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Date: Tuesday, 16 Sep 2014 08:54

C’est un fait, je vais parler de moi. Pour tous ceux qui viennent ici pour la première fois, soyez assurés que ce n’est pas l’habitude. Il se trouve que je publie demain un livre dont j’ai déjà parlé il y a quelques jours : « Un empoisonnement universel (Comment les produits chimiques ont envahi la planète) » (ici). Quantité de lecteurs ont accepté de me filer un coup de main - il n’est pas trop tard - en faisant circuler l’information, et je leur dois bien, je vous dois bien quelques informations en retour.

Avant de vous les donner, un petit mot d’ordre général. La politique néglige totalement le sujet central de mon livre, qui est la contamination chimique généralisée. Des centaines de millions d’humains sont allergiques, des centaines de millions obèses, des centaines de millions diabétiques; l’incidence du cancer a augmenté de 110 % en France en trente ans, notre pays va gaiement vers les deux millions de cas d’Alzheimer, la fibromyalgie frappe toujours plus, et rien. Rien. Mon livre ne prétend évidemment pas que tout viendrait de l’exposition à des molécules toxiques. Ce serait ridicule. Mais il serait bien plus stupide d’ignorer la marée montante d’études qui pointent des liens très puissants entre ces explosions épidémiques - car il s’agit d’épidémies, foudroyantes - et la dispersion de millions d’assemblages chimiques différents, dont on ne sait rien, ou presque.

Oui, amis, la politique officielle, quelle que soit sa couleur, se moque éperdument de l’un des plus grands drames en cours. Je ne traiterai pas aujourd’hui cette question si lourde de signification, mais vous pouvez proposer vos commentaires. Pourquoi ?

Quant au reste, j’ai de bonnes nouvelles. Mon livre, qui n’est donc pas encore sorti, reçoit un accueil très favorable. Dans le désordre, je cite L’Express (demain), qui m’accorde quatre pages. Le site Huffington Post (demain) publie une tribune. Le site Basta.net publiera demain ou jeudi un entretien. Bernard Maris publie demain dans Charlie une critique. Olivier Nouaillas publie dans La Vie un papier. Doan Bui a déjà publié un article dans L’Obs (ici). Daniel Schneiderman a écrit quelques lignes très sympa sur son site, Arrêt sur images : « Vous me direz que l’on ce ne sont pas les seules délicieuses substances que l’on ingurgite, dès lors que l’on se nourrit de fruits, de légumes ou de viande. Si vous voulez en avoir une vision d’ensemble, je ne saurais trop vous conseiller de lire le dernier livre de Fabrice Nicolino, “Un empoisonnement universel” (Ed. Les liens qui libèrent, en vente le 17 septembre), fresque historique fascinante de l’ascension et de la domination de l’industrie chimique sur notre petite planète ».

Du côté de la télé, je passe demain en direct dans l’émission de France 5 Le magazine de la santé, vers 13h30/13h40. Je suis invité au Grand Journal de Canal + vendredi 26 septembre. Je suis interrogé par Terre-TV vendredi vers 12 heures.

À la radio, j’ai plusieurs rendez-vous, dont certains, importants, ne sont pas encore confirmés. Mais samedi, à 14 heures, je serai sur France-Inter, invité par Denis Cheissoux dans son émission C02 mon amour. Thierry Chareyre, de France Bleu, me reçoit jeudi à 16h. Igor Strauss, de RFI, me reçoit ce même jour, vers 11 heures.

Voilà pour l’instant. Je me répète : d’autres choses sont dans les tuyaux. On verra. Si vous m’apercevez ou m’écoutez, je vous prie d’être indulgents, car cela n’a rien de très simple, je vous le dis. Croyez-moi. Sur ce, encore merci.

Author: "fabrice" Tags: "Livres"
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Date: Sunday, 14 Sep 2014 11:03

Cet article a été publié par Charlie Hebdo le 3 septembre 2014

Faut bien dégager les déchets nucléaires, pas vrai ? Un rapport officiel chiffre à 777 000 par an les transports de matières radioactives en France. À Drancy comme ailleurs, il vaut mieux croire les mensonges sur la sécurité.

Hé ben, pas grave. Lundi 23 décembre 2013, cadeau anticipé de Noël pour les habitants de Drancy (Seine-Saint-Denis) : un wagon déraille en pleine gare de triage. Le menu problème, c’est qu’il est chargé de déchets nucléaires. Tête du maire UDI de Drancy, Jean-Christophe Lagarde : « Qu’on n’attende pas qu’il y ait des morts pour que ces wagons dégagent ! ». Et d’ajouter qu’en cas d’accident grave, « trente mille personnes sont en danger de mort ».

Et c’est d’autant moins grave que la préfecture de Saint-Denis affirme aussitôt qu’il s’agit d’un simple incident technique, sans conséquence sur la sécurité : « Tous les relevés de radioactivité effectués par les pompiers sont négatifs ». Sauf  que quinze jours plus tard, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) annonce avoir retrouvé des traces de radioactivité dans le wagon accidenté. D’où vient-elle ? Mystère et boule de gomme. Les « colis » de déchets nucléaires sont intacts, et supposément étanches. On n’en saura jamais plus.

L’ASN, agence publique créée par une loi de 2006 est en charge de la sécurité collective, et publie sans arrêt des rapports. Le tout dernier, qui date de quelques jours, mérite le détour (1). On y apprend en sursautant que 777 000 transports de matières radioactives ont lieu chaque année en France. Pas de panique, pas encore. Il s’agit d’un fourre-tout géant qui mêle produits radio-pharmaceutiques  envoyés dans les hostos, convoyage d’appareils de détection du plomb, et tout ce qui touche bien sûr à l’industrie nucléaire proprement dite.

Au total, la bagatelle de 430 000 transports – 55 % du total – concerne la détection du plomb dans les peintures. L’industrie nucléaire ne représente « que » 12 % des 980 000 colis et 3 % de la totalité des transports, dont 60 % par la route et 30 % par une combinaison route, mer et rail. Le tout implique évidemment des milliers de possibilités d’accidents comme celui de Drancy. L’uranium naturel piqué au Niger débarque ainsi à Sète, celui volé ailleurs au Havre, les centrales nucléaires envoient leurs innombrables déchets à La Hague, le nitrate d’uranyle rejoint Pierrelatte, le MOX – un combustible – file de Marcoule, etc.

Une évidence saute aux yeux : l’enquête de l’ASN est biaisée, car elle repose essentiellement sur un questionnaire adressé « à un grand nombre de détenteurs ou de transporteurs de substances radioactives ». En français précis, « un grand nombre » ne signifie pas grand-chose. Et les autres ? Et les oublis, volontaires ou non, dans les réponses ? Une approximation précédente du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) fixait à 400 000 le nombre de « colis » radioactifs annuels circulant en France, soit moins de la moitié des chiffres de l’ASN.

Les problèmes ne s’arrêtent pas là. Pour la CriiRad (http://www.criirad.org), le grand labo (vraiment) indépendant, les estimations de l’ASN ne sont pas seulement sous-évaluées. Dès le 30 mai 2012, dans un courrier adressé à Marisol Touraine, ministre de la Santé, la CriiRad réclamait « la baisse des limites réglementaires », et rappelait que, selon ses mesures, les cheminots sont exposés « à leur insu, à des flux de rayonnements gamma et de neutrons tout à fait inacceptables ».

Et bien entendu, pas question d’ennuyer si peu que ce soit le grand pouvoir caché qu’est l’armée française. On apprend en janvier 2012 (2) qu’un accident pour le coup renversant s’est produit le 9 juin 2010. Un semi-remorque de transport de munitions nucléaires termine alors un voyage de 600 km sur les routes de France, qui l’a conduit par Bourges, Lyon, Mâcon, Orange. Juste avant d’entrer dans la base militaire d’Istres (Bouches-du-Rhône), le camion, qui roulait à 72 km/h, au lieu d’une limite imposée de 30 km/h, se couche sur la route. Trois soldats sont blessés. Des officiers de sécurité nucléaire et du renseignement militaire bouclent la zone et empêchent la diffusion de la nouvelle, qui sera connue fortuitement, 15 mois plus tard.

Y a-t-il une morale ? Oui, il faut dare-dare changer de planète. Si on trouve.

(1) http://www.asn.fr/Informer/Actualites/Enquete-de-l-ASN-sur-les-flux-de-transport-de-substances-radioactives
(2) http://www.reporterre.net/spip.php?article2474

Author: "fabrice" Tags: "Nucléaire"
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Date: Monday, 08 Sep 2014 16:44

Quelques milliers de personnes me font l’honneur de venir chaque jour picorer quelque chose sur Planète sans visa. Dire que je vous remercie est bien en-deçà de ce que je ressens, mais je n’y insiste pas. De mon côté, j’ai publié ici, depuis sept années, environ 1600 articles, dont la quasi-totalité seulement ici. Je l’ai fait par plaisir, certes, mais aussi par devoir. Il m’a semblé, il me semble toujours que je devais faire ce que je pouvais. Je fais ce que je peux, gratuitement cela va sans dire. Plutôt non, car ce rendez-vous me coûte quelque argent, versé à la société OVH. Mais qu’on se rassure, ce n’est pas ainsi que je me ruinerai.

Vient ici qui veut, et j’ai appris, au fil des années, que nombre d’adversaires décidés des valeurs que je défends gâchent leur digestion en regardant ce que je trifouille. Ma foi, c’est le jeu. Si je prends la parole ce 8 septembre 2014, c’est parce que j’ai besoin de votre aide. La vôtre, amis lecteurs, et j’espère que vous me l’accorderez. Voici : les éditions LLL (Les liens qui libèrent) publient le 17 septembre un livre sur la chimie, que j’ai écrit. Les fenêtres de tir de l’édition sont étroites, et se referment d’un coup sec sur le nez des auteurs. Sans un vrai coup de main, je cours le risque de rater ce rendez-vous. Or ce rendez-vous compte. Pour moi, bien entendu. Mais pour vous aussi, et si cela vous paraît une prétention, je reconnais que c’est le cas. J’ai la prétention d’avoir écrit un livre important.

Je ne vous demanderai jamais d’acheter ce livre sur une simple présentation. Je ne prétendrai jamais qu’il est bon. Mais en tout cas, il raconte une histoire qui n’a jamais encore été assemblée. L’histoire d’un drame planétaire, qui mène des lointains alchimistes à l’industrie transnationale de la chimie aujourd’hui. Comme le nom du livre l’indique, nous faisons face à « Un empoisonnement universel ». Tous les lieux, tous les êtres, tous les étages de la vie sont touchés. Je crois que la masse d’informations et de révélations que j’ai réunies donne une idée juste de l’incroyable désastre en cours. La rencontre entre la chimie d’antan - évidemment, je n’ai rien contre la curiosité et la recherche -, l’industrie, l’État et la guerre, cette rencontre a conduit à la dissipation de millions de molécules différentes les unes des autres, dont nous ne savons rien. Mais dont un nombre croissant se révèlent toxiques, délétères, mortelles.

Les faits, les responsables, les embrouilles innombrables donnent le vertige, j’en ai conscience. Certaines choses sont aux limites du croyable. Mais revenons à ce coup de main. Vous trouverez ci-dessous ce qu’on appelle dans le jargon la quatrième de couverture, soit le texte au dos du livre, ainsi que la couverture elle-même. Vous pouvez, et je vous demande de le faire, copier le tout et l’envoyer à votre carnet d’adresses. Le but, encore une fois, n’est pas d’acheter le livre au coup de sifflet, mais de faire savoir aussi vite qu’il est possible que ce livre sort. Le 17 septembre. Je dois avouer que je compte sur vous. Réellement.

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Une enquête redoutable sur l’invasion effrayante des produits chimiques dans notre quotidien et notre environnement.

C’est un livre sans précédent. Jamais on n’avait essayé de réunir tous les points pour faire enfin apparaître le dessin complet. Comment en est-on arrivé là ? Comment et pourquoi l’industrie chimique a pu libérer dans l’eau, dans l’air, dans le sol, dans les aliments, et jusque dans le sang des nouveau-nés des millions de molécules chimiques, toute différentes les unes des autres ?

Quels sont les liens entre le temps des alchimistes et celui du prix Nobel de chimie Fritz Haber, grand criminel de guerre ? D’où viennent Bayer, BASF, Dow Chemical, DuPont, Rhône-Poulenc ? Comment est-on passé de la bakélite des boules de billard et des combinés du téléphone au nylon, puis au DDT et aux perturbateurs endocriniens ? Pourquoi des maladies comme le cancer, l’obésité, le diabète, Alzheimer, Parkinson, l’asthme et même l’autisme flambent toutes en même temps ? Qui est Théo Colborn, la Rachel Carson du 21ème siècle ? Pourquoi l’OMS, la FAO, l’ONU ne bougent-elles pas ? Pourquoi les agences de protection françaises regardent-elles ailleurs ? Comment les normes officielles ont-elles été truquées ? Que contient vraiment l’eau dite potable ? Comment les transnationales ont-elles organisé une désinformation planétaire sur cet empoisonnement universel ? Y a-t-il une chance de s’en sortir ?

Pour la première fois, tout le dossier est enfin rendu public. Il est effrayant, mais un peuple adulte n’a-t-il pas le droit de savoir ? Ce livre, qui donne des noms, des faits, des accointances, ne peut rester sans réponse. C’est l’heure de se lever.

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Author: "fabrice" Tags: "Livres"
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Date: Friday, 05 Sep 2014 09:12

Ce qui suit est mélancolique. Et nostalgique. Et fort triste, ce qui va généralement avec. Il s’agit d’un message personnel d’un ami naturaliste. Un excellent naturaliste, au sens scientifique. Je le publie sans son accord explicite, et je l’appellerai donc Régis, qui est le nom d’un de mes frères. Vous le verrez, il y a de la souffrance, grande souffrance, à voir le monde d’antan, si proche encore, s’affaisser sous nos yeux. Vous le savez tout aussi bien que moi : les commentateurs de ce temps malade ne voient rien. Ne savent rien. Ne sentent rien, eux qui nous conduisent au tombeau en augmentant encore la vitesse du fourgon mortuaire.

