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En effet, bien que l'aventure fut passionnante, QI132 souffrait de plusieurs défauts :
- ligne éditoriale peu claire ;
- liens assez prononcés à Mensa ;
- limitations techniques de Blogger.
L'objet d'Asterion vous est détaillé ici. Comme vous le verrez, Asterion récupère à la fois les rédacteurs de QI132, et certains de ses centres d'intérêts. Alors, tant qu'à faire, nous y avons aussi importé d'anciens billets auxquels nous avons conservé leur date originale de parution.
Merci de nous avoir suivi durant ces quelques années sur QI132, et soyez les bienvenus sur notre nouveau média : www.asterion.be.
L'anecdote prend tout son sel avec une lettre qui lui parvint dans le courrier des auditeurs. Cette missive vitaminée émanait de John Nichols, éditorialiste du Capital Times. La voici :
Cher Docteur Laura,
Merci de tant faire pour éduquer les gens à la Loi de Dieu. J'apprends beaucoup à votre écoute et essaie de partager cet enseignement avec le plus grand nombre. Quand quelqu'un défend l'homosexualité, je brandis le Lévitique 18:22, point final.
Toutefois, concernant d'autres lois du Lévitique et de l'Exode, j'aurais besoin de nouveaux conseils avisés de votre part, afin des les interpréter au mieux. Ainsi :
- Quand je brûle un taureau en sacrifice, je sais que cette odeur est douce au Seigneur (Lev. 1:10-17). Elle ne plait cependant pas à mes voisins. Comme trouver le meilleur compromis?
- Je souhaiterais vendre ma fille comme servante, tel que c'est indiqué dans l'Exode 21:7. De nos jours, quel serait le meilleur prix pour une fille de son âge ?
- Je sais qu'aucun contact ne m'est permis avec une femme durant ses périodes de menstruation (Lev. 15:19-24). Le problème est : comment le savoir? J'ai essayé de demander mais la plupart des femmes en prennent ombrage.
- Le Lévitique 25:44 dit clairement que je peux acheter des esclaves des nations alentours, mâles et femelles. Un de mes amis affirme que cela s'applique seulement aux Mexicains, et non aux Canadiens. Pourriez-vous clarifier ce point? Pourquoi ne pourrais-je pas posséder de Canadiens?
- J'ai un voisin qui persiste à travailler le samedi. L'Exode 35:2 dit clairement qu'il doit être mis à mort. Suis-je moralement obligé de le tuer moi-même ?
- Un de mes amis m'affirme que, si manger des fruits de mer est une abomination (Lev. 11:10), c'est tout de même moins grave que l'homosexualité. Je ne suis pas d'accord ! Qu'en pensez-vous?
- Le Lévitique 21:18 dit que l'on ne peut pas approcher de l'autel de Dieu si on a des problèmes de vue. Je dois bien admettre que je porte des lunettes. Mon acuité visuelle doit-elle être de 20/20 ou existe-il une certaine tolérance?
- Je sais que toucher le peau d'un cochon mort me rend impur (Lev. 11:6-8) mais puis-je tout de même jouer au football en portant des gants?
- Mon oncle possède une ferme. Il viole le Lévitique 19:19 en plantant dans un même champ deux types de cultures différentes. Sa femme fait de même en portant des vêtements faits de différents tissus (mélange coton/polyester). Il a aussi tendance à médire et à blasphémer. Est-il vraiment nécessaire de réunir tous les habitants du village pour le lapider? (Lev. 24:10-16) Ne pourrait-on pas simplement les brûler vifs lors d'une simple réunion de famille, comme ça se fait avec ceux qui dorment avec des parents proches? (Lev. 20:14)
Je sais que vous avez étudié ces matières de façon approfondie et ne doute pas que vous puissiez m'aider.
Merci encore pour nous rappeler que les paroles divines sont éternelles et immuables.
Sincèrement,
Un auditeur fidèle
Sources
Snopes
Prévue dans un premier temps pour faire gagner quelques fractions de secondes à l'utilisateur, cette fonction offre une image frappante des préoccupations des internautes pour autant que l'on choisisse des débuts de phrases ouvertes.
