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C'est avec beaucoup de plaisir que je vous présente ce beau cachet conçu par SETH, l'un des auteurs majeurs de la Bande Dessinée contemporaine. Après des ouvrages aussi importants que La Vie est belle malgré tout, Wimbledon Green ou Palooka Ville, l'auteur canadien nous revient avec un joyau baptisé George Sprott: 1894-1975. Sous son format hors-norme hérité de sa pré-publication partielle dans le prestigieux New York Times, ce magnifique livre-objet nous propose de partir à la découverte de l'étrange personnalité d'un dénommé George Sprott. Construite sur le modèle de Citizen Kane et influencée par le Jimmy Corrigan de Chris Ware, la narration se développe autour des témoignages variés de ceux qui côtoyèrent de près ou de loin ce présentateur de télévision qui se fît connaître par le récit des explorations arctiques qu'il disait avoir menées. Fiction ou réalité? Ou subtil mélange des deux? George Sprott est l'un des "grands" albums de cette année 2009.
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(Le cachet exclusif pour la librairie Multi BD est limité à 150 exemplaires. Il n'influe en rien sur le prix de vente de l'album - George Sprott est disponible en français chez Delcourt et en anglais chez Drawn & Quarterly)
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1. De gauche à droite: Alex Baladi, Andreas Kundig et Benjamin Novello de la Fabrique de Fanzines, vaillants au poste.
2/3. Les éléments essentiels de la Fabrique: une tourne-disque et la "machine".
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1. L'atelier de sérigraphie All-Over. Impression du "Jeu des Sept Familles" dessiné durant la semaine.
2. Les outils de travail. Tous les jeux ont été courageusement découpés au cutter par des auteurs motivés (William Henne et Benoît Preteseille s'alternaient le dimanche pour parvenir à terminer le bel objet avant la clôture de Pierre Feuille Ciseaux).
3. Détail d'une planche au séchage entre deux passages couleur.
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1/2. L'exposition 10x10 sur Post-It des éditions Atrabile. Les bénévoles se souviendront toute leur vie d'avoir participé au collage des centaines de petits carrés jaunes sur les murs...
3. Je vais reprendre l'expression consacrée: "Florence s'est faite RuppertetMulotisée"...
4. Je ne pense pas que Florence ait réagi de la sorte...
5. La plus belle réalisation à mes yeux: le découpage de Post-It par Loo Hui Phang (la scénariste des superbes Panorama & J'ai tué Géronimo dessinés par Cédric Manche).
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Je sais, il y a peu de photos "people" mais je n'aime pas trop prendre les gens sur le vif... dans leur intimité... car tout cela était intime bien qu'ouvert au public durant le week-end. C'est ça Pierre Feuille Ciseaux: une expérience unique où tous semblent avoir livré leur confiance entre les mains d'une association qui, 20 ans après l'Association, a fait naître un nouvel hydre.
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PS: je vous ai épargné les vidéos dont celle d'Aurélie William Levaux, Isabelle Pralong & Joanna Hellgren formant les choeurs d'Angil sur la reprise de Trick Me de Kelis. Si, si. Un instant mémorable... mais qu'elles veulent sûrement oublier...
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Merci encore à tous et à bientôt. Nicolas.
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--- Nicolas Verstappen : Vous vouez une véritable passion pour l’Histoire des États-Unis à laquelle vous avez consacré la plupart de vos œuvres. Peut-on entrevoir dans cette approche de la mémoire un acte politique visant à mieux faire connaître les erreurs commises par le passé et éviter ainsi qu’elles ne soient répétées dans l’avenir ?
James Sturm : Je pense que tout pays, ou même individu, tire parti d’une meilleure connaissance de son histoire. La manière dont une personne ou une nation se perçoit dépend des histoires qu’elle raconte. Les mythes, qui sont souvent des éléments importants de l’Histoire populaire, peuvent transporter un pays mais peuvent aussi être néfastes de par leur portée plus restreinte.
NV : Vos albums The Revival (1996), Hundreds of Feet Below Daylight (1998) et Le Swing du Golem (2000) sont aujourd’hui présentés comme votre « trilogie américaine » sous le titre générique de God, Gold and Golems. Est-ce que l’idée même d’une trilogie était déjà présente en 1996 ?
NV : Peut-on envisager votre scénario pour les Quatre Fantastiques (Fantastic Four : Unstable Molecules chez Marvel) comme un quatrième volet de votre « histoire » des États-Unis ? Vous y traitez d’aspects importants de ce pays au travers de son rapport à la culture populaire et à la période du Maccarthysme.