Je me souviens, tous ceux de ma génération peuvent - pourraient - se souvenir des innombrables papillons et oiseaux qui nous entouraient. Un jour, avec des galopins de mon âge - 9 ans -, j’ai tiré d’une mare 104 grenouilles en une seule journée. Avec un bâton en guise de canne à pêche, un hameçon et un bout de chiffon rouge. C’était en été 1964, dans l’Yonne. Il y avait encore de tout. 104 ! Je regrette évidemment d’avoir pris leur jeune vie, mais c’est trop tard. Je regrette tant de choses que je pourrais vous ennuyer avec cela jusqu’à demain matin. Demain matin des années à venir.

La beauté. Quand tout s’effondre, il ne (me) reste plus que cela. La beauté. La beauté du monde. La lumière. Les horizons. La vague. Le poisson. L’oiseau. L’air libre qui vibre dans le ciel. Rien d’autre. Voici le court texte de Régis.

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Cher Fabrice,

Le temps passe. Le monde ne va pas s’améliorant. Chaque jour apporte son lot de désillusions politiques (s’il en restait) et d’indices alarmants d’une dégradation phénoménale de la nature et de la biodiversité. Même dans mon bout du monde dont moineaux et hirondelles ont déjà pratiquement disparu, où le déclin des populations de petits oiseaux devient effarant, où les abeilles, depuis deux ans, ne viennent plus polliniser mon pommier et se font rares, très rares, sur les bruyères du littoral, où l’on peut rester cinq minutes dans un chemin ensoleillé et fleuri sans voir un seul insecte, où ceux-ci ne s’écrasent plus sur nos pare-brise faute de combattants, où je n’ai pas vu un seul oiseau écrasé sur les routes depuis le printemps… J’en passe. Le vieux naturaliste que je suis est proprement atterré par l’accélération du rythme des dégradations.

Comme tu vas te ressourcer périodiquement en […] ou par là, je me retranche aussi souvent que possible dans la contemplation des lichens. J’y retrouve toujours un peu de la beauté du monde.

Je suppose que tu connais le site de […]. C’est en le regardant ce matin que j’ai pensé à toi.

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Author: "fabrice" Tags: "Beauté"
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Date: Wednesday, 03 Sep 2014 09:48

Cet article a été publié par Charlie Hebdo le 27 août 2014, sous un autre titre.

Faut que ça saigne. Depuis le 19 août, « Jour du dépassement », nous tapons jusque fin décembre dans le stock en perdition des ressources naturelles. Pour vivre comme les Américains, l’humanité aurait besoin de cinq planètes. Ça va être coton.

Rions, c’est encore le mois d’août. Nos excellentes gazettes titrent –dans les coins – sur une nouvelle qui intrigue tout de même un peu : « la planète », comme ces gens écrivent, aurait tout bouffé, cette goinfresse, en seulement huit mois d’activités humaines. On appelle cela, en français approximatif, le « Jour du dépassement ». L’ONG Global Footprint Network, publie chaque année un document sur l’état des ressources disponibles. Les écosystèmes – disons les grands éléments vivants, comme les sols agricoles, les fleuves et rivières, les arbres et forêts, les océans sont capables de produire chaque année qui passe une certaine montagne de biens naturels. Justement ceux qui nous permettent de manger, de nous vêtir, d’habiter, de nous soigner, etc. Sans eux, rien, ballepeau.

Mais dans le même temps, les humains boulottent de plus en plus et détruisent à qui mieux, jusqu’à ce fameux « dépassement », qui tombe cette année le 19 août. Au-delà, ils attaquent le dur, c’est-à-dire la structure, les stocks en apparence infinis de champs, de prairies, de pêcheries. Essayant de se rendre intelligibles, les commentateurs parlent de « vie à crédit ».

Pour filer cette si lamentable métaphore, peut-on taper sans fin dans un capital qui diminue chaque saison un peu plus ? Peut-on se vautrer dans une dette écologique comme on le ferait au bistrot du coin ? Sur le papier, l’affaire ne dépasse pas un problème de cours élémentaire deuxième année. La quasi-totalité des responsables de tout bord, y compris nombre d’écologistes officiels, s’en cognent d’autant plus qu’à leurs yeux flapis, cela ne signifie rien. Mais ainsi qu’on se doute, ils ont tort.

En 1992, sur fond de sommet de la Terre de Rio – le premier -, paraît un article pionnier signé par le professeur américain William Ree (1). Commence une série d’études sur l’empreinte écologique des individus, des pays, puis de l’humanité entière. Souvent critiquée, « l’empreinte écologique » a l’immense mérite de rappeler quelques évidences. La première de toutes est qu’il existe des limites physiques infranchissables, quelle que soit la politique suivie. Et c’est d’autant plus chiant que c’est vrai. Très grossièrement, on calcule cet indice en estimant la surface biologiquement productive dont un individu ou un groupe ont besoin. Laquelle inclut des sols fertiles, des bois, de l’eau, sous la forme théorique d’un hectare global (hag).

Global Footprint Network est parvenu à affiner ces calculs et à proposer des résultats précis, censés « informer » les aveugles qui nous gouvernent, comme cet Atlas mondial, pays par pays. Le « Jour du dépassement » - Earth Overshoot Day – n’est jamais qu’une continuation logique, mais qui fout le trouillomètre à zéro, car chaque année, il intervient un peu plus tôt. En 1986 – première année de calcul -, le dépassement avait eu lieu le 31 décembre. Et le 20 novembre en 1995. Et le 20 octobre en 2005. Et le 23 septembre en 2008. Et le 22 août en 2012.

Si l’on se saisit d’une loupe, la leçon devient limpide. La Chine a d’autant moins d’avenir qu’elle consomme 2,2 fois ce que son territoire peut lui offrir en une année. Les Émirats arabes unis 12,3 fois. La France, 1,6. La croissance, c’est donc du vol, comme la propriété. Ceux qui ont les moyens d’extorquer arrachent aux autres de quoi maintenir un niveau de gaspillage « acceptable », sur fond de téléphones portables et d’écrans plasma. En espérant contre l’évidence que cela pourra durer.

Rappelons aux ramollos du bulbe qu’il faudrait cinq planètes pour que les 7 milliards de Terriens s’empiffrent comme les Amerloques. Et encore trois pour faire comme chez nous. Selon Global Footprint Network, « en 1961, l’humanité utilisait juste trois quarts de la capacité de la Terre à produire de la nourriture, des fibres, du bois » et même à absorber les gaz à effet de serre. Actuellement, au-delà d’inégalités de plus en plus foldingues, elle épuise une planète et demie pour la satisfaction de ses besoins.

Nous allons donc gaiement vers le krach écologique à côté duquel la crise de 1929 paraîtra un friselis de roses. Encore un peu de croissance, les tarés ?

(1) http://eau.sagepub.com/content/4/2/121.short?rss=1&ssource=mfc

Author: "fabrice" Tags: "Développement, Mouvement écologiste, J..."
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Date: Monday, 01 Sep 2014 10:48

 AJOUT INTÉRESSANT DE STÉPHANE LHOMME LE 15 SEPTEMBRE 2014, EN BAS DE L’ARTICLE

Ce qui suit est une critique du livre récent signé Cécile Duflot (avec Cécile Amar), paru chez Fayard (De l’intérieur, voyage au pays de la désillusion, 231 pages, 17 euros). On me jugera peut-être cruel, excessif, injuste. Cela reste un droit. Ainsi que demeure, ici du moins, celui de dire ce que je pense.

En préambule, cette précision : je n’ai jamais rencontré Cécile Duflot, et je ne doute pas qu’elle a des amis. Il est visible qu’elle aime ses enfants, lesquels, je l’espère pour tous, le lui rendent bien. En bref, je n’ai réellement rien contre cette personne, mais cela tombe bien, car ce n’est pas d’elle qu’il s’agit, mais d’une apparatchik qui s’est emparée de son nom, et a dirigé pendant six ans le parti dit écologiste EELV (Europe Écologie Les Verts).

Bon. Le fond. On est si frappé par l’indigence du propos qu’on espère à chaque ligne ou presque que cela va changer au paragraphe suivant. Mais non, c’est ça, et rien d’autre. Les dramatiques questions de la crise écologique planétaire sont tout simplement ignorées. D’évidence, elles n’existent pas pour Cécile Duflot. Le climat, l’eau, la forêt, la pêche industrielle, la biodiversité, l’hyperconsommation au Nord, l’obsolescence voulue des biens matériels - et leur déferlement -, la surpuissance des transnationales et les traités qui la traduisent, les nécrocarburants, les industries de la chimie ou de la bidoche ont 100 fois - 1000 fois, un million de fois ? - moins d’intérêt que les états d’âme de l’ancienne ministre au sujet du 14 juillet, auquel est consacré un chapitre entier. On reviendra plus loin à l’écologie.

De quoi est fait le reste ? Ma foi. Cécile parviendrait presque à faire croire à sa fraîcheur, à sa candeur, à son honnêteté sans rivage. Elle met copieusement en scène ses supposées faiblesses (par exemple page 32), ce qui est un excellent truc pour désarmer la critique. Qui serait assez méchant pour douter d’une telle personne, si attentive au sort de ses amis et de ses proches ? Moi. Le 15 mai 2012, ainsi qu’elle le raconte sans fard, c’est elle qui décide de la présence dans le gouvernement Ayrault, à ses côtés, du gentillet Pascal Canfin (ici et ici), qui ne risque pas de lui faire trop d’ombre. Mais quelle admirable façon de faire de la politique autrement !

La voici donc ministre du Logement. On a droit à de nombreuses proclamations, qui peuvent se résumer à ceci : Cécile Duflot est de gauche, la loi Alur qu’on lui doit est de gauche, et tous ceux qui sont contre ne le sont donc pas. Je ne commente pas, car tout cela est simplement politicien. Duflot est probablement attachée au sort des mal-logés, mais en ce cas, pourquoi avoir quitté un poste alors que le plus délicat de la loi - les décrets d’application - était à venir ? Fût-elle restée dans ce foutu gouvernement que Valls n’aurait pas pu détricoter ce texte présenté par elle comme grandiose. Alors, pourquoi ? Je ne peux m’empêcher de penser, à propos de Duflot, au phénomène de doublepensée si bien amené dans le 1984 de l’oncle George.

Non, quelque chose ne tourne pas rond, et mon petit doigt me dit avec insistance que Duflot a obéi à une stratégie précise, qui consistait à sortir de la galère à temps pour ne pas être engloutie avec, et pouvoir se présenter au premier tour de 2017 avec quelque chance de battre le pauvre record de Noël Mamère en 2002, soit 5,25 % des voix. La vérité, en tout cas une vérité plus proche du vrai que le salmigondis du bouquin, c’est que Cécile Duflot est une politicienne assez ordinaire, propulsée pour des raisons qu’on ignore - mais que d’autres savent - à la tête d’un parti où elle avait adhéré seulement cinq ans plus tôt.

On se moque des ministres qui sautent d’un ministère à l’autre, et l’on a raison. Ils ne savent à peu près rien des questions dont ils ont soudain la charge, et sont bien incapables de marquer le terrain qu’on croit être le leur. Mais c’est exactement le cas de Cécile Duflot, qui se vante d’une loi - peut-être la plus longue de l’histoire de la République - de 177 articles et 300 pages, qui ne saurait être lue, et encore moins comprise par qui que ce soit en France. Est-ce un hasard ? Duflot se montre d’une ignorance crasse au sujet de la réelle structure administrative de l’État, et n’a pas même un mot sur la « noblesse d’État » décrite par Bourdieu, et ces ingénieurs des Ponts qui sont l’ossature du ministère qu’elle a occupé deux ans. Telle est pourtant l’une des clés des grandes décisions structurantes des 60 dernières années.

Ne va-telle pas jusqu’à rendre hommage à Eugène Claudius-Petit, pilier - de droite - des gouvernements de la Quatrième République, rapporteur en 1950, devant le gouvernement d’un Plan national d’aménagement du territoire auquel nous devons tant de merveilles ? Au-delà, mais il n’est pas lieu de s’étonner, sa loi aurait dû exiger un tournant historique concernant les lieux de construction - faut-il sacrifier encore des sols agricoles, par exemple ? -, les matériaux à utiliser - quand a-t-on parlé de logements bioclimatiques, de chaux, de terre, de bois ? -, l’obligation de respecter un plancher d’autonomie énergétique ?

Le récit de ses 21 mois au ministère du Logement est un monument entier à la gloire du vide. Je résume. J’ai - moi, Duflot - eu foi en Hollande, j’ai cru que je pourrais le convaincre - d’être de gauche, croit-on comprendre -, mais je n’ai pas réussi. Oh là là, mais quel malheur ! Extrait drolatique : « Ces deux dernières années ont marqué la mort du politique et le règne de la technocratie » (page 106). Bien entendu, on se pince. Comme cela a l’air d’être du français, cela doit signifier qu’avant 2012, “le” politique vivait et que la technocratie ne régnait pas. Mais comme c’est ridiculement faux, que penser ? Que Cécile Duflot n’a pas la moindre idée de qu’elle raconte ? Retenons cela comme une hypothèse.

Hollande. Le psychologisme de Duflot explose à son endroit tous ses records. Tout est affaire d’individu. D’honnêteté - son dada -, les yeux dans les yeux. De respect des engagements. Il va être convaincu, et puis non, il ne l’est pas, ce gros vilain. L’histoire, l’histoire politique n’est pas fondée sur les structures sociales et les luttes idem, le glissement des partis le long d’un axe idéologique mouvant comme le ruisseau, les rapports de force, le contexte général d’une société qu’il faudrait tout de même analyser un peu. Non pas.  Tout repose ur la bonne volonté de Machin et de Trucmuche. Cécile Duflot croit, apparemment de bonne foi, que tout se joue en face à face instantané, qui peut décider de l’avenir commun.