Il en ressort entre autres la conviction que Dieu n'est pas un inspecteur de poisson (puisqu'il semble être un astronaute), que l'on soit perplexe sur les mécanismes à mettre en place pour tomber enceinte, que l'aérophagie cause plus d'anxiété que la solitude, et qu'une masse considérable d'internautes sont "extrêmement terrifiés par"... les Chinois. Heureusement, une singulière bouffée d'intérêt pour les équations quadratiques vient relever le niveau.
D'autres facettes googliennes de notre belle humanité? Les commentaires vous sont ouverts!
Puisque vous avez la flemme de cliquer, je résume. En 1961, Frank Drake a jeté les bases toutes simples permettant d'estimer le nombre potentiel de civilisations extraterrestres dans notre Galaxie avec lesquels nous pourrions avoir un contact. Les choses se résument à une simple équation :
N est le nombre de civilisations extraterrestres dans notre galaxie avec lesquelles nous pourrions entrer en contact,
R est le nombre d'étoiles en formation par an dans notre galaxie,
f(p) est la fraction de ces étoiles possédant des planètes,
n(e) est le nombre moyen de planètes par étoile potentiellement propices à la vie,
f(l) est la fraction de ces planètes sur lesquelles la vie apparaît effectivement,
f(i) est la fraction de ces planètes sur lesquelles apparaît une vie intelligente,
f(c) est la fraction de ces planètes capables et désireuses de communiquer,
L est la durée de vie moyenne d'une civilisation.
Si la valeur de R est connue avec assez de précision (+/- 10 étoiles/an), les autres valeurs restent inconnues, et six inconnues pour une seule équation, c'est carrément trop pour espérer une solution unique.
Mais Enrico Fermi était d'origine romaine. Il a donc retourné le problème et imaginé une civilisation extraterrestre lancée à la conquête de la Galaxie (limitée par la vitesse de la lumière). Cette civilisation progresserait par bonds, s'arrêtant quelques siècles sur chaque nouvelle planète, puis enverrait de nouveaux vaisseaux pour poursuivre son expansion. La relative lenteur de progression serait largement compensée par la multiplication des vaisseaux, en manière telle que, après quelques centaines de milliers d'années seulement, la totalité de la Galaxie serait colonisée (1).
Or, de contact extraterrestre, il semble que nous n'en ayons pas eu. Tel est le Paradoxe de Fermi.
Plusieurs hypothèses sont possibles (de tel sorte que ce paradoxe n'en est pas vraiment un bien sûr) :
- Les civilisations extraterrestres n'existent pas ;
- Les civilisations extraterrestres existent, mais il leur est impossible de nous contacter ;
- Les civilisations extraterrestres existent, ont développé la technologie pour nous visiter, mais ne l'ont pas fait ;
- Les civilisations extraterrestres existent et nous ont visités, mais ne signalent pas leur présence ;
- Les civilisations extraterrestres existent, nous ont visités et ont communiqué avec nous, mais leur existence n'a pas été officialisée ;
- Les civilisations extraterrestres existent et nous sommes celle qui visitera la galaxie ;
- Les civilisations extraterrestres existent, mais considèrent le système solaire comme peu propice ;
- Les civilisations extraterrestres existent, mais s'autodétruisent avant de contrôler le voyage intersidéral ;
Dans un papier datant du 2 février et publié sur arXiv (Broadcasting but not receiving: density dependence considerations for SETI signals), Reginald D. Smith du Bouchet-Franklin Institute de Rochester considère un élément négligé : il existe une distance au-delà de laquelle un signal extraterrestre devient si faible qu'il ne peut plus être détecté.L'étude propose un modèle quantitatif qui repose sur une équation de Drake à laquelle est injectée la distance maximale moyenne d'émission d'un signal extraterrestre. Cette équation de Drake 2.0 permet d'estimer une densité de peuplement minimale de la Galaxie en-deçà de laquelle il est peu probable qu'un contact puisse s'établir.
Smith démontre ainsi que l'absence de communication pointée par Fermi peut simplement s'expliquer par une densité de peuplement trop faible : « Assuming the average communicating civilization has a lifetime of 1,000 years, ten times longer than Earth has been broadcasting, and has a signal horizon of 1,000 light-years, you need a minimum of over 300 communicating civilization in the galactic neighborhood to reach a minimum density. »
Ce qui, m'assure le fils du voisin, est un truc de ouf!