James Sturm : Je n’envisage pas ce scénario comme un quatrième volet même s’il est bien conçu comme une fiction historique et qu’il suit chronologiquement les trois premiers. Il est vrai cependant que ces quatre récits nous donnent à voir une histoire plus « officielle » (que nous soyons face à des faits avérés ou à de super-héros !).
NV : Avant de collaborer avec Guy Davis sur ce projet, vous aviez songé à Craig Thompson pour le dessin. Pourquoi avoir pensé à lui ?
James Sturm : C’est un ami commun qui m’a suggéré Craig. J’avais déjà rencontré ce dernier lors d’un ou deux festivals aux États-Unis et je l’ai contacté. Craig s’est montré intéressé et m’a rejoint sur ce projet. Après avoir travaillé sur quelques planches, nous sommes arrivés à la conclusion que mes petits croquis préparatoires ne laissaient aucune place à l’expression de son style. J’ai été ravi qu’il ait cependant eu l’occasion de réaliser les couvertures de la série. De même que je fus enchanté de ma très agréable collaboration avec Guy Davis (qui me fut recommandé par Marvel).
NV : A la fin de ce volume des Quatre Fantastiques vous annoncez un second volume (The Mad Thinkers) de même qu’un troisième (The Negative Zone). Qu’en est-il de ces chapitres ?
James Sturm : Je suis très lent lorsqu’il s’agit de dessiner des planches et Rich était le dessinateur le plus doué disponible à l’époque. Je dessine les œuvres qui me sont les plus personnelles et qu’il m’est impossible d’imaginer entre les mains d’un autre.
NV : Votre style tend avec les années vers une plus grande épuration de la ligne. Comment envisagez-vous cette évolution ?
James Sturm : Je dépense tant d’énergie à me débattre avec mon dessin que je n’ai aucune idée de la manière dont il évolue.
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---NV : Ce rapprochement progressif vers une « ligne claire » est-il cependant influencé à vos yeux par des auteurs européens (Hergé, Chaland…) ou des maîtres du comic strip américains (comme dans le cas de Seth) ?
NV : L’apparition de la bichromie dans Le Swing du Golem est-elle liée à une crainte du vide laissé par des lignes plus fluides ?
James Sturm : Le baseball est avant tout question d’atmosphère et la touche de couleur m’a aidé à rendre cet aspect. Sans l’utilisation de cet aplat, je serais contraint de faire appel à des ombrages plus importants. Je travaille pour le moment sur un album entièrement en couleurs où les cases sont de petits squelettes conçus pour porter une « chair colorée ».
James Sturm : J’y évoque une journée dans la vie d’un tisserand juif de tapis en Europe de l’Est au début des années 1900. Ce livre, baptisé Market Day, sera publié par Drawn & Quarterly.
NV : Il est intéressant de noter que vous décidez d’aborder la couleur sur un album consacré à une période que nous percevons principalement en noir et blanc (de par le cinéma et la photographie). Pourquoi ce choix de la couleur ?
NV : Ce passage des États-Unis à l’Europe est-il un moyen de revenir sur la génération de Juifs qui précède celle des émigrants du Swing du Golem ?
James Sturm : Je n’envisage ici aucun lien avec le Swing du Golem. Le personnage central est mon alter-ego qui se débat avec ses problèmes familiaux, artistiques ou commerciaux. Placer ce récit en terre yiddish me permet de me plonger d’une manière plus profonde dans un contexte particulier et m’évite ainsi de me perdre dans mon propre drame.
NV : Ce concept m’évoque celui utilisé par Sammy Harkham dans son récit Lubavitch, Ukraine 1876 où il se met aussi en scène dans un contexte assez proche. Y a-t-il un lien quelconque entre vos démarches ?
James Sturm : Un lien ? Nous sommes tous deux des dessinateurs juifs américains. Plus sérieusement, il serait présomptueux de ma part de tenter de détailler les intentions de Sammy.
NV : Sammy Harkham ayant donné quelques cours dans votre Center of Cartoon Studies, je me demandais si vous aviez eu l’occasion de confronter vos démarches. Il m’a décrit la sienne comme tenant de l’envie de réaliser une bande dessinée à la fois « historique, expérimentale et autobiographique ».
James Sturm : Sammy est en effet passé à White River Junction lors de la première année du Center for Cartoon Studies mais j’avais déjà débuté mon travail sur Market Day au moment de découvrir son excellent Lubavitch, Ukraine 1876. D’autre part, je ne définirais pas mon approche comme étant expérimentale.
NV : Pour en revenir à Black Star, on peut noter une autre forme d’épuration dans l’absence totale de phylactères. Pourquoi avoir fait ce choix ?