Je ne peux que pardonner à Cécile Duflot de ne pas me lire. Tout occupée à distribuer des prébendes avec son compère Jean-Vincent Placé, elle aura loupé deux de mes articles, parus avant l’élection de François Hollande. Et qui disaient assez clairement ce qu’on pouvait attendre de lui (ici et ici). Si elle ne savait pas en 2012 qui est Hollande, ce que son livre prétend, elle est une imbécile. Si elle le savait, elle une honnête calculatrice, ce que son livre dément à chaque ligne. Peut-on miser sur un mélange des deux ?

Montebourg. J’ai déjà brocardé ce splendide histrion plus d’une fois, et j’y reviens pas. Cet homme a, comme tous devraient le savoir, commencé par refuser en bloc et en totalité l’extraction des gaz de schiste en France, avant de défendre les gentils industriels du secteur, Total en tête, et de réclamer une exploration, dont chacun sait qu’elle mène aux forages. Il est donc, désormais, pour les gaz de schiste, pour le nucléaire bien sûr, pour l’ouverture de mines en France, comme celle de Salsigne, et en général, partisan de tout ce qui peut détruire un peu plus encore. Il est l’ennemi déclaré de toute politique digne d’être défendue. Mais Cécile Duflot, qui ne cesse décidément de rappeler qu’elle est avant tout « de gauche », s’en moque bien. Montebourg n’incarne-t-il pas l’aile « gauche » de ce parti socialiste qu’elle accuse de virer à droite ? Si. Ce qui explique qu’elle accepte de former une petite bande « de gauche » en compagnie de ce beau guerrier de l’avenir, de Benoît Hamon et de Christiane Taubira. Et d’envisager sereinement de peser avec elle sur la ligne du gouvernement.

L’austérité. On touche au dur. On est en pleine fantasmagorie. Cécile Duflot est contre l’austérité. Pour ma part, je ne sais pas trop ce que cela veut dire. Il va de soi, ainsi que je l’ai écrit des dizaines de fois, que je suis pour le Grand Partage. Ici en Europe, mais surtout à l’échelle du monde. Et cela inclut le partage des richesses, mais de toutes les richesses, y compris, bien sûr, écologiques. Et cela inclut tous les hommes, bien sûr, mais aussi toutes les espèces vivant sur Terre, depuis les mousses et lichens jusqu’à ces grands emmerdeurs que sont les Loups, les Ours, les Tigres, les Éléphants. Sans aucune analyse, Cécile Duflot se contente de critiquer l’austérité dont parlent toutes les gazettes. C’est-à-dire, in fine, le droit d’une partie du Nord à consommer encore plus qu’elle ne le fait. Au détriment de qui, au détriment de quoi, chers amis lecteurs ? Des autres, cela va de soi.

Dire qu’on veut donner plus aux pauvres, sans autre examen, signifie clairement faire venir davantage de colifichets du vaste bagne industriel qu’est la Chine. Et produire davantage de déchets pourris. Et disséminer un peu plus plastiques et perturbateurs endocriniens - je ne prends que cet exemple entre 1000 autres. Et prendre ainsi le parti de ces épidémies émergentes que sont le cancer, l’obésité, le diabète, les allergies, Alzheimer, etc. Je rappelle à ceux qui hurleront contre moi - Dieu, ils ont bien le droit ! - que selon les calculs, certes très approximatifs, de Global Footprint Network (ici), nous avons collectivement épuisé, au 21 août, ce que peut donner la Terre en un an. Pendant plus de quatre mois, nous attaquerons donc l’os, les grands équilibres si menacés, la vie elle-même. Oser présenter l’austérité comme le fait Duflot n’est que complète franchouillardise. Ce serait lamentable de la part d’un politicien quelconque. C’est insupportable sous la plume d’une politicienne se réclamant de l’écologie.

La Firme. Cécile Duflot consacre un chapitre à son parti, sous le nom que lui a donné récemment Noël Mamère : la Firme, précisément. Ici, la doublepensée chère aux habitants d’Oceania atteint des sommets indépassables. Oncle George décrit la chose ainsi dans son merveilleux roman, qui s’applique à la perfection : « Oublier tout ce qu’il est nécessaire d’oublier, puis le rappeler à sa mémoire quand on en a besoin, pour l’oublier plus rapidement encore. Surtout, appliquer le même processus au processus lui-même. Là était l’ultime subtilité. Persuader consciemment l’inconscient, puis devenir ensuite inconscient de l’acte d’hypnose que l’on vient de perpétrer. La compréhension même du mot « double pensée » impliquait l’emploi de la double pensée ». Dans le chapitre La Firme, Duflot geint. Elle se plaint des méchants garçons et vilaines filles qui osent la critiquer à propos du fonctionnement autocratique de son parti. Je l’ai écrit plus haut, Duflot dit d’elle-même la vérité quand elle écrit avoir choisi Canfin pour l’accompagner au gouvernement. Des dizaines d’autres exemples, accumulés depuis des années de discussions avec les cadres d’EELV, m’ont abondamment montré qu’il s’agit d’une règle. Qui décide et pourquoi ? En l’occurrence Placé et Duflot, au service d’intérêts qui n’ont aucun rapport avec l’objet écologique et social du mouvement créé en 1984. Ainsi de la désignation d’Emmanuelle Cosse au seul bon plaisir du duo de tête.

Rions avec elle de la farce qu’elle nous propose page 142 : « Le plus ironique, c’est que pendant les dix ans à la direction de mon parti, je n’ai jamais eu de plan de carrière ni d’ambition cachée ». De Placé, elle ne dit strictement rien, ce qui est en effet plus prudent. On ne saura donc rien du jeu mis en place à la sortie du gouvernement de Duflot. À elle une ligne « de gauche », susceptible de lui permettre de chevaucher une base plus exigeante - sait-on jamais ? - qu’elle et sa camarilla. À lui le soin de cornaquer les parlementaires à la mode De Rugy, qui n’ont jamais rêvé que d’une chose, être notable. Avec mamours à la droite présentable, en attendant peut-être davantage. Je redis ici, sans espoir d’être cru, qu’il n’y a pas l’épaisseur d’une feuille de papier à cigarette entre les deux compères. Je ne sais, et pour le coup j’imagine, ce que Placé lui susurre. Peut-être que l’élection présidentielle de 2017 sera décisive. Que le parti et la France ont besoin d’elle. Qu’en agissant comme elle le fait, elle sert une cause supérieure, etc. Le plaisant, c’est qu’elle se raconte forcément une histoire voisine, en tout cas compatible.

Un bref retour sur l’écologie, à laquelle Duflot consacre un chapitre désopilant, digne des assemblées environnementalistes des années 60. Il faut le lire pour le croire, je vous l’assure (à partir de la page 113). Comme elle n’a rien à dire, elle se concentre dès l’entrée sur ce que les médias qui la fêtent ont retenu : l’épisode de pollution atmosphérique de mars 2014. Qui est, ainsi qu’écrit, un épisode, qui aurait pu se passer et s’est passé d’ailleurs un nombre incalculable de fois. Quel est le problème ? On ne le saura pas, car il faudrait s’intéresser à la place de l’industrie, automobile au premier chef, à l’air intérieur, à la chimie de synthèse, aux fulgurances de l’asthme, à la cancérogénicité désormais officielle de l’atmosphère extérieure, à la dégradation constante de la santé publique, que personne n’ose considérer. En somme, il faudrait au moins se poser des questions. Mais Cécile Duflot, à qui on ne la fait pas, se contente de vanter le bilan écolo de Sarkozy et de son si funeste Grenelle de l’Environnement. Je n’invente pas, je cite ( page 119). Elle est si constamment aveugle qu’elle maintient ce qu’elle avait écrit à propos d’un discours de Hollande, en septembre 2012 : « Je pèse mes mots : ce discours du président de la République est historiques et infiniment émouvant à entendre pour une écologiste ». Ô misère ! En ouverture d’une désastreuse Conférence environnementale, Hollande avait enfilé quelques perles multicolores (ici), puis était retourné à sa lecture favorite, celle du quotidien L’Équipe. Mais Duflot avait senti le vaste souffle des plus belles tempêtes.

Je vois à quel point cet article est long, et passablement inutile. Ma foi, ce ne sera pas la première fois. Mais un jour comme celui-là, et je vous prie de me croire au premier degré, trop, c’est trop.

PS 1, qui n’a rien à voir : Franchement, 17 euros pour 230 pages pleines de gros interlignes, aux chapitres séparés de nombreuses pages blanches, est-ce bien raisonnable ?

PS 2 : Bien entendu, je l’ai acheté, et non reçu.

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Message de Stéphane Lhomme, ajouté le 15/9/14

Stéphane Lhomme |

Lors du congrès EELV de 2011, auquel j’assistais en tant que participant à la primaire pour les présidentielles, seuls Hulot et Joly devaient apparaitre, les autres candidats (6 à l’époque) n’ayant pas le droit d’apparaitre.

Bien que parfaitement au courant des moeurs de ces gens-là, je n’ai quand même pas pu m’empêcher d’exploser de colère, incendiant devant une salle de 800 personne le superviseur de la primaire, le chercheur Philippe Meirieu et exigeant la présence au premier rang des 6 candidats et non des seuls Hulot et Joly (encadrant la vraie star, Duflot).

Tnat et si bien qu’on fini par m’apporter une chaise mais en plaçant Dominique Voynet (sans être désobligeant, il faut savoir qu’elle s’est passablement “élargie” physiquement) entre les “grands” candidats et moi.

Puisque j’étais là, et que j’avais piqué ma crise, je tentais d’être visible, jusqu’à ce que Voynet me dise “Mais arrête, tu me colles là !”.

Eh bien, croyez le ou pas, moi-même je dois parfois me pincer pour me dire que je n’ai pas rêvé : Duflot, entendant cela, de tourne subitement vers moi et me lance “Tu viens d’agresser Dominique, je peux te faire exclure de la primaire”.

A son grand désappointement (elle doit avoir l’habitude que les gens baissent la tête devant la grande “chef”), je lui ai ri au nez en lui disant “Allez vas-y, exclue moi pour qu’on rigole un peu “.

Je dois d’ailleurs reconnaître que Voynet, qui en a pourtant vu d’autres, a eu l’honnêteté de dire “Non non, il ne m’agresse pas, faux pas exagérer”.

Visiblement déçue, Duflot s’est retournée vers ses vedettes et surtout vers les photographes qui mitraillaient les 3 stars. Le “cordon sanitaire” opéré par Voynet a… largement fonctionné !

Tout ça est une pauvre mascarade, j’y ai mis les pieds brièvement pour contester l’ “écologie” à la sauce people avec Hulot, et je suis au plus vite retourné dans mon cher Sud-Gironde rural, où l’air y est bien plus sain…

Author: "fabrice" Tags: "Livres, Mouvement écologiste"
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Date: Wednesday, 27 Aug 2014 03:37

Cet article a été publié par Charlie Hebdo le 20 août 2014

Dans un labo de Lyon, les scientifiques ramassent des cancers à la pelle, entre 27 et 55 ans. Que se passe-t-il ? Officiellement, rien. En réalité, beaucoup de choses.

L’édifiante affaire des cancers groupés commence par un communiqué du groupe de critique sociale Pièces et main d’œuvre (PMO, http://www.piecesetmaindoeuvre.com). Le 15 juillet dernier, PMO annonce une épidémie de cancers dans un laboratoire de l’Institut national des sciences appliquées (INSA) de Lyon, l’une des six écoles d’un pôle public de formation d’ingénieurs.

PMO, connu pour la vivacité de ses positions – notamment contre le « progrès » technologique -, n’aurait peut-être pas suffi, à lui seul, à intéresser qui que ce soit. Mais le texte est accompagné d’un courrier interne très flippant. Adressé aux personnels de l’INSA, il est signé Marie-France Joubert, directrice de l’Institut Lumière Matière (ILM), dont les travaux se mènent au sous-sol, au laboratoire de microscopie électronique du Clym (Centre lyonnais de microscopie).

La dirlo évoque « plusieurs cas de cancers graves diagnostiqués sur des collègues ayant fréquenté les installations de microscopie électronique du Clym ». Et suspend tous les travaux en cours dans ces locaux, évoquant sans se faire prier une éventuelle origine professionnelle. Panique à bord chez les chercheurs, qui tombent de l’armoire, puis de leur paillasse. Le reste est plus classique. Les bureaucrates se ressaisissent et assurent qu’il n’y a pas plus de cancers au labo que dans la population générale. Sacrés farceurs ! La vérité du dossier est tout autre : neuf chercheurs, de 27 à 55 ans, ont été frappés en une dizaine d’années par des cancers du sein, de l’utérus, du poumon, des testicules, entre autres. Et comme aucune enquête n’a encore eu lieu, la liste n’est pas nécessairement close.

Charlie n’entend pas résoudre ce qui reste une énigme, mais quantité de questions méritent d’être posées. En particulier celle des nanomatériaux étudiés au Clym, piste d’ailleurs évoquée par PMO. On ne parlera jamais assez de ces trouvailles, dont l’unité de mesure est le milliardième de mètre, ou nanomètre ; la taille d’un virus varie généralement entre 10 et 400 nanomètres.

Or, les amis, nul ne sait ce que peuvent provoquer des nanoparticules au contact de tissus vivants. C’est même l’une des raisons de leur succès. Extrait d’un article pionnier du professeur de chimie Geoffrey Ozin, paru en 1992 dans la revue Advanced Materials : «  Les objets de taille nanométrique […] démontrent de nouvelles qualités de la matière, en bonne part en raison de leur petite taille ». On a bien lu : de « nouvelles qualités de la matière ».

D’où le grand frisson de foncer encore plus vite dans le brouillard. Avant que de fâcheuses études n’empêchent l’essor des affaires, tous les gouvernements français, depuis vingt ans, ont ouvert les vannes. Et le résultat est digne de notre grand pays : en novembre 2013, le premier « recensement des nanoparticules mises sur le marché » annonçait fièrement une production nationale de 500 000 tonnes.
Est-ce une très bonne nouvelle ? Pour l’industrie, il n’y a aucun doute. On trouve désormais des centaines de produits d’usage courant qui en contiennent. Par exemple des « chaussettes antibactériennes » (nanoparticules d’argent), du ciment (dioxyde de titane), des laits solaires (idem), du sel ou du sucre (silice). Pour la santé, c’est un peu moins évident, car malgré les manœuvres de diversion, la connaissance – la vraie – avance.