Et Shakespeare là-dedans? C'est ici, dans Hamlet (I.v.174-75) : « There are more things in heaven and earth Horatio, than are dreamt of in our philosophy. »
Notes
(1) Oui, le principe de la réaction en chaîne qui devait occuper Fermi aussi en dehors de ses heures de boulot.
(2) C'est dire à quel point vous avez eu le nez fin de vous être affilié à ce blog!
Sources
[1] arXiv:0901.3863v1 [physics.gen-ph]
[2] QI132 : Du nombre d'accordeurs de pianos à Chicago
[3] Wikipedia : Équation de Drake
[4] Wikipedia : Paradoxe de Fermi
Après un lancement calamiteux, le fantastique projet Europeana est désormais en ligne et, bien que toujours en phase de test, ça décoiffe doucement : textes, illustrations graphiques, extraits sonores et vidéos de près de 70 contributeurs dont la Bibiothèque nationale de France, la Fundação Calouste Gulbenkian, la Bibliothèque Royale de Belgique et The British Library. Le partimoine actuel de 2 millions d'objets numériques sera triplé lors du lancement de la version 1.0, en 2010.Il reste toutefois pas mal de choses à améliorer : robustesse du système et cohérence des données. Vous trouverez en effet bien le viandier de Taillevent hébergé par la Bibliothèque nationale de France, mais le lien ne vous mènera que vers une page d'erreur doù il vous faudra recommencer la recherche! En outre, la possibilité pourtant capitale de créer un compte propre afin de stocker ses recherches a été temporairement et mystérieusement supprimée. Don't worry, be crappy comme ils disent, Outre-Atlantique.
Un petit aperçu en quelques clics? Mais avec plaisir...
Il y a une propriété de pi qui me fait douter de son existence, ou plus modestement, qui me fait réaliser que je n’avais pas vraiment compris ce qu’est un nombre. Et cette propriété est : « pi est un nombre normal. » Cela veut dire que la suite des chiffres qui composent pi, et qui commence par 314159 a toutes les propriétés d’une suite aléatoire infinie, où chaque chiffre apparaît avec la même fréquence 1/10.Une conséquence de cette propriété de pi est que toute suite de chiffres de longueur finie, comme 0123456789, est présente quelque part dans la suite des chiffres qui composent pi. Plus la séquence est longue plus sa fréquence est faible, mais comme pi est une suite infinie, on a la certitude que n’importe quelle suite finie y est présente une infinité de fois. Par exemple, la suite la 10 chiffres 0123456789 est présente en moyenne une fois tous les 10000000000 chiffres, tout comme 0000000000, ou 3141592653.
La même observation est plus frappante quand on l’exprime différemment. Quand on écrit pi = 3.1415, ce n’est qu’une manière concise d’écrire que pi est le nombre qu’on obtient en faisant le calcul 3*1+1*1/10+4*1/(10*10)+1*1/(10*10*10)+5*1/(10*10*10*10). C‘est ce qu’on appelle la base 10. Avec la numération en base 2 des ordinateurs on écrirait pi = 11,0010010… ce qui veut dire pi = 1*2+1+0*1/2+0*1/(2*2)+1*1/(2*2*2)+… Si on veut utiliser une base plus grande que 10, il nous faut des symboles pour écrire tous les chiffres jusqu’à la valeur base. Pour écrire les nombres en base 27, par exemple, on peut convenir d’utiliser les lettres de notre alphabet et l’espace. On conviendrait 0 = «_», 1 = « A », 2 = « B», etc. jusqu’à 26 = « Z ». En base 27, et avec cette convention, les premières décimales de pi sont reprises dans le titre.
La normalité d’un nombre est indépendante de la base dans laquelle il est écrit, ce qui signifie que n’importe quelle suite finie de lettres se trouve quelque part dans pi. Par exemple, on s’attend à trouver le mot « PAPA » une fois toutes les 500000 décimales. Le texte du journal de demain figure aussi quelque part dans pi, de même que toute l’oeuvre de Voltaire. Tout cela y figure même plusieurs fois, une infinité de fois ! Pire, ce n’est pas propre à pi : la plupart des nombres sont normaux. Cela veut dire que la plupart des fois que vous faites un calcul, l’œuvre de Voltaire est cachée dans la réponse.