James Sturm : J’ai lu de nombreux ouvrages sur l’histoire « orale » des États-Unis durant la période des lois ségrégationnistes de Jim Crow. Il se dégageait quelque chose de poignant des témoignages directs de ceux qui avaient vécu ces événements. Dans mon esprit, la suppression des phylactères permettait de rendre au mieux la nature de nos sources, de faire résonner la voix des gens qui expérimentèrent une telle oppression. De plus, les histoires orales que j’ai lues condensaient un grand nombre d’informations tout en conservant leurs aspects dramatiques et leur intensité. En travaillant sur un texte narratif, je suis aussi parvenu à développer mon récit au travers d’une pagination réduite.
NV : Vous utilisez aussi un découpage très sobre pour la plupart de vos albums. Que vous apporte le système de trois rangées égales de cases ?
James Sturm : Je n’utilise pas ce système dans tous mes ouvrages mais il est vrai que je m’appuie fermement sur cette structure. Il est bien plus simple de composer son découpage à partir de cette base. J’apprécie cependant des compositions de pages plus organiques et plus élaborées mais je sais que ce n’est pas dans ce domaine que mes quelques talents résident.
NV : Pour de nombreux lecteurs américains, les règles du baseball ne doivent avoir aucun secret. Avez-vous songé au lectorat européen et international lorsque vous avez mis en scène les nombreuses séquences sportives de Black Star ou du Swing du Golem ?
James Sturm : J’ai été surpris par le chaleureux accueil dont a bénéficié le Swing du Golem en Europe. J’ai tenté de rendre les séquences de baseball accessibles aux lecteurs qui ne s’intéressent pas à ce sport tout en étant assez authentique pour que les amateurs les trouvent crédibles.
James Sturm : J’enseigne les procédés de base de la pratique de la bande dessinée et j’en profite pour y glisser un peu d’histoire en citant des artistes dont le travail me semble être une bonne source d’inspiration. Mon objectif en tant qu’enseignant est d’aider les étudiants à trouver une forme d’intimité avec leurs propres processus créatifs. Au Center for Cartoon Studies, nous demandons aux étudiants de passer par tous les stades de l’élaboration d’une œuvre jusqu’à celui de l’impression. J’espère que chacun d’entre eux quitte le Centre avec une compréhension plus approfondie de ce qu’il faut mettre en œuvre pour parvenir à obtenir une bande dessinée de qualité.
NV : Quel sont les auteurs et les œuvres que vous introduisez dans vos cours ?
James Sturm : Nous étudions trop d’auteurs de manière approfondie au Centre pour les citer tous ici. Je n’en mentionnerai que quelques uns : Art Spiegelman, Carl Barks, Jack Kirby, David B., Roy Crane, Chris Ware, Robert Crumb, Harvey Kurtzman.
NV : Qu’avez-vous appris sur la bande dessinée au cours de ces années d’enseignement ? Vos cours ont-ils influencé votre propre travail ?
James Sturm : C’est en travaillant sur des bandes dessinées que j’ai le plus appris sur ce médium. C’est la raison pour laquelle, en tant que professeur, je demande à mes étudiants de fournir un maximum de travaux finalisés. Je peux aider mes étudiants à dessiner une carte mais ils devront voyager seuls dans ces territoires inconnus. Je suis certain par contre que j’ai tiré de nombreux enseignements, souvent positifs, au travers de mes cours comme celui d’atteindre le même niveau d’exigence que celui que j’attends de mes étudiants. Je citerai cependant deux aspects négatifs : je passe moins de temps à dessiner et je suis gêné par certains aspects de la création artistique dont j’ai pris conscience.
NV : J’aimerais conclure cet entretien en évoquant un petit ouvrage méconnu dont vous êtes l’auteur. Lorsque j’ai acheté le livret Return to Normal contenant six illustrations d’aéroport après le 11 septembre, j’ignorais d’ailleurs que vous en étiez l’auteur. Comment avez-vous abordé ces illustrations muettes au style naïf mettant en scène des personnages barbus (juifs ou musulmans) qui s’apprêtent à prendre un avion ?
James Sturm : Je réagis au monde et je l’intègre au travers de récits et il m’a semblé naturel de répondre aux attentats du 11 septembre par une histoire. Return to Normal se base sur des livres sur les avions et les aéroports que je lisais à mes enfants à l’époque des attaques. La lecture de ces ouvrages changea totalement après les attentats. J’ai donc voulu poser quelques images, construire une narration très ouverte et permettre au lecteur (et à moi-même) de se figurer ce monde nouveau et déconcertant qu’est celui du post-11 septembre.