En 2009, une étude parue dans Nature démontre que les nanos peuvent endommager l’ADN des humains. On apprend ensuite, en rafale, que les nanos présentes dans l’alimentation peuvent pénétrer le foie, le cerveau, les poumons et le système lymphatique. Le 26 octobre 2011, la revue Biomaterials établit que les nanos de dioxyde de titane – celles des laits solaires –attaquent la protection essentielle qu’est la barrière hémato-encéphalique (BHE). Deux ans plus tard, on apprend que les nanotubes de carbone, présents dans une multitude de matériaux, peuvent favoriser la cancérisation de certaines cellules.

Conclusion qu’on espère rationnelle : rien ne dit à ce stade que les cancéreux de l’INSA sont les victimes des nanos. Ou plutôt, ils le sont forcément, car nous le sommes tous.

Author: "fabrice" Tags: "Science, Industrie et propagande, Santé"
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Date: Thursday, 21 Aug 2014 10:05

L’illusion, en politique, semble increvable. Probablement parce qu’elle l’est. Ce jour commencent à Bordeaux les journées d’été d’Europe Écologie Les Verts (EELV). Je n’ai ni le courage ni le temps de vous parler de cette triste histoire de trente ans. Le parti Les Verts a en effet été fondé en 1984, par des gens dont certains étaient d’une radicale étrangeté, comme le défunt Guy Cambot, qui joua un rôle essentiel pendant près de quinze ans. Qui se souvient de Cambot pourtant, et de ses belles affaires africaines dans les années 60 du siècle écoulé, et de son indifférence totale pour l’écologie ?

Comme nul n’a tiré le moindre bilan des conditions passées, et ainsi que l’écrivit le philosophe espagnol (devenu américain) George Santayana, « Those who cannot remember the past are condemned to repeat it ». Ceux qui ne se souviennent pas du passé sont condamnés à le revivre. Permettez trois mots, qui seront emportés par le vent dès demain.

Cécile Duflot dans son livre à paraître : « J’ai fait le même chemin que des millions de Français. J’ai voté Hollande, cru en lui et été déçue… J’ai essayé de l’aider à tenir ses promesses, de l’inciter à changer la vie des gens, de le pousser à mener une vraie politique de gauche. Et j’ai échoué. Alors je suis partie ». Tout est faux, c’est-à-dire pure tactique. Il serait tout de même intéressant de savoir ce que Hollande a pu dire pour qu’elle le croie aussi imp(r)udemment. On le saura dans une autre vie. Notons l’aveu involontaire : elle aurait tout tenté pour qu’il lance une politique « de gauche ». Pas écologiste, donc, mais « de gauche ». Ma foi, c’est assez clair.

Jean-Vincent Placé, compère de la précédente. Les deux, dont le destin est lié en profondeur, se sont partagé le boulot. À lui, les appels au centre, c’est-à-dire, pour employer le langage convenu, la droite. De manière à contrôler au mieux les ardeurs ministérielles des députés Pompili et de Rugy - entre autres - qui ragent de ne pas avoir pu profiter des bienfaits d’une entrée au gouvernement. À elle, le mollettisme écolo, de façon à surfer sur le mécontentement des rares troupes militantes qui n’ont pas encore déserté la salle. Selon Le Point, Placé serait un grand cachottier (ici). Il aurait « oublié » de déclarer à la Haute Autorité de transparence de la vie publique l’existence d’une société commerciale lui appartenant. Le pompon à qui dressera la liste de toutes les casseroles déjà attachées à l’excellent écologiste qui se fout si complètement de l’écologie, dont il ne sait rien.

Yves Cochet, le seul que je connaisse un peu, s’est spécialisé depuis peu dans les grands prêches apocalyptiques. Notamment au sujet du pétrole. La logique voudrait qu’il combatte sur ce terrain décisif, mais ce serait méconnaître l’immense talent transformiste de l’ancien ministre. Dans un entretien donné au JDD, il déclare sans se poser aucune question personnelle (ici): « Nous avons récupéré le pire de la politique - le calcul, les carrières, les divisions, le manque de fond - mais nous n’avons pas de recul historique dû à l’histoire ». Et rien, bien sûr. Pas de mise en cause de qui que ce soit, sauf pour se plaindre du passé. À l’en croire, il n’aurait pu être candidat à la présidentielle en raison de votes truqués qui auraient profité à Voynet (en 2007). Ce n’est pas grave, c’est directement insupportable. Mais quelle conclusion en tire notre si grand mémorialiste ? Celle-ci : « Nous étions très amis avec Voynet pendant une vingtaine d’années et depuis nous nous sommes éloignés ». Voynet truande et conchie ainsi le vote démocratique, censé être la pierre angulaire de l’engagement EELV, mais on s’éloigne gentiment, sans faire le moindre bruit. Oh ! comme ce rebelle est charmant. Par ailleurs, il déplore qu’aucun écolo de sa petite entreprise n’ait l’envergure pour devenir président de la République. On voit la hauteur de vue ! La planète, selon ses propres dires  - auxquels il ne croit pas - s’enfonce dans une crise totale, mai, crotte, personne de chez lui ne pourrait être à l’Élysée.

Emmanuelle Cosse enfin, « patronne » du parti et surtout propriétaire en titre de deux muselières - Duflot et Placé. Elle est entrée dans le mouvement en 2009, et sur décision en coulisses des deux maîtres précités, elle fait de la figuration. Ni trop, ni trop peu. Dans un entretien à Libération ce matin, elle félicite Royal, qui vient de s’attaquer comme on devrait tous savoir aux loups, aux ours, aux vautours, et lance, apparemment fière d’elle-même : « Il suffit de regarder les indicateurs. Depuis deux ans, le choix d’apporter des liquidités aux entreprises ne produit pas son effet. En revanche, les effets pervers de cette politique arrivent : récession et difficulté à maintenir l’emploi. Manuel Valls essaie de tuer un débat qu’il ne peut pas tuer ». Le reste n’est que blabla.

Nous en sommes là, à ce point zéro, et il est bien inutile de se lamenter. L’heure est au combat, mais il est très dangereux d’avancer sous le feu sans avoir une claire vision du champ de bataille. EELV est un parti absolument sans intérêt pour qui cherche de vraies solutions.

Author: "fabrice" Tags: "Morale, Mouvement écologiste, Politique"
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Date: Wednesday, 20 Aug 2014 08:14

Cet article a été publié par Charlie Hebdo, le 13 août 2014, sous un autre titre

Les journalistes sont comme les boulangers. Il y a les bons et les autres. Mais quand on tombe sur une enquêteuse comme Stéphane Horel, on est obligé de regarder son documentaire. Horel fait aimer la télévision. Affreux.

On a le droit de rendre hommage sans donner dans le cirage de pompes. La journaliste Stéphane Horel (http://www.stephanehorel.fr), discrète comme une violette, est l’une des meilleures. Ses révélations à répétition sur le fonctionnement réel de l’Europe auraient déjà dû lever des armées, mais pour l’heure rien, ou presque.

Samedi passé – le 9 août -, France 5 a passé en catimini, à 19 heures, un documentaire d’une rare qualité, qui raconte une histoire essentielle dont tout le monde se fout. Celle des perturbateurs endocriniens. Stéphane Horel y décrit par le menu la manière concrète dont les institutions européennes sabotent tout ce qui peut gêner la marche triomphale de l’industrie. Or les perturbateurs endocriniens sont au cœur de la machine, ce qui explique le jeu criminel des transnationales.

Mais un point d’histoire. En 1991, la grande scientifique américaine Theo Colborn réunit dans un bled du Wisconsin – Racine - une poignée d’hérétiques et de marginaux, dont des biologistes. Avant tout le monde, ces pégreleux ont compris que les êtres vivants, humains compris, sont attaqués par un nouvel ennemi, qu’ils nomment aussitôt « perturbateur endocrinien ». C’est (presque) simple : des molécules chimiques de synthèse, présentes dans d’innombrables produits – cosmétiques, pesticides, plastiques, médicaments -, déséquilibrent des fonctions de base, provoquent cancers, infertilité, troubles neurologiques, favorisent l’obésité et le diabète. Comme le dit le film, ils « piratent le système hormonal et jouent avec la testostérone ou les oestrogènes ». Sur une liste à vrai dire interminable, les phtalates, le bisphénol A, les produits ignifuges utilisés pour les télés ou les ordinateurs.

Ce n’est pas grave, c’est dramatique. Car comme le montre Horel, l’Europe, infiltrée en profondeur par des lobbies amoraux, refuse d’agir. Et sabote même les efforts de ceux qui réclament des actes. On se contera ici de deux exemples, aussi écœurants l’un que l’autre. D’abord l’affaire Kortenkamp. En 2011, la Commission européenne, experte en rapports oubliés, en commande un au professeur Andreas Kortenkamp, bon spécialiste des perturbateurs endocriniens. Début 2012, il remet un texte aussi solide qu’honnête, qui est aussitôt placé en quarantaine. Parallèlement, un autre rapport – classique contre-feu - est demandé à un panel de « spécialistes ». Horel enquête et découvre que huit experts du groupe sur dix-huit ont des liens avec l’industrie transnationale. Et que onze d’entre eux n’ont jamais rien publiÈ sur les perturbateurs endocriniens.

L’autre histoire est plus folle. Entre juin et septembre 2013, 18 responsables de 14 revues de toxicologie et de pharmacologie européennes publient le même texte incendiaire. Ces pontes mettent en garde l’Europe, qui s’apprêterait – plus de vingt ans après l’alerte de Colborn ! – à prendre de timides mesures contre les perturbateurs endocriniens. En clair, il ne faut surtout pas, car selon eux, aucune étude ne serait concluante. Mais Horel publie le 23 septembre 2013 un article sensationnel dans Environmental Health News. 17 des 18 signataires « ont des liens passés ou actuels avec l’industrie ».

Son principal rédacteur, Daniel Dietrich, a conseillé une structure des industriels de la chimie, des pesticides et du pétrole, et même réalisé des études avec des employés de Dow Chemical ou Bayer, ces grands philanthropes. L’un des plus lobbies industriels de la planète, International Life Sciences Institute (ILSI), est aux manettes, financé par les secteurs agroalimentaire, chimique, pharmaceutique et des biotechnologies. Et toute velléité de santé publique est de nouveau oubliée par les agences européennes.

Est-ce ainsi que les hommes meurent ? On dirait bien. Malgré l’exemplaire boulot de Stéphane Horel, nul ne bouge. Que fout chez nous Marisol Touraine, ministre de la Santé ? Chaque jour pourtant, on comprend un peu mieux comment agissent les perturbateurs endocriniens, et l’on sait maintenant qu’ils sont toxiques à des doses infinitésimales. Bien au-dessous des normes officielles. Il est déjà très tard.

Author: "fabrice" Tags: "Industrie et propagande, Politique, Sant..."
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Date: Thursday, 14 Aug 2014 18:01

Simon Leys est mort et comme écrivait l’autre, tout est dépeuplé. Cette grande personne si chère à mon cœur ne semble avoir aucun rapport avec mes obsessions, qui ne sont finalement qu’une : la crise de la vie sur Terre. Mais comme si souvent, il n’est pas besoin de creuser longtemps pour comprendre à quel point Leys était un allié de première force dans la bataille contre tous les mensonges. Il est donc mort en Australie, où il enseignait, à l’âge un peu jeune de 78 ans (ici).

Avant de vous dire mon sentiment, sachez que je suis loin de chez moi, loin de mes livres et de mes références. Je vous livrerai donc ce que ma mémoire me dicte. Leys - Pierre Rickmans de son nom de naissance - est d’abord, comme certains d’entre vous le savent, un authentique sinologue, grand connaisseur de l’histoire, de la culture, de la langue chinoises. Il aimait, et quand il aimait, il adorait. En 1971 - je crois que je n’avais pas 16 ans -, Leys fait paraître un livre inoubliable, Les habits neufs du président Mao (Champ Libre).

J’étais alors déjà profondément antistalinien, et je le suis resté. Et donc fondamentalement antimaoïste, car ce courant s’inscrit d’évidence, et en droite ligne, dans cette tradition maudite. Je pourrais aisément prétendre que le livre a été à mon chevet d’emblée, mais ce n’est - hélas - pas vrai. Je ne l’ai lu qu’une dizaine d’années plus tard. Leys, seul contre tous, racontait en temps réel les événements connus sous le nom grotesque de Grande Révolution Culturelle Prolétarienne. En deux mots, Mao lance en 1966 un mouvement tourné contre les cadres du parti communiste au pouvoir. S’appuyant sur son fameux Petit livre rouge et sur une jeunesse déchaînée, il lance un vaste mouvement contre le supposé révisionnisme des cadres du parti. Pendant des années, la violence règne en maîtresse, qui fera autour d’un million de morts.

De quoi s’agit-il ? Pour une partie de l’intelligentsia française de l’époque - Sartre bien sûr, mais aussi les July, Geismar, Glucksmann, Benny Lévy-Pierre Victor, Alain Badiou, Alain Lipietz, Olivier Rolin, Philippe Sollers, Roland Castro, tant d’autres -, cette « révolution » était populaire, libératrice, déterminante. Elle annonçait au monde ébahi que l’histoire n’était pas terminée et ne finirait jamais. Elle annonçait le règne de la liberté perpétuelle. Mais tout n’était qu’épouvantable mensonge, manipulation, manœuvres bureaucratiques menées de main de maître par ce vieux salopard de Mao, qui entendait avant tout garder le pouvoir.

Maintenant que tout est su, on ne peut plus lire tout à fait Les habits neufs du président Mao comme le grand chef-d’œuvre qu’il est pourtant. En temps réel, je me répète, Leys disait toute la vérité sur la dictature maoïste. Et en bonne logique, il fut descendu par le journal Le Monde, qui lui accorda dix lignes misérables sous la signature du misérable maolâtre Alain Bouc, qui devait se déshonorer ensuite comme correspondant à Pékin. Leys fut traité - par d’autres - d’agent de la CIA, car bien entendu, qui d’autre qu’un agent stipendié aurait pu écrire de telles horreurs sur un si beau pays ? À la même époque, nos grands intellectuels encensaient la reine de la fantasmagorie, l’Italienne Maria-Antonietta Macciocchi. Quelques mois avant Leys, elle avait publié un livre de 570 pages,  De la Chine (Le Seuil), tout à la gloire dégoulinante des assassins.

