
Mais v’la l’tonneau qui craque
Nicolas tombe dans la caque »
(D’après une comptine languedocienne)
***
« Avec Pécresse
Pas de tendresse
Trop de CRS »
(Tout au long du mouvement étudiant de l’automne 2007, ce sympathique slogan fleurissait sur les murs des facs)
« B1eu bleu
L’uniforme est bleu
Rond rond rond
Le bâton est rond
Flac flac flac
Je me moque »
(A quelques mots prés cela se chantait dans le Loiret)
***
« A la Saint-Nicolas
Bla bla bla
Grande soirée de gala
Carla Carla Garla
Les grands dans les petits plats
Gras gras gras
Les autres ventre plat
Na na na ! »
(A l’imitation d’une comptine chantée dans la région de Dunkerque à l’occasion de la Saint-Nicolas)
***
« Une pour moi, c’est la prune
Deux pour toi, c’est la claque
Trois pour nous c’est les boeufs
Quatre bien fait tête de noeud »
(Origine inconnue)
***
« Un deux trois
Gros bouts de bois
Quatre cinq six
Trop de police
Sept huit neuf
Où sont les boeufs ?
Dix onze douze
Dans la bouse ! »
(Cela se chantait dans le Limousin, en évoquant les animaux de la ferme)
***
« Un deux trois
Les p’tits policiers
Quatre cinq six
Chassent les sans papiers
Sept huit neuf
Ils attendent la prime
Dix onze douze
Pourtant ils dépriment »
(D’après une comptine retrouvée dans la France profonde, mais également en Belgique et au Canada)
***
« Zon zon zon
Allez en prison
En prison petit bonhomme
Qui volez toutes nos pommes
Zon zon zon
Allez en prison ! »
( D’après une comptine circulant en Languedoc)
***
« A la soupe soupe soupe
Par peur du chom’du du du
Ils jouent du bâton ton ton
Comme de bons lardus du du
Attendent les galons lon lon
Les autres en zonron zon zon »
(Cette rengaine se chantait avec d’autres héros montrés du doigt dans l’ouest et le centre de la France)
***
» Un individu du du
Comme disent les flics flics flics
Victime de prunes prunes prunes
Criait à l’injustice tice tice
Reçu des coups de lattes lattes lattes
pour apprendre à se taire taire taire »
(I1 paraît que cela se chantait à Marseille)
***
« Pif paf pouf
Que du bourre-pif
Pour le blanc bec
Qui croise la BAC
Petite casquette
Et grosse matraque
Les crânes qui craquent
Et le macaque
Est sardonique »
(D’après une comptine retrouvée en Suisse et en Savoie)
***
« Bleu bleu bleu
Les policier est bleu
Raide raide raide
Sa matraque est raide
Blêmes blêmes blêmes
Ses victimes son blêmes »
(D’après une comptine chantée en Belgique et dans le Nord)
***
« Gentil CRS
Tu bats ta femme
Hors du service
Arrête tes sévices
Vice vice
Où la peau d’tes fesses
Deviendra tambour
Bourre bourre
Qu’on battra toujours »
(Dans le pays de Vaud, cette petite chanson s’adressait aux maris jaloux)
***
« Nous ne sommes pas
Des têtes à claques
Nous ne sommes pas
Des têtes de veau
Bravo bravo bravo
Les poulets ont les pieds plats »
(D’un facétieux correspondant Wallon)
***
« Le policier n’est pas de bois
Boit boit boit
Mais sa matraque
Qui échaudure
Qui nous bordure
Dure dure dure
Est de bois dur
Ca c’est sûr ! »
(D’un correspondant marseillais qui avait pu éprouver la qualité des matraques des anges gardiens locaux)
***
« Monsieur de l’ordre
Se préparait à mordre
Sérieux sous sa casquette
Ses menottes cliquètent
Exhibant sa matraquette
I1 est armé pour la tempête
Pomme de rainette
Petite trompette »
(Cela se fredonnait au pays de Gascogne)
***
« J’ai des prunes à vous donner
Des marrons à distribuer
Ohé ohé
Evitez de me croiser
Ca pourrait mal se passer
Ohé ohé
Le premier qui rira
S’en repentira »
(Cette comptine a beaucoup voyagé puisqu’on la retrouvait aussi bien en Suisse qu’en Wallonie)
***
« A la trique
Jolie trique
Mon papa est policier
Ma maman est en acier
Mon pépé porte l’épée
Ma mémé est mal léchée
Fait comme le voisin
Mange ton picotin 1″
(Cette ronde enfantine était bien connue dans l’est de la France mais également en Suisse romande)
***
Bien entendu,ce petit jeu ne manquera pas de se poursuivre, dès la rentrée et nous vous incitons à y participer car, comme disait Jacques Prévert, il faut bien rire un peu. Et puis, n’est-ce pas, en démocratie, il est possible de rire de tout, même de la police.
« L’anarchie est la plus haute expression de l’ordre » (Élysée Reclus), mais l’ordre que l’on nous impose est loin d’être de cette nature. L’ordre public, c’est l’ordre brutal mis au service du pouvoir quel qu’il soit. Il faut être cohérent : l’ordre n’est pas réellement au service des citoyens mais sert essentiellement à les encadrer, les surveiller, les contrôler.
L’ordre, c’est le bon plaisir du souverain, jadis, de celui qui gouverne, de nos jours. Au-delà, l’ordre ne représente pas uniquement la volonté du prince, comme ses caprices du moment.
Une certitude, lorsqu’une société fonctionne en bon ordre, elle perd les moyens de contester, de se soulever même lorsque le poids des interdits devient insupportable.
Introduction : En bon ordre
1. Citoyen ou individu ?
2. Menaces, mensonges et mépris
3. L’ordre, les bonnes mœurs et la morale
4. L’ordre et la propriété
5. L’ordre familial
6. Le parti de l’ordre apprécie la médiocrité
7. L’immobilisme au service de l’ordre
8. L’obéissance, pilier essentiel de l’ordre
9. Ordre et désordre
10. La violence au travail
11. Et Dieu, dans tout ça ?
12. Les tarés à la rescousse !
13. L’ignorance, béquille de l’ordre
14. La peur et l’horreur
15. La peur comme habitude
16. Patriotisme et xénophobie
17. L’ordre patronal
18. Le vaudou moderne
19. L’ordre misogyne
20. Vivre dans la joie ou mourir dans l’honneur
21. L’ordre glorieux
22. L’ordre guerrier
23. Morale et civisme
24. L’exclusion
25. La discipline au service de l’ordre
26. L’ordre financier
27. La publicité dans l’ordre des choses
28. L’autoritarisme
29. La haine à la rescousse de l’ordre
30. Comment vivre sans armée ?
31. Vivre sous haute surveillance
32. Le nationalisme sans fard
33. L’ordre comme morale
34. L’ordre devrait forcer le respect
35. Le retour de l’homme des cavernes
36. La contrainte dans l’ordre des choses
37. La hiérarchie, premier maillon de l’ordre
38. La punition, gardienne de l’ordre
39. La banalité de l’ordre
40. La volonté autoritaire
41. Dura lex sed lex
42. Le système carcéral, sous-produit de l’ordre
43. Un seul contrordre : la révolution
44. L’ordre contre-révolutionnaire
45. Le pouvoir en bon ordre
46. Gouverner, c’est réprimer !
47. Les forces de l’ordre
48. La justice en ordre de marche
49. Le drapeau et la chanson
50. Ordre public et ordre privé
51. Le vocabulaire de l’ordre
52. Le devoir de désobéissance
Pour conclure : Vers la société autoritaire
Commander en ligne aux éditions du monde libertaire

Editorial : Forces de désordre
Tout au long de la campagne pour les élections présidentielles de mai 2007, nous avons pu entendre le candidat Sarkozy marteler son slogan préféré : travailler plus pour gagner plus ! Deux ans plus tard, il y a de moins en moins de travail, et les salaires sont bloqués, tout comme les retraites. Le moral de la population est en berne, sauf celui des policiers.
Seuls les policiers, en effet, paraissent satisfaits. Ils ne gagnent peut-être pas beaucoup plus, mais ils ont davantage de pouvoir chaque jour avec l’obligation de résultat qui leur est imposé -et de maigres primes à la clef- nos fonctionnaires d’autorité peuvent avoir le sentiment qu’ils sont devenus le meilleur bouclier de la République. Armés de cette certitude, ils peuvent réprimer sans état d’âme, comme dans les premiers jours d’avril, à Strasbourg, comme lorsqu’ils s’activent à évacuer les salariés d’une usine occupée. Il est possible de les voir fanfaronner avec leurs flash-ball et leurs pistolets électrique Taser, quand les gaz lacrymogènes peuvent s’avérer insuffisants. Plus pacifiquement, ils aiment faire des moulinets avec leurs matraques Tonfa, et même s’en servir habilement pour étrangler la victime du moment. Lorsqu’ils se contentent des jeux de mains, on les voit particulièrement doués pour passer les menottes -bien serrées- au premier venu, sans raison valable, mais qu’il convient de surveiller parce que « susceptible » de faire un mauvais coup. Avec leurs pieds, les bons policiers se sont initiés au jeu de la balayette, permettant de projeter au sol un quidam qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Avec la langue, nombre d’entre eux ont appris à pratiquer le jargon des truands, sans négliger les basses injures sexistes ou racistes. Reste la tête. Qu’est-ce que de bons policiers peuvent bien faire avec leur cerveau en bon état de fonctionnement ? Traquer des sans logis, sans rechigner, ou de pauvres vendeurs à la sauvette.
En 1942, leurs anciens n’avaient jamais hésité à participer aux rafles des familles juives étrangères. En 2009, manquant de l’indispensable devoir de mémoire, ils ne sont pas davantage inquiets lorsqu’ils traquent ces familles immigrés criminalisées pour n’avoir pas de papiers, et qui avaient eu la naïveté de croire que la France était une terre de liberté.
Dans quelques semaines, on rappellera le souvenir de la rafle du Vel d’Hiv, le 16 juillet 1942. A cette occasion, des policiers, arborant fièrement leur fourragère rouge, feront partie du spectacle…
Maurice Rajsfus
Contrôle policier musclé
Le 3I mars, Amnesty International publiait son rapport, soulignant l’impunité dont bénéficient certains policiers mis en cause pour leur violence. Ce même jour, à Saint-Germain-en-Laye (78), un cow-boy fait montre de son talent en maltraitant une mère de famille aisée, venue faire ses courses en voiture, mais ayant oublié ses papiers chez elle. Cette femme a beau dire que sa fille présente à ses côtés va aller chercher son permis de conduire, rien n’y fait. Le policier tient son délit, et en fait part à son collègue : « On tient le délit et le casier judiciaire ! » Entre temps, cette femme, qui proteste contre les mauvaises manières policières, est immobilisée sur le capot de la voiture par une clef au bras énergique. Selon le policier, cette dame l’aurait traité de « connard ! », ce qu’elle nie (dans son activité professionnelle, elle est conseillère principale d’éducation). Menottée, elle est conduite au commissariat où elle est malmenée puisqu’elle se révolte, mais se réveille aux urgences, à l’hôpital de Poissy. Cette personne respectable, une fois de retour au commissariat est placée en cellule de garde à vue, après la fouille de rigueur. Elle attendra une douzaine d’heures avant de pouvoir se rendre aux toilettes. Elle sera relâchée le 1er avril, vers 17 H, lestée d’une convocation au tribunal de Versailles, et un oedème au bras droit. Le lendemain, elle portera plainte auprès de l’IGPN. (Source, Libération, 25 avril 2009)
Les policiers détestent-ils les jeunes ?
Le 28 avril, la CNDS (Commission nationale de déontologie de la sécurité) publiait son rapport annuel, relatant les dérives et les bavures policières. Cette année, l’accent était plus particulièrement mis sur le comportement des fonctionnaires d’autorité envers les mineurs. La CNDS devait rappeler que le « climat répressif », à l’honneur dans les unités de police ne devait « en aucun cas, faire perdre de vue aux forces de sécurité qu’un mineur, même délinquant, même dangereux, reste vulnérable ». Par ailleurs, si les autorités ne cessent d’affirmer que nos policiers ne sont pas racistes, il n’en reste pas moins, selon le rapport de la CNDS, que « les jeunes sont trop souvent stigmatisés, surtout s’ils n’ont pas la peau claire ». Dans une cinquantaine de cas, les manquements graves soulignés par la CNDS ne peuvent qu’inquiéter : »interventions policières dans les établissements scolaires (un garçon de neuf ans conduit au commissariat), des violences illégitimes contre des adolescents, des fouilles à nu, sans raison, des menottages abusifs, sans oublier le comportement brutal envers les enfants de sans papiers menacés d’expulsion, etc… La CNDS insiste également sur les conditions insupportables de la garde à vue, et le fait que « ce sont les jeunes, interpellés le plus souvent pour des faits de faible gravité qui sont l’objet de violences ». Pour une fois, les syndicats de policiers n’ont pas réagi. (Sources, Libération 28 avril et Le Monde, 29 avril 2009)
Comptine
D’après une ronde enfantine jadis bien connue dans l’Est de la France mais également en Suisse romande :
« Ah la trique
Jolie trique
Mon papa est policier
Ma maman est en acier
Mon pépé porte l’épée
Ma mémé est mal léchée
Fait comme le voisin
Mange ton picotin. »
Le jeu continue. Vous pouvez tous y participer. Y compris les policiers désirant s’y exercer…
Humanisme policier
I1 existe bien en France un délit de solidarité amoureuse, menaçant les couples franco-étrangers. C’est une retombée des lois Horteteux de 2007.
« Cécile et Roger (Sénégalais) vivent en concubinage depuis trois ans. Le couple, alors qu’il se rend en visite chez des parents, est interpellé. Tous deux sont placés en garde-à-vue. Cécile est entièrement déshabillée. La policière qui la fouille lui demande de se mettre à quatre pattes, et de tousser. Ensuite, rhabillée, elle est menottée pour être interrogée par un officier de police. Elle est finalement libérée, mais fait l’objet d’un rappel à la loi pour avoir aidé Roger à se maintenir illégalement en France ». (Source, Libération, 27 avril 2009)
La police rend sourd
D’après un courrier significatif d’un lecteur de Siné-Hebdo : « Le 27 février, je me trouve dans une rue de Rennes, avec un grand nombre de jeunes, et nous chantons, certes un peu fort. Une patrouille de police arrive, et se montre d’emblée très provocatrice, nous tutoyant, et nous poussant violemment… Je me fais embarquer. Arrivé au commissariat, on me fait entrer dans une cellule et me déshabiller. Me voila en caleçon, avec trois représentants des forces de l’ordre qui ne cessent de me manquer de respect. Je demande, une fois de plus, à être vouvoyé, et je me prend une droite qui me met KO. Mon tympan vient d’être percé, ils me laissent à terre. Plus tard, un agent entre dans la cellule et me dit : « Regarde comment je vais te réveiller », me prend et me relève par la gorge. Je me sens humilié, impuissant. J’apprends que je suis retenu pour « ivresse publique », et demande à souffler dans le ballon. En vain. Au matin, je demande à porter plainte pour coups et blessures. On me fait attendre longuement, en multipliant les intimidations d’agents qui me suggèrent d’y renoncer, en me disant : « Vous savez, on fait un métier difficile ».
De cette affaire, mon avocat m’a dit une chose qui m’a révolté : « Si après m’avoir frappé le policier avait vu que je saignais, il aurait déposé plainte pour outrage à agent et rébellion, pour se dédouaner ». (Source, Siné-Hebdo, 29 avril 2009)
Lyon II, c’est la guerre !
Comme de nombreuses université, Lyon II est resté bloqué durant plusieurs semaines. le 27 avril, le président ayant décidé d’en finir, les vigiles aspergeaient de gaz lacrymogène les étudiants réunis en AG. Dans la soirée, à la sortie, une souricière montée par les policiers orientait les étudiants vers une rue étroite, dressant aussitôt un barrage devant eux. La patronne d’un restaurant témoigne : « Quand les étudiants sont arrivés, un deuxième barrage s’est refermé derrière, juste devant mon resto. On a vu des policiers sortir des fourgons avec des chiens, des matraques et des bombes lacrymogènes. Ils ont foncé dans le tas. Moi, je ne suis pas pour les manifestations mais là, ils n’avaient rien fait. C’était révoltant à voir ! » (Source, Libération 2 mai 2009)
Bébé en rétention
Le 29 avril, à Nîmes, un couple russo-azerbaïjanais, et leur bébé, âgé de quatre mois, était placé en centre de rétention. Comment ne pas noter que nos policiers républicains, chargés de cette mission, avaient répondu présents à l’appel. Le 30 avril, le juge des libertés avait pourtant considéré que le placement en rétention d’un bébé était « incompatible avec la Convention des droits de l’homme et la Convention des droits de l’enfant. » Il n’en reste pas moins que le procureur faisait immédiatement appel d’une décision de remise en liberté. (Source, Libération, 2 mai 2009)
Toujours Tarnac !