Nicolas Verstappen : Comment est née cette collaboration avec James Sturm et quelles furent vos premières pensées face à un projet historique bien différent de vos œuvres personnelles ?
Rich Tommaso : James et moi tombions régulièrement l’un sur l’autre dans divers festivals et il me parlait à chaque fois de son désir de créer un Centre d’Etude de la Bande Dessinée. Il est finalement parvenu à monter ce projet qui a décollé bien plus rapidement que nous ne pouvions l’imaginer. Il m’a alors demandé si j’acceptais de donner une de mes planches originales au Centre avec un croquis supplémentaire. J’ai accepté et deux semaines plus tard il me recontactait en me demandant : « que dirais-tu de dessiner une bande dessinée biographique historique sur Satchel Paige pour Hyperion Books ? » Je n’accepte généralement pas les collaborations mais sachant que James en écrirait le scénario, j’ai accepté. Ce projet s’annonçait passionnant et je me suis senti prêt à passer une année dessus. D’autant que l’état de mes finances me préoccupait beaucoup à l’époque...
Rich Tommaso : Ce qui m’impressionne et me transporte avant tout chez des dessinateurs français comme Sfar, Trondheim et Blain (principalement), c’est qu’ils donnent le sentiment de passer un incroyable moment sur leurs planches, comme s’ils adoraient réellement dessiner des albums. Les Américains donnent le sentiment inverse en se plaignant sans cesse de ce que ce travail peut être pénible, déprimant et solitaire. C’est peut-être la raison pour laquelle ces auteurs français sont plus prolifiques que la plupart de leurs collègues d’Outre-Atlantique. De plus, leur style rend superbement la fluidité du dessin à main levée que certains parviennent à atteindre dans leurs carnets de croquis mais sont incapables de capturer dans un récit destiné à être publié. Je fais partie de ces dessinateurs qui s’asseyent, cogitent trop sur tous les aspects de leur travail et produisent très rarement. C’est une chose que je veux changer à l’avenir. J’aimerais dessiner et écrire des bandes dessinées de manière plus intuitive, comme si j’étais plus jeune, profitant de mon énergie plutôt que de réécrire mes séquences jusqu’à les rendre indigestes...
NV : Quelle expérience avez-vous tirée de cette collaboration avec James Sturm ?
NV : Avez-vous utilisé le Swing du Golem de James comme référence pour votre approche des séquences de baseball ? Pour capturer l’atmosphère qui lui est propre ?
NV : Vous mentionnez les mangas de baseball comme référence de documentation mais votre découpage est bien loin de celui des albums japonais consacrés au sport. Le système de trois rangées égales de cases tient d’une volonté d’intensité plus psychologique ? De mieux rendre les faces à faces ?
Rich Tommaso : Non. Je crois que la décision de James d’éviter les plans serrés à des fins dramatiques est avant tout liée au difficile sujet de cet album qui traite du racisme. La ségrégation et l’oppression subies par les Noirs dans le Sud des États-Unis devaient être traitées d’une manière sérieuse et ne devaient donc pas être présentées dans un album qui aurait mis en avant le « divertissement ».
NV : L’absence de phylactères a-t-elle influencé votre travail graphique ? A-t-elle facilité le découpage des séquences ?
Rich Tommaso : Elle n’a pas tellement influencé mon dessin mais elle a facilité mon travail de crayonné et d’encrage. C’est la première fois que je ne devais plus me préoccuper de dessiner autour des phylactères. Nous avons cependant dû retravailler quelques séquences pour une question de fluidité. Certaines d’entre elles ne s’emboîtaient pas de manière harmonieuse.
Rich Tommaso : J’ai enseigné au Centre lorsqu’il a ouvert en 2005 jusqu’en 2007, année durant laquelle j’ai déménagé à Atlanta. Je donnais des cours pratiques sur le dessin, les techniques d’encrage et le matériel nécessaire. J’ai aussi donné un cours sur les ombrages du corps humain et du visage (selon la source de lumière ou l’effet de dégradé désiré). J’ai aussi enseigné le lettrage en compagnie de Steve Bissette durant quatre semaines. Nous abordions le lettrage dans le cadre de la conception de logos, de phylactères, de pagination ou d’effets sonores. En dehors de ces cours pratiques, j’ai donné une conférence sur les auteurs de formation et de style classiques de Roy Crane à Jaime Hernandez. Mais au bout du compte, je dirais que je n’ai pas enseigné très régulièrement durant ces deux années. Juste de temps à autre...