Au cours d’une mémorable émission Apostrophes de mai 1983 présentée comme les autres par Bernard Pivot, on entendit  Leys dire à propos de cette faussaire, présente sur le plateau, et comme indignée par l’attaque : « Je pense… que les idiots disent des idioties, c’est comme les pommiers produisent des pommes, c’est dans la nature, c’est normal. Le problème c’est qu’il y ait des lecteurs pour les prendre au sérieux et là évidemment se trouve le problème qui mériterait d’être analysé. Prenons le cas de Madame Macciocchi par exemple — je n’ai rien contre Madame Macciocchi personnellement, je n’ai jamais eu le plaisir de faire sa connaissance — quand je parle de Madame Macciocchi, je parle d’une certaine idée de la Chine, je parle de son œuvre, pas de sa personne. Son ouvrage De la Chine, c’est … ce qu’on peut dire de plus charitable, c’est que c’est d’une stupidité totale, parce que si on ne l’accusait pas d’être stupide, il faudrait dire que c’est une escroquerie. »

Je ne vois, dans mes souvenirs personnels, qu’un exemple se rapprochant du travail de désintoxication grandiose de Leys sur la Chine. C’est celui de George Orwell, dénonçant en 1938, après son passage dans les colonnes du Poum espagnol, l’emprise stalinienne sur la révolution en cours. Et ses crimes atroces (In Hommage à la Catalogne). Est-ce étonnant ? Orwell était l’un des grands personnages du Panthéon de Leys. Plutôt mourir que mentir. Ou du moins, plutôt être seul à jamais. Mais le Leys que j’ai tant aimé était aussi un formidable critique littéraire, et pour dire le vrai, le meilleur, à mes yeux en tout cas. Ses chroniques, ses textes et fulgurances, son alacrité, son humour, sa sensibilité ont changé mon regard sur la chose écrite.

Il aimait aussi la mer - comme moi, je le confesse, mais bien davantage que moi - et avait publié une splendide anthologie de textes français sur ce sujet inépuisable, de Rabelais à Hugo, d’Alexandre Dumas à Loti (La Mer dans la littérature française, Plon) ». J’ai les deux tomes chez moi, je les vois dans ma tête en ce moment précis. Leys avait également traduit un livre formidable et resté méconnu, Deux années sur le gaillard d’avant (Richard Henry Dana, Payot), récit autobiographique d’un marin à bord d’un cap-hornier. Et bien sûr, écrit Les Naufragés du « Batavia » (Arléa), époustouflant récit d’un fait-divers authentique, suivi d’un texte autobiographique - Prosper - dans lequel Leys raconte sa vie, à l’extrême fin des années Cinquante, à bord du dernier grand voilier de pêche breton (j’espère que je ne me trompe pas).

Faut-il insister ? Je ne le crois pas. Encore un mot, toutefois, à propos du Magazine Littéraire. En 2006, dans l’une de ses chroniques mensuelles, Leys s’attaque à une sommité de la sinologie. Mais ne vaudrait-il pas mieux écrire Sommité de la Sinologie ? La victime, François Jullien, est une vedette incontestée de la nomenklatura intellectuelle française, ce qui n’en fait pas nécessairement une andouille. Au reste, et je m’empresse de le préciser, je n’ai pas lu les innombrables textes et livres de Jullien. Mais j’ai lu Leys, l’étrillant donc dans le Magazine Littéraire. Comme à son habitude, Il y montait au combat sans aucun égard pour la position dominante de Jullien, écrivant notamment (et qu’on me pardonne la longueur de la citation) que la pensée de Jullien

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« est bien analysée par Jean-François Billeter dans son Contre François Jullien (éd. Allia). Billeter est philosophe comme Jullien mais, à la différence de ce dernier, il connaît la Chine et sait écrire le français (je me demande d’ailleurs dans quelle mesure ce n’est pas l’opacité du jargon de Jullien qui lui a assuré le plus clair de son autorité). Avec courtoisie mais rigueur, Billeter montre que la Chine dont parle Jullien est une construction abstraite présentant peu de relations avec la mouvante réalité culturelle et historique de la civilisation chinoise. Jullien glane ses matériaux un peu partout dans les textes chinois (quelquefois il se contente de les piller dans les travaux de ses collègues), puis il les utilise hors contexte, de façon anachronique ; assemblant ces éléments disparates en un vaste collage, il intitule « pensée chinoise » ce qui n’est en fait que de la pensée-Jullien.

Je ne pense pas que l’erreur de Jullien ait été (comme le croit Billeter) d’avoir pris pour point de départ « l’altérité » de la Chine. Celle-ci, loin d’être un mythe, est une réalité savoureuse, capable d’inspirer ce désir passionné de connaissance dont parlait Needham. Non, le fond du problème, c’est que la Chine ne l’intéresse pas : pour lui, elle ne présente nulle valeur intrinsèque ; il s’en sert comme d’une « commodité théorique » pour considérer du dehors notre processus intellectuel. Mais comme Billeter le remarque avec pertinence, « on ne saurait revenir sur soi sans avoir commencé par se porter ailleurs ».

Intéressante coïncidence : en décembre dernier, Le Monde a publié un entretien dans lequel Jullien commentait « L’Énigme de la puissance chinoise ». Il expliquait que « le lettré chinois n’est jamais devenu un intellectuel critique », et Tian’anmen ne saurait donc avoir de lendemain. Mais exactement le jour même où paraissaient ces propos, deux cent cinquante mille Chinois bravant les contrôles policiers manifestaient à Hongkong pour exiger la démocratie. Apparemment donc, au moins un quart de million de Chinois seraient déjà las de servir de « commodité théorique » à la pensée-Jullien ».

Fin de la citation————————–

Je n’ai pas lu Jullien, mais j’ai toute confiance en Leys. Il n’est pas exclu que j’aie tort, mais comme je ne l’ai encore jamais pris en défaut, je dois dire que je ne changerai pas d’avis de sitôt. Par curiosité, je suis allé voir la page Wikipédia de Jullien (ici). C’est furieusement drôle, car on y oublie de citer, parmi les critiques du Maître, celle de Leys, se concentrant sur celle de Billeter, moins connu et sans doute plus facile à conchier. Donc, pas un mot sur Leys. Mais un flot inouï de louanges, tels qu’on finit par soupçonner de l’autocongratulation. Jullien est-il l’auteur d’une partie au moins de ce panégyrique ? J’en jurerais.

Où veux-je en venir ? Nulle part. Je suis seulement heureux de dire combien je dois à cet être hors du commun. Dans l’un de ses livres, L’humeur, l’honneur, l’horreur : Essais sur la culture et la politique chinoises (Robert Laffont, 1991), Leys glisse un article - Une excursion en Haute Platitude - consacré à notre inaltérable Bernard-Henri Lévy. Critiquant un essai dérisoire de BHL, Impressions d’Asie, Leys écrit des mots dont la saveur m’enchante encore, près d’un quart de siècle plus tard :

« Dans son aimable insignifiance, l’essai de M. Lévy semble confirmer l’observation d’Henri Michaux : Les philosophes d’une nation de garçons-coiffeurs sont plus profondément garçons-coiffeurs que philosophes (…) Comme tout le monde s’en doute maintenant, l’Asie n’existe pas. C’était une invention de XIXe siècle eurocentrique et colonial. M. Lévy qui est fort intelligent et a beaucoup voyagé, aurait quand même pu s’en apercevoir ».

Puis : « On se demande parfois [si BHL] n’aurait pas eu avantage à rester cloîtré dans une cabine hermétiquement close et capitonnée, car, au contact des réalités de la rue, sa prose a fâcheusement tendance à enfler, et, comme un ballon gonflé d’air chaud, elle s’élève bientôt jusqu’à la zone des Hautes Platitudes… région dont elle ne redescendra plus, sauf pour quelques rafraîchissantes plongées dans un brouillard de volapük…
Pour que des Impressions d’Asie de M. Lévy puissent vraiment intéresser, au départ, il faudrait d’abord que M. Lévy fût. Et sitôt qu’il aura remédié à cette carence ontologique, il nous captivera, même avec des
Impressions de Pontoise ».

Voilà le Leys que je chéris. Voilà le Leys que je n’oublierai jamais.

 

Author: "fabrice" Tags: "Livres, Intellectuels, Littérature"
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Date: Tuesday, 12 Aug 2014 16:22

Cet article a été publié le 6 août 2014 par Charlie Hebdo, sous un autre titre

Derrière les maladies émergentes, dont la fièvre Ebola qui dévaste l’Afrique, l’Internationale des gougnafiers. Un siècle de déforestation massive et d’agriculture intensive explique largement la dissémination de nouveaux fléaux.

Qui sait ? Peut-être que la Grande Peste – de 30 à 50 % de la population européenne meurt  entre 1347 et 1352 – a commencé comme cela. Ou encore la « grippe espagnole » de 1918, qui zigouilla davantage – 20 millions de morts – que la Première Guerre mondiale, celle qui devait être la dernière.

Une chose est sûre, et c’est que la fièvre hémorragique dite Ebola – une rivière de la République démocratique du Congo – est hors de contrôle. Après le Liberia et la Sierra Leone, tous les pays voisins sont désormais menacés, dont le Nigeria et ses 170 millions d’habitants. L’un des virologues au contact des malades, le Sierra Léonais Sheik Umar Khan, est mort la semaine passée, frappé lui aussi par le virus.

C’est donc l’angoisse dans des pays où les systèmes de santé croulent déjà sous le poids d’autres maladies. En attendant mieux, il n’est pas interdit de se poser une ou deux questions bien emmerdantes. La principale est celle-ci : pourquoi tant de maladies émergentes ? Selon les sources les plus sérieuses, leur nombre explose depuis cinquante ans, que l’on parle d’Ebola, du sida, du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), des hantavirus, du virus du Nil occidental, entre autres joyeusetés.

Il serait stupide de vouloir tout expliquer par la dévastation écologique de la planète, mais il serait franchement con de passer à côté. Car d’évidence, une des clés de la situation s’appelle déforestation. Dans un texte impeccable (1) publié par la FAO (Organisation des nations unies pour l’agriculture et l’alimentation), les chercheurs Bruce Wilcox et Brett Ellis expliquent par le menu l’arrière-plan de ces émergences (ou réémergences). Grossièrement, l’essentiel du phénomène viendrait de « changements dans le couvert végétal et l’utilisation des terres, notamment les variations du couvert forestier (en particulier la déforestation et la fragmentation des forêts), ainsi que l’urbanisation et l’intensification de l’agriculture ».

Les hommes pénètrent toujours plus loin dans les forêts tropicales, sortent virus et autres micro-organismes pathogènes de l’extrême stabilité écologique où ils se trouvaient, entrent au contact d’animaux de toutes sortes – primates, rongeurs, chauve-souris – qui deviennent les vecteurs de ces infections. On est très loin de tout comprendre, mais il est certain que le bouleversement de centaines de millions d’hectares de steppes et prairies, et surtout de forêts, a mis au contact des êtres vivants qui ne l’étaient pas dans le passé proche.

Wilcox et Ellis vont encore plus loin, écrivant : « Les premiers pathogènes responsables de fléaux tels que la variole seraient nés en Asie tropicale, au début de l’histoire de l’élevage et lorsque les forêts ont commencé à être défrichées à grande échelle, au profit de cultures permanentes et d’établissements humains ». La France n’est nullement à l’abri : une étude parue en 2008 dans la revue Nature (2) propose la première carte mondiale des maladies émergentes, et notre beau pays tempéré y occupe une place de choix.

Pourquoi ? Parce que nous avons beaucoup de ports – sur la Méditerranée, l’Atlantique, la Manche et la mer du Nord -, où les bateaux débarquent sans cesse des hôtes inattendus. Et parce que les anciens liens coloniaux font atterrir chaque année à Roissy, Marseille ou Lyon des centaines de milliers d’habitants de pays tropicaux. Le reste s’appelle dérèglement climatique, qui fait irrésistiblement remonter vers le Nord des espèces jusqu’ici confinées plus au sud.

Charlie, qui n’est pas devin, ne sait rien de ce qui va se passer, mais la promiscuité toujours plus grande entre les hommes, les animaux sauvages et les milliards de prisonniers de l’élevage concentrationnaire ne saurait annoncer le printemps. Pour que la situation s’améliore, il faudrait commencer par respecter ces équilibres écologiques qui emmerdent tout le monde, à commencer par les aménageurs-massacreurs. À moins de devenir sages, et même très sages, Ebola n’est qu’un début.

(1) http://www.fao.org/docrep/009/a0789f/a0789f03.html
(2) http://www.nature.com/nature/journal/v451/n7181/full/nature06536.html

Author: "fabrice" Tags: "Chasse, Biodiversité, Développement, A..."
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Date: Thursday, 07 Aug 2014 20:45

Les commentaires ne pourront être publiés pendant environ cinq jours, mais ils le seront à partir de mardi prochain.

Author: "fabrice" Tags: "Vacance"
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Date: Thursday, 07 Aug 2014 09:33

Cet article a été publié le 30 juillet 2014, sous un autre titre, par Charlie Hebdo

Ségolène Royal a décidé de tout flinguer. Les loups, les ours, en attendant les flamants roses demain. En faisant cadeau sur cadeau aux chasseurs et à la FNSEA, elle met à bas quarante ans de bagarres pour la beauté.

Ségolène Royal déconne à plein tube, sous les applaudissements des chasseurs et des beaufs. Rappelons, car ce serait facile à oublier, qu’elle est ministre de l’Écologie. Le 7 juillet, à l’Assemblée, elle déclare sans trembloter à propos des loups : « le nombre d’individus recensés dépasse désormais celui qui avait été fixé ». Revenus naturellement par l’Italie il y a vingt-cinq ans – après complète extermination -, ils seraient 300, contre 3000 en Espagne. Le Loup, ce Rom.