La situation est analogue à celle du singe imaginé par Emile Borel, qui reproduirait l’œuvre de Molière en tapant au hasard à la machine à écrire. Dans ce cas là, on peut se consoler de ce que cette situation n’est pas vraiment réelle, puisqu’il faudrait au singe un temps plus long que l’age de l’univers pour ne taper qu’un début de tirade. Ce que je trouve choquant avec la normalité des nombres, c’est que tout y serait dès le début. De manière statique, et depuis toujours. Faut-il en conclure que la plupart des nombres ne sont pas vraiment réels ?
En 2006 surgit Ma•gnolia qui offrait quatre choses importantes : l'importation facile des signets du navigateur, une interface lumineuse, la possibilité de créer des groupes et celle de rendre des signets privés. C'était devenu mon outil pour partager mes découvertes avec des amis, et pour m'assurer une accessibilité à mes signets lors de mes déplacements. J'y ai découvert aussi quelques sites intéressants. Pourtant, je vais quitter Ma•gnolia alors même qu'il fait le choix audacieux de l'open source.
Je vais quitter Ma•gnolia parce que la version 3 de Diigo est très étonnante.
Diigo est un site de social bookmarking que j'utilisais pour une option fantastique : celle qui permet de surligner des passages. Lorsque je rédige un article, j'ai pris l'habitude, grâce à l'extension de Diigo, de surligner les passages importants et de les stocker dans une liste personnelle créée à cet effet. Dès que je me remets au travail, d'un clic j'ai non seulement accès à mes sources mais encore aux passages surlignés. Épatant, même si l'usage que j'en faisais était très personnel. De fait, l'aspect social de Diigo était handicapé par plusieurs lourdeurs structurelles.
Dans sa version 3, relookée aujourd'hui même, une fois votre compte ouvert et l'extension installée sur votre navigateur, tout se passe comme dans un rêve. Lorsqu'un site vous plait, surlignez éventuellement les passages importants et envoyez-le à Diigo : une fenêtre vous permettra de donner une description, d'en choisir le caractère privé ou public, de prévenir Twitter, d'ajouter ce signet à une liste que vous aurez préalablement créée, d'informer un groupe etc.
Ultérieurement, vous retrouverez ce site avec le surlignage, mais vous verrez aussi qui d'autre l'a mis en signet public et quelles annotations y ont été ajoutées par la communauté.
Parmi la centaine de nouveautés de la version 3, j'en épingle cinq qui, ensemble, motivent ce billet.
- Tous vos signets Diigo se trouvent directement accessibles dans votre barre latérale, rendant désuets vos signets locaux.
- Par la même barre latérale, il est possible de voir ce que les gens disent du site sur lequel vous êtes en train de surfer. Je ne suis pas certain que cela ne me fatiguera pas rapidement mais pour le moment, c'est assez bluffant.
- Il est désormais possible à une équipe (de chercheurs ou de rédacteurs par exemple) de voter sur un élément, mais aussi sur un dictionnaire de mots-clés afin d'éviter de voir ces pléthores de tags synonymiques ou mal orthographiés qui polluent généralement ce genre de sites.
- L'option People like me vous permet, sur base de vos derniers signets, de découvrir les gens qui partagent le plus vos intérêts et dès lors, d'augmenter vos chances de découvrir non seulement des sites mais surtout des contenus intéressants.
- Le partage n'est pas limité à la sphère Diigo : Twitter, FaceBook et l'email sont à votre portée pour partager avec ceux de vos amis qui ne sont pas encore sur Diigo.
Au catalogue des émotions disparues figure la Ferrea Voluptas (volupté de fer) de Pétrarque, qui disparut sans doute avec le latin. La perversion d'aujourd'hui se teinte d'aspects moraux, éthiques et médico-légaux. La Ferrea voluptas est tout aussi dure, mais moins pesante et plus libre.