Le 28 avril, à Paris, un juge antiterroriste ordonnait le placement en garde-à-vue d’une jeune femme, membre d’un Comité de soutien au groupe des neuf de Tarnac. Sa garde-à-vue sera prolongée à deux reprises, en vertu des dispositions des lois antiterroristes. Le 1er mai, après 72 heures d’interrogatoire, la jeune femme ressortait libre des bureaux de la PJ. L’arrestation de cette photographe avait été réalisé à l’identique de l’opération de Tarnac, avec les méthodes de l’antiterrorisme. Le passager de la voiture raconte : « …La fenêtre est ouverte, et je vois un gros calibre s’approcher tout près de mon visage. » Sur son blog, il précise les ordres éructés par les policiers encagoulés : « Les mains sur le tableau de bord… On ne bouge plus… Sors de là… Les mains sur la voiture, etc… » Suivent palpations et menottage de la conductrice qui est aussitôt conduite dans le fourgon. Les bonne manières policières sont toujours aussi conviviales, avec ou sans raison. (Source, Libération, 2 mai 2009)
BAC contre PAF
Le 30 avril, à Pierrefitte (93), un policier qui n’était pas de service, se tuait à moto. L’homme, membre de la police aux frontières (PAF) venait de commettre plusieurs infractions au Code de la route et refusait d’obtempérer aux injonctions des policiers de la PAC qui le pourchassaient. Selon les premiers éléments de l’enquête conduite par l’IGS, le fuyard avait brûlé deux feux rouges, avant d’être percuté par un automobiliste. Pour les policiers de la BAC, rien ne pouvait laisser supposer qu’il s’agissait d’un « collègue ». Une hypothèse, selon laquelle le policier de la PAF sortait d’une soirée arrosée « avec d’autres collègues », a été avancée mais il ne s’agirait que d’une « piste parmi d’autres. » Lesquelles ? (Source, 20 Minutes, 4 mai 2009)
CRS contre mâtons
Le 4 mai, les syndicats de gardiens de prison, privés du droit de grève, avaient décidé de bloquer l’entrée et la sortie de leur lieu de travail. Ce qui ne pouvait qu’enrayer la machine judiciaire. L’intervention des CRS devait être brutale. Sur tous les écrans de télévision, il était possible de voir, en gros plan, les CRS gazant à bout portant les gardiens qui manifestaient, devant la prison de Fleury-Mérogis, pour protester contre leurs conditions de travail. I1 en allait de même devant les établissements pénitentiaires de Gradignan, Lille, Perpignan, Marseille, Strasbourg, etc… (Source Canal +, France 2 et France 3, avec images très significatives, 4 mai 2009)
Bandes et cagoules
Le 4 mai, le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, déposait sa proposition de loi visant à réprimer la « participation à une bande violente », et les violences avec port de la cagoule. L’infraction de participation à une bande serait passible de trois ans de prison et d’une amende de 45.000 euros. (Source, Métro, 5 mai 2009)
Policier gros menteur
Le 17 novembre 2007, vers 2 heures du matin, un cycliste qui roule lentement, mais à contre-sens, rue de Lappe, dans le IIè arrondissement de Paris, a le mauvais goût de demander un renseignement à un policier. Lequel lui inflige immédiatement une amende pour avoir emprunté un sens interdit. Le ton monte. Les insultes fusent, et le cycliste est placé en garde à vue. Libéra, il dépose une plainte pour « faux », « mensonges » et violences, contre le policier. Le plaignant était sûr de lui. Et pour cause : il avait pris soin d’enregistrer l’altercation à l’aide de son téléphone portable. Ce policier, qui avait relaté l’incident de façon mensongère a quand même été condamné à trois mois de prison avec sursis, et un mois d’interdiction d’exercer. Pour les magistrats, c’est « le manque de sang-froid » de l’un des policiers qui avait été au départ de l’enchaînement des faits. (Source, 20 Minutes, 6 mai 2009)
Méthodes expéditives
Dans la matinée du 5 mai, dans le 11è arrondissement de Paris, plusieurs dizaines de policiers délogent de façon musclée les occupants d’un immeuble squatté depuis le 1er janvier. L’un d’eux témoigne : « J’étais en slip. Je n’ai même pas pu me laver. » Un autre, réalisateur de court-métrages, déplore : « Tout mon matériel vidéo a été saisi. Ils ne m’ont même pas laissé prendre une valise. » Une vingtaine de personnes avaient installé leur atelier d’art plastique dans ce lieu. (Source, 20 Minutes, 6 mai 2009)
« Chauffeurs » de manifs…
La provocation policière est une pratique aussi ancienne que l’institution elle-même. Parmi les exemples les plus connus, citons ce 14 juillet 1968, quand quelques policiers en civil entonnaient L’Internationale devant la fontaine Saint-Michel, à Paris ; un fourgon de police arrivant rapidement sur les lieux pour embarquer les choristes improvisés, mais pas les chefs de chœur qui s’étaient déjà éclipsés. Comment oublier la manifestation des sidérurgistes du 23 mars 1979, à Paris. Dans la soirée, sur les grands boulevards, des membres du service d’ordre de la CGT avaient mis la main sur un homme qui lançait des pierres sur les CRS. Il ne s’agissait pas d’un « casseur » mais bien d’un policier – la préfecture de police expliquant qu’il est « constant de mêler des policiers en civil aux manifestants pour appréhender les auteurs de délits. »
Il semble que ces mauvaises manières soient toujours de saison. Ainsi, lors du défilé parisien du 1er mai dernier, une demie douzaine de crânes rasés, encapuchonnés, bardés d’autocollants « Casse-toi pov’con ! », invectivait les gendarmes mobiles sur la place de la Bastille, lieu de la dispersion. Les projectiles ne tardaient pas à voler et les gendarmes allaient embarquer tout le groupe pris dans la souricière, sauf la petite équipe de provocateurs, tous policiers. Une heure plus tôt ; ces « chauffeurs de manifs » avaient été photographiés, sortant duex par deux des fourgons de police stationnés non loin, sur le boulevard Richard-Lenoir. Ces faux manifestants faisaient partie d’une « compagnie de sécurisation », créée en 2005 par le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy. (D’après Le Canard Enchaîné, 6 mai 2009)
Grande armada
Le 5 mai, près de Montevrain (77), les policiers du commissariat local, assistés de 150 CRS, intervenaient entre 7 heures et 13 heures pour évacuer 200 caravanes de « gens du voyage ». Pour « impératif de sécurité publique devaient expliquer les autorités policières. Escortés par les forces de l’ordre, les nomades étaient dispersés au long de l’autoroute A 4. (Source, Le Parisien, 6 mai 2009)
Petits menteurs
Le 4 mai, le tribunal correctionnel de Strasbourg devait constater la nullité des poursuites engagées à l’encontre de trois jeunes, interpellés la veille de la manifestation anti-Otan du 4 avril. Des policiers avaient affirmé que ces garçons étaient en possession de « substances incendiaires ». Certains policiers ne sont pas à un mensonge près pour étoffer leur tableau de chasse. Ceux-là seront-ils sanctionnés ? (D’après Libération, 6 mai 2009)
Utilisation illégale du flash-ball
Le 1er mai, à Neuilly-sur-Marne (93) un jeune Français prénommé Samir, âgé de 18 ans, était hospitalisé. Il venait d’être atteint à la tête par un tir policer de flash-ball. Il est pourtant rappelé que les policiers se doivent, selon les règles d’utilisation, de ne viser la tête en aucun cas. Pourtant, déjà, le 19 mars, lors d’une manifestation, à Toulouse, un étudiant de 25 ans, touché par un tir de flash-ball, avait perdu un œil.
Que s’est-il passé ce 1er mai ? Au cours de la soirée, des jeunes jouent et courent dans la cité des Fauvettes, à Neuilly-sur-Marne, et la police intervient. Le tir n’est pas contesté mais le tribunal de grande instance de Bobigny, qui avait ouvert une enquête, n’a pas jugé nécessaire de saisir l’IGS. Samir, qui souffre constamment d’étourdissements et de nausées depuis cet « incident », dit ne pas comprendre pourquoi il a été visé par un homme identifié comme un policier de la brigade canine de la BAC, circulant à bord d’un véhicule banalisé.
Elève dans une école hôtelière, Samir s’écroule après avoir été touché, mais reste conscient. Il raconte la suite : « Ils m’on mis à plat vente, menotté et embarqué. Dans la voiture je leur ai demandé pourquoi ils m’avaient visé. Ils m’ont répondu que c’était de la légitime défense. » Dans la voiture, Samir est fouillé, puis menotté attaché à un banc. Comme il ne cesse de vomir, les policiers finissent par appeler les pompiers. La version des policiers est différente. Ils expliquent qu’ils ont appelé la BAC en renfort car ils étaient inquiets de voir autant de jeunes dans la rue. Dans leur rapport, ils évoquent un possible guet-apens, reconnaissant avoir utilisé des flash-ball et des grenades de désencerclement, avant d’affirmer avoir été « caillassés » par des pierres de « dix centimètres de diamètre ». Il n’en reste pas moins, selon les jeunes du quartier, que les jets de pierre n’ont eu lieu qu’après l’arrestation de Samir, et non avant. Le maire de Neuilly-sur-Marne craignait que la situation dégénère, comme à Clichy-sous-Bois, à l’automne 2005. Il y a juste eu quelques incendies de poubelles. (Source, Le Monde, 7 mai 2009)
A la casse !
En mars 2008, alors chef adjoint au commissariat de Coulommiers (77), un commandant de police était mis à la retraite d’office pour avoir critiqué son administration. Ce gradé avait appelé l’attention du ministère de l’Intérieur sur les dysfonctionnements du fichier STIC (Système de traitement des infractions constatées). Le 5 mai 2009, le tribunal administratif de Melun suspendait cette décision, infligeant un camouflet à Michèle Alliot-Marie. Il s’agit de Philippe Pichon, auteur de Journal d’un flic. (Source, Le Monde et Libération, 7 mai 2009)
Agents électoraux en casquette
Il y a de bons citoyens, experts en bourrage d’urnes, lors des consultations électorales. A Carcassonne, durant les élections municipales du printemps 2008, quelques policiers ont participé à la modification des résultats, non pas en bourrant les urnes mais en trafiquant les procurations. Il se trouve que le maire sortant a été réélu avec seulement 56 voix d’avance, alors que ces braves policiers s’étaient appliqués à « bricoler » 76 procurations vierges. Ces procurations litigieuses avaient quitté le commissariat pour la permanence UMP où de bons militants les remplissaient, avant qu’elles soient validées par les policiers. Grâce à cette innocente manip’, le maire UMP de Carcassonne est toujours en place, au service de ses administrés. (D’après Le Canard Enchaîné, 6 mai 2009)
Toujours le flash-ball
Un tir de flash-ball, bien ajusté, pour un simple stationnement en double-file, c’est l’exploit d’un policier d’Argenteuil (95), le 15 avril. Ce tir, effectué de près, devait arriver en plein ventre d’un automobiliste qui avait redémarré pour éviter un contrôle de police. Ce dérapage policier n’a été connu que parce qu’il a été intégralement filmé par un témoin. Il est donc difficile de le nier et moins encore de l’expliquer. Le commissaire de police d’Argenteuil et le préfet du Val d’Oise n’ont pas souhaité s’exprimer. (Source, Canal +, avec images particulièrement significatives, 7 mai 2009)
Banlieue frondeuse
Le 9 mai, à Villiers-le-Bel (95), ville de la banlieue nord où la police s’est fréquemment illustrée, une trentaine de CRS ont été pris à partie par des dizaines de jeunes qui leur ont lancé des pierres et des bouteilles. D’autres policiers étant encerclés par une centaine de jeunes qui leur lançaient des pavés. (Source, Direct Matin, 11 mai 2009)
Haine policière
L’Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers (ANAFE), dans son rapport pour l’année 2008, dénonce, une fois de plus, « l’inhumanité » du traitement des sans papiers dans la zone d’attente de l’aéroport de Roissy. Dans ce rapport, l’accent est mis sur les violences policières, habituelles dans ce lieu de non-droit. (Source, Libération, 11 mai 2009)
Encore Tarnac
Retour sur l’interpellation de la photographe, membre d’un comité de soutien aux « Neuf de Tarnac », le 28 avril. La jeune femme, qui était à bord de sa voiture, raconte : « … Alors que je ralentissais, je me suis retrouvée avec un pistolet sur la tempe, tandis que deux autres me braquaient de face. J’ai cru à un carjacking (les policiers hurlaient) terroristes ! Terroristes ! » Menottée, elle est emmenée à son domicile où les policiers saisissent deux ordinateurs et des exemplaires du livre collectif, l’Insurrection qui vient. Retour à la voiture de la photographe, où les policiers, qui s’avèrent appartenir à la SDAT (police antiterroriste) saisissent également quelques centaines d’exemplaires de ce même ouvrage, dans le coffre, livre nullement interdit ! Commentaire de la supposée terroriste : « Ils ont dit, bingo ! Comme s’ils avaient découvert une cache d’armes. » Au bout de 48 heures, lorsqu’elle est présentée à un juge d’instruction pour prolonger sa garde à vue, celui-ci ne peut que lui dire : « Ce n’est pas ma faute, mais vous allez trinquer pour les autres. » (Source, Le Monde, 12 mai 2009)
Rigolo…
Le 12 mai, dans la soirée, le préfet de l’Essonne, et le député socialiste Manuel Vals, invitaient le bon peuple à une rencontre à l’hôtel de ville d’Evry, avec des représentants des forces de l’ordre. Ce rendez-vous était inscrit dans le cadre des forums : « Vos libertés, votre sécurité, parlons-en ensemble ! » Manifestations organisées par le ministère de l’Intérieur. (Source, Métro, 12 mai 2009)
Mobilisation générale
Le 12 mai, Nicolas Sarkozy était présent à Nancy pour s’adresser aux membres du corps hospitalier. Dans les rues avoisinantes du lieu de son intervention, les forces de l’ordre étaient nombreuses : un policer tous les cinq mètres. (Source, France 2, avec images très parlantes, 12 mai 2009)
Bavure ordinaire
Le 9 mai, des policiers intervenaient à la cité de la Cerisaie, à Villiers-le-Bel (voir plus haut). Les habitants de ce quartier sont la cible et les policiers tirent au flash-ball, à bout portant, au milieu d’un petit groupe réuni autour d’un barbecue, tout en lançant des grenades de gaz lacrymogène. Motif : une patrouille avait été agressée mais c’était dans une autre cité. Bilan : deux blessés graves, dont l’un a perdu un œil. L’IGPN, qui a été saisie par le parquet de Versailles, fait savoir que cinq policiers avaient été légèrement blessés. (Source, Métro, 13 mai 2009)
Suicide
Dans la nuit du 11 au 12 mai, un gendarme, en poste à Oloron Sainte-Marie (Pyrénées Atlantiques), s’est suicidé dans l’appartement qu’il occupait dans sa caserne. « Affaire strictement privée », a tenu à préciser la gendarmerie. (Source, Métro, 13 mai 2009)
CRS contre Tamouls
Depuis le 27 avril, des Tamouls, exilés en France, campaient dans un square de la place de la République, à Paris. Leur but: alerter l’opinion publique sur les massacres qui frappent les populations civiles tamoules, au Sri-Lanka. Dans la matinée du 13 mai, plusieurs équipes de CRS intervenaient brutalement pour déloger ces parias. (Source, 20 Minutes, 14 mai 2009)
Inflation délinquante…
La politique du chiffre joue un rôle éminent dans la politique sécuritaire du pouvoir sarkozyste. Avec pour chef d’orchestre l’incontournable Alain Bauer, président de l’Observatoire de la délinquance. (C’est ce même Alain Bauer qui préside le groupe fichiers au ministère de l’Intérieur) Comme il faut impressionner la France profonde et persuader les masses laborieuses de la nécessité d’une répression intensive, les chiffres publiés par l’Observatoire de la délinquance sont chaque année plus impressionnants. Ainsi, en 2008, 1,2 millions de personnes ont été mises en cause pour des crimes et délits, contre 960 000 en 2002. (Il convient de préciser que les fumeurs de shit et les sans-papiers, interpellés, permettent de gonfler les statistiques). Par ailleurs, le nombre de gardés à vue est passé de 426 671, en 2003, à 577816, en 2008, soit 35,42 % de hausse de mis en cause. Il est à noter, malgré tout, que les violences conjugales étant devenues un délit, en 2006, cela n’a pu que gonfler les statistiques policières. (D’après Libération, 14 mai 2009)
Policiers pressés
Paris, 14 mai. A l’angle de la rue de Rivoli et de la rue des Pyramides, vers 13 heures, un fourgon de police, dont les occupants n’étaient pas en intervention, rate son virage et percute un camion-nacelle à l’arrêt. L’ouvrier, présent sur la nacelle, est « sérieusement secoué », tandis que les six fonctionnaires qui se trouvaient à bord du fourgon, sont légèrement blessés. Immédiatement, la préfecture de police faisait savoir que le dépistage d’alcoolémie du conducteur s’était révélé négatif. Il est possible que l’excès de vitesse du véhicule de police puisse être expliqué par un impératif : que les pizzas arrivent chaudes au commissariat… (D’après Le Parisien, 15 mai 2009)
PACS répressif
Il semble que les policiers en tenue du syndicat Alliance veuillent se « rapprocher » des gendarmes pour la « mise en commun » des moyens de ces deux institutions. Pour ce syndicat, l’unification décrétée le 1er janvier 2009 ne suffit pas. Il faut formaliser ce rapprochement, pour plus d’efficacité, avec un commandement unique. (Source, Le Parisien, 15 mai 2009)
STIC en stock
Pas content le président de la CNIL, Alex Türk, pourtant élu UMP. Cet humaniste de répertoire s’inquiète car les procureurs n’assurent pas leurs obligations de sortir du STIC – Système de traitement des infractions constatées – (5 millions de mis en cause et 28 millions de victimes et témoins), les personnes dont l’affaire a fait l’objet d’un classement sans suite, d’un non-lieu ou d’une relaxe. (D’après Le Monde, 15 mai 2009)
Tapage « diurne »…
Le 27 février 2008, à Marseille, un enseignant de 47 ans, qui assiste à un contrôle musclé à son gré, dans le hall de la gare Saint-Charles, exprime son indignation, et crie à deux reprises : « Sarkozy, je te vois ! » Les policiers estiment que ce citoyen a, par ses cris, porté atteinte à la tranquillité publique, et lui dressent un PV. Surprise, début avril 2009, l’enseignant est cité à comparaître, le 18 mai, pour « tapage diurne injurieux », délit passible d’amende. Comme il était 18 heures, ce 27 février 2008, l’avocat de ce « trublion » ne s’interdit pas de demander une reconstitution in-situ, afin de mesurer le niveau de décibels dans une gare en pleine heure de pointe. (Source, 20 Minutes, 15 mai 2009)
Ca se dégrade !