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Un petit post rapide pour vous signaler la création du nouveau site de l'une des personnes que j'estime le plus dans le petit monde du Neuvième Art. Debbie Drechsler, illustratrice de presse et auteur de Daddy's Girl et Summer of Love à l'Association, lance donc sa nouvelle page web (cliquez sur l'image) où l'on peut retrouver un portfolio mais surtout un lien vers son blog qui regroupe ses croquis effectués lors de ballades en forêt.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore son oeuvre, voici le lien vers l'entretien XeroXed de Debbie Drechsler en français (aussi disponible en anglais sur du9.org).

Couverture de l'album Seules Contre Tous paru aux éditions du Seuil---
ENTRETIEN AVEC MIRIAM KATIN
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Nicolas Verstappen : Vous avez démarré votre carrière dans la bande dessinée à l’âge de 58 ans. Etiez-vous déjà familière avec ce médium ou l’avez-vous découvert tardivement ?
Miriam Katin : Mes deux garçons (âgés aujourd’hui de 36 et 40 ans) ont fait mon éducation au travers des albums de Tintin et d’Astérix lorsque nous vivions en Israël. Aux Etats-Unis, ces séries étaient bien moins populaires et mes enfants ne s’intéressaient que très peu aux super-héros. En 1986, on me commanda une série de bandes dessinées d’après des publicités que nous avions produites en Israël pour le studio d’animation qui m’employait. Je m’y attelai et fus séduite par cette forme de narration. Mon premier travail personnel date cependant de 2000. Je travaillais alors avec de jeunes dessinateurs de Disney et MTV qui avaient entrepris d’éditer une anthologie de leurs travaux. Ils inclurent ma première histoire dans ce recueil baptisé Monkey Suit. Ce récit traitait de ma famille et de mon enfance. Ce sujet occupe mes pensées comme une sorte de flot narratif ininterrompu. Je ne suis pas une écrivain mais, sachant dessiner, j’ai trouvé au travers de la bande dessinée un moyen modeste de l’aborder.
NV : Pour quelles raisons aviez-vous quitté Israël pour les Etats-Unis en 1963 ?
Miriam Katin : Je venais de terminer mon service militaire et j’ai voulu quitter au plus vite cet endroit pour barouder quelques temps à travers le monde comme le font encore aujourd’hui les jeunes Israéliens.
NV : Durant ce service militaire obligatoire, vous avez travaillé comme « artiste graphique ». En quoi consistait ce poste au sein de l’Armée de Défense Israélienne ?
Miriam Katin : Mon service était obligatoire mais je l’ai apprécié de bout en bout. Jeune fille réservée aux parents sur-protecteurs venant d’une Budapest guindée, j’ai accueilli à bras ouverts à l’âge de 18 ans le sentiment de liberté qu’offre la vie de l’Armée. C’est ce que j’appelle la « romance terrible » de la vie militaire (l’odeur de la graisse pour fusil me plonge encore dans un état second où se mêlent mes souvenirs de jeunesse). Mon travail de graphiste est présenté dans la case inférieure gauche du récit Live Broadcast. Nous dessinions et écrivions des instructions militaires sur de grandes feuilles de vinyl noir avec de la peinture à l’huile blanche. Ce travail nous rendait parfois fou mais nous étions déjà un groupe un peu dérangé à la base.
NV : Vous avez principalement travaillé dans le domaine de l’animation. La technique du storyboard vous a-t-elle aidée dans votre travail en bandes dessinées ou avez-vous dû vous en éloigner ?
Miriam Katin : Ma tâche principale dans le domaine de l’animation était liée au design des décors. J’ai réalisé au cours de ces années de nombreux croquis et pour la plupart de personnes en mouvement. Je pense que mes bandes dessinées ont gardé cette dynamique du mouvement « réaliste ». Du moins, c’est ce qui est généralement noté dans les articles concernant mon travail.
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---NV : Votre trait se rapproche sensiblement de celui de Raymond Briggs. Fait-il partie de vos influences graphiques ?
Miriam Katin : Le nom de Raymond Briggs est revenu souvent dans des articles traitant de mon travail et j’ai donc fait quelques recherches sur le sien. Je ne connaissais aucune de ses œuvres ni celles des autres grands auteurs de bandes dessinées. J’étais une vraie novice dans cet univers.
NV : Vous travaillez au crayon plutôt qu’à l’encre. Pourquoi avez-vous opté pour cette technique ?