Encouragé par la bonne dame, le parc national des Écrins organise le 10 juillet une battue en son cœur, en théorie zone de protection maximale pour les animaux. L’objectif est de virer un loup qui s’y serait réfugié, de manière que des clampins à fusil le butent à la sortie du parc. On admire l’élégance : pas de tir dans un parc national, puisqu’on y protège, mais à la porte d’entrée, oui. Le Loup, cet Arabe.

Le 19 juillet, Royal est dans les Pyrénées et annonce qu’il n’y aura pas de réintroduction d’ours dans les zones de pastoralisme, c’est-à-dire partout. L’ours, le légendaire Moussu – le Monsieur – des montagnes pyrénéennes peut aller se faire foutre. Après avoir régné pendant des dizaines de millénaires, il n’a cessé de décliner, surtout au siècle dernier, pour cause de poison et de flingot. Il y en avait une centaine avant-guerre, 70 en 1954, 30, puis une poignée, puis un seul, mâtiné de gênes slovènes.

Slovène ? Pendant que disparaissaient les autochtones un  à un, des fêlés réussissaient in extremis à obtenir une réintroduction d’ours venus de Slovénie, à partir de 1996. Au total, ils seraient aujourd’hui 24 dans le massif, quand toutes les études scientifiques clament qu’il y a de la place pour au moins 250 animaux. Mais Royal n’en a évidemment rien à secouer : en abattant d’un coup 30 ans d’efforts associatifs en faveur des ours, elle est devenue la chouchoute des archi-beaufs locaux, qui ne parlent jamais que d’ours « importés » de Slovénie, Ce pays barbare, 30 fois plus petit que la France, abrite la bagatelle de 400 ours.

Mais ce n’est pas tout. Ce même 19 juillet, Royal lâche un mot sur les vautours : « On regarde ce qu’on peut faire ». Avec cette précision loufoque : « Il y a eu des attaques, non contre des animaux vivants, mais fatigués ». Cette sublime sottise donne raison aux grands délirants – les mêmes dégueulent sur les ours « étrangers » - qui prétendent que les vautours, stricts nécrophages depuis l’Éternité, attaquent depuis peu des animaux vivants, comme des vaches en train de vêler.

Ailleurs, pareil. En baie de Somme, les pauvres pêcheurs réclament la peau des phoques, accusés de se servir en poissons dans leurs filets. Les blaireaux, chargés de tous les vices et de toutes les maladies, font l’objet un peu partout de plans d’éradication, par exemple à l’aide de chloropicrine, un gaz de combat. Dans le massif du Bargy (Haute-Savoie), des centaines de bouquetins ont été abattus sous un grossier prétexte sanitaire, provoquant une pétition de près de 50 000 personnes (1).
Même les riziculteurs de Camargue entrent dans la danse. Certains de ces charmants garçons ont été épinglés pour un usage massif de pesticides interdits, et les étangs de la région sont tous gravement pollués, mais les voilà qui réclament des mesures contre les flamants roses, qui boulotteraient leurs saines récoltes. Alain Grossi, chef riziculteur (La Provence du 27 juin) : « Il y a une distorsion de traitement criante entre le loup et le flamant, entre les éleveurs et les producteurs ». Les gros durs de là-bas réclament des tirs contre les flamants, comme font les pisciculteurs avec les cormorans.

La morale est simple : un cycle historique s’achève. En 1971, la droite pompidolienne créait le ministère de l’Environnement. En 1976, la droite giscardienne faisait voter la « Loi n° 76-629 relative à la protection de la nature », qui avait fait absurdement lever des espoirs. La gauche de 2014 offre aux plus cons ce que la Nature a fait de plus beau. C’est le progrès.

(1) http://sauvonslesbouquetins.over-blog.com/tag/bouquetins%20du%20bargy

Author: "fabrice" Tags: "Morale, Chasse, Politique"
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Date: Wednesday, 30 Jul 2014 21:52

Cet article a été publié par Charlie-Hebdo le 23 juillet 2014

Frédéric Cuvillier, sous-ministre et cachottier. Pendant qu’il soutient mordicus le désastre de la « pêche en eau profonde », on apprend qu’il défend surtout les intérêts de sa ville, Boulogne-sur-mer.

Il est très difficile de ne pas insulter de la pire manière les tenants de la pêche industrielle. Mais on va essayer, pour les besoins de la démonstration. La France vient en effet de commettre une très grande vilenie. Une de plus ? Assurément, mais comme elle touche aux océans, c’est-à-dire à l’essentiel, on raconte. En un peu plus d’un siècle, les filets ont dévasté des équilibres écosystémiques vieux de millions d’années. Grâce à de menues inventions comme celle du chalut « moderne », à la fin du XIXe siècle, et plus tard les filets dérivants, ou encore les navires-usines, qui peuvent atteindre ou dépasser 100 mètres de long et emmagasiner des milliers de tonnes de poissons.

Le résultat est connu : les océans se vident à une vitesse ahurissante. On se contentera de citer l’étude classique de Ransom Myers et Boris Worm, parue dans la revue Nature en 2003 (1). Selon eux, 90 % des gros poissons ont disparu des mers depuis les débuts de la pêche industrielle. On peut être sûr que le pourcentage est dépassé.

Les poissons sont rares, mais le fric doit rentrer. Depuis une poignée d’années, les vils crétins qui ont tout détruit dans les premiers 200 mètres ont commencé à racler jusqu’à 1500 mètres de profondeur, au moins. Grâce à de nouveaux câbles en acier d’une résistance parfaite. Ce qu’on appelle la « pêche en eau profonde ». Le chalut est un bulldozer.

C’est délirant pour tant de raisons qu’on n’en retiendra ici qu’une seule : les poissons des profondeurs – par exemple la lingue bleue, le grenadier de roche ou le sabre noir – se reproduisent beaucoup plus lentement que les poissons vivant plus haut qu’eux, et un simple coup de filet flingue tout ce qui vit pour des dizaines d’années. Inutile de dire que les espèces non commerciales qui sont chopées par le chalut sont rejetées, mortes, à la baille.

Le drame est si impressionnant que des associations tentent depuis des années de faire interdire cette chierie par le Parlement européen. Et parmi elles, impossible d’ignorer Bloom (http://www.bloomassociation.org), créée par une valeureuse du nom de Claire Nouvian. En décembre 2013, Le Parlement de Strasbourg a failli voter une interdiction pure et simple, mais au dernier moment, s’est contenté d’une limitation qui n’a pas de sens. Claire Nouvian, en décembre : « C’est la victoire du lobbying acharné des industriels et de la fabrication d’un mensonge
d’Etat (…) La gauche et la droite, alliées, prennent parti pour la pêche industrielle ».

Dans les coulisses, comme l’a raconté à Charlie un député proche du dossier, la bataille a été sanglante, et seule une très opportune erreur de vote – une erreur ? – a permis aux lobbyistes de l’emporter sur le fil, avec 342 voix contre 326. Depuis, le camp de la mort continue de marquer des points et la dernière magouille en date s’appelle Frédéric Cuvillier, secrétaire d’État chargé des transports, de la pêche et de la mer. Cuvillier est un fervent de la pêche en eau profonde, qu’il soutient mordicus à Bruxelles dès qu’il en est question. Extrait d’un courrier officiel du 12 mars 2014 : « La France ne pourrait accepter une mesure qui viserait à interdire de manière drastique et sans discernement l’utilisation de certains engins et notamment le chalut de fond, qui aurait de lourdes conséquences socio-économiques ».

Ça a l’air sérieux, mais c’est pure foutaise. Huit Associations, dont Bloom, ont publié le 8 juillet un communiqué franc du collier, par lequel elles accusent la France d’avoir dissimulé des données essentielles. À force d’obstination, elles ont en effet obtenu la publication d’études officielles, notamment de l’Ifremer. Un, le massacre est réel – par exemple pour des espèces de requins menacés d’extinction -, et deux, Cuvillier ment à chaque fois qu’il s’étend sur les conséquences économiques d’une interdiction.

Les effets sur la pêche française seraient en fait dérisoires, sauf pour un port et un bateau. Le port s’appelle Boulogne-sur-mer, et Cuvillier en était le maire jusqu’à son entrée dans le gouvernement des bras cassés. Encore bravo.

(1) http://www.nature.com/nature/journal/v423/n6937/abs/nature01610.html

Author: "fabrice" Tags: "Mer, Industrie et propagande, Politique"
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Date: Monday, 28 Jul 2014 07:39

Il s’agit d’une resucée. Pour une raison que j’ignore, j’ai eu envie d’exhumer ce texte paru ici même il y a près de sept ans. Cela fait bizarre, non ?

Voler ne mène nulle part. Et je ne veux pas parler ici de l’art du voleur, qui conduit parfois - voyez le cas Darien, et son inoubliable roman - au chef-d’oeuvre. Non, je pense plutôt aux avions et au bien nommé trafic aérien. Selon les chiffres réfrigérants de la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), ce dernier devrait doubler, au plan mondial, dans les vingt ans à venir. Encore faut-il préciser, à l’aide d’un texte quasi officiel, et en français, du gouvernement américain (http://usinfo.state.gov).

Les mouvements d’avion ont quadruplé dans le monde entre 1960 et 1970. Ils ont triplé entre 1970 et 1980, doublé entre 1980 et 1990, doublé entre 1990 et 2 000. Si l’on prend en compte le nombre de passagers transportés chaque année, le trafic aérien mondial devrait encore doubler entre 2000 et 2010 et probablement doubler une nouvelle fois entre 2010 et 2020. N’est-ce pas directement fou ?

Les deux estimations, la française et l’américaine, semblent divergentes, mais pour une raison simple : les chifres changent selon qu’on considère le trafic brut - le nombre d’avions - ou le trafic réel, basé sur le nombre de passagers. Or, comme vous le savez sans doute, la taille des avions augmente sans cesse. Notre joyau à nous, l’A380, pourra emporter, selon les configurations, entre 555 et 853 voyageurs. Sa seule (dé)raison d’être, c’est l’augmentation sans fin des rotations d’avions.

Ces derniers n’emportent plus seulement les vieillards cacochymes de New York vers la Floride. Ou nos splendides seniors à nous vers les Antilles, la Thaïlande et la Tunisie. Non pas. Le progrès est pour tout le monde. Les nouveaux riches chinois débarquent désormais à Orly et Roissy, comme tous autres clampins, en compagnie des ingénieurs high tech de Delhi et Bombay. La mondialisation heureuse, chère au coeur d’Alain Minc, donc au quotidien de référence Le Monde lui-même - Minc préside toujours son conseil de surveillance -, cette mondialisation triomphe.

Où sont les limites ? Mais vous divaguez ! Mais vous êtes un anarchiste, pis, un nihiliste ! Vade retro, Satanas ! Bon, tout ça pour vous parler du projet de nouvel aéroport appelé Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes. Je ne vous embêterai pas avec des détails techniques ou des chiffres. Sachez que pour les édiles, de droite comme de gauche, sachez que pour la glorieuse Chambre de commerce et d’industrie (CCI) locale, c’est une question de vie ou de mort. Ou Nantes fait le choix de ce maxi-aéroport, ou elle sombre dans le déclin, à jamais probablement.

Aïe ! Quel drame ! Selon la CCI justement, l’aéroport de Nantes pourrait devoir accueillir 9 millions de personnes par an à l’horizon 2050. Contre probablement 2,7 millions en 2007. Dans ces conditions, il n’y a pas à hésiter, il faut foncer, et détruire. Des terres agricoles, du bien-être humain, du climat, des combustibles fossiles, que sais-je au juste ? Il faut détruire.

La chose infiniment plaisante, et qui résume notre monde davantage qu’aucun autre événement, c’est que l’union sacrée est déjà une réalité. l’Union sacrée, pour ceux qui ne connaissent pas, c’est le son du canon et de La Marseillaise unis à jamais. C’est la gauche appelant en septembre 1914 à bouter le Boche hors de France après avoir clamé l’unité des prolétaires d’Europe. L’Union sacrée, c’est le dégoût universel.

L’avion a reconstitué cette ligue jamais tout à fait dissoute. Dans un article du journal Le Monde précité (http://www.lemonde.fr), on apprend dans un éclat de rire morose que le maire socialiste de Nantes, le grand, l’inaltérable Jean-Marc Ayrault, flippe. Il flippe, ou plutôt flippait, car il craignait que le Grenelle de l’Environnement - ohé, valeureux de Greenpeace, du WWF, de la Fondation Hulot, de FNE - n’empêche la construction d’un nouvel aéroport à Nantes. Il est vrai que l’esprit du Grenelle, sinon tout à fait sa lettre, condamne désormais ce genre de calembredaine.

Il est vrai. Mais il est surtout faux. Notre immense ami Ayrault se sera inquiété pour rien. Un, croisant le Premier ministre François Fillon, le maire de Nantes s’est entendu répondre : « Il n’est pas question de revenir en arrière. Ce projet, on y tient, on le fera ». Deux, Dominique Bussereau, secrétaire d’État aux Transports, a confirmé tout l’intérêt que la France officielle portait au projet, assurant au passage qu’il serait réalisé.

Et nous en sommes là, précisément là. À un point de passage, qui est aussi un point de rupture. Derrière les guirlandes de Noël, le noyau dur du développement sans rivages. Certes, c’est plus ennuyeux pour les écologistes à cocardes et médailles, maintenant majoritaires, que les coupes de champagne en compagnie de madame Kosciusko-Morizet et monsieur Borloo. Je n’en disconviens pas, c’est moins plaisant.

Mais. Mais. Toutes les décisions qui sont prises aujourd’hui, en matière d’aviation, contraignent notre avenir commun pour des décennies. Et la moindre de nos lâchetés d’aujourd’hui se paiera au prix le plus fort demain, après-demain, et jusqu’à la Saint-Glin-Glin. Cette affaire ouvre la plaie, purulente à n’en pas douter, des relations entre notre mouvement et l’État. Pour être sur la photo aujourd’hui, certains renoncent d’ores et déjà à changer le cadre dans vingt ou trente ans. Ce n’est pas une anecdote, c’est un total renoncement. Je dois dire que la question de l’avion - j’y reviendrai par force - pose de façon tragique le problème de la liberté individuelle sur une planète minuscule.