Le 14 mai, la Commission « Citoyens, justice, police », qui regroupe la Ligue des droits de l’homme, le Syndicats des avocats de France et le Syndicat de la magistrature, présentait son rapport annuel sur les liens entre police et population. Ce document pointe une « dégradation des rapports », tout en soulignant « la disproportion entre les moyens nécessaires pour réaliser une interpellation, et ceux qui sont réellement déployés, rendent ces opérations dangereuses et traumatisantes. » Réflexion intéressante à laquelle le ministère de l’Intérieur et les syndicats de policier pourraient utilement réfléchir. (D’après Métro, 15 mai 2009)
N’oubliez pas
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Petite chronique du flash-ball
L’affaire est suffisamment préoccupante pour que le très légaliste Figaro s’en mêle. On s’est enfin aperçu que les blessures au visage provoquées par les lanceurs de balles en caoutchouc ne font que se multiplier. Il paraît que l’IGPN instruit plusieurs affaires de ce genre. Alors qu’il est interdit d’utiliser cette arme, dite non-létale, à tir tendu, et surtout pas en direction du visage, à moins de sept mètres, et en aucun cas à bout portant, il est évident qu’un certain nombre de cow-boys n’hésitent pas à se mettre hors-la-loi, en toute impunité. Ces derniers mois, les « incidents » de ce genre se sont multipliés : le 19 mars à Toulouse, le 30 mars à Ajaccio, le 1er mai à Neuilly-sur-Marne et le 9 mai à Villiers-le-Bel. Dans plusieurs cas, les victimes ont perdu un œil.
L’engin mis en cause n’est autre que la dernière version du flash-ball, le « lanceur 40 », dernier cri de cette arme qui, théoriquement, peut blesser mais ne tue pas. Le ministère de l’Intérieur a tenu à donner cette précision : « On ne parle plus d’arme non-létale mais de moyen de force intermédiaire. » LE Lanceur 4-46, ou LBD (Lanceur de balles de défense) a été récemment commandé à 2 500 exemplaires par le ministère de l’Intérieur pour « équiper les services confrontés aux violences urbaines. » Avantage essentiel de ce nouveau modèle,, il peut lancer des projectiles à plus de 40 mètres au lieu de 15 mètres auparavant. Cela avec suffisamment de puissance pour mettre KO la cible visée. (D’après Le Figaro, 15 mai 2009)
A poil, les gaziers !
Après des semaines de grève et des coupures intempestives de gaz par certains salariés de GrDF (Société de distribution de GDF-Suez), sans volonté de négocier de la part de la direction, des agents de cette entreprise envahissaient les locaux, rue de Courcelles et rue de Vienne, à Paris, dans l’après-midi du 14 mai. La police ne tardait pas à intervenir, interpellant une centaine de manifestants et plaçant 74 d’entre eux en garde à vue, durant plusieurs heures, alors qu’ils s’apprêtaient à tenir une assemblée générale. Certes, les salariés en colère avaient sans doute bousculé l’ordonnancement de quelques bureaux mais le comportement était sans commune mesure. Interviewé sur plusieurs chaînes de télévision, l’un des responsables syndicaux devait relater les conditions de leur garde-à-vue. Menottés, puis mis à nu, au commissariat, avec fouille au corps, comme pour des trafiquants de drogue. Belle performance policière ! (D’après Le Figaro et France 2, 15 mai 2009)
Dans la marge, les SDF
Au cours de l’après-midi du 15 mars, l’Association Don Quichotte avait installé une centaine de tentes sur le quai des Tuileries, à Paris. Vers 23 heures, les forces de l’ordre intervenaient et arrachaient les abris de fortune, confisquant même les duvets de certains sans logis. Force devait rester à la loi ! (Source, France Inter, 16 mai 2009)
Qui veut la guerre civile ?
Dans la nuit du 16 au 17 mai 2009, à La Courneuve (93), un fourgon de police a essuyé des coups de feu, suite à l’interpellation de trois « petits caïds ». Qui ne pourrait être inquiet ? Pourtant, certains ne cherchent qu’à attiser les braises qui couvent dans les banlieues. « Des armes de guerre ont été utilisées, n’ont cessé de marteler les médias. Les uns parlent de pistolet-mitrailleur, d’autres précisent qu’il s’agit d’une Kalachnikov, ou même d’une « arme lourde ». Qu’en est-il ? Une certitude : la colère des jeunes envers les forces de l’ordre ne cesse de monter. Cela fait au moins vingt ans que certains policiers sèment la haine dans les banlieues « sensibles ». La méthode n’a jamais varié : contrôles d’identité sur un même jeune plusieurs fois par jour, fouilles systématiques, injures, provocations, menaces. Ce qui ne peut que laisser des traces.
Sur ce terreau, les policiers sont confortés par leur ancien ministre de l’Intérieur – devenu président – qui n’avait pas hésité à qualifier globalement les jeunes des cités de « racailles ». Plus particulièrement, à La Courneuve, c’était la volonté affirmée de passer un quartier au Kärcher. La situation actuelle, née aussi bien de la marginalisation, de la ghettoïsation, du chômage et trop souvent du racisme policier, est tout à fait préoccupante. Elle témoigne de la volonté des autorités policières de créer un climat d’insécurité permettant de donner de plus en plus de pouvoir aux compagnies de sécurisation chargées de pourchasser « l’ennemi intérieur ». Ce qui permet de faire diversion face aux vrais problèmes, en période de crise économique et sociale.
Depuis le 17 mai, des renforts de police ont été envoyés à La Courneuve. Comme nous approchons des élections européennes du 7 juin, il y a, sous-jacente, la volonté évidente de faire peur à la France profonde. Sans doute pour inciter au bon choix au moment de glisser le bulletin dans l’urne… (Communiqué de l’Observatoire des libertés publiques, 18 mai 2009)
Paranoïa Tarnac
Le 18 mai, sept militants, désignés comme étant d’extrême-gauche, étaient interpellés au cours d’une double opération policière : trois à Rouen et quatre à Forcalquier. Tous sont soupçonnés d’être « proches » de Julien Coupat. Il est reproché à certains d’entre eux d’avoir distribué des tracts et diffusé des mails contestant la politique antiterroriste. (Source, Métro, 19 mai 2009)
Convivialité policière
Cela se passe à la police municipale de Cannes. Deux « municipaux » paisiblement homosexuels, ont porté plainte pour homophobie contre deux de leurs collègues. Ils dénoncent un « harcèlement moral » subi dès l’instant où leur homosexualité a été connue. L’un d’eux raconte : « Certains agents refusent de travailler avec moi, de me parler ou de serrer la main. » Avec cette intéressante précision : il avait trouvé un jour, sur son casier, cette inscription, « 100% tarlouze ! » Il paraît que l’IGPN, saisie, va mener une enquête… (Source, 20 Minutes, 19 mai 2009)
Sarkozy, je te vois (suite)
Le professeur qui avait crié « Sarkozy, je te vois ! », dans le hall de la gare Saint-Charles, à Marseille, lors d’un contrôle d’identité musclé, en février 2008, était jugé le 19 mai. La justice a requis contre lui une amende de 100 euros, pour « tapage diurne ». (Source, Libération, 20 mai 2009)
Policiers blessés à Juvisy
Les incidents entre jeunes des banlieues et policiers ne font que se multiplier. Le 17 mai, un garçon de 19 ans était arrêté à Juvisy (91), après des échauffourées opposant une vingtaine de jeunes à des policiers qui tentaient d’interpeller deux conducteurs de petites motos. L’un des deux policiers a eu le nez cassé, l’autre étant blessé à un œil. (Source, Métro, 20 mai 2009)
Sécurité, quand tu nous tiens…
Le 19 mai, à Floirac (Gironde), deux « individus », âgés de 6 et 10 ans, étaient interpellés à la sortie de l’école par une équipe de six policiers, avant d’être placés en garde à vue durant deux heures. Cette opération de basse police suivait la plainte d’une maman, après le vol de la bicyclette de son fils. Il y avait erreur sur les suspects, mais cet exploit policier montre les limites du tout sécuritaire. Face à la colère provoquée par cet exploit, le ministère de l’Intérieur aurait diligenté une enquête, tandis que le porte-parole de l’UMP, Frédéric Lefebvre faisait également part de son indignation. De son côté, le directeur départemental de la sécurité, droit dans ses bottes, estimait que les policiers n’avaient fait que leur devoir. (Sources, France 2 et France Info, 21 et 22 mai 2009)
La police à l’école
Le 21 mai, intervenant devant les délégués de la PEEP (Fédération de parents d’élèves plutôt classée à droite), le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, a annoncé son intention de faire fouiller les cartables à l’entrée des établissements scolaires. A cette fin, il suggérait de mettre en place une force d’agents mobiles dépendant de l’Education nationale. Les conseillers principaux d’éducation (CPE), et même les chefs d’établissements, pourraient se voir dotés du statut d’officier de police judicaire. Et pourquoi ne pas installer directement les salles de classe dans les commissariats de police ? (D’après France 2 et France Info, 21 et 22 mai 2009)
Course-poursuite à Amiens : un mort
Le 21 mai, à Amiens, des heurts violents ont opposé des jeunes à la police, suite à une course-poursuite entre le conducteur d’un deux-roues et des policiers municipaux. Bilan des opérations : un mort. D’où la violente réaction de jeunes. (Sources, Canal + et France Info, 22 mai 2009)

Editorial : Un « Code spécifique » pour les mineurs
Deux ans après son arrivée au sommet de l’Etat, Nicolas Sarkozy a décidé de considérer les mineurs comme faisant partie d’un monde à part dans notre société déjà sécurisée à l’extrême. D’où sa volonté de mettre en place un « Code spécifique » permettant de mieux contrôler -et réprimer- les jeunes qui seraient un frein à son ardent désir de réformer le pays des Droits de l’homme. Rien ne saurait ravir davantage nos policiers toujours en recherche d’un ennemi public bien défini.
Cette politique anti-jeune correspond à la décision de refonder l’ordonnance 1945 sur la jeunesse. Elle est lourde de menaces répressives. Bien sûr, la future ex-ministre de la Justice avait tenu à assurer, le 3 décembre 2008, que « le principe selon lequel le mineur délinquant est aussi un mineur en danger ne doit vas être remis en cause ». Ce ne sont que des mots. Belle proclamation en tout cas qui pèse de peu de poids si l’on s’attarde sur le regard mauvais jeté par les défenseurs de l’ordre public sur les mineurs des banlieues lorsque ceux-ci ont l’audace d’avoir le teint quelque peu coloré.
Une certitude, le nouveau « Code de la Justice pénale des mineurs » ne fera pas dans la dentelle. Rachida Dati n’a d’ailleurs pas manqué de rappeler la nécessité d’une « réponse systématique à chaque acte de délinquance d’un mineur ». Déjà, nous ne sommes pas très éloignés de cette sinistre théorie américaine du « carreau cassé » devant conduire directement en prison l’auteur de ce délit gravissime. Gageons que nos policiers républicains ne manqueront pas d’être les actifs pourvoyeurs de ce « tribunal correctionnel des mineurs » également dans les cartons du ministère de la Justice.
Il nous faudra bientôt admettre que les mineurs montrés du doigt sont bien plus dangereux pour notre société que les truands de la finance, tout comme ces « entrepreneurs » qui ne cessent de faire croître les chiffres du chômage, et peut-être cette fameuse insécurité dans les banlieues. A-t-on envisagé, en haut lieu, l’élaboration d’un « Code répressif » contre les patrons voyous ?
Maurice Rajsfus
Comptine
D’après une ronde enfantine très répandue dans les provinces de notre douce France, utilisée également comme comptine en Suisse et Wallonie :
« J’ai des prunes à vous donner
Des marrons à distribuer
Ohé,ohé
Evitez de me croiser
Ça pourrait mal se passer
Ohé,ohé
Le premier qui rira
S’en repentira… »
Ex-pandore facétieux
Le 25 mars, un gendarme retraité était condamné par le tribunal correctionnel de Périgueux à mille euros d’amende. Quel dé1it avait donc pu commettre cet excellent citoyen ? Peu de choses, en fait. Sur le parking d’un supermarché, il s’était contenté de rayer la carrosserie des voitures anglaises. Au cours de l’enquête, il avait déclaré, « être moralement contre les Anglais », tout en leur reprochant leur « colonialisme » dans le département de la Dordogne. En supplément de l’amende, il s’est vu interdire d’approcher ce parking durant trois mois… (Source, Direct Matin, 27 mars 2009)
Dialogue social
Le 26 mars, quelque 200 chercheurs occupaient le siège du CNRS, à Paris, perturbant la réunion du Conseil d’administration. Cette action avait pour finalité de dénoncer de prochaines suppressions d’emplois. Réponse du gouvernement : l’envoi de CRS oui évacuaient l’élite de la Nation avec les bonnes manières dont ces policiers sont coutumiers. (Source, France Info, 27 mars 2009)
Gendarmes mobiles : belle mentalité
I1 est parfois intéressant de s’attarder sur la Toile. Ainsi, quelques gendarmes mobiles se défoulent Facebook, et paraissent connaître un grand succès auprès de leurs semblables. (Malgré l’obligation de réserve à laquelle ils sont soumis). Ce que le curieux peut apprendre sur le « Réseau France » relève de la stupéfaction lorsqu’il est possible de noter certaines opinions clairement affichées « d’extrême droite », selon un blogueur pandore, et même « très extrême », avec la nostalgie très nettement proclamée du triptyque « Travail, famille, Patrie », à l’honneur sous Pétain. Pour ce sous-officier de la gendarmerie mobile, les centres d’intérêt sont clairement définis : « Les croisades, les ratonnades, le nationalisme ». Ce brave défenseur de 1′ordre public fait savoir qu’il fait partie d’un groupe intitulé très clairement : « Pour que les CRS chargent au sabre lors des manifs de gauche ». Ce même militaire, au service d’une France démocratique, est également membre d’un certain nombre de groupes comme, « Vive la race blanche », ainsi que : « Français, défends-toi, tu est ici chez toi ! » ou « La France aux Français. Algérie, Maroc,Tunisie aux Maghrébins ! » etc. Interrogée, la direction générale de la gendarmerie, « indignée », indique tomber des nues car, « Ce n’est pas du tout dans l’état d’esprit des gendarmes mobiles », tandis que des sanctions seraient annoncées contre ce gendarme raciste et un peu facho, ainsi que contre une de ses collègues. (Source, Le Monde, 27 mars 2009)
Sac à puces
« … Si on laisse les bases de données et fichiers de police, ou autres, proliférer, le réveil sera très douloureux. Même si l’on n’a rien à cacher, toutes ces données pourront être utilisées contre vous, si elles ne sont pas encadrées. Le droit à l’oubli, à l’anonymat, au silence des puces, c’est la seule garantie d’un avenir viable. » Interrogé, le sénateur Alex Türk (UMP), président de la Commission nationale informatique et liberté (CNIL), estime qu’il n’a pas les moyens de faire respecter le minimum de garanties, et il poursuit : « …Le seul conseil que je puisse donner, c’est d’être très vigilant face à ce que j’appelle la dilatation d’un présent numérique dans lequel toute votre vie est exposée, le présent comme le passé lointain, que vous vouliez ou non le cacher… » (Interview du président la CNIL, Alex Türk, Libération, 28 mars 2009)
Ripoux stupides
Le 27 mars, deux policiers en poste à Toulouse étaient mis en examen et immédiatement écroués pour « escroquerie et vols ». Ces gardiens de l’ordre public, sans doute impitoyables avec les pékins ordinaires, subtilisaient les numéros des cartes bancaires des gardés à vue, et même de leurs collègues pour effectuer des achats, depuis l’ordinateur de leur commissariat. Ces deux ripoux manquaient à ce point d’intelligence qu’ils faisaient livrer leurs achats au commissariat. De passage à Toulouse, la ministre de l’Intérieur s’est dite profondément indignée. (Source, France 2, 28 mars 2009)
Le gendarme et le juste milieu
Le 29 mars, dans le Var, un officier de gendarmerie était mis en examen et écroué. Motif : ce pandore galonné est soupçonné d’avoir transgressé le secret de l’instruction, et d’avoir commis diverses infractions lorsqu’il était en fonction en Corse. Selon le procureur de Bastia, il s’agit de « liaisons avec le milieu que fréquentait l’officier… » Ah bon. (Source, Libération, 30 mars 2009)
Des prunes pour des œufs
Le 31 mars, Nicolas Sarkozy était en visite à Chatellerault. Quelque 900 policiers avaient été mobilisés pour assurer la sécurité du président qui tenait une table ronde sur la crise. L’agglomération était quadrillée par les forces de l’ordre, qui tenaient très éloignés quelques milliers de manifestants pour leur interdire l’approche du lieu de cette rencontre. Des œufs ont été lancés sur les CRS, lesquels devaient répliquer avec des grenades lacrymogènes. Neuf jeunes étaient interpellés. (Sources, 20 Minutes et Direct Matin, 1er avril 2009)
Auxiliaire répressif
Le 3I mars, au motif qu’un groupe de lycéens aurait proféré des slogans contre la police au cours d’une manifestation, le maire de Colmar (UMP) décidait de priver leur établissement des aides municipales destinées aux voyages scolaires. (Source, Direct Matin,1er avril 2009)
Propos grivois
Cela se passait le 13 mars, à Paris, dans le 13ème arrondissement. A la sortie du collège, une jeune fille de 14 ans s’assied sur le capot d’ une voiture, avec quelques copines près d’elle. Arrive quelques policiers qui se mettent à tutoyer les filles, et leur demandent de dégager. Deux des adolescentes sont embarquées au commissariat proche. Des policiers, très urbains, leur expliquent : « On va vous mettre avec les toxicomanes et les putes ! » ou même, « Elles avaient envie de se faire baiser ou quoi… » Comme bien souvent, les parents de ces enfants mineurs ne sont pas prévenus de l’interpellation et de la mise en garde-à-vue. Seul l’envoi d’un SMS par l’une des deux interpellées permettent d’alerter les familles. A la préfecture de police, on affirmait que c’était une affaire « bénigne »et que les parents avaient été prévenus « immédiatement ». Ce qui est faux, semble-t-il. Sur les propos graveleux tenus par les policiers, la préfecture indique me « rien n’apparaît dans la procédure. » (Source, Libération, 1er avril 2009)
CRS au secours de PPR
Dans l’après-midi du 31 mars, une cinquantaine de salariés de Conforama et de la FNAC (Groupe PPR) avaient bloqué leur patron, François Pinault, dans son taxi. Au bout d’une heure, une équipe de policiers arrivait sur les lieux pour dégager l’éminent personnage. (Source, Libération, 1er avril 2009)
Y aurait-il des voyous dans la police Française ?