Miriam Katin : Cela s’est produit de manière toute naturelle. En travaillant sur les croquis préparatoires des quatre planches de mon premier récit, je me suis éprise de la qualité de la ligne du crayon. Sa sombre mélancolie et ses gris semblaient exprimer à merveille ce que je désirais partager. Lorsque Chris m’a suggéré de travailler en couleurs, je lui ai répondu que j’avais toujours envisagé ces lieux et cette époque en noir et blanc. Sans doute ai-je été profondément influencée par les photographies de ces années-là et de manière plus intime par les quelques clichés pris par mon père durant la guerre.
NV : Votre récit How the Irish defeated the Hebrews dans le Rosetta #2 s’inscrit dans une tonalité bien différente du reste de votre corpus. Vous y décrivez avec beaucoup d’humour les passions adultérines qui prennent place dans les thermes de la Mer Morte. Pourquoi avez-vous décidé de travailler à l’encre sur ce récit ?
Miriam Katin : J’ai toujours apprécié travailler à l’encre et au pinceau. Je me suis éloignée de cette technique avec le temps et c’est un véritable problème car le trait du crayon se reproduit beaucoup plus difficilement. Au travers de cette histoire, je voulais tout simplement faire un récit plus léger et voir si j’étais toujours capable de manier le pinceau. J’ai passé un très agréable moment sur ce projet. Durant ces années passées près de la Mer Morte (1981-1990), je travaillais souvent dans la guest house et le spa gérés par le kibboutz Ein Geddi. De nombreux anciens guerriers décrépis y venaient et mes collègues me firent remarquer qu’ils partageaient encore des liaisons bien « volages ». A quelques pas de l’ancienne ville de Sodome, l’air transportait une épaisse odeur de sel, de souffre, de passion et d’intrigue amoureuse.
NV : Y a-t-il eu une sorte de déclic qui vous a mené de l’idée d’écrire Seules contre Tous à la mise en chantier de ce récit ?
Miriam Katin : Après plusieurs histoires courtes consacrées à mon enfance, une question restait latente : « Vous êtes née en 1942 en Hongrie. Vous êtes juive. Comment avez-vous survécu ? Il doit y avoir une histoire... » Oui, il y a bien une histoire mais ma mère étant encore en vie (et en bonne santé), il m’avait semblé impossible d’aborder ce sujet. Au bout de quelques temps... et suite à l’insistance de mon éditeur... et après m’être demandée ce que je pouvais bien attendre... j’ai dessiné un découpage préparatoire pour une histoire de 35 pages. Chris Oliveros m’a alors suggéré d’étendre ce récit pour en faire un livre.
NV : La bande dessinée offre la possibilité à l’auteur victime d’un trauma de conjuguer à sa guise les mots, les images (lorsque les mots sont trop douloureux) et les ellipses. Elle lui offre aussi une certaine intimité avec son lecteur. La bande dessinée n’était-elle pas une des formes les plus appropriées à l’expression du drame que vous avez vécu ?
Miriam Katin : Je crois que votre analyse est juste mais c’est une chose dont je n’avais pas conscience à mes débuts. Mon troisième récit, intitulé Parfait et publié dans Viva la Monkeysuit en 2001, traite d’un incident lié à la pédophilie lorsque j’étais enfant à Budapest. Au départ, j’ai pensé que je cherchais simplement une histoire forte et peut-être que c’était le cas à l’époque. Pour Seules contre Tous, ce fut quelque chose de très différent. De nombreuses personnes me parlant de la question de la catharsis, je dû me rendre à l’évidence qu’elles avaient vu juste.
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Miriam Katin : L’alcool a toujours été présent dans ma vie. Dans l’Europe de mon enfance, il n’était pas lié à une interdiction stricte pour les enfants comme c’est le cas aux Etats-Unis. Durant mon service militaire, la consommation d’alcool était devenue coutumière. J’ignore si nous buvions pour « oublier », pour nous « aider à vivre avec ». Mon mari pense que c’était le cas. Une chose est sûre cependant. Lorsque je rends visite à ma mère, nous buvons un apéritif sans attendre et ce quelle que soit l’heure de la journée (à l’exception du petit-déjeuner). Dernièrement, nous nous servons du Scotch. Elle a 90 ans et nous passons un agréable moment. Ce n’est qu’après avoir terminé Seules contre Tous que j’en suis arrivée à la conclusion qu’il s’agissait là à la fois d’un rituel et d’une célébration.
NV : Vincent Bernière m’a signalé que votre première rencontre avec Art Spiegelman fut relativement froide. Quel fut votre sentiment à cet égard ?
