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Date: Monday, 25 Aug 2014 11:39
Visage de femme et couteau
Eros Plus Massacre

Les « femmes nouvelles » désirent maintenant la force. Elles veulent avoir la force nécessaire à l’accomplissement de la vocation de leur soi (jiko), elles veulent la force pour apprendre de nouvelles choses, pour se cultiver (shūyō), pour grandir et pour surmonter leurs angoisses.

Raichō Hiratsuka, évolution de la morale sexuelle : Ellen Key, Seitō, août 1913.

Seitō (青鞜), les bas bleus, est un magazine féministe japonais créé en 1911 par Raichō Hiratsuka. Je l'ai découvert aujourd'hui dans un article de la revue Ebisu consacrée au magazine Seitō et notamment cet article, Quand les femmes parlent d’amour… : le discours sur l’amour dans Seitō. Cette phrase de Raichō pour le premier numéro du magazine : Et à l'origine, la femme était le soleil. Plonger dans la littérature et les œuvres des artistes du siècle passé permet souvent de prendre recul face aux stigmates de nos sociétés modernes. Il y a ainsi ce groupe de jeunes femmes passionnées écrivant essai et poésie imaginant l'amour, leur amour avec des opinions différentes mais l'imaginant tout de même. Ce premier pas là de la projection dans un avenir désiré est tout aussi important que celui de la réalisation. Lorsque nous cessons de nous projeter dans le lieu que l'on voudrait réaliser, nous cessons en quelque sorte d'exister. Nous abandonnons.

Raichō Hiratsuka a lu les féministes européennes pendant ses années d'université. La censure d'état bien sûr viendra remettre en question les mots choisis par Raicho et ces femmes qui l'accompagnent dans l'aventure. On y parle d'avortements, de prostitution, d'amour, de maternité. Elle mourût en 1971 après avoir milité après guerre pour le Pacifisme au Japon.

Noe Ito, l'une des éditrices du journal sera interprétée au cinéma par Mariko Okada dans Eros Plus Massacre de Yoshishige Yoshida. Noe Ito, féministe anarchiste, a eu une relation passionnée avec Sakae Osugi, un anarchiste japonais. Elle fût battue à mort par la police militaire après le grand tremblement de terre du Kanto en 1923. Elle avait 28 ans.

Elles ne sont, bien sûr, pas seules. Un groupe de femmes a participé à ce magazine, y compris Chieko Takamura pour les illustrations et le design du magazine.

Groupe de femmes
Nouvel an, les membres du magazine Seitō

Quelques références

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Date: Sunday, 24 Aug 2014 21:15
Végétation au pied d'un mur
Tsujido, 22 juin 2014

Mon âme, aimez la vie, auguste, âpre ou facile,
Aimez tout le labeur et tout l'effort humains,
Que la vérité soit, vivace entre vos mains,
Une lampe toujours par vos soins pleine d'huile.

Anna de Noailles, Voix intérieure.

Doit-on cacher ou pas les URLs ? Quel est le sens de leur lisibilité ? Et pourquoi certains ont peur qu'elles disparaissent de l'interface des navigateurs ?

J'hésite à entrer dans le débat car je suis partagé et ceci depuis très longtemps : Dès que cette adresse fut mémorisable, elle devint un outil de communication important. Aurions-nous maintenant cette guerre des noms de domaine si ceux-ci avaient été cachés ? Imaginez une seconde que tout ceci fût caché.. J'ai l'impression que nos réactions de peur face à l'opacité des URLs est révélateur d'une crainte différente. Ce n'est pas l'URL qui est en jeu, mais la domination et la prévalence d'un certain type d'architecture. Et peut-être, grands Don Quichotte que nous sommes nous nous lançons contre des moulins à vent, plutôt que les vrais enjeux dont le Web est construit aujourd'hui : hypercentralisé.

Réactions :

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Date: Sunday, 24 Aug 2014 14:22
Palissade de tole ondulée
Tsujido, 22 juin 2014

Enquêtes, enquêtes,
Seront l'unique fête !
Qui m'en défie ?
J'entasse sur mon lit, les journaux linge sale,
Dessins de mode, photographies quelconques,
Toute la capitale,
Matrice sociale.

Jules Laforgue, Simple agonie.

Webarchive est un bel outil pour aller explorer la rouille du Web, puisque tous ces sites ne conservent pas leur histoire visuelle.