Le 1er avril, l’organisation Amnesty International publiait un rapport sur les comportements des forces de l’ordre françaises intitulé : « La police au-dessus des lois ! » A l’appui, le rappel des abus de droit et les bavures particulièrement significatives. Comme à l’habitude, la réaction du ministère de l’Intérieur était indignée. De leur côté, les syndicats de policiers, comme le SGP et Alliance, réagissaient à l’ unisson. Il est vrai qu’il en va de même lors des publications des rapports de la Commission européenne des droits de l’homme ou même de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS)
Par ailleurs, le rapport d’Amnesty international insiste sur les pressions subies par ceux qui osent se plaindre des méfaits policiers. L’accent étant également mis sur l’explosion des poursuites pour outrage et rebellions, portées systématiquement contre les victimes des bavures et dérives policières. Au terme de son rapport, l’ONG demande la création d’une Commission indépendante chargée des plaintes contre la police, insistant sur les insultes racistes, les passages a tabac fréquents et les homicides rarement élucidés. (Communiqué de l’Observatoire des libertés publiques, 2 avril 2009)
Bonne idée
La municipalité de Stains (93) ne voulait pas prendre la décision de créer une police municipale de dix agents, non armés, sans consulter les habitants et proposait un référendum sur ce sujet le 5 avril. A noter que le scrutin était également ouvert aux étrangers non ressortissants de l’Union européenne. (Source, Métro, 3 avril 2009)
Triste miction…
Le 3 avril, un policier était condamné à trois mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Blois. Ce délicat fonctionnaire avait, à la fin de 2008, uriné dans le gobelet d’un jeune homme placé en garde à vue au commissariat de la ville. (Source, Libération, 4 avril ‘2009)
Tir tendu
Le 30 mars, à Bastia au cours d’une manifestation nationaliste, lourdement réprimée, un jeune lycéen recevait en pleine face une grenade lacrymogène lancée à tir tendu, et à courte distance. Ce qui est strictement prohibé, mais aucune sanction n’était prise. Le 4 avril, une manifestation, de protestation contre cette agression était durement réprimée par les mêmes gendarmes mobiles. (Source, France 2, 4 avril 2009)
Strasbourg en état de siège
Depuis les premiers jours d’avril, Strasbourg, où allait se tenir le Sommet de l’OTAN, était en état de siège. Quelques heurts se produisaient déjà, dès le 2 avril, près du camping installé par les contestataires, avec quelque 300 interpellations et une vingtaine de garde-à-vue. Le 3 avril, dans l’après-midi, les gendarmes mobiles repoussaient, à l’aide de grenades lacrymogènes le groupe pacifiste des clowns de 1a « Parade Solidaire », tandis que des canons à eau venus d’Allemagne arrosaient ces dangereux rigolos. Le 4 avril, la ville s’éveillait enserrée dans un dispositif policier fort de plus de 10 000 hommes. Sur les grands axes, des haies de barrières grillagées et de policiers avaient été installées tous les dix mètres. Dans la nuit du 3 au 4 avril, des hélicoptères de surveillance survolent le village de tentes des manifestants. Dans l’après-midi du 4 avril, les policiers laissent passer quelques centaines de « casseurs », et se gardent bien d’intervenir lorsque l’ancien poste des douanes et l’hôtel Ibis sont la proie des flammes, ne facilitant même pas l’intervention des pompiers. S’il n’y a pas eu provocation, cela y ressemble fort. A suivre. (Sources, France 3, France 2, Libération 4 avril et Le Monde, 6 avril 2009)
Ennemi public
Un lycéen du Val-de-Marne, âgé de 15 ans, a eu les honneurs de la police pendant les vacances de Noël dernier. Motif de l’instruction des fonctionnaires en petite casquette au lycée Paul-Doumer, au Perreux ? Le garçon avait créé un blog où il mettait en ligne les dates des manifestations à venir, avec quelques slogans comme : « Education bradée, jeunesse sacrifiée ! » Il semble que les fins limiers se soient pointés dans le lycée, sans y avoir été invités, suite à un article sur ce sujet dans Le Journal du Dimanche. Arrivés dans l’établissement, les policiers s’étaient permis de demander des renseignements sur ce lycéen, et consulter son dossier. A la préfecture, on affirme que le garçon ne sera pas fiché. Cette action a finalement payé puisque le blog subversif est fermé. (Source, Le Canard Enchaîné, 1er avril 2009)
Pour l’honneur…
Il ne fait pas bon plaisanter avec les policiers. Le 10 janvier, vers 23 H 45, à Epinal, une équipe de petites casquettes débarque dans un bar, dont on leur a signalé un bruit de musique trop important. A l’arrivée des policiers, l’un des consommateurs, assis sur un billard, se met à les compter. Ce qui a le don d’agacer les six fonctionnaires. L’homme, plutôt ivre, qui n’a pas ses papiers dans ses poches, se lève pour aller les chercher dans son blouson. Aussitôt la meute lui saute dessus. Au procès pour outrage, qui se déroulait le 2 avril au tribunal correctionnel d’Epinal, le client de bar raconte : « Ils m’on fait une clé au bras et m’on menotté. C’est à partir de ce moment que je les ai insultés. » Finalement, les cow-boys, qui avaient porté plainte, sans doute pour sauver leur honneur, ont eu gain de cause. Leur victime a été condamnée à 300 euros d’amende. (D’après Vosges-Matin, 3 avril 2009)
Strasbourg en état de siège
Depuis les premiers jours d’avril, Strasbourg, où allait se tenir le sommet de l’OTAN, était en état de siège. Quelques heurts se produisaient déjà le 2 avril, près du camping installé par différents groupes contestataires, il y avait déjà quelque 300 interpellations, et une vingtaine de garde à vue. Le 3 avril, dans l’après-midi, les gendarmes mobiles s’attaquaient au groupe des clowns de la « Parade solidaire », avec des grenades lacrymogènes et le soutien de canons à eau venus d’Allemagne. Le 4 avril, la ville s’éveillait enserrée dans un dispositif policier fort de 10.000 hommes. Sur les grands axes, des haies de barrières métalliques et de policiers, tous les dix mètres. Dans la nuit du 3 au 4 avril, des hélicoptères de surveillance survolaient déjà le village de tentes des manifestants. Alors que des casseurs provoquaient des incendies, dans l’après-midi du 4 avril, la police se gardait bien d’intervenir rapidement, ne facilitant même pas l’intervention des pompiers alors que l’hôtel Ibis était en feu. (Sources, Libération et France 3, 4 avril 2009)
Totalement dégrisé !
Dans la nuit du 6 au 7 avril, un homme qui avait été placé en cellule de dégrisement, au commissariat de police de La Baule, était retrouvé mort. Bien entendu, les circonstances de ce décès ne sont pas connues. (Source, 20 Minutes, 8 avril 2009)
Pratiques policières : gros mensonges
Résumé des chapitres précédents. Le 30 mars, à Bastia, lors d’une manifestation lycéenne, suite à la condamnation du militant nationaliste Yvan Colonna, un garçon de 14 ans recevait en pleine face une grenade lacrymogène lancée à tir tendu, et à courte distance par un CRS. Le 4 avril, nouvelle manifestation, toujours à Bastia, contre les violences policières, cette fois.
Le 5 avril, en visite en Corse, la ministre de l’Intérieur réfutait catégoriquement la pratique des tirs tendus. Les propos de Michèle Alliot-Marie sont à retenir, pour leur sincérité : « …Il n’y a pas eu et il n’y a pas de violences policières….Les tirs tendus ne sont pas autorisés dans la police ! » Pour mieux tenter de convaincre les journalistes auxquels elle s’adressait, la ministre croyait bon d’ajouter : « …Des instructions sont données pour que, lorsqu’on lance des grenades, celles-ci sont envoyées en l’air… » Tout en précisant : « …Il est extrêmement difficile d’avoir des tirs tendus avec le matériel réglementaire en dotation au sein des forces de l’ordre. » Il n’en reste pas moins que le fabricant de ces lances-grenades, baptisés Cougar, vend la mèche en expliquant : « Il suffit de faire pivoter le Cougar de 180° pour réaliser des tirs tendus de 5 à 30 mètres. » Ce qui est d’ailleurs précisé sur la la fiche technique, intégralement disponible sur le site Internet de l’industriel. Par ailleurs, lors de la manifestation du 4 avril, à Bastia, plusieurs témoins, dont des cameramen de télévision, certifient avoir constaté que des CRS avaient bel et bien pratiqué des tirs tendus à courte, voire à très courte distance, en direction des manifestants. Ce qui ne devait pas empêcher le procureur général de Bastia de répéter les propos de la ministre de l’Intérieur : « Aucun élément ne montre des gens en train de faire des tirs tendus, CRS ou gendarmes, les forces de l’ordre sont aussi républicaines, et agissent dans le cadre de la légalité. » Puisqu’on nous le dit… (Source, Le Monde, 7 avril 2009)
Privation de liberté
Depuis quelques mois, la France dispose d’un « Contrôleur général des lieux de privation de liberté ». Lequel est « irrité » car il s’est aperçu que les noms de détenus qui lui écrivaient, comme celui de toutes les personnes qu’il rencontre lors de ses visites, étaient « soigneusement relevés » ; en particulier dans les lieux dépendant de la police nationale et de l’administration pénitentiaire. Décidément, le domaine des libertés ne cesse de rétrécir. (Source, Le Monde, 9 avril 2009)
Hors-la-loi !
Le 8 avril, vers 13 heures, place Saint-Michel, à Paris, se déroule une manifestation statique en soutien aux sans papiers, comme aux citoyens solidaires. Thème : « Si la solidarité devient, un délit, nous demandons donc à être poursuivis pour ce délit. » Lors de la dispersion, des policiers postés sur le pont Saint-Michel exigent des manifestants qu’ils retirent de leur vêtement l’autocollant : « Aidant, je suis prêts à être poursuivi. » Ce qui n’est prévu par aucune loi ou décret, et n’est rien d’autre qu’un abus de pouvoir. (Courrier reçu à l’Observatoire des libertés publiques, 10 avril 2009)
Encore Strasbourg
Dns un mail envoyé le 7 avril aux syndicats de police, un gardien de la paix a accusé sa hiérarchie d’avoir donné l’ordre aux effectifs présents à Strasbourg, le 5 avril, et qui se rapprochaient de l’hôtel Ibis en flammes, de « faire demi-tour ». Le secteur étant jugé « trop dangereux ». Le 8 avril, le syndicat d’officiers de police Synergie affirmait que cette accusation était fausse. Il n’empêche, depuis le 6 avril, la stratégie de la police, durant les affrontements, et la lenteur de ses interventions, n’ont cessé d’alimenter la polémique. (Source, Libération, 9 avril 2009)
Quand le président se déplace
Dans un courrier des lecteurs de l’Essor, revue officieuse de la gendarmerie nationale, un commandant pandore se lâche à propos d’un récent déplacement à Valence de Nicolas Sarkozy. Présent sur les lieux, le galonné s’insurge : « En vingt-six ans, j’ai fait des services de ce genre mais je n’ai jamais vu un tel déploiement, et surtout un tel coût. » Plutôt outré, le commandant rappelle les 1.265 gendarmes déployés sur la voie rapide Valence-Romans, coupée dans les deux sens pendant trente minutes, ainsi que les deux hélicoptères mobilisés. La suite étant à l’avenant pour le coût en matériels divers qu’il avait été nécessaire de faire venir de Lyon. (Source, Le Canard Enchaîné, 9 avril 2009)
Taser, etc,
La société Taser, tellement appréciée par nos forces de l’ordre, lance sa nouvelle petite merveille, Shockwave, petite mitrailleuse électrique. En appuyant sur un simple bouton, il est possible de projeter au sol n’importe quelle personne située dans une zone définie. Le Shockwave est modulable, avec ses six électrodes il peut stopper un groupe de manifestants. Si le pistolet Taser est déjà largement entré dans le « matériel » policier, que dire de cette mitrailleuse qui sera en mesure de multiplier ses effets ? (Source, Tout est à nous, 9 avril 2009)
Les brutes au tribunal
Durant la révolte des banlieues, en novembre 2005, deux policiers étaient accusés d’avoir roué de coups u jeune, sans raison valable. Cette agression avait été filmée par France 2. En raison d’une nouvelle enquête de l’IGS et de l’apparition de nouveaux témoins, le procès contre ces braves fonctionnaires, qui devait se tenir le 9 avril, a été renvoyé au 18 juin. (Source, Métro, 10 avril 2009)
Surveillance policière
En 2009, la France est de plus en plus surveillée par le pouvoir. C’est le constat fait par la Ligue de droits de l’homme, dans un livre récemment sorti en librairie, sous le titre Surveillance générale, publié par les éditions La Découverte. A mettre en toutes les mains. (Source, Libération, 11 avril 2009)
Petite tuerie familiale
Le 13 avril, un policier du commissariat de Tarbes tue son épouse et ses deux enfants, avec son arme de service. Il prend la fuite après avoir laissé un message annonçant qu’il allait mettre fin à ses jours. Le « forcené » sera interpellé par ses collègues dans la soirée du 14 avril, après s’être tiré deux balles dans le ventre. Il décèdera quelques heures plus tard. (Sources, France 2 et France Inter, 14 et 15 avril 2009)
Le patron de la PAF d’Orly et les « bœufs-carottes »
Il semblerait que le grand chef de la police aux frontières (PAF), de l’aéroport d’Orly soit dans de mauvais draps. Ces temps derniers, il était régulièrement convoqué dans les bureaux de l’IGPN (Les bœufs-carottes). Rien de grave, semble-t-il. Cet excellent fonctionnaire de police aurait bénéficié de cadeaux somptueux de la part de plusieurs compagnies aériennes. Entre autres, des voyages gratuits en famille, puis avec des collègues, sous le soleil de Tunisie. A suivre. (Source, Le Canard Enchaîné, 15 avril 2009)
Pas raciste, la police ?