Miriam Katin : A la première rencontre, à la seconde, à la troisième... J’étais si impatiente et honorée de le rencontrer que je ne savais pas à quoi m’attendre. Et à quoi aurais-je dû m’attendre ? Si je devais comparer son accueil à celui plus chaleureux des autres auteurs, je dirais que le sien était très différent. Peut-être est-il dérangé par le fait que l’on compare (bien qu’il ne pourra jamais y avoir de comparaison avec son œuvre) ou plutôt mentionne son nom à chaque fois que l’on m’interviewe. Je suis aussi nouvelle dans le métier et je suis donc peut-être considérée comme une dilettante ou une intruse.
NV : Vous avez d’abord été « horrifiée » par l’idée qu’une bande dessinée sur la Shoah comme Maus puisse exister. Vous avez changer d’avis plus tard. Comment définiriez-vous la relation que vous entretenez avec cette œuvre ?
NV : Le récit de type autobiographie est au centre de travail. Qu’en est-il de la fiction ?
Miriam Katin : J’ai travaillé sur deux histoires qui n’était pas liées à ma vie dans le deuxième volume de l’anthologie Rosetta. La première était basée sur un scénario de Suat Ng Tong et l’autre évoquait les passions amoureuses au bord de la Mer Morte. Mon reportage sur Obama est plus difficile à définir. Cependant j’ai bien une idée ou deux pour la fiction. Mais il y a cette histoire... Une histoire qu’il m’est pénible de raconter et sur laquelle je dois me pencher avant toute chose... Mon mari pense que je n’y parviendrai jamais. Je dois parler de mon père que j’aimais tant et qui est décédé en 1996. J’étais très proche de lui. Ses quelques apparitions dans Seules contre Tous furent les pages les plus difficiles à rendre sur un plan émotionnel. Mon mari dit que je tente de tout faire pour éviter d’entamer mon prochain livre qui devrait lui être consacré en grande partie. Il a peut-être raison.
NV : En quoi les souvenirs de votre père sont-ils un sujet si difficile à aborder ?
Miriam Katin : Je ne suis pas certaine de la réponse. Les photographies de la guerre que je reproduisais dans Seules contre Tous me plongeaient irrémédiablement dans une profonde tristesse. Je crois que c’est de penser à la grande injustice de sa souffrance qui me met dans un tel état. De plus, même si mon père survécut, les circonstances ne lui permirent jamais de réaliser pleinement ses aspirations professionnelles. Cela m’a toujours attristée.
NV : Vous envisagez aussi de parler dans un prochain récit du choc que provoqua pour vous l’installation de votre fils Ilan à Berlin à cause de votre « système de pensée fondé sur l’Holocauste ». Est-ce là aussi une approche cathartique lié à ce problème ou une façon d’apporter, au travers de ce récit, une conclusion à un cheminement effectué en amont ?
NV : Comment envisagez-vous votre citoyenneté aujourd’hui. Vous sentez-vous américaine, israélienne, hongroise ?
Miriam Katin : A la fois américaine et israélienne. On ne perd jamais sa nationalité israélienne mais je ne renoncerai jamais non plus à ma nationalité américaine car ce pays fut le pays le plus accueillant de tous.
[Entretien réalisé en janvier 2009 via courrier électronique pour le carnet XeroXed #15 offert à l'achat du collectif Le Tour du Monde en Bande Dessinée volume 1 paru aux éditions Delcourt.]
---Il n'y a rien de moins banal que les personnages "ordinaires" de Camille Jourdy!!! Prenez par exemple Vincent Chamal, ce jeune trentenaire privé de toute aspiration professionnelle ou sentimentale à cause du chantage affectif d'une mère quelque peu dérangée... Rien ne le prédestine à sortir des clous et pourtant son quotidien deviendra une aventure de tous les instants lorsqu'il décidera de tromper son ennui en se lançant dans la filature d'une mystérieuse inconnue. Pas totalement inconnue en réalité et c'est bien là que réside son mystère... Vincent Chamal la connaît. Il en est certain. Mais d'où? Pourquoi le visage de Rosalie Blum le hante-t-il à ce point? Pourquoi sa mémoire lui joue-t-elle ce mauvais tour qui vire à l'obsession? Combien de temps pourra-t-il suivre cette femme énigmatique sans se trahir? Ce que Vincent Chamal ignore c'est que son étrange attitude a déjà éveillé la curiosité d'une tierce personne qui le surveille étroitement... Camille Jourdy croise ainsi les destins de ses personnages pour nous offrir une trilogie riche en rebondissements et en purs instants de plaisir. Des instants tendres et décalés comme l'équipe de notre librairie les aime tant. (Nicolas)
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Présentation sur le site de l'éditeur
De nombreuses planches des 24 Heures sont déjà présentées sur GrandPapier.org.