Page d'accueil avant et maintenant
Le Figaro
Page d'accueil avant et maintenant
L'Humanité
Page d'accueil avant et maintenant
Le Monde
Page d'accueil avant et maintenant
Libération
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Date: Friday, 22 Aug 2014 13:15
Homme utilisant un ordinateur dans la rue
Ho Chi Minh, Vietnam, 14 juin 2014

Ami, je n'ai Laquais, ni Page,
Qui bien sût faire mon message,
Ne telle chose raconter
Que me sens au cerveau monter
En cette plaine, et bel espace.

Pernette du Guillet, Coq à l'âne.

À chaque génération, les personnes communiquent avec les outils du moment. Les enfants reviennent de l'école

1970… Ce soir, après l'école, je passe chez toi.

1980… Ce soir, après l'école, je te téléphone. (poste fixe, communication à l'unité, parents qui râlent)

1990… Ce soir, après l'école, je t'envoie un « pocketberu. » (message texte sur le beeper)

2000… Ce soir, après l'école, je t'envoie un message texte sur ton mobile. (message texte sur le PHS)

2005… Ce soir, après l'école, je t'envoie un message texte sur Mixi.

Et aujourd'hui dans la rue… deux élèves se quittent. 2014… « Ce soir, après l'école, je t'envoie un message texte sur Line. »

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Date: Friday, 22 Aug 2014 11:39
tête de dragon émergeant de l'eau
Ho Chi Minh, Vietnam, 14 juin 2014

Le savoir n'aurait donc aucun charme puissant
S'il n'était pas suivi d'un triomphe brillant,
Et tu lui préféras une vaine fumée,
Qui n'est pas la solide et bonne renommée
Sans compter direz-vous combien il est flatteur
D'entendre murmurer : C'est lui, ce grand auteur,
D'entendre le publie en citer des passages,
Et même après la mort admirer ses ouvrages ;

Gérard de Nerval, Les écrivains.

Encore une autre vraie fausse citation, après Proust et celle de Saint-Exupéry, voici un tweet de Ilya Grigorik

"statistical thinking will be one day as necessary for efficient citizenship as the ability to read and write" - H.G. Wells… yes, please!

Ilya Grigorik.

Curieux, je me suis demandé d'où la citation provenait sans succès. Finalement, un site Web m'a donné la clé du mystère. La citation exacte est « Statistical thinking will one day be as necessary for efficient citizenship as the ability to read and write! » L'auteur est Samuel S. Wilks (1906 - 1964), un mathématicien en statistique. La phrase est extraite d'un discours présidentiel à l'association américaine de statistiques que l'on peut trouvée dans JASA, Vol. 46, No. 253., p. 1-18.. Et apparemment Wilks réinterprétait une phrase de H.G. Wells (1866 - 1946) écrite dans un essai : « Mankind in the Making »

The great body of physical science, a great deal of the essential fact of financial science, and endless social and political problems are only accessible and only thinkable to those who have had a sound training in mathematical analysis, and the time may not be very remote when it will be understood that for complete initiation as an efficient citizen of one of the new great complex worldwide States that are now developing, it is as necessary to be able to compute, to think in averages and maxima and minima, as it is now to be able to read and write.

H.G. Wells, Mankind in the Making.

Statistiquement la vraie fausse citation a été répétée tant de fois, qu'elle est plus probable que l'originale…

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Date: Monday, 18 Aug 2014 13:16
homme urinant entre deux affiches
Ho Chi Minh, Vietnam, 15 juin 2014

Au-dessus des arbres, nous n'avions pas vu que tout à coup le ciel devenait noir, l'eau ruisselle, se déverse à oppression à torrents sur nos têtes ; vite réfugions-nous là-bas, près d'un grand Bouddha songeur, à l'abri de son toit de chaume.

Pierre Loti, Propos d'exil.

À l'homme pressé, à l'homme debout, la précipitation des envies quotidiennes ne se réalise que dans les grands espaces intimes. Il faut savoir choisir son lieu afin de rêver.

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Date: Monday, 18 Aug 2014 13:06
Panorama du fleuve
Ho Chi Minh, Vietnam, 15 juin 2014

On prête l'oreille : c'est le sourd murmure du fleuve qui croit et décroît soudain ; non : c'est le bruit sourd et confus des berges de sable qui s'écroulent et que les eaux emportent dans leur cours. Le soleil est couche, la nuit est venue : on ne suit plus