En juillet 2008, après avoir pu consulter son dossier administratif, un policier parisien découvrait cette mention, écrite en rouge et à la main, dans un coin de sa fiche de candidature au concours de lieutenant de police : « Arabe ». Le policier ayant écrit à Michèle Alliot-Marie pour s’en étonner, la ministre de l’Intérieur devait lui répondre, sans rire : « Je vous informe que cette annotation renvoie à l’option choisie en langue étrangère… » (Source, Le Canard Enchaîné, 15 avril 2009)
Flux tendu
Il faut garder en mémoire les dénégations indignées de Michèle Alliot-Marie, quant à l’existence de quotas de PV imposés aux policiers. Manque de chance, Le Canard Enchaîné a pu se procurer une note à en-tête du ministère de l’Intérieur, exigeant de chaque fonctionnaire d’autorité un minimum d’un timbre-amende par service. Ce document concerne le département du Tarn, mais cette pratique de la politique du résultat est largement répandue sur tout le territoire. (D’après Le Canard Enchaîné, 15 avril 2009)
Mauvais profil
L’institution policière n’est pas raciste – c’est bien connu. Pourtant, en 2007, un gardien de la paix d’origine marocaine était victime d’une attitude discriminatoire du jury d’admission, qui le recalait à l’oral lors du concours du corps des officiers. A cette occasion, plusieurs questions lui avaient été posées sur son origine et ses pratiques religieuses, tout comme des interrogations plus incidieuses sur l’observation du Ramadan ou le port du voile par son épouse. Suite à une plainte du recalé, le Conseil d’Etat devait annuler la délibération du jury, le 16 avril 2009. Michèle Alliot-Marie en profitait aussitôt pour parader et assurer que son ministère allait « tenir compte de la décision du Conseil d’Etat. » Le policier pourra repasser le concours mais reste à connaître le comportement du prochain jury. (D’après Libération et Métro, 17 avril 2009)
Suicide
Le 16 avril, un CRS âgé de 27 ans, cantonné à Deuil-la-Barre (95), s’est suicidé chez ses parents, à Sète. Il semble que ce policier se soit donné la mort suite à une déception sentimentale. (Source, France 3, 17 avril 2009)
Cagoules
Le 16 avril, la ministre de l’Intérieur transmettait un projet de décret au Premier ministre. Décret visant à interdire aux personnes participant aux manifestations de se dissimuler le visage à l’aide d’une cagoule. Cela dans le but d’empêcher leur identification, précisait la ministre. Le texte prévoit que tout participant à une manifestation publique, cachant volontairement son visage serait puni d’une amende de 1.500 euros. En cas de récidive, dans le délai d’un an, cette amende pourrait être portée à 3.000 euros. Question : que feraient les forces de l’ordre si lors des défilés du prochain 1er Mai, des centaines de milliers de manifestants descendaient dans les rues le visage recouvert d’une cagoule ? (D’après 20 Minutes, 17 avril 2009)
Circulez !
Le 17 avril, en marge d’une manifestation d’étudiants, à Besançon, les policiers devaient interpeller une soixantaine d’entre eux. Allait suivre un contrôle d’identité apparemment musclé. Un étudiant témoignait, à la sortie du commissariat de police : « Les policiers nous ont frappés, menottés et emmenés en camion. » Le prétexte officiel de cette razzia policière était fourni par le procureur de la République. De Besançon : « La manifestation avait généré une entrave à la circulation ! » (Source, Libération, 18 avril 2009)
Alerte aux gaz !
Dans la soirée du 20 avril, entre la gare du Nord et la place de la Chapelle, quelques centaines de Tamouls, réfugiés à Paris, manifestaient pour attirer l’attention de l’opinion publique sur les massacres des populations civiles tamoules, au Sri Lanka. La police s’était rapidement invitée à la fête, et cela ne pouvait que déraper. Certes, il y a eu des vitrines brisées et des véhicules incendiés mais la « force publique » n’avait pas hésité à sortir les matraques et user de jets de gaz lacrymogènes, pratiquement à bout portant en pleine face des Tamouls. Près de deux cents personnes étaient interpellées et plusieurs d’entre elles placées en garde à vue. (Sources, France 3 et Canal +, 21 avril 2009, avec images significatives)
Sus aux sans papiers
Le 21 avril, à 7 heures du matin, quelque 300 policiers investissent la « Jungle » de Calais. Environ 150 sans papiers, pour la plupart Afghans, sont interpellés. Il semble que cette démonstration policière avait pour objet de faire place nette, avant la visite à Calais du ministre Eric Besson, gardien de l’Identité nationale. Par ailleurs, il n’est pas hasardeux de noter que cette opération était réalisée le jour même de l’intervention de Nicolas Sarkozy, à Nice, qui avait pour volonté la dénonciation d’une remontée de l’insécurité dans le pays. (D’après France-Inter, 21 avril 2009)
Rappel
Pour nous joindre par courrier, et nous faire parvenir des coupures de presse sur les bavures et les dérives policières, notre boîte aux lettres est toujours : Observatoire des libertés publiques, C/o NSP – 20, rue Courat, 75020 Paris.

Editorial : Le meilleur des mondes policiers…
Nos maîtres policiers n’hésitent jamais à s’investir dans la tâche répressive à laquelle ils s’adonnent avec une évidente satisfaction. Faire la chasse aux contestataires « invisibles », traquer les « voyous » des banlieues, expulser un maximum de sans papiers, ne suffit pourtant pas à la satisfaction de nos fins limiers. Fort heureusement, les fichiers policiers explosent, jusqu’à risquer de devenir inexploitables, tellement les « clients » concernés peuvent y figurer par erreur. Dans ce pays, jadis patrie des Droits de l’homme, il n’est plus un secteur de la vie quotidienne qui ne soit constamment épié par une officine policière. Certaines d’entre elles piétinent les même plates-bandes, se trouvant ainsi en concurrence : ce qui pourrait susciter un retour à la guerre des polices. Nous sommes effectivement sous contrôle actif. Que celui qui n’est pas défavorablement connu des services de police lève le doigt ! Cela ne suffit pas. Il est indispensable de prévoir de quoi seront faits les lendemains policiers. Mais non, il n’est pas question d’augmenter les effectifs de la Grande Maison car, en ces temps de récession, les économies sont à l’ordre du jour. Il serait surtout envisagé de se pencher sur la forme que pourrait prendre la délinquance future. Sans oublier le grave danger représenté par les millions de « réfugiés climatiques » qui, bientôt, ne manqueront pas de menacer l’ordre public dans les pays encore relativement protégés des ouragans et de la montée des eaux. Ne riez pas. Une récente enquête, publiée dans Le Monde, nous informait que la ministre de l’Intérieur, Michelle Alliot-Marie, venait de créer un département prospective. Au cas où… En fait, un très sérieux rapport, titré « Contexte stratégique de la sécurité intérieure à l’horizon 2025″, remis à la ministre de l’Intérieur en septembre 2008, a pour objet d’étudier « les tendances lourdes ou émergentes » en matière de sécurité. Dès le mois de février 2009, une étude plus précise sur « le vieillissement de la population et les besoins de la sécurité intérieure », s’inquiétait de la possible criminalité des plus de soixante ans. Il fera bon vivre au pays de la liberté au cours des prochaines décennies. Une certitude : la réalité ne tardera pas à dépasser la fiction !
Maurice Rajsfus
Droit au logement opposable (suite)
A l’aube du 25 février, à Paris, les policiers sont intervenus sur le campement des mal logés de la rue de la Banque. Cette descente avait pour objectif l’évacuation de femmes et d’enfants protestant contre leur non relogement, contrairement aux promesses faites. Selon la police, l’intervention se serait faite sans violence. Il n’en reste pas moins que l’association Droit au logement faisait état de deux personnes hospitalisées et de quatre mères de famille légèrement blessées. (Source, Métro, 26 février 2009)
Vient de paraître
A lire absolument, l’ouvrage de Mathieu Rigouste, l’Ennemi intérieur. Dans ce livre, l’auteur s’attache à retracer l’évolution des représentations de l’ennemi intérieur dans la pensée de l’Etat depuis les années 1960. Il explique comment, des territoires colonisés d’hier aux quartiers populaires d’aujourd’hui, la Vème République a régénéré un modèle d’encadrement fondé sur la désignation d’un bouc émissaire socio-actif. (La Découverte)
Serviteurs de l’Etat, gros menteurs
L’affaire de ce travailleur Tunisien retrouvé noyé à Nantes, en décembre 2006 a enfin été résolue. Trois policiers qui avaient contrôlé cet homme pris de boisson et l’avaient abandonné dans cet état, ont finalement été condamnés à quatre mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Nantes, le 26 février. Motif: faux témoignage et « délaissement ». I1 a été avéré que, tout au long de l’enquête, les trois policiers avaient menti, aussi bien à leur hiérarchie qu’aux « Boeufs-carottes ». (Source, Métro, 27 février 2009)
Policiers au grand cœur
Le 26 février, à Paris, de façon spectaculaire, les policiers de la brigade d’assistance aux personnes sans abri (BAPSA), distribuaient d’anciens modèles de parkas bleu marine -chaudement doublées- à des SDF ravis. Des duvets étaient également offerts. I1 n’en reste pas moins que, la veille, certains de leurs collègues expulsaient rudement des mal logés du trottoir où ils campaient sous une bâche -voir plus haut. (Source, 20 Minutes, 27 février 2009)
Comptine
Un joyeux correspondant d’Auch nous a fait parvenir cette adaptation d’une comptine que les gamins du beau pays de Gascogne fredonnaient au XIXème siècle :
Monsieur de l’Ordre
Se préparant à mordre
Sérieux sous sa casquette
Ses menottes cliquètent
Exhibant sa matraquette
I1 est armé pour la tempête
Pomme de rainette
Petite trompette…
Ennemis publics
Le 28 février, dans le 9ème arrondissement de Paris, six membres du « Collectif antipub des déboulonneurs » étaient interpellés par la police. Motif : avoir inscrit des slogans sur des panneaux d’affichage du groupe J.C. Decaux. Ces six militants devaient passer une vingtaine d’heures en garde-à-vue au commissariat du 8ème arrondissement. Pour la première fois, précisent les animateurs de ce mouvement, les barbouilleurs ont été retenus bien au-delà des quatre heures réglementaires. De plus, une enquête préliminaire, pour « dégradations », a été ouverte sur instruction du parquet. C’est grave docteur ? (Source, 20 Minutes, 2 mars 2009)
Protection rapprochée
Le 2 mars, à Levallois (92), Nicolas Sarkozy s’était improvisé grand ordonnateur des cérémonies compassionnelles, et assistait aux obsèques d’une lycéenne décédée lors d’un attentat terroriste, en Egypte. Depuis le 27 février, la ville de Levallois, et particulièrement le quartier de la mairie, connaissaient une importante présence des forces de l’ordre. Vers I7 heures des centaines de policiers et gendarmes mobiles « protégeaient » le président, mais les caméras de télévision évitaient de les montrer au bon peuple. (D’après FR 3, France 2, 2 mars 2009 3
Police privée mais néanmoins brutale
Le GPSR (Groupe de protection et de sécurité du réseau), n’est rien d’autre qu’une unité répressive privée de la RATP, forte de près d’un millier de grands gabarits, qui font plus peur aux voyageurs qu’ils ne peuvent les rassurer. Loin de sécuriser les transports en commun, le GPSR comporte en son sein un certain nombre de brutes patentées. En savent quuelque chose les voyageurs à la peau colorée ou ayant un aspect qui ne convient pas à ces défenseurs de l’ordre RATP. Ceux-là ont souvent maille à partir avec ces colosses armés jusqu’aux dents (matraque, revolver, bombinette de lacrymo, menottes) qui sont même parfois accompagnés de braves chiens renifleurs.
Le 26 avril 2008, à Colombes (92), une jeune femme, qui voyage en bus avec son fils, âgé de 7 ans, aura maille à partir avec des membres de cette unité d’élite. Deux membres du GPSR lui demandent de présenter son titre de transport -ce qui est pourtant le rôle des contrôleurs. Comme sa photo ne figure pas sur sa carte orange, la jeune femme a peur d’être verbalisée, et hésite à la montrer. C’est alors que deux GPSR, bientôt rejoints par un troisième la forcent à descendre de l’autobus, la collent contre un mur, puis la plaquent au sol, avant de lui passer les menottes sans la moindre douceur. Elle est ensuite « confiée » à des policiers qui la conduisent au commissariat. Quant à son fils, il reste seul, abandonné sur un trottoir, les CPSR n’ayant pas jugé nécessaire de signaler sa présence aux forces de l’ordre. Pour ne rien laisser au hasard, deux des trois GPSR vont porter plainte contre la jeune femme pour violences à leur égard. Finalement, le parquet classera l’affaire sans suite. Le 18 juillet 2008, c’est la victime qui porte plainte à son tour pour violences et délaissement de mineur sur la voie publique. C’est à nouveau un classement sans suite bien que, souligne l’avocat, ni sa cliente ni les témoins n’aient été interrogés. Au début du mois de mars 2009, une nouvelle plainte, avec constitution de partie civile, sera déposée contre la RATP, en tant que personne morale, pour « violences aggravées, délaissement de mineur et dénonciation calomnieuse ». Contactée, la RATP n’a pas souhaité faire de commentaires. A suivre, bien entendu. (D’après Métro, 4 mars 2009)
Un usager de la police se confie à Libération
C’est l’histoire d’un garçon de 22 ans, logé dans un foyer de jeunes travailleurs, à Pontoise (95). Ce jeune Français se prénomme Amine : il n’aurait peut-être pas dû. Le 28 janvier 2009, il balaye sur son balcon en écoutant de la musique. Viennent à passer six policiers nationaux, et un municipal, accompagnés d’un chien, qui patrouillent dans la résidence. Ils interpellent le garçon, et lui demandent de baisser le son. Ce qu’il fait. Demande réitérée, pourtant. Amine raconte sa mésaventure dans une lettre adressée à la ministre de l’Intérieur, avec copies au procureur et au maire de Pontoise :
» …Ils sont rentrés dans le foyer et sont venus taper à ma porte à coups de pied (les traces sont encore visibles). J’ai éteint la musique et j’ai ouvert. Aussitôt ils m’ont demandé une pièce d’identité. Je leur ai dit que j’allais la chercher. J’ai voulu refermer la porte, mais ils l’ont bloqué avec leurs pieds. Je suis allé dans ma chambre prendre le document demandé. Un policier a pénétré dans ma chambre, un autre a pris ma sacoche et l’a fouillée. J’ai donné ma pièce d’identité, et un policier a établi une amende forfaitaire. Je lui ai demandé pourquoi. C’est alors que le policier qui avait fouillé ma sacoche m’a décroché deux coups de poing sur la joue gauche et une claque sur la joue droite. Je me suis mis à saigner de la lèvre et de la gencive.
» J’ai voulu sortir pour montrer mes blessures à l’animatrice du foyer. Les policiers m’en ont empêché, m’ont poussé à l’intérieur du studio et ont demandé à l’animatrice de sortir. Je me suis adressé aux autres policiers en leur disant qu’un des leurs m’ avait blessé. Ils ont nié. Celui qui m’a frappé à rétorqué : « Ce n’ est pas de ma faute si tu te brosse mal les dents ! » J’étais à bout de nerfs, et comme il m’arrive de le faire dans ces cas-là je me suis mis à jurer sur le Coran. Le même policier m’a dit : Arrête de jurer sur le Coran, je m’en bats les couilles du Coran, je me torche le cul avec ! « …J’estime avoir été victime de violences volontaires et de violation de domicile de la part de ces policiers.(…) Madame la ministre, est-il normal que, pour une simple contravention, des policiers s’introduisent au domicile d’un particulier, fouillent ses affaires, et lui assènent des coups de poing. Je suis Français mes parents aussi, et je pense être respectueux des lois.(…) J’espère, Madame la ministre, que ma lettre retiendra toute votre attention. » (Faute d’avoir reçu une réponse, Amine a dû se résoudre à confier cette lettre à Libération, qui l’a publiée le 4 mars 2009)
Auxiliaire zélé
Cela fait plusieurs années que nos gouvernants incitent les travailleurs du secteur social à se faire les auxiliaires de la police. A la grande indignation des intéressés, fort heureusement. I1 arrive, pourtant, que des employés, désirant affirmer leur petit pouvoir, en appellent aux autorités pour montrer à de pauvres parias où se trouve le droit. C’est ainsi que le 3 février, un sans papier angolais « gravement handicapé », qui s’était présenté aux bureaux de la Sécurité sociale d’Auxerre (Yonne), pour y demander une aide médicale, se voyait rapidement interpellé par des policiers qui s’étaient immédiatement transportés dans les locaux de la Sécu. Très simplement, un employé de la CNAM avait cru bon alerter la préfecture pour prévenir que les papiers de cette personne « ne concordaient pas ». Mauvais réflexe d’un subordonné ou volonté de mal faire pour rester dans l’air du temps ? Fort heureusement, ce sans papier sera relâché pour « raisons médicale ». I1 y a encore des humanistes dans ce pays… (D’après Libération, 6 mars 2009)
Les doigts dans le pot de confiture
Le 5 mars, le commissaire de police de Juvisy-sur-Orge (91), soupçonné d’avoir détourné des fonds saisis, a été interpellé, puis placé en garde-à-vue dans les services de l’IGPN. I1 faut bien assurer ses fins de mois, lorsque les temps sont difficiles, et les 3 000 euros grivelés n’étaient pas à négliger. En clair, ce brave défenseur de l’ordre public s’était crû autoriser à piocher dans les scellées. (D’après Métro et France 3, 6 mars 2009)
La police et les anti-IVG
Le 7 février, à la Tronche (Isère), l’association anti-avortement « SOS-Tout-Petits » organisait une prière publique pour « commémorer les sept millions d’enfants morts depuis le début de la légalisation de l’avortement. » Cette manifestation était appuyée par des groupes fascistes et néo-nazis de la région. Suite à une réaction de militants pro-IVG, les policiers de la BAC ne tardaient pas à intervenir, se livrant à des contrôles d’identité humiliants et agressifs contre eux, suivis de l’interpellation musclée de quatre des contre manifestants, avec des réflexions comme : « Fils de putes de gauchistes » ou « la prochaine fois, on vous jettera dans l’Isère. » (Source, No Pasaran, mars-avril 2009)
Vigilance policière
. Dans la nuit du 7 au 8 mars, sur une place du centre ville, à Tours, quelques centaines de jeunes participaient à une petite fête improvisée, lancée sur Face-Book. Ce qui n’a pas dû plaire aux autorités policières, bientôt sur le terrain. Dès lors, des heurts étaient inévitables et ne pouvaient que se produire. (Source, Libération, 9 mars 2009)
. Dans la soirée du 7 mars, à Chanteloup-les-Vignes (78), des jeunes ont affronté la police. Laquelle n’hésitait pas à utiliser son arsenal de flash-ball et de gaz lacrymogènes. Deux jeunes, interpellés, étaient placés en garde à vue. (Source, Libération, 9 mars 2009)
Toujours le STIC !