Le site GRANDPAPIER.org va devenir durant 24 heures le centre névralgique de l'événement. Vous pourrez y lire les pages postées en temps réel de la totalité des auteurs participants. Des webcams placées dans presque tous les différents lieux vous permettront de vivre ces 24 heures avec les auteurs, où qu'ils soient. Un blog sera entretenu où vous pourrez voir chaque heure des photos de la station bruxelloise et de ses activités. Enfin Radio Campus Bruxelles retransmis en streaming depuis le site vous donnera le son avec des émissions/interviews d'auteurs pendant toute la durée de l'événement!
Á Bruxelles, ça se passe à l'ULB (université libre de Bruxelles), dans le foyer culturel sur l'avenue Paul Héger à 1050 Bruxelles. Non loin de radio Campus qui suivra l'événement en direct. Á Montréal, ça se passe CHEZ ORANGETANGO, 88 rue Queen, Montreal, QC ...
Ça se passe du samedi 23 mai au dimanche 24 mai. De midi à midi (GMT), donc de 8 heures à 8 heures pour Montréal, de 14 heures à 14 heures pour Bruxelles, etc......
Voir la liste des participants en fin de cet email.
GRANDPAPIER.org
--english--
Only six days left before the 24 hour comics of grandpapier.org starts!
Comic artists taking part in this event will have to draw 24 pages in 24 hour. And to get things nastier, just before starting they will receive a special constrain. Live from Brussels, Montreal, Beirut, White River Junction, Poitiers, Paris, San Antonio and even Papette! All together over 70 comics artist are ready to take up this challenge!
Grandpapier.org will become for 24 hour the HQ of the event. You'll be able to read pages posted in real time from all the participants. Webcams in every places will let you see the comic artists as they work. A blog dedicated to the Brussels station will give you hourly pictures and summary of what's happening. Finally the local radio (radio campus Brussels) streamed through the website will give you fresh interviews and discussion on comics all 24 hour long.
The event will be held in Brussels at the university: ULB (université libre de Bruxelles), Paul Héger av. 1050 Brussels.
In Montreal at CHEZ ORANGETANGO, 88 Queen st. Montreal, QC
Wherever you are save the date, from Saturday May 23 @ 2PM Brussels time (GMT+2, thats 8AM on America's east coast) to Sunday May 24, same time...
Participants list at the end of this email.
GRANDPAPIER.org
-- participants--
--de/from Beyrouth : Fadi ’the fdz’, Ghassan Halwani, Hatem Imam, Omar Khouri, Lena Merhej, Jana Traboulsi
--de/from Bruxelles : Bapton, Etienne Beck, Bert, Olive Booger, Abdel Bouzbiba, Claude Cadi, carl, Renaud De Heyn, Alexandre De Moté, Max de Radiguès, Brice Dumas, Rémi Lucas, Frédéric George, Sacha Goerg, Florent Grouazel, Benoît Guillaume, William Henne, Hero, Carl Johanson, Zoé Jusseret, Christophe Poot, David Libens, Roxane Lumeret, Joanna Lorho, Joseph Falzon, Cédric Manche, Noémie Marsily, Thomas Mathieu, Pascal Matthey, Alain Munoz, Stephane Noël, Morgan Navarro, Monsieur Pimpant, Pieriv', Bastien Quignon, Natacha Sicaud, Younn Locard, Thierry van Hasselt, Louis Vanardois, Zviane
--de/from Montréal : Mélanie Baillairgé, Jimmy Beaulieu, Pascal Blanchet, Pierre Bouchard, Julie Delporte, Ariane Denommé, Francis Desharnais, Catherine Genest, Pascal Girard, Vincent Giard, Elise Gravel, Michel Hellman, Laurence Lemieux, Catherine Lepage, Sébastien Trahan, David Turgeon
--de/from Papeete : Bulu
--de/from Paris : Aleksi Cavaillez, Damien Roudeau
--de/from Poitiers : Juhyun Choi, Otto T
--de/from San Antonio : Cole Johnson
--de/from White River Junction : Robyn Chapman, Jen Vaughn, Liza Petruzzo
L’employé du Moi "
---100 Bullets est un petit bijou du thriller noir. Ce récit haletant (qui vient de se conclure aux Etats-Unis) vous plongera au coeur d'une machination dont les ressorts sans faille ne cesseront de vous surprendre. A ne pas manquer!" (Nicolas)
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Les inscriptions se font par e-mail à l'adresse info@multibd.com (ou directement à la librairie, 124 boulevard Anspach, B-1000 Bruxelles).






