Autre absente, l'acédie était tellement répandue au VIe siècle que l'Église envisagea d'en faire le huitième péché capital. C'était une démotivation spirituelle, un sentiment d'« à quoi bon » lié à l'objet religieux, un estompement de la foi, un relâchement de la ferveur. Certains psychologues contemporains la remettent au goût du jour, mais dans une acception beaucoup plus large : l'acédie du chômeur par exemple.
J'ai un faible particulier pour la dubitation : le plaisir subtil d'échapper à la réponse directe, de faire durer la douce tension née du questionnement.
Certaines émotions sont-elles actuellement menacées d'extinction ? J'éprouve quelque crainte pour le scrupule (petite pierre pointue dans le cerveau, selon les Latins) ou la magnanimité.
Je me souviens aussi du terrible et puissant sentiment d'egrégore, fusionnant les ressentis individuels en une énergie de groupe. Lui, c'est autre chose, il semble tellement présent lors de certains rassemblements politiques, sportifs, évangéliques ou encore de télé-réalité que seul le mot qui le désigne tombe dans l'oubli.
Comprendre les soubresauts de la finance, l'évolution de la biodiversité, les mouvements des sociétés, l'impact de nouveautés technologiques demande de faire appel à un ensemble important de paramètres interdépendants. La présentation textuelle de ces données ne permet plus guère de percevoir les phénomènes qu'elles décrivent et une importance nouvelle investit l'art de la visualisation. The Art of Complex Problems Solving est à ce titre auto-référentiel.
Quelques sites méritent d'être référencés :
A tout seigneur tout honneur, Visualcomplexity est le site de référence pour la modélisation des réseaux complexes : collaboration sur des projets culturels, similarités culturelles sur base des achats, interdépendance des facteurs d'obésité ou encore une représentation de la blogosphère de Singapore. L'exemple ci-dessous illustre par exemple la biochimie du métabolisme humain.
Le blog Urban Cartography collecte des visualisations de systèmes aussi variés que les relations de Lou Bega ou les probabilités des causes de décès (tiens, on a deux fois plus de chances de mourir d'un coup de feu que de se faire renverser par une voiture...) Les sources ne sont pas toujours clairement indiquées, et la fiabilité des données sujette à caution. Reste la qualité et la créativité de certaines planches.
Strangemaps est lui totalement dédié à la cartographie illustrative, proposant des cartes géographiques contemporaines ou non mettant en perspective une problématique ontologique, sociale ou géopolitique. L'exemple suivant illustre le cheminement de Neil Amstrong sur la Lune comparativement à un terrain de football :
Gapminder est un outil que j'affectionne tout particulièrement. Une centaine de données récentes (principalement économiques et démographiques) en abcisse, et autant en ordonnées. Comment se répartissent les espérances de vie en fonction des revenus annuels? Dans quelle mesure les dépenses militaires sont-elles liées à l'analphabétisme? Vous sélectionnez et vous analysez. Difficile de faire mieux en matière d'interactivité et de clarté.
Et puis, il y a Indexed, le blog de Jessica Hagy, qui décrit la vie, l'univers et le reste au moyen de petits diagrammes de Venn. Je crois que Jessica comprend tout. Et moi-même, j'y vois désormais un peu plus clair...
Dans un quartier désert, la nuit, un inconnu se rapproche de vous. Vous sentez-vous en danger? Le saluez-vous ou accélérez-vous le pas? Cet inconnu, le ressentez-vous comme un ennemi? Cela ne dépend que d'une chose : votre représentation du monde.
Chacun de nos choix s'opère en fonction de l'image que nous avons du monde. Évoquer la vision du monde de Sarah Palin, candidate à la vice-présidence des États-Unis, ne ressort donc pas de l'anecdote ou du commérage : si McCain est élu, les décisions de cette dame pèseront lourd sur la marche du monde.