Le STIC (Système de traitement des infractions constatées) n’a pas fini de faire parler de lui. Huit membres du club Droit, Justice et Sécurité attirent notre attention sur les dérives de ce fichier liberticide. Cette équipe, composée de juristes et d’universitaires nous rappelle qu’en 2007, environ 78 % des personnes relaxées ont été maintenues indument dans ce fichier, et que 93 % de celles qui ont été acquittées y figurent toujours – faute de mise à jour. Après avoir noté que près de 9 % de la population de ce pays est ainsi fiché, les signataires de cet appel précisent que 83 % des fiches comprenaient, en 2007, des erreurs (soupçons infondés et négligences policières.) Par ailleurs, les données figurant dans le STIC le sont pour une durée de vint ans pour les mis en cause majeurs, et de dix ans pour les mis en cause mineurs – sans que les faits soient avérés, bien souvent – même si leur bulletin numéro 2 de casier judicaire est vierge. Ce qui peut interdire l’accès aux emplois de la Fonction publique. D’où la nécessité de renforcer les moyens d’action de la CNIL, propose ce groupe de sages. Pourtant, lorsque l’on sait que la CNIL ne peut apporter qu’un avis consultatif, il n’y a guère d’illusions à se faire sur une évolution « positive » du STIC. (Source, Libération, 9 mars 2009)
Forte pensée
« J’appartiens désormais au grand parti des honnêtes gens. Ah, ces braves agents ! Cognent-ils ! Et tout cela pour cent sous par jour ! On devrait leur donner dix francs ! On est heureux d’avoir des braves garçons comme ça à son service pour cogner sur les gouapes… » (Tristan Bernard, in Saillies et Rosseries)
Transports en commun agités
Le 6 février, en fin d’après-midi, sur les quais de la gare Montparnasse, à Paris, une compagnie de CRS qui intervenait contre une manifestation étudiante, s’en prenait également à un groupe de collégiens qui arrivaient de Cenon (Gironde) en compagnie de leurs enseignants. Peu importait que ces adolescents, en voyage scolaire, ne soient en rien impliqués dans cette manifestation. Ils auront droit eux aussi à leur ration de coups de matraque Tonfa. Plusieurs collégiens devaient être contusionnés, particulièrement l’un d’eux frappé dans le ventre. Comme aurait dit Raymond Marcellin, en 1968, à propos des passants blessés lors des charges policières : « Ils se trouvaient au mauvais endroit au mauvais moment… » Interrogée, la ministre de l’Intérieur s’est contentée d’expliquer sobrement que les enseignants ne devraient pas se trouver avec leurs élèves sur des lieux sensibles, ajoutant qu’il n’y avait pas eu de « problèmes particuliers », selon les informations dont elle disposait. Toujours est-il que les enseignants ont porté plainte. (D’après Métro, 10 mars et Le Monde, 11 mars 2009)
Carrières d’avenir ?
Ne nous y trompons pas, les collégiens sont fréquemment sollicités pour s’intéresser aux activités de nos forces de l’ordre, tout comme aux propositions qui leur sont faites pour les y intégrer, dans un proche avenir. C’est ainsi que, le 6 mars, les élèves d’une classe de 3è d’un collège des Vosges, qui visitaient une exposition consacrée à l’orientation professionnelle, devaient tomber en arrêt en arrêt sur les stands de la police, de la gendarmerie et de l’armée. Des professions qui, à l’évidence, ne souffrent pas de la crise, puisqu’on y embauche à tour de bras.
Pour les plus jeunes, la police nationale recrute des « Cadets de la République », avec option police nationale, si affinité. Le contrat, d’une durée de cinq ans, incluant une année de scolarité en alternance en lycée professionnel, en stages pratiques, en école et en services de police. Aucun diplôme n’est exigé ; ce qui peut donner une idée sur la qualité de ce recrutement pouvant déboucher sur un concours spécifique de gardien de la paix – pour les meilleurs – ou un poste d’adjoint de sécurité. Bien d’autres propositions, plus ou moins alléchantes, devraient attirer les jeunes, aussi bien vers la police scientifique ou des carrières d’administratifs de la police, voire dans les « ressources humaines ».
Côté gendarmerie, il y a volonté d’intéresser les bons citoyens au métier de maître-chien où il y a la possibilité de s’intégrer dans des équipes opérationnelles « prêtes à intervenir à tout moment. »
Comme l’esprit répressif n’est jamais négligé, il est proposé aux jeunes, ayant choisi la carrière pandore, de devenir gendarmes mobiles, c’est-à-dire de jouer un rôle identique à celui des CRS.
Comme il ne faut rien négliger dans l’éventail de l’offre dans les fonctions répressives, ce Salon de l’orientation professionnelle de Saint-Dié (que l’on doit retrouver dans bien d’autres villes), n’oubliait pas le recrutement des simples troufions. Avec ou sans qualification, avec ou sans diplôme, à partir de dix-sept ans et demi. Bref, rien n’est oublié pour rappeler aux jeunes que le chômage n’est pas une fatalité. Qu’il est toujours possible de gagner sa vie, et de nourrir éventuellement sa petite famille, en choisissant une fonction répressive. (D’après un courrier reçu à l’Observatoire des Libertés publiques, le 12 mars 2009)
La France en liberté surveillée
Le 11 mars, le parti socialiste présentait un Livre noir dénonçant les multiples atteintes aux libertés publiques depuis l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République. La liste est longue, et l’ouvrage se présente comme un abécédaire en quatre-vingts mots-clés : de A comme ADN à Z comme zone d’attente. Ce document pointe du doigt la répression conduite contre les SDF, les étrangers en situation irrégulière, et même les malades mentaux. Parmi d’autres approches mises en lumière : la mise en place d’une société de surveillance, avec l’extension des fichages policiers. (Source, Métro, 12 mars 2009)
Policiers municipaux activistes
A Crest (Drôme), de mai à juillet 2008, des militants associatifs se retrouvaient sur un pont de cette petite ville sans histoire, chacun d’entre eux portant une pancarte pour dénoncer les réformes judiciaires en cours, la culture des OGM ou le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux. On trouvait également des distributeurs de tracts contre le fichier « base élèves », ainsi que des pancartes contre les centres de rétention. Ce qui n’eut pas l’heur de plaire aux policiers municipaux qui, après un avertissement, ne tardaient pas à verbaliser « l’organisateur » de ces « délits ». Ayant refusé de s’acquitter de l’amende de 78 euros, « l’organisateur » était convoqué devant une juridiction de proximité. Cela avec l’approbation du maire UMP de Crest, un certain Hervé Mariton, grand défenseur des libertés publiques et du droit d’expression. (D’après Le Monde, 16 mars 2009)
Après enquête…
Le 98 mai 2008, à Cannes, un jeune Français, âgé de 22 ans, décédait suite à son interpellation brutale par une équipe de policiers, de ceux qui frappent avant de connaître la nature d’un possible délit. Peut-être ce garçon avait-il le tort de se prénommer Abdelhakim. Selon les médecins légistes, le décès serait dû à une « compression thoracique excessive. » En décembre 2008, déjà, deux policiers de la BAC avaient été entendus, avec le statut de témoins assistés, dans le cadre d’une instruction ouverte pour « homicide involontaire ». Le 13 mars, cinq policiers ont été mis en examen pour « non assistance à personne en danger », dans le cadre de l’enquête ouverte sur plainte de la famille de la victime. Il faudrait quand même que les autorités policières expliquent comment le fait d’exercer une « compression thoracique excessive » puisse être décrit comme une « non assistance à personne en danger. » (D’après Le Monde, 16 mars 2009)
Humour noir
« A Millau, les services sociaux et la Maison Poulaga ont mis un an à intervenir pour libérer un gamin séquestré par ses parents. Il n’avait qu’à être sans papiers et les flics n’auraient pas mis dix jours pour venir le cueillir. » (Source, CQFD, 15 mars 20096)
Fichiers
Depuis quelques mois, les manifestations contre le fichier policier « base élèves » se multiplient. Ce fichier informatique dont le but annoncé serait de suivre le parcours scolaire des enfants devrait être généralisé d’ici la fin de l’année 2009. En fait, il s’agirait surtout de piéger les familles immigrées sans papiers. Le 14 mars, c’est dans petit village de l’Isère de moins de 600 habitants, Notre-Dame de Vaux, que des centaines d’habitants protestaient sur la place publique pour soutenir le directeur de l’école, menacé par les autorités, en raison de son opposition à ce fichier scélérat. (D’après 20 Minutes, 16 mars 2009-03-24
Bien connu des services de police…
Dans la soirée du 14 mars, le quartier « sensible » des Musiciens, aux Mureaux (78) est en ébullition. Des policiers seraient tombés dans un « guet-apens », tendu par les jeunes de la cité. Dix policiers ont été légèrement blessés par des tirs de carabine à plomb. Cette « agression » répondait sans doute à la mort, le 8 mars, d’un jeune homme originaire des Mureaux – et évidemment « bien connu des services de police » – avait été abattu par des policiers au péage routier de Coutevroult (77) lors d’une course-poursuite. (Source, Métro, 16 mars 2009)
La haine
Dans la nuit du 14 au 15 mars, le commissariat de police de Montgeron (91) était attaqué au fusil de chasse… 250 impacts de petit plomb devaient être relevés sur la porte d’entrée. Aucun policier n’é a été blessé. (Source, 20 Minutes, 16 mars 2009)
Plan banlieue
Suite à l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la République, un plan banlieue était mis en chantier. Fadéla Amara pilotant le projet. Deux ans plus tard, il est possible de mesurer les premières avancées dans ce sens. Plutôt que d’accorder les crédits demandés par les associations, plutôt que l’embauche d’éducateurs et d’animateurs d’activités dans les quartiers, c’est le maintien de l’ordre qui a été privilégié, avec la mise en place d’unités de police spécialisées pour contrôler les banlieues. De plus, le 16 mars, Brice Hortefeux et Fadéla Amara ont installé les premiers délégués des préfets dans les quartiers dits « sensibles ». Ils sont déjà au nombre de 175, dans un premier temps mais ils seront 350 à la fin du mois de juin. L’annonce de l’arrivée de ces nouveaux agents de l’Etat avait été faite part le président de la République, le 8 février 2008, lors de la présentation d’un plan « Espoir banlieue ». Une certitude, les jeunes des banlieues n’ont pas fini de voir des policiers arrogants et agressifs parader dans les cités. (D’après Le Monde, 18 mars 2009)
Sus aux étudiants !
Des heurts éclataient à Paris, dans la nuit du 17 au 18 mars, lorsque cent à ceux cents étudiants traversaient la capitale en défilé impromptu. Dans le 18ème arrondissement, des CRS en tenue anti-émeute devaient charger les manifestants dans le quartier de Montmartre. Dès lors, inévitablement, les vitrines d’un super marché et de deux agences bancaires allaient être brisées. Par ailleurs, l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris avait été occupé par des étudiants qui dénonçaient les inégalités dans l’enseignement supérieur. (Source, Le Monde, 19 mars 2009
La sécurité au lycée
Le 18 mars, lors d’un déplacement au lycée de Gagny (93), Nicolas Sarkozy annonçait un certain nombre de mesures concernant la lutte contre les bandes de banlieue agressives, dont il voudrait qu’elles soient passibles de peines de trois ans d’emprisonnement. En urgence, les établissements scolaires les plus touchés devront être identifiés dans les dix jours. Le contrôle sera renforcé et des systèmes de vidéo protection seront mis en place dans 400 établissements. (Source 20 Minutes et Direct-Matin, 19 mars 2009)
Persiflons un peu
Depuis 2008, un supposé policier de Seine-Saint-Denis, énervé par la politique du résultat, exigée par sa hiérarchie, se présentait sur Internet comme un fonctionnaire désireux de « briser la loi du silence. » Il a été possible d’apprendre, récemment, que ce personnage avait été fabriqué par un groupe « artistique et subversif », Les Rebeux des Bois. Depuis le 14 mars, un CD a été diffusé pour révéler la supercherie. A cette occasion, il a été possible d’apprendre que le service d’information et de communication de la police nationale, berné, avait diligenté une enquête pour identifier le faux brigadier contestataire. Toujours est-il que ce groupe n’a pas été poursuivi en justice comme cela avait été le cas pour Ministère Amer ou la Rumeur. (Source, Métro, 19 mas 2009)
Par erreur…
Le 20 mars, à la gare de l’Est, à Paris, un policier a tiré « par erreur », blessant légèrement un employé de la SNCF. La question qu’il est indispensable de poser est simple : pourquoi et comment un policer peut-il déambuler avec une arme à la main dans un lieu aussi fréquenté qu’une gare ? (D’après France-Info, 20 mars 2009)
Pandores en odeur de sainteté
Le 16 février, désireuse de respecter les recommandations du pape, la direction générale de la gendarmerie faisait parvenir un message à toutes les brigades de gendarmerie, leur rappelant que : « L’église catholique demande à ses fidèles de marquer le temps du carême avec le jeune et l’abstinence. » C’est pourquoi il était « recommandé à tous les gérants de mess et d’ordinaires de la gendarmerie de prévoir les mesures nécessaires, de telle sorte que chacun qui le désire puisse prendre un repas normal tout en s’abstenant de viande et de charcuterie. » Pour finir, les commandants d’unité étaient fermement invités à « favoriser la présence à la Saint-Messe au jour de Pâques pour tous les personnels de gendarmerie qui le désireraient. (Source, Le Canard Enchaîné, 4 mars 2009)
Acte citoyen condamné
En avril 2008, le passager d’un vol Air France Paris/Brazzaville, membre de la Commission consultative des Droits de l’homme, et président de l’ONG lyonnaise « Agir ensemble pour les droits de l’homme », assiste à l’embarquement de deux sans papiers expulsés vers le Congo. Alerté par les cris de ces deux hommes, il aurait, selon la police, protesté contre les conditions de cette reconduite, incitant les autres passagers à la révolte. Lors de son procès, devant le tribunal de Bobigny, le 20 mars, les magistrats ont reconnu ce militant des Droits de l’homme coupable de « provocation directe à la rébellion », ainsi que « d’entrave volontaire à la navigation ». Cet homme a donc été condamné à 1.500 euros d’amende. Il fera appel, a déclaré son avocat. (Source, Le Monde, 23 mars 2009)
Initiative individuelle ou abus de pouvoir ?
Alors que se préparait le sommet de l’OTAN, à Strasbourg, des policiers visitaient les appartements d’où des drapeaux aux couleurs arc-en-ciel, avec l’inscription PACE ou Non à l’OTAN, pendaient aux fenêtres, avec ordre impératif de les retirer. Face aux protestations, les policiers expliquaient qu’ils agissaient sur ordre de leur hiérarchie. De son côté, la Direction départementale de la sécurité niait avoir donné des instructions dans ce sens. (Source, France Info, 24 mars 2009)
Le Taser peut tuer
Cela se passe aux Etats-Unis. Le 22 mars, un adolescent âgé de 15 ans décède après avoir reçu une décharge de pistolet électrique Taser, tirée par un policer. Bien entendu, selon les autorités policières, il n’est pas établi qu’il y ait un lien direct entre l’utilisation du Taser et la mort de ce garçon. (Source, Métro, 24 mars 2009)
Curieuse curiosité
La directrice d’une école maternelle du Gers a adressé récemment un courrier inquiétant à l’inspection académique de ce département. Le contenu de cette lettre posait effectivement un sérieux problème. Un matin, une équipe de policiers avait débarqué dans la cour de récréation pour interroger une institutrice, notamment sur la tenue vestimentaire, le comportement et l’assiduité d’un bambin âgé de trois ans. Aucune autre raison n’étant donnée à cette curieuse enquête. L’enfant serait-il suspecté pour un vol de voiture ? (Source, Siné-Hebdo, 25 mars 2009)
Obligations de résultats
En s’appuyant sur des notes de service assignant des objectifs précis aux policiers et aux gendarmes, l’hebdomadaire Auto-Plus révélait récemment que des quotas nationaux avaient été fixés aux forces de l’ordre en matière de PV. Il n’empêche, le 25 mars la ministre de l’Intérieur démentait vivement cette information, sur Canal +. Qui ment ? (Source, Libération, 26 mars 2009)
Liberté de la presse…
Le 1er avril, deux journalistes du site d’information Rue 89 sont convoqués par la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Ces deux journalistes sont appelés devant ce service de police pour avoir diffusé des propos « off » du président de la République datant…du 30 juin 2008. L’offense faite au chef de l’Etat serait établie par le fait que les propos, pourtant « pas trop explosifs », enregistrés, étaient également illustrés par un document vidéo montrant Nicolas Sarkozy très en colère, après coup, contre les techniciens de France 3, chaîne où les images publiées par Rue 89 avaient été « dénichées ». Déjà furieux d’avoir été mal accueilli par des salariés de cette chaîne de télévision, il semble que ses dirigeants aient été incités à porter plainte contre Rue 89. D’où cette réflexion de deux journalistes de France 3 : « Il y a une dérive autoritariste contre la liberté de la presse. » Cette presse tellement estimée par le président, tout comme par sa police. (Source, Libération, 26 mars 2009)
Aux plus méritants
Le 26 mars, le premier ministre François Fillon recevait une cinquantaine de policiers et gendarmes s’étant illustrés ces dernières semaines aux Antilles, tout comme lors des récentes violences urbaines. Le Premier ministre était désireux de décorer ces représentants de la loi « pour le courage dont ils ont fait preuve lors de missions difficiles. » (Source, Le Figaro, 26 mars 2009)

Editorial
Les mercenaires de l’ordre
En chaque policier que nous croisons dans la rue ou les transports en commun, y aurait-il un petit Sarkozy par délégation ? Poser la question est déjà un début de réponse ! Même volonté de nuisance envers les immigrés « visibles », et les contestataires par trop remuants, qu’il convient de ramener à la raison, avec des arguments plus ou moins violents. Même mépris vis à vis de la misère. Même volonté d’encadrer la société avec le développement du contrôle social. En chaque policier, posté dans une gare ou sur le lieu d’une manifestation, il est possible de trouver le défenseur d’un ordre nullement menacé. A son niveau, le policier veut se persuader qu’il est l’authentique bras armé du président de la République et, par délégation, du ministre de l’Intérieur, du préfet de police, ainsi que de son supérieur hiérarchique direct. D’où cette certitude, affirmée dans le ton, les ordres aboyés, l’arrogance affichée envers le citoyen sans problème qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Au service d’un pouvoir fort, les policiers ont tendance à devenir un corps étranger au pays. Ils se veulent, de fait, chacun à son niveau, les tuteurs de notre société, et même nos maîtres à penser. Ce qui les rend indifférents, insensibles même aux problèmes sociaux et économiques de leurs concitoyens. Au nom de la religion de l’ordre, dont ils se veulent les grands prêtres, les policiers de ce pays, par leur comportement, donnent le sentiment que la défense des libertés démocratiques est devenu le dernier de leurs soucis.