Ne croyez pas, par pitié ne croyez pas, ceux qui prétendent qu’il n’y a pas d’urgence. Ceux-là - tous - seront les premiers à réclamer des mesures infâmes contre les autres, quand il sera clair que nous sommes tout au bout de l’impasse. Qui ne les connaît ? Ils sont de tout temps, de tout régime, ils sont immortels. Quand la question de la mobilité des personnes sera devenue une question politique essentielle, vous verrez qu’ils auront tous disparu. Moi, je plaide pour l’ouverture du débat. Car il est (peut-être) encore temps d’agir. Ensemble, à visage découvert, dans la lumière de la liberté et de la démocratie. Peut-être.

Author: "fabrice" Tags: "Développement"
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Date: Sunday, 27 Jul 2014 10:50

Grincheux, colériques, mélenchonistes énamourés, épargnez-vous la lecture de ce qui suit. On n’y trouvera pourtant aucune de ces grossièretés dont Mélenchon s’est fait le professionnel. Et par ailleurs, jurons une fois encore que cet homme - la personne, l’individu - m’est absolument indifférent. Non, ce qui me préoccupe bien sûr, c’est sa prétention ridicule à incarner l’écologie, entraînant derrière lui quelques milliers de gens, dont certains pourraient combattre là où c’est utile et même indispensable.

Mais passons aux faits. Je viens de lire un texte sur le site Slate.fr, dans lequel Mélenchon se livre une fois de plus (ici). Bon, comme je ne suis pas si méchant, je passe sur sa manière de réécrire son histoire personnelle - l’épouvantable secte OCI, puis 31 ans de bagarres souterraines et bureaucratiques au sein du parti socialiste -, jusqu’à accepter de Lionel Jospin un poste de sous-ministre entre 2000 et 2002. Précisons tout de même que Mélenchon aime et admire Mitterrand et Jospin, ce qui le qualifie assez bien. Mais, oui, passons, même s’il est difficile d’entendre ce Great Leader Chairman prétendre qu’il aurait eu plusieurs vies, quand il n’a en a eu qu’une, celle de politicien de seconde zone.

De quoi rêve notre Immortel écologiste ? De Youri Gagarine : « Le ressac actuel ne durera pas. J’ai connu le bonheur de voir Youri Gagarine aller dans l’espace. Je vous souhaite de connaître un émerveillement pareil. J’ai 63 ans et ce souvenir me perce encore! Le monde était un objet à notre portée. Il le redeviendra. » Eh bien, ma foi, quel imaginaire de pacotille ! Plutôt, quel imaginaire révélateur, et du plus mauvais ! Laissons de côté le système politique immonde qui a permis à Youri Gagarine d’être, le 12 avril 1961 le premier homme dans l’espace. Cela n’est pas rien, car il est derrière cet vaillant spationaute des millions de morts - peut-être cinquante.

En revanche, il n’est pas question d’oublier le reste. Et le reste s’appelle domination de l’Homme sur la Nature, qui le fonde pourtant. Mélenchon est bien sûr homme de son temps, ce temps qui nous mène à la ruine de tout. La fameuse « conquête » spatiale chère au cœur de Mélenchon n’est jamais que la poursuite du même cauchemar d’asservissement de tout ce qui n’est pas humain. Elle est le pendant - au ciel - de ce que fut la sinistre conquête de l’Ouest par des imbéciles, qui conduisit, sur Terre, à la mort de la Grande Prairie et à l’extermination des Indiens. Cessons de jouer un instant : la Nasa, c’est la bande de Cortés dévastant Tenochtitlan-Mexico, la plus belle ville du monde au début du XVIème siècle.

Je me doute que j’en choquerai plus d’un, mais je livre le fond de ma pensée. Les aventures dans l’espace ont dispersé des milliards de déchets dont nul ne sait ce qu’ils deviendront. Je dis bien : des milliards, car c’est attesté. Extrait éclairant d’un rapport de Robin des Bois (ici) : « Aujourd’hui, aucun vol spatial habité ou satellite ou encore mission interplanétaire  n’est à l’abri d’une collision destructrice avec un déchet. Sur Terre, nul non plus n’est à l’abri d’un déchet tombé de plus haut que le ciel, d’une rentrée incontrôlée sur la planète mer, pas même une baleine. Les déchets spatiaux contribuent à la pollution lumineuse de l’espace et perturbent les observations des astronomes. Les réacteurs nucléaires embarqués sur les satellites masquent le bruit de fond radioactif du cosmos en émettant des flux de rayons gamma artificiels même quand les satellites ne sont plus en fonction. Tout ça pour internet, GPS, téléphone et radio satellitaires, autant d’activités commerciales, de moyens de communication et de divertissement qui rapportent infiniment d’argent et produisent des déchets à l’infini sans la moindre contrainte à verser une TGAP -Taxe Générale sur les Activités Polluantes- spatiale ».

Je vous le dis, et vous en faites ce que vous voulez : cet esprit-là nous a conduit droit au gouffre. Comme on a tous les droits et aucun devoir, on avance, et on écrase. Les poissons, le climat, les forêts, la Loire, les coccinelles, demain Mars et le Soleil. Au reste, Mélenchon est un lourd récidiviste, car il appelle ouvertement à « l’exploitation » des océans (ici), sans dire un mot sur le grand massacre de la pêche industrielle, qui s’attaque de la façon qu’on sait à cette si magnifique matrice universelle.

Je sais que la quête sans fin est dans l’homme, et je sais que cela ne cessera pas. Seulement, et compte-tenu des enjeux, je crois que tout responsable devrait contribuer à faire émerger au moins une piste pour éviter le pire. Ma piste à moi s’appelle, ainsi que pour vous, je l’espère, l’esprit. Considérer la matière comme un infini « à notre portée »,  pour parler comme Mélenchon, c’est l’assurance de ne rien laisser debout. Mais ne nous ne sommes, par chance, qu’aux prolégomènes d’une vraie révolution possible, celle de notre esprit. L’infini est là aussi, et celui-là, pour l’heure en tout cas, ne présente pas les mêmes risques insensés. L’esprit, c’est une recherche aussi, plus vaste que celle d’un espace qui se dérobe à mesure que l’on avance. La tentative de mieux comprendre ce qui fait les humains. Celle de mieux se comprendre soi-même, de mieux comprendre les autres. Celle de partager le temps, le travail, celle de mieux aimer, celle de mieux éduquer ses enfants. Celle de mieux cultiver nos terres martyrisées.

Vous poursuivrez vous-même une liste sans horizon décelable. Oublions un peu, beaucoup la matière et célébrons sans gêne et sans fin l’esprit humain, dont une partie au moins est noble, sublime, fabuleuse même. Je crois pouvoir dire que je n’aime pas le mensonge. Et je n’aime évidemment pas, dans ces conditions-là, Mélenchon. Encore une fois, je me moque bien de l’individu, que je ne rencontrerai sans doute jamais. Mais, à une échelle lilliputienne, il entraîne dans une sombre impasse, ainsi que le firent jadis les staliniens, nombre de personnes que je sais vaillantes. Je dois dire que cela me peine. Mais je sais que je n’ai aucune chance de les convaincre. Así es la vida.

Author: "fabrice" Tags: "Vacance"
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Date: Thursday, 24 Jul 2014 07:30

Cet article a été publié par Charlie Hebdo le 16 juillet 2014

Salsigne, dans l’Aude, est pourri jusqu’à la moelle par un siècle d’extraction d’or. Les habitants de la vallée ne peuvent plus boire l’eau, mais le ministre Montebourg envisage la réouverture de la mine, fermée depuis 2004. Un délire.

Chut ! Le grand Montebourg prépare une loi sur la croissance pour la rentrée. La croissance. Le mirage. Mais Montebourg n’est pas seulement un comique troupier, façon Gaston Ouvrard et sa rate qui se dilate. Car il a des idées. Dont la réouverture de Salsigne (Aude). Deux philanthropes de la société « Or & Vintage », Olivier Bernard et Sébastien d’Arrigo, bien introduits chez les socialos, veulent en effet exploiter de nouveau cette mine d’or. Montebourg, qui pleure de joie dès qu’on parle de destruction, vient de promettre au député PS du coin, Jean-Claude Perez, une étude de faisabilité.

Salsigne, au nord de Carcassonne, est un lieu maudit depuis des lustres. On y a extrait du plomb, du cuivre, du fer, de l’argent depuis l’Antiquité, mais le vrai grand délire a commencé en 1892, quand on y a découvert de l’or. Salsigne produira 120 tonnes de cette arme de destruction massive jusqu’à sa fermeture en 2004.Un siècle d’épouvantables pollutions à l’arsenic et aux métaux lourds, qui a fait de la zone le site le plus pollué de France selon un grand nombre d’études plus officielles les unes que les autres.

Extrait du rapport Barthélémy de 1998 : « Les activités exercées sur le site de Salsigne ont laissé de grandes quantités de déchets. Il n’est pas possible d’en faire un inventaire complet car des masses importantes de déchets ne sont pas visibles (…) La découverte récente de plus d’un million de tonnes de scories et autres déchets (…) en est un exemple mais il y en a d’autres ». On parle désormais de près de 12 millions de tonnes de résidus pollués.

Ces montagnes, sur lesquelles rien ne pousse, sont farcies d’arsenic et de merdes comme le cadmium, le plomb, le mercure, ou encore le bismuth, très toxique. Mais il faut y ajouter des fossés remplis d’une eau empoisonnée et des réservoirs qui débordent, déversant dans la rivière Orbiel et sa vallée des polluants qui s’accumulent dans les sols et les sédiments. Visitant les lieux en 1984, le toxicologue décédé Henri Pézerat notait : « C’est ainsi que naquirent (…) d’énormes bassins dont on rehausse de temps à autre les parois de terre, remplis d’une boue constituée d’une fine poudre de minéraux riches en arsenic. Ces dernières années se sont accumulés ainsi dans le haut des vallées dominant Carcassonne 500 000 tonnes par an d’une boue qui dévalera un jour ou l’autre à l’occasion d’une tornade ou de pluies torrentielles pour polluer les vallées pour des décennies et des décennies ».

Qui a gagné le pompon ? Les industriels qui ont piqué l’or et se sont tirés avec. Qui paie la note ? La société, via des plans de réhabilitation de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie), qui auront dépassé trente-cinq millions d’euros sans servir à rien. Au total, selon un rapport de la Cour des comptes de 2003, la gabegie aurait coûté 125 millions d’euros à l’État. Dans le même temps, cancers respiratoires pour les hommes et cancers digestifs pour les femmes de la vallée de l’Orbiel, qui compte 10 000 habitants. L’eau n’est pas buvable et les jardins donnent des fruits pourris.

C’est dans ce contexte guilleret que Montebourg a envoyé sa lettre à Perez, le député. Certes, rien n’est encore fait, mais ça sent très mauvais, car il resterait 30 tonnes d’or dans le sous-sol de Salsigne. Olivier Bernard et Sébastien d’Arrigo, les deux « courtiers en métaux précieux » derrière nouveau projet, jurent leurs grands dieux que l’exploitation serait propre. Comme celle des gaz de schistes revue par Total. On n’extrairait plus l’or par cyanuration - la vieille méthode -, mais par chloruration, un procédé qui vient de sortir. On y croit très fort.

Socialo depuis 1945, le département de l’Aude est aux petits soins pour les martyrs de Salsigne. Les élus du conseil général cherchent en effet à imposer depuis des années une décharge à Lassac, en aval de Salsigne, malgré huit décisions contraires du tribunal administratif et une plainte pour faux et usage de faux, à l’instruction depuis…2006. La vallée de l’Orbiel, une pourriture pour l’éternité.

Author: "fabrice" Tags: "Développement"
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Date: Tuesday, 22 Jul 2014 12:17

 Pour Christian et Babeth Errath, pour Loïc Matringe, pour Yves Le Quellec

Vous lirez ci-dessous la réaction de l’association Ferus à la déclaration de guerre de Ségolène Royal. La dame, qui n’a jamais mis le pied dans la vraie nature sauvage, refuse donc le retour de quelques ours dans les Pyrénées. Dans la brèche géante ouverte par ses propos stupides, d’autres s’engouffrent évidemment. Sus aux loups, aux ours donc, aux vautours, aux blaireaux, aux bouquetins, aux phoques veau-marin, aux cormorans, et sus aux flamants roses. Une blague ? Pas du tout. Des riziculteurs de Camargue, dopés aux subventions et aux pesticides, réclament des mesures radicales contre les flamants roses, qui gêneraient leurs saines activités. Je crois qu’on peut parler d’un début d’hallali. Un début seulement, car la suite viendra. Je rappelle que l’hallali est une sorte de cri de victoire obscène, quand la bête acculée par les chasseurs est proche de la mort.

Vous lirez donc Ferus. Ma contribution sera modeste. En 1991 - à la fin de l’été, je crois -, j’ai rendu visite à une députée, Ségolène Royal. Elle n’était pas connue, elle n’avait pas encore été ministre, elle représentait les Deux-Sèvres à l’Assemblée nationale. Moi, je faisais un dossier sur le Marais poitevin, pour l’hebdomadaire Politis. Sur place, j’avais pu mesurer l’ampleur de ce que j’appelle une tragédie : la transformation de la deuxième zone humide de France - après la Camargue - en une zone purulente vouée au maïs intensif. Des dizaines de milliers d’hectares avaient été livrés au pillage des céréaliers, qui ne supportaient plus - c’est la logique de l’escalade - que l’eau pénètre dans le marais, car elle nuisait au rendement.

Ce pays grandiose avait appartenu aux oiseaux sauvages, aux troupeaux de bovins dans d’immenses prairies humides - les communaux -, et deux générations d’imbéciles au pouvoir avaient suffi pour tout ruiner. Mais quel immense malheur ! Royal se fendait à l’époque de déclarations pour gogos en faveur de la « Venise verte », minuscule territoire de carte postale où les touristes circulaient en barque. Il fallait sauver le marais ! Il fallait agir ! Tout de suite ! Je n’y croyais pas beaucoup - déjà -, mais je suis allé voir la dame en son bureau.