Voici, dans le désordre, quelques éléments qui structurent la vision du monde de Madame Palin :
- Les hommes et les dinosaures coexistaient il y a 6.000 ans. [source, source] (1)
- La Genèse doit être prise au pied de la lettre. [source] (2)
- L'enseignement publique se doit d'enseigner l'Intelligent Design. [source]
- Le fait que l'Alaska soit proche de la Russie suffit à conférer à son gouverneur une expertise en matière de politique extérieure. [source]
- La guerre en Irak est une guerre sainte. [source]
- La volonté de Dieu s'incarne dans un pipeline gazier. [source]
- Un email Yahoo est bien suffisant pour gérer les affaires de l'État. [source]
- Il est nécessaire de se protéger de Satan et de « toute forme de sorcellerie. » [source, source]
Notes
(1) Les dinosaures se sont éteints il y a 65 millions d'années alors que les premiers hommes sont apparus il y a 200.000 ans.
(2) Sarah Palin était membre active de ce mouvement pentecôtiste jusqu'en 2002.
LHC Compact Muon Solenoid Experiment Webcams
Le Journal of Instrumentation publie les plans complets de la plus complexe machine jamais construite, qui démarre son tour de chauffe ce mercredi matin.
Bonne lecture et respectez bien les voltages!
SOURCE
The CERN Large Hadron Collider: Accelerator and Experiments
(Richard P. Feynman)
Je suis en train de me remémorer un épisode de mon enfance et je vous invite à faire la même chose. Je me souviens d’un son et d’une odeur comme si j’y étais. Vous vous dites peut-être qu'il n’y a là rien de bien surprenant, puisque j’y étais. Et bien, en un certain sens, je prétends n’avoir pas assisté à ces épisodes dont je me souviens si bien. Pas plus que vous d'ailleurs.
Des analyses de traceurs radioactifs montrent que les molécules d’eau restent en moyenne 4 semaines dans notre corps, les atomes des os y restent quelques mois, les plus longs temps de séjour ne sont que de quelques années [1, 2]. Chaque année, 98 % de la matière qui constitue notre corps est remplacée. Pratiquement, notre corps ne contient plus aucun des atomes qui le constituaient durant notre enfance. Comme le résume malicieusement Feynman: ce sont les atomes des pommes de terre que nous avons mangées la semaine dernière qui sont aujourd’hui le support matériel de nos souvenirs d’enfance! Ou pire. Du souvenir des pensées que nous avions étant enfants.
Notre identité intime ne se confond donc pas avec celle de la matière qui constitue notre corps, pas même notre cerveau, puisqu’elle est constamment remplacée alors que nous restons nous-mêmes [2]. Nos souvenirs, notre conscience, nos sentiments, n’ont comme support matériel que la forme de la matière, pas la matière elle-même. Nous sommes comme un tourbillon qui est à chaque instant fait d’une eau différente, mais qui garde sa forme au cours du temps. Comprenons nous : nous ne sommes pas l’eau qui constitue le tourbillon, nous ne sommes que la forme du tourbillon.
Steve Grand, le créateur du jeu informatique Creatures, suggère qu’il n’y a pas de différence fondamentale entre la forme et la matière [3]. La différence que nous percevons pourrait bien n’être qu’un biais anthropocentrique [1]. Considérons l’électron. On le considère comme une particule matérielle, mais on ne détecte sa présence que par ses effets électromagnétiques. De beaucoup de points de vue, l’électron peut donc être compris comme étant une déformation du champ électromagnétique qui ne s’atténue pas au cours du temps. L’électron serait au champ électromagnétique ce que le tourbillon est à l’eau : une forme persistante. Idem du proton. Et quand un proton et un électron se rencontrent, ils créent une nouvelle forme persistante : l'atome d’hydrogène. Et ainsi de suite pour la chimie de plus en plus complexe qui mène à la vie et à la conscience par une hiérarchisation des formes. Et les esprits conscients ne seraient qu’une forme persistante de plus, dont la nature n’est pas fondamentalement différente des autres phénomènes.
[1] Richard Dawkins, « Queerer than we can suppose », http://www.ted.com/index.php/talks/richard_dawkins_on_our_queer_universe.html
[2] Tor Norretranders, « Permanent reincarnation »,
http://www.edge.org/q2008/q08_4.html
[3] Steve Grand, « Effing the ineffable: an engineering approach to consciousness »
http://machineslikeus.com/articles/Effing.html
Sources
