Maurice Rajsfus
Assermenté mais gros menteur
Le 6 décembre 2004, un Malien sans papiers était tombé dans le coma pendant sa garde-à-vue au commissariat de police de Courbevoie (92). Transporté à l’hôpital, il devait y décéder le 24 janvier 2005, sans avoir repris connaissance. Suite à une enquête rapide, le parquet de Nanterre avait classé l’affaire sans suite, retenant l’hypothèse que cet homme de 38 ans s’était lui-même cogné la tête contre la porte de sa cellule, pour ne pas être expulsé. Tout comme la famille, qui n’avait pas cru à cette explication, une récente enquête de L’IGS démontre que l’un des trois policiers en cause aurait livré un faux témoignage sous serment. Ce qui a conduit l’avocat de la famille de la victime à demander un complément d’enquête, en raison de ce « témoignage mensonger ». Requête transmise au parquet de Nanterre, qui se déjugera peut-être. (Source, Métro, 19 janvier 2009)
Humaniste
Le 19 janvier, après avoir été retenue durant quatre jours par les policiers de la PAF, à l’aéroport de Roissy, une jeune congolaise âgée de 12 ans, était finalement remise à son père, lequel vit régulièrement en France. (Source, Métro, 20 janvier 2009)
Au secours
Le zèle policier, comme leur volonté de mal faire, n’a pas de limite. Le 13 janvier, dans la banlieue de Bordeaux, une automobiliste a été verbalisée pour avoir fumé ure cigarette au volant de sa voiture, écopant d’une amende de 22 euros. I1 est vrai que les policiers, sous pression de leur hiérarchie, se doivent de « faire du chiffre ». (D’après 20 Minutes, 20 janvier 2009)
Comptine
Cette charmante bluette nous a été envoyée par un correspondant toulousain qui a sans doute pu apprécier le contact chaleureux d’une matraque tonfa maniée avec dextérité. N’hésitez pas à nous aider à enrichir cette rubrique
« Le policier
N’est pas de bois
Boit,boit
Mais sa matraque
Qui échaudure
Qui nous bordure
Dur,dur
Est en bois dur
Ca c’est sûr ! »
Strictement nécessaire
La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) « déplore », dans un rapport publié le 18 janvier, au Journal Officiel, que le ministère de l’Intérieur ait ignoré sa demande de rappel à l’ordre de deux policiers impliqués dans le tabassage d’un sans papier, menotté, en 2006, à Toulouse, lors d’une opération de reconduite à la frontière. Après une enquête, qui avait confirmé les violences illégitimes dénoncées par un témoin, la CNDS avait recommandé au ministère de l’Intérieur des poursuites disciplinaires contre ces policiers. De son côté, l’IGPN (police des polices) avait conclu que la « force strictement nécessaire » avait été utilisée. (Source, Le Monde, 20 janvier 2009)
Plus de 33 millions de personnes dans le STIC
Cela fait un certain temps que le fichier STIC (Système de traitement des infractions constatées) était dénoncé comme un outil répressif totalement incontrôlé. Pour la CNIL (Commission nationale informatique et liberté), les conditions d’utilisation du STIC sont très « imparfaites ». Selon les derniers calculs, il y aurait dans le STIC quelque 5,5 millions de mis en cause, et 28,3 millions de victimes ou témoins, soit près de 34 millions de personnes recensées dans ce fichier. Pour la CNIL : « Non seulement la procédure de mise à jour du STIC est peu utilisée par les procureurs de la République mais, dans certains cas, les demandes d’effacement formulées ne sont pas prises en compte par le ministère de l’Intérieur. Sans entrer dans le détail de l’enquête conduite par la CNIL, il suffit de noter simplement que seules I7% des fiches de mises en cause sont exactes. Parmi les données stockées dans le STIC, il est possible de trouver des qualifications telles que « autiste » ou « handicapé moteur », voire « homosexuel », « travesti » ou « alcoolique »… (Source, le Monde, 20 janvier 2009)
Amnésie policière
Le 21 juin 2008, un Tunisien sans papiers, âgé de 41 ans, décédait au centre de rétention (CRA) de Vincennes. Sa famille ne l’apprendra, fortuitement, qu’à la fin du mois d’octobre. Ce qui a finalement conduit la famille à déposer plainte, le 20 janvier 2009, pour rétention d’information, ainsi que pour homicide involontaire, pour manquement aux obligations de sécurité, omission de porter secours et, enfin, fausses informations, atteintes à la mémoire du mort et à sa réputation, ainsi qu’à celle de sa famille. Pour la préfecture de police, cet homme, prénommé Salem, « se trouvait seul dans sa chambre au moment du décès ». De quoi, Salem est-il mort ? Selon 1′administration : « L’enquête en cours, menée par la police judiciaire, écarte la présence de traces anormales. » Il n’en reste pas moins que, dès le lendemain du décès, le 22 juin 2008, 1a préfecture de police affirmait que « Salem était connu pour des faits de délinquance grave et réitérés, notamment en matière de trafic de stupéfiants, de violence et de viol. » Ce qui, avec retard, a conduit la famille à porter plainte pour atteinte à la mémoire de Salem. N’oublions pas que le 22 juin 2008, des codétenus de Salem avaient mis le feu au CRA de Vincennes. Une certitude, le corps de cette victime qui serait décédée d’un « arrêt cardiaque », selon la préfecture de police, n’a jamais été remis à la famille. (Sources, Libération, 21 janvier et 20 Minutes, 27 janvier 2009)
Boute-feu
Le 21 janvier, à Vitrolles (Bouches-du-Rhône), lors d’un contrôle routier, l’un des passagers d’un véhicule prend la fuite, affirment les gendarmes de service. Ce qui conduit l’un des pandores qui, n’écoutant que la voix de son devoir, dégaine et tire sur le fuyard qui sera grièvement blessé. I1 est vrai que les gendarmes ont un statut particulier, leur permettant, depuis 1903, de tirer sans être en situation de légitime défense. Bien évidemment, l’Inspection technique de la gendarmerie nationale (ITGN) enquête. Dans l’attente, le flingueur impulsif a été mis en examen, mais laissé en liberté sous contrô1e judiciaire. (D’après Métro, 22 janvier et Direct Matin, 23 janvier 2009)
A la chasse !
Le 24 janvier, quelques centaines de manifestants s’étaient rassemblés pour protester contre le maintien en détention de trois jeunes, sous l’accusation d’avoir tenté d’incendier un fourgon de police, devant le commissariat de police du XVIIIème arrondissement, en mai 2007. Comme ce rassemblement n’avait pas été autorisé par la préfecture, les forces de l’ordre, très nombreuses, encerclaient les manifestants, interpellant une centaine d’entre eux, après avoir chargé violemment et balancé des gaz lacrymogènes. (Source, Métro, 26 janvier 2009)
Pour la police : justice lente !
Dans la nuit du 13 au 14 août 2007, un père de famille, âgé de 37 ans, déprimé et pris de boisson, s’était disputé avec sa petite amie. Alertée par les voisins, les forces de l’ordre ne tardent pas à arriver pour maîtriser le »forcené ». Le ton monte rapidement, et l’homme lance aux policiers : « Un bon flic est un flic mort ! Sarkozystes ! » Réponse d’un policier : « Tu vas morfler, connard ! ». Propos rapportés par un témoin, qui donne une fâcheuse image de l’expression policière. Comme cet homme désespéré s’applique un couteau sur la gorge, en criant : « Venez, je n’ai plus rien à perdre ! » Le même policier lui répond : « Vas-y, ça arrangera tout le monde ! » Va suivre une fuite par les toits, puis dans la rue. Débusqué, assis entre un mur et une voiture, l’un des policier intime au fuyard : « Sors de là ! » puis tire sans sommation une balle de 9 mm, tuant cet homme sur le coup. Dix-huit mois plus tard, le policier flingueur n’a toujours pas été mis en examen, et son avocat s’escrime à parler de « légitime défense », alors que la victime n’était pas armée. La reconstitution des faits a été reportée à plusieurs reprises. Comment ne pas s’étonner des lenteurs de la justice lorsque des policiers sont mis en cause. Surtout lorsqu’il y a mort d’homme ? (D’après Le Monde, 27 janvier 2009)
Pas contents, les policiers !
Bonne nouvelle. Les policiers se disent écœurés par certaines tâches qui leur sont imposées. C’est ainsi que les deux principaux syndicats de policiers en tenue, SGP-FO et UNSA-Police, appellent une manifestation nationale de leurs troupes, le 28 mars 2009. Motif de cette grogne : « protéger les acquis sociaux ». En fait, ces policiers se plaignent surtout de l’inégalité de la répartition des primes qui, « ne bénéficient qu’à quelques privilégiés ». (Il convient de rappeler qu’après la révolte des banlieues de l’automne 2005, un certain nombre de policiers, en poste sur le terrain s’étaient vu attribuer une prime de 300 euros alors que certains commissaires avaient reçu jusqu’à 15 000 euros pour leurs bons et loyaux services). Même s’ils regrettent les conditions de détention dans les centres de rétention (CRA), ces policiers se gardent bien de dénoncer la politique visant à expulser un maximum de clandestins. Un bon point, pourtant, un ancien délégué du SGP remarque : « Nos concitoyens souhaitent une police efficace, juste, et pas contrainte à la rentabilité, mais prioritairement au service du peuple et de la République, quelle que soit la situation sociale ». I1 est vrai que celui qui tenait ce langage vient de prendre sa retraite. Ce qui explique peut-être ce manque à l’obligation de réserve, comme disent les bons esprits… (D’après Libération, 27 janvier 2009)
Humanisme xénophobe
Le nouveau ministre de l’Identité nationale, Eric Besson, est bien le digne successeur de Brice Hortefeux. Le 27 janvier, en « visite » dans le Pas-de-Calais, près de l’ancien centre d’hébergement de Sangatte, celui qui fut militant socialiste a exprimé de fortes paroles. Après avoir « constaté les conditions de vie déplorables » des parias qui tentent de gagner l’Angleterre, le ministre a proclamé : « I1 n’y a pas de place pour l’immigration clandestine dans notre pays ! » Solution proposée : « Plus d’hommes, de matériels et de moyens sophistiqués pour rendre la frontière étanche… » En clair davantage de policiers avec, peut-être, quelques chiens. Profitant de ce déplacement, Eric Besson n’a pas manqué de se rendre au CRA de Coquelles, proche de Lille. Pourtant, comme le ministre ne veut pas donner de lui une image de barbare, le bon élève du président de la République a expliqué qu’il allait essayer de voir ce qui peut être fait pour améliorer la situation humaine mais, toute fois, « sans rien faire qui puisse laisser penser qu’on va recréer un centre » comme Sangatte. Evidemment, ce serait trop demander à cet humaniste qui a définitivement rompu avec sa tribu politique d’origine. (D’après 20 Minutes, 27 janvier et Libération, 28 janvier 2009)
Mensonge sous serment
Le 22 novembre 2007, à Nantes, trois policiers contrôlaient un homme ivre qui déambulait dans les rues de Nantes. Au lieu de 1′interpeller et de le conduire au commissariat, pour le placer en cellule de dégrisement, comme le veut procédure, ils l’abandonnent à son sort. Ces policiers sont en fin de service et ne veulent pas s’intéresser à cet ivrogne présumé. Ce n’est que vingt jours plus tard que l’on retrouvera le corps de cet ouvrier tunisien, prénommé Taoufik dans les eaux glacées du canal, situé au bout de la rue sombre où le contrôle avait été effectué. Les policiers affirmeront l’avoir laissé dans une rue bien éclairée et passante. (Se reporter à Que fait la Police ?, janvier 2008). Le 28 janvier 2009, les trois policiers comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Nantes pour « délaissement » et « faux témoignage », admettant avoir menti sous serment, aussi bien à leur hiérarchie qu’aux enquêteurs de l’IGPN, mais refusant d’admettre le délit de « délaissement », qui est lourdement condamnable. Comme l’a exprimé l’un des policiers : « …J’ai entendu des commentaires tendancieux et loufoques à la radio et dans les journaux. On a eu peur d’être accusé de l’avoir agressé, tabassé ou tué. » Magnanime, le procureur a requis six mois de prison avec sursis pour chacun des trois policiers, mais pas d’interdiction professionnelle, estimant que c’est à l’institution policière de prendre éventuellement une telle mesure. A suivre. (Libération, 29 janvier 2009)
Vient de paraître
Les Editions Semic ont eu l’excellente idée de publier une bande dessinée intitulée Outrage et Rébellion, signée par Robert Outrage et Marcel Rebellion -en fait, Manook et Cordoba. En vente dans toutes les bonnes librairies. A lire absolument.
Police secours ?
Le 31 janvier, à Chateau-Thierry (Aisnes) les policiers interpellent un homme, pris de boisson, et le mettent en garde à vue au commissariat. Rapidement, 1′homme fait un malaise cardiaque, et les policiers font appel au SMUR, qui envoie aussitôt un médecin pour assurer les premiers soins. Entre temps, un second malaise cardiaque se produit. Le médecin du SMUR informe les policiers qu’il faut absolument conduire cet homme à l’hôpital. Ce qui provoque une vive discussion, et le refus des policiers, qui se mettent à tutoyer ce médecin qui a sans doute le tort d’être noir de peau. Ils lui intiment l’ordre de stopper la réanimation et mettent en doute sa qualité de médecin. (Comment un Noir pourrait-il être médecin ? doivent estimer ces policiers, bruts de décoffrage). Ils lui parlent avec mépris, et vont jusqu’à le menacer d’une mise en garde-à-vue. Finalement transféré à l’hôpital, l’ivrogne, devenue victime de la police est hospitalisé dans un état grave. A l’hôpital, le personnel se montrait indigné du comportement policier envers un médecin dont la couleur de peau ne devait pas leur convenir. (D’après France Info et France 3, 31 janvier 2009)
Invisible
Le 31 janvier, à Paris, une manifestation en soutien aux membres de l’informel « groupe de Tarnac », le fameux « groupuscule invisible » se déroule depuis la place du Luxembourg. Alors que le cortège approchait de la prison de la Santé, où Julien Coupat est toujours détenu, les forces de l’ordre entraient en action. Bilan de cette intervention policière, quinze interpellations et huit policiers blessés. (Source, Journal du Dimanche, 1er février et Libération, 2 février 2009)
En Suisse aussi
Ce même 31 janvier, à Genève, la police suisse disperse rudement un millier de manifestants qui, à l’appel de groupes alter mondialistes, protestent contre le Forum de Davos. La police ayant, parait-il, repéré quelques dizaines de « casseurs » au sein du cortège, n’a pas manqué de se défouler, tout comme le feraient de vulgaires policiers français. (D’après Le Journal du Dimanche, 1er février 2009)
Rétention
Le 31 janvier, quelque 500 personnes manifestaient devant le centre de rétention de Vincennes (CRA) pour en réclamer la fermeture. Les policiers, comme à leur habitude, en ce lieu « sensible », n’ont pas manqué d’intervenir à la matraque. Neuf manifestants étaient interpellés et conduits au commissariat du 12ème arrondissement de Paris pour quelques heures de garde à vue. (Source, Métro, 2 février 2009)
Pas si ripoux que cela ?