Je n’ai pas pris de notes, et je ne suis pas chez moi. Je n’ai donc aucun moyen de vérifier, et ce que je vous livre est ce qu’il y a dans ma tête. J’ai passé un couple d’heures avec elle, et j’en ai tiré un entretien, publié dans mon dossier. Dans les grandes lignes, Ségolène jouait les matamores et réclamait des mesures d’urgence. Le gouvernement était socialiste, avec un certain Brice Lalonde à l’Environnement, mais elle accusait absurdement Jean-Pierre Raffarin, déjà président du conseil régional de Poitou-Charentes, d’être l’un des vrais responsables du désastre.

Moi, comme je revenais d’une visite sur place - oh Loïc ! oh Christian et Babeth, encore merci -, je lui avais parlé de l’éleveur André Grizeau.Un type formidable dont je ne partageais pas les vues politiques - Dieu du ciel, non -, mais qui était un éleveur exemplaire, clair, cohérent, intelligent. Il avait fait les comptes, et savait beaucoup mieux que Royal que l’État, en vomissant ses subventions sur les producteurs de maïs - l’un des grands lobbies français -, sacrifiait évidemment les vastes prairies humides, qui ne recevaient, elles, que des miettes. Il gueulait, Dédé Grizeau. Il avait derrière lui une partie des éleveurs de la région. Il fallait, d’évidence, tout miser sur lui.

Royal, pensez donc, était absolument d’accord. Dédé était formidable. Elle allait. Elle ne manquerait pas de. Elle savait d’ailleurs quoi faire, car elle était déjà écologiste. Voyons, puisque je vous le dis. Le dossier a paru dans Politis et Royal m’a envoyé un petit mot manuscrit en regrettant le ton que j’avais conservé. Son ton à elle. Si lumineux. Tellement imagé. Elle avait même employé le mot de « raffarinade » pour désigner les moulinets et l’inertie combinés de Raffarin, que personne ne connaissait, à commencer par moi. Elle me disait en toutes lettres qu’elle craignait des retours de bâton - contre elle, cela va de soi - à cause d’une franchise trop manifeste. Mais elle se trompait.

Elle se trompait, et le Marais, somptueux legs d’une histoire se comptant en millénaires, allait droit à sa vraie mort. Grâce à elle ? Grâce à elle, grâce à ses moulinets, grâce à ses « raffarinades ». Elle deviendrait en 1992 ministre de l’Environnement de son cher Mitterrand, elle ne ferait rien. Rien. Son bilan au ministère : une loi sur les déchets, qui devait imposer, à l’horizon 2002 la fin de presque toutes les décharges en France. Il n’y en a que des milliers.

Elle ne ferait rien, car tel est son rôle sur la scène : blablater et toujours choisir le camp des puissants véritables. Je ne suis donc pas très étonné de ses dernières sorties sur le Loup ou l’Ours. Elle est, avec ses petits amis socialistes, sur la pente qui conduit à la destruction de tout. Un dernier point. Je suis sorti de l’entretien avec Royal, en ce jour de 1991, avec le sentiment, qui ne m’a guère quitté, d’avoir rencontré une politicienne inculte. Je m’en souviens fort bien, et je me souviens même d’en avoir parlé de la sorte autour de moi. Inculte et, dois-je ajouter, sotte. Nous n’avons pas tous, de loin, la même définition de la sottise. J’admets très bien que tel autre que moi juge Ségolène Royal intelligente. Moi, je me contente de dire ce que j’ai pensé. J’ai trouvé cette responsable limitée. Très.

On excusera, ou non, cette incursion et des propos qui ne sont pas amènes. Je rappelle ce qui figure dans la déclaration d’intention : « Ce site parlera donc de la crise écologique, à ma manière. Sans concessions, sans inutiles précautions, sans vain respect pour les hommes et les institutions qui ne le méritent pas. S’il doit avoir un sens, ce sera celui d’écrire librement ».

————————–

Communiqué

Le 21 juillet 2014

Ségolène Royal a tout faux !

L’association Ferus demande la démission de la ministre de l’Écologie

L’association Ferus est stupéfaite et scandalisée par les propos tenus par Ségolène Royal samedi dernier dans les Pyrénées. Le moins que l’on puisse dire, c’est que la ministre de l’Écologie n’a rien compris et n’y connaît rien ! Se permettre de prendre des décisions sans avoir pris la peine d’étudier ses dossiers est très grave et lourd de conséquences catastrophiques.

Déclarer « le territoire des Pyrénées n’est pas adapté à la réintroduction de l’ours », c’est méconnaître la plus élémentaire réalité biologique, faire un déni sur la réussite du renforcement du noyau central (et sur l’action positive de ses prédécesseurs) et ignorer les travaux et recommandations scientifiques les plus récentes (établis par le Muséum National d ‘Histoire Naturelle à la demande de son ministère).

Déclarer “les réintroductions d’espèces ne doivent pas avoir lieu dans des zones de pastoralismes. Je suis intervenue sur les loups, ce qui n’est pas forcément facile pour un ministre de l’Écologie. Je fais le choix des zones où il y a incompatibilité entre le pastoralisme et des espèces qui peuvent être prédatrices”, c’est laisser croire qu’elle (l’État) réintroduit des loups en choisissant le lieu et laisser penser que les animaux restent là où ils ont été réintroduits. Quelle absurdité !

Déclarer « quand il y a pastoralisme, ma préférence va au pastoralisme », c’est revenir  à cette opposition archaïque et stérile de l’ours contre berger, ignorer les millions d’aides au pastoralisme en zones à ours et loups, les efforts de son ministère et des associations pour aider à cette cohabitation effective depuis des décennies et  toujours possible et réussie en Espagne, en Italie mais aussi en France.

C’est aussi rallumer de vielles querelles, donner raison aux plus extrémistes et aux plus violents et ignorer que la biodiversité c’est aussi un partage de l’espace et non son occupation exclusive par une seule espèce ou une catégorie socio-professionnelle par ailleurs largement soutenue par l’argent de tous les contribuables.

Ségolène Royal a tout faux !

75% des français sont opposés à l’abattage de loups*. La consultation publique relative aux deux récents arrêtés de tirs de loups proposés par Ségolène Royal a montré une opposition massive à ces textes.

71 % des Français sont favorables à la réintroduction de nouveaux ours dans les Pyrénées pour assurer la présence de cette espèce protégée et menacée dans les Pyrénées **.

Le moins que l’on puisse demander, c’est le départ d’une ministre de l’Écologie  qui  manifestement n’est pas à la hauteur de ce qui devrait être, selon ses dires, « un travail intelligent et difficile à mener ».

Puisque la priorité de Madame la ministre de l’Écologie est le pastoralisme, Ferus invite le Premier Ministre à revoir la composition de son gouvernement et de confier à Ségolène Royal un ministère qui lui siéra davantage comme celui de l’agriculture !
La sauvegarde de la biodiversité qui est aussi l’avenir de l’espèce humaine mérite un ministre de l’Écologie digne de ce nom.
*sondage IFOP septembre 2013 pour l’ASPAS et One Voice

**sondage IFOP septembre 2012 réalisé pour le WWF et Rassemblement pour la planète sur les thématiques environnementales prioritaires pour les Français

Author: "fabrice" Tags: "Santé"
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Date: Friday, 18 Jul 2014 07:56

Cet article a été publié par Charlie Hebdo le 9 juillet 2014

Pauvre Areva ! Pauvre EDF ! Nos deux clampins du nucléaire tentent de faire croire que leur nouveau réacteur est une merveille. Malgré les fiascos finlandais et normand. Mais en Chine, plus personne ne répond sur la sécurité des deux EPR en cours de construction. C’est la merde.


Où trouver plus grands voyous que dans le nucléaire ? Avant d’aborder l’abominable dossier des réacteurs chinois, un passage par la France, où Luc Oursel, patron d’Areva, a confié ses malheurs au grand journal des vieux cadres et des archiretraités de droite, c’est-à-dire Le Figaro. Areva est un groupe public dans une panade telle que, si l’État ne laissait pas filer les déficits, ce serait la faillite, la fermeture des crédits, le chômage de masse. Mais précisons, tant ça fait plaisir : un gros trou de 2,5 milliards d’euros en 2011, suivi d’un petit trou de 99 millions en 2012, précédant un moyen trou de 494 millions en 2013.

Donc, Oursel dans ses œuvres. Le 30 juin, il déclare au quotidien précité : « Mon discours de vérité ne doit pas se réduire aux épreuves et aux incertitudes. Il faut donner un sens aux efforts demandés et inspirer confiance en l’avenir ». Ben mon colon, si c’est pas du beau français, ça y ressemble. La vérité est qu’Areva a décidé de tout miser sur les réacteurs nouveaux, qu’on appelle EPR. Comme le Rafale de cet excellent M. Dassault, au reste proprio du Figaro, c’est très cher et ça ne se vend pas. La seule différence, c’est qu’EPR, en plus, ne marche pas.

On résume. Il existe en Europe deux vitrines pour les VRP du nucléaire. Deux prototypes en cours de construction, l’un en Finlande et l’autre en Normandie. Le résultat est délirant, les retards se comptent en années, les surcoûts en milliards d’euros. Sans exagération, c’est la Bérézina. En Normandie, à Flamanville, de nouvelles malfaçons dans le béton – avec des trous de 42 centimètres de diamètre – viennent d’être révélées par Le Canard, mais on s’en fout, car on est les meilleurs.

Reste la Chine. Areva y tripatouille du nucléaire depuis plus de vingt ans et emploie sur place – cocorico ! – 2 600 personnes. Mais son grand rêve futuriste s’appelle, là-bas aussi, EPR, dont deux réacteurs sont en cours d’achèvement à Taishan (province du Guangdong, à 160 kilomètres de Hong Kong). Dès qu’on emmerde Areva – et EDF, qui supervise les travaux - sur les désastres finlandais et normand, les communicants sortent la carte chinoise, et prétendent que dans ce beau pays sans casse-couilles, tout va bien et de mieux en mieux. Sauf que c’est un très gros mensonge. Et qui le dit ?

Bloomberg, une agence d’infos spécialisée dans le conseil financier aux transnationales, connue dans le monde entier. Deux journalistes, Tara Patel et Benjamin Haas ont interrogé le directeur des relations internationales de notre glorieuse Autorité de sûreté nucléaire (ASN), un certain Stéphane Pailler. Lequel leur a aussitôt balancé  : « Il n’est pas toujours très facile de savoir ce qui se passe sur le site de Taishan ». Ajoutant pour les sourdingues : « Nous n’avons pas de relations régulières avec les Chinois sur le contrôle de l’EPR comme c’est le cas avec les Finlandais ». Traduit de la novlangue, cela signifie que les Chinetoques planquent ce qui pourrait faire désordre.

Ce qui fait désordre, gros désordre. D’autant que ce n’est que le début. La bureaucratie chinoise en charge de la sécurité nucléaire, National Nuclear Safety Administration, refuse de répondre à la moindre question, tandis que les Français, essaient de rassurer. Un Hervé Machenaud, vice-président d’EDF, jure ses grands dieux qu’il « existe en Chine un contrôle réel, indépendant, qui marche au moins aussi bien que dans d’autres pays ».

Le problème est très simple : sans EPR, EDF et Areva coulent. Les deux prototypes chinois sont les seuls qui permettent d’entretenir l’espoir, et dans ces conditions, faut-il croire Machenaud ? Sur le chantier normand d’EPR, où l’on croise des trous de 42 cm, il y a eu 140 inspections depuis 2007, sans compter des centaines de courriers de l’ASN et deux arrêts de chantier. À Taishan, riante contrée d’un pays totalitaire où l’information est surveillée par le parti, rien.

Rien. Le dernier commentaire sur la sécurité publié sur le site internet du site EPR chinois date de 2009. On se fout de nous, mais grave.

Author: "fabrice" Tags: "Nucléaire"
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Date: Sunday, 13 Jul 2014 17:36

 Je ne fais ici que relayer un communiqué de l’ASPAS (Association pour la protection des animaux sauvages). Voyez. Je viens moi-même d’adresser un message au directeur du parc national des Écrins, qui m’est revenu. Monsieur Galtier aurait-il débranché ?

———————–

AGISSEZ POUR LE LOUP !

Après la chasse aux loups en plein Parc, écrivez votre colère aux responsables !

M. Bertrand Galtier, directeur du Parc national des Ecrins, a osé ordonner que la zone coeur du Parc soit « nettoyée du loup ».

Refuser la présence d’une espèce protégée dans un espace protégé est inadmissible et illégal !

L’ASPAS et la LPO PACA ont obligé le Préfet à retirer son arrêté autorisant la battue, mais cette dernière avait déjà eu lieu le matin même. Aucun loup n’avait heureusement été débusqué et abattu, mais il aurait pu en être autrement… et impunément !

Si la cohabitation entre les moutons et les loups n’est pas possible, ce sont les moutons qu’il faut retirer de nos espaces naturels, et non les animaux sauvages !

Il nous parait primordial de réagir de façon unitaire et importante à cette nouvelle étape des attaques contre la nature.

Aussi, nous invitons toutes les associations, leurs adhérents et sympathisants à téléphoner ou envoyer des messages de protestation au président et au directeur du Parc national :

Président : Christian Pichoud Tél. 04 76 00 37 12 ou pichpn@gmail.com

Directeur : Bertrand Galtier 04 92 40 20 10 ou bertrand.galtier@ecrins-parcnational.fr

Pour que cette action soit efficace il faut agir en masse et immédiatement. Faites circuler !

Montrez que les citoyens respectueux de la biodiversité dans les parcs nationaux sont majoritaires. On ne touche pas à nos Parcs. On ne touche pas à la faune et à la flore sauvage !

Nous comptons sur vous. Les générations futures également…

Avec nos remerciements pour votre soutien

L’équipe de l’ASPAS

Author: "fabrice" Tags: "Mouvement écologiste, Animaux"
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