Le 26 janvier, à Paris, le chef du groupe « Cabaret » de la Brigade de répression du proxénitisme, soupçonné de « collusion », voire de « corruption » de fonctionnaires, était placé en garde-à-vue. Présenté à un juge d’instruction, le 29 Janvier, cet officier de police de haut grade n’a pas été mis en examen. I1 est vrai que 1′IGS enquête… (Source, Métro, 2 février 2009)
Le corbeau et les policiers
Le 22 janvier, à Louvroil (Nord), à 6 H 30 du matin, trois policiers s’invitent au domicile d’un paisible retraité. Ils lui disent d’entrée de jeu : « C’est très grave, vous êtes un criminel. Vus avez voulu tuer le président Sarkozy ! » Preuve à l’appui, les policiers lui montrent des lettres qu’il aurait adressées au prédisent de la République, le menaçant de « lui faire la peau… » Le brave homme croit à une farce. Sans qu’il lui soit possible de discuter, il est embarqué, en pyjama, au commissariat de Maubeuge où il va subit 7 heures de garde à vue, avec prise d’empreinte génétique, photo face et profil, comme un criminel. Il est interrogé rudement et même tutoyé. Finalement, entre eux, les policiers murmurent qu’ils « se sont plantés ». L’homme va porter plainte contre X, mais il attend également des excuses de la part de la police. (il peut toujours attendre !), qui lui suggère cyniquement de prendre un avocat s’il n’est pas content. Bien entendu, la brigade criminelle enquête pour trouver le corbeau. (Source, Le Monde, 2 février 2009)
Identité nationale
L’ancien socialiste Eric Besson, qui a succédé à Brice Hortefeux au poste de gardien de l’Identité nationale, n’a pas tardé à faire montre de son talent. Intervenant sur une chaîne de radio périphérique, le 4 février, il a déclaré la guerre aux passeurs facilitant l’accès des clandestins en France. Il n’en reste pas moins que, pour rendre son action plus efficace, le ministre a annoncé la mise en place d’un système de délation. Ainsi, tout clandestin décidant de coopérer avec la police, en lui indiquant les responsables de la filière ayant facilité son entrée en France, se verrait attribué un titre de séjour provisoire qui pourrait être renouvelé. Nous savons, d’expérience, que la délation peut être utilisée à toutes les sauces et à toutes les époques, particulièrement durant l’occupation nazie, lorsque la police française incitait les « bons citoyens » à dénoncer les communistes, les Juifs, les gaullistes, en fait tous les possibles fauteurs de troubles. (D’après Le Parisien, 4 février 2009)
Gardes à vue
En 2008, ce sont 577 816 personnes, résidentes en Frances et âgées de plus de 13 ans, qui ont entendu un officier de police judicaire leur notifier leurs droits : « Vous êtes en garde à vue. Vous pouvez appeler un membre de votre famille, et demander à voir un avocat. » Le nombre de gardés à vue ne cesse de croître. Il a enregistré une hausse de près de 55 % en huit ans. Au cours des douze derniers mois, c’est 1 % de la population qui a été placé sous ce régime de contrainte par lequel les policiers répondent devant leur hiérarchie de performances chiffrées qui leur sont imposées. (Source, Le Monde, 5 février 2009)
Brutalités ordinaires
Le 29 janvier, à Paris, à l’occasion du dîner du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) un rassemblement avait été organisé pour dénoncer le soutien total de cette organisation aux actes meurtriers de l’armée israélienne, à Gaza. Un important dispositif policier protégeait le lieu de ce dîner, ce qui ne devait manquer de provoquer ces inévitables « incidents » où les forces de l’ordre savent faire montre de leur talent. Au cours de ces affrontements, un militant du comité Résistance Palestine était violemment plaqué au sol et écrasé par plusieurs gendarmes mobiles. Asthmatique et partiellement invalide, ce militant palestinien ne devait être transporté à l’hôpital que très tardivement. (Source, Rouge, 5 février 2009)
Délicatesse policière
Le 4 février, la cour d’assises de Paris entendait le témoignage de la victime d’un violeur, jugé ce jour-là. La jeune femme expliquait qu’après l’agression elle s’était précipitée au commissariat le plus proche, pour porter plainte. Elle racontait son audition « par un flic qui sent l’alcool…et qui redemande quatre fois s’il a éjaculé… » Pour un peu, ce délicat représentant de l’ordre public aurait demandé à cette victime si elle avait pris du plaisir au cours de ce viol. (D’après Le Parisien, 5 février 2009)
Petite curieuse
Depuis quelques mois, il a été beaucoup question de la nocivité des fichiers policiers. Particulièrement le STIC (Système de traitement des infractions constatées). Un mauvais fait divers vient rappeler que nombre de policiers utilisent ce fichier à des fins plus ou moins avouables. Un exemple parmi d’autres ne manque pas d’intérêt : celui d’une femme policière qui, semaine après semaine, suivait les aventures des stars people dans le magazine Gala, avant de consulter indûment le STIC, pour en savoir davantage. Ayant consulté le STIC à plus de 500 reprises, la fliquette, prise en défaut, a été mise en examen en décembre 2008. Peu de chose, bien sûr, puisqu’il ne s’agissait que d’acteurs et de chanteurs, mais authentique abus de pouvoir. (Sources, Le Monde et Métro, 6 février 2009)
Bonne sécurité
Le 6 février, Nicolas Sarkozy se rendait à Flamanville (Manche), pour visiter la centrale nucléaire. Pour assurer la sécurité du chef de l’Etat, 539 policiers et gendarmes mobiles se trouvaient mobilisés sur le terrain. Comme on ne prend jamais assez de précautions pour protéger la personne du président, la préfecture maritime avait pris un arrêté interdisant aux navires de s’approcher à moins de quatre milles nautiques des côtes. Authentique ! (Source, Le Monde, 9 février 2009)
Acharnement
Si une escouade de policiers devait se déplacer à chaque carreau cassé, les effectifs des forces de l’ordre seraient insuffisants. C’est pourtant ce qui s’est passé à Villiers-le-Bel (93), le 7 février, les policiers intervenant dans la ZAC, appelés par un gardien d’immeuble pour une vitre brisée. D’où un affrontement violent entre les policiers et une cinquantaine de jeunes. Comment ne pas rappeler qu’à l’automne 2006, deux jeunes d’une cité de Villiers-le-Bel étaient morts, à bord de leur mini moto, suite à un mauvais contact avec un véhicule de police. Depuis, les policiers de ce secteur ne cessent de harceler les jeunes des cités de Villiers-le-Bel. (D’après Direct-Matin, 9 février 2009)
Fortes paroles
Suite à l’appel à la délation lancé par Eric Besson, gardien de l’Identité nationale, Frédéric Lefebvre, porte-parole musclé de l’UMP, n’a pas hésité à déclarer, le 7 février : « La dénonciation est un devoir républicain ! » (Source, Canal +, 9 février 2009)
Quand l’ordre public n’est pas troublé
Le 6 février, à Paris, aux abords de l’Assemblée nationale, quelque 150 nervis d’extrême droite, brandissant des flambeaux, célébraient le 75ème anniversaire de la tentative de coup de force fasciste du 6 février 1934. Cette action appelée par l’Oeuvre Française et le Renouveau Français, organisation néo-fascistes, était autorisée par la préfecture de police. (Source, Libération, 9 février 2009)
A Nancy : interpellation musclée
Tout finit par se savoir. Même lorsqu’une bavure se déroule dans la France profonde. Dans la nuit du 11 ou 12 décembre 2008, vers 22 H 30, une nancéienne, après une petite fête en famille, descend sortir une poubelle mais, une fois dans la rue, , la porte claque derrière elle, et elle n’a pas sa clé. Elle tape sur la porte, pour prévenir son mari. Dans la rue passe une voiture de police, dont les occupants sautent sur cette femme, lui passent les menottes et la jettent dans leur véhicule avant de la fouiller. Comme elle demande les raisons de ce traitement, une policière lui intime de « fermer sa gueule ! », puis, l’attrapant par les cheveux, lui tape la tête à plusieurs reprises sur une vitre latérale. Elle finit par s’évanouir. Lorsqu’elle se réveille, en cellule, on lui ordonne de souffler dans un éthylotest – elle est positive. Il était déjà 6 H du matin et, à 9 H, on lui dit qu’elle peut partir, lestée d’une contravention pour ivresse sur la voie publique. Cette victime de la police ne comprend pas ce qui lui est arrivé, et elle va porter plainte pour « violences commises en réunion par personnes dépositaires de l’autorité publique » car elle est couverte de marques sur tout le corps et le visage. « J’espère que ceux qui ont fait ça seront sanctionnés », dit la jeune femme. Pour son avocat, comme il n’y a aucune justification à ce mauvais traitement, « On va nous dire certainement qu’il y a eu outrages, injures ou rébellion. » De son côté, le directeur départemental de la sécurité publique ne souhaitait pas faire de commentaires. (Source, Vosges-Matin, 4 janvier 2009)
Suicide
Le 9 février, à Paris, une jeune femme policière de 23 ans se suicide au commissariat du 15ème arrondissement, avec son arme de service. Selon les premiers éléments de l’enquête, cette femme policière, arrivée dans ce commissariat en mai 2008, souffrait de troubles psychologiques, et faisait l’objet d’un suivi pour cette raison. Question : comment peut-on être policier lorsqu’on souffre de troubles psychologiques ? (D’après Direct-Matin et Métro, 11 février 2009)
Sécurité asociale
Notre éminent gardien de l’Identité nationale, Eric Besson, doit craindre pour sa personne. Arrivé à son nouveau poste ministériel, il devait demander que sept officiers de sécurité soient mis à sa disposition. Relativement généreux, le ministère de l’Intérieur lui en accordé cinq. Il est vrai que lorsqu’on occupe un tel poste à risque, il est important d’assurer ses arrières. (D’après France-Info, 11 février 2009)
Quand l’ordre public n’est pas troublé (suite)
L’information fournie par Libération (voir ci-dessus), était incomplète. Ce 6 février 2009, si les petits nazillons ont pu fêter impunément le 70ème anniversaire du 6 février 1934, près de la Chambre des députés, il n’en a pas été de même pour quelques anti-fascistes. En effet, d’une voiture passant près du cortège, les quatre occupants avaient crié, à l’adresse des manifestants : « Salauds, fachos ! » Ce que les policiers en civil, présents sur le terrain, ne pouvaient supporter. La voiture des impertinents était immédiatement immobilisée par ces défenseurs de la République, aussitôt rejoints par deux fourgons de police, puis par une dizaine de policiers arrivant au pas de course et, enfin, de deux véhicules de la Direction de l’ordre public. Les quatre garçons, priés de sortir de leur voiture, allaient subir, durant une vingtaine de minutes, contrôles d’identité et fouilles au corps. (Source, Le Canard Enchaîné, 11 février 2009)
Les gendarmes à l’école
Dans le département de l’Hérault, les gendarmes se montrent particulièrement entreprenants. Entre le 19 et le 29 janvier, des gendarmes se sont rendus dans cinq écoles du département. Dans la première, ils ont demandé « si tout allait bien », à la deuxième, ils se sont inquiétés de savoir s’il n’y avait pas de « troubles à l’ordre public » dans l’établissement. Dans une troisième, ils ont téléphoné tous les matins, entre le 19 et le 21 janvier, également pour savoir « si tout allait bien ». Le 22 janvier, à l’école Georges-Brassens de Paulhan, ils ont pris soin de noter, rappellent les enseignants, « qu’il y avait des banderoles devant la clôture, et demandé si les enseignants n’étaient pas gêné par des parents qui occuperaient l’école », demandant également « si les évaluations du CM2 se déroulaient dans des conditions normales. » Enfin, cerise sur le gâteau, le 29 janvier, deux gendarmes se présentaient à l’école Marie-Roustant de Maugio. Motif : « Demander aux enseignants non-grévistes de leur donner le nombre de grévistes de l’école. » Refus très fermes, mais les enseignants, qui se sont émus de ces interventions dans l’espace éducatif posent la question de la provenance des ordres donnés aux gendarmes. (Source, L’Humanité, 11 février 2009)
La police fait peur
Le 9 février 2009, dans la soirée, à Paris, un homme de trente ans qui s’était enfuit du commissariat du 5ème arrondissement, plongeait dans la Seine pour échapper aux policiers. Repêché, il décédera quelques heures plus tard. Son crime : avoir proféré des menaces au tenancier d’un bar. (Source, 20 Minutes, 12 février 2009)
Les gendarmes au collège
Le 10 février, à 8 H 15 du matin, dans la commune d’Arthez-de-Béarn (Pyrénées Atlantiques) arrivent des cars de ramassage scolaire. A leur descente des bus, sur la place du village, une centaine d’élèves du collège reçoivent l’ordre, donné par une dizaine de gendarmes, de s’aligner, cartable au pied. Un chien renifle les sacs des enfants. Aucun produit stupéfiant n’est trouvé. Objectif, selon l’inspecteur d’académie, « sensibiliser les jeunes aux problèmes de drogues. » Devant la levée de bouclier des partis de gauche, l’inspecteur déclarait : « Je m’étonne d’un tel souffle médiatique… » Pour la présidente locale de la FCPE (Fédération des conseils de parents d’élèves), qui avait assisté à la scène : « C’était vraiment choquant. Il fallait voir la tête des enfants Ils étaient décomposés ! » De son côté, le secrétaire départemental du SNES déclarait : « Ces contrôles sont des mesures de violence symbolique. Bien sûr, il n’y a pas eu de violences physiques mais des gendarmes en uniforme, qui donnent des ordres, c’est impressionnant pour un gamin de 11-12 ans… » (Source, Libération, 12 février 2009)
Code la route ?
Equipés de leur gyrophare et de leur sirène deux tons, les policiers et les gendarmes foncent sur les routes sans retenue, d’où de nombreux accidents. Le 15 février, des gendarmes de l’Essonne, qui poursuivent une voiture, à bord de leur fourgon, à Chamarande, qui ont sans doute négligé la priorité à un carrefour, devaient percuter le véhicule d’un couple de sexagénaires. Bilan : deux morts ! Le 17 février, le gendarme qui conduisait le fourgon était mis en examen pour « blessures involontaires. » (Source, 20 Minutes, 16 février 2009)
Sous haute surveillance
Michelle Alliot-Marie a annoncé son intention de tripler le nombre de caméras de surveillance, sur la voie publique, d’ici la fin de 2009. Le parc de caméras passerait ainsi de 20 000 à 60 000. Au cours d’une interview, la ministre de l’Intérieur a également révélé qu’elle prévoyait le redéploiement de 4 000 policiers dans les quartiers dits « sensibles », avec la mise en place d’unités territoriales de quartiers (UTQ) et de compagnies de sécurisation, qui se poursuivront jusqu’en 2011. (Source, France-Soir, 16 février 2009)
Toujours dans le social…
Le 16 février, des policiers interviennent à la communauté Emmaüs de Marseille pour y interpeller un sans papier hébergé dans les locaux de cette association. Le 17 février, une perquisition était conduite, dans les mêmes locaux, par des policiers de la PAF – le responsable du centre, interpellé à son tour, sera placé en garde à vue pendant six heures. (Source, Métro, 19 février 2009)
Pas racistes nos forces de l’ordre ?
Le 16 février, les gendarmes mobiles intervenaient avec la plus grande violence au Gosier, en Guadeloupe. Des militants syndicalistes, témoins et victimes de ce déchaînement racontent : « Ils nous tabassaient en vociférant des amabilités telles que : Sales nègres ou Chiens de nègres !, quand ce n’était pas simplement Négros ou, plus lourdement encore : Sales nègres, on va vous casser la gueule ! Un militant politique, lui-même blessé, témoigne depuis son lit d’hôpital : « Des gendarmes, fraîchement arrivés de Métropole, m’ont dit, avant de me tabasser : on a reconnu ta sale petite gueule, qu’on a vue à la télé. Sales nègres, on finira par avoir votre peau ! » Propos rapportés dans l’émission Là-bas si j’y suis, sur France-Inter, 19 février 2009)
Inflation sécuritaire
Le 19 février, Nicolas Sarkozy visitait le village de Daumeray (Maine-et-Loire). Aucun rassemblement protestataire ,’était annoncé et le déplacement était relativement discret. Il n’en reste pas moins que 700 policiers et gendarmes mobiles avaient accompagné le président, qui venait s’intéresser aux élevages bovins de la région. Le préfet et le directeur départemental de la sécurité publique de ce département agricole étaient peut-être inquiets pour leur avenir, au cas où le moindre mouvement de foule se serait produit. (Source, Métro, 20 février 2009)
Recherche
Dans la soirée du 19 février, à Paris, après la manifestation des enseignants-chercheurs, quelque 200 étudiants occupent un amphithéâtre de la Sorbonne. A l’aube du 20 février, un escadron de gendarmes mobiles, dépêché sur les lieux, va se charger d’expulser dans ménagement ces possibles nostalgiques de mai 1968. (Source, Canal +, avec images significatives, 20 février 2009)
Qui sont les voyous ?
A la mi-février, au cours d’un débat télévisé sur les événements de la Guadeloupe, le secrétaire général du syndicat de policiers en tenue, Alliance, dont le nom ne mérite pas de passer à la postérité, se permettait de traiter de « voyous » les jeunes en révolte dans cette île des Antilles françaises. Il serait possible de retourner ce compliment à cet héritier du système colonial qui, lui-même, ne mérite pas d’autre qualificatif que celui de voyou en uniforme. En fait, cette éructation correspondait à la mentalité moyenne du policier ordinaire pour qui la société est divisée en trois catégories : les honnêtes gens, les individus et ces « voyous » qui hantent les cauchemars de nos forces de l’ordre tellement soucieuses de la défense des institutions républicaines. Fort heureusement, il y a les policiers, catégorie à part dans notre société, sans qui rien ne serait possible dans une démocratie placée sous haute surveillance. (Communiqué de l’Observatoire des libertés publiques, 25 février 2009.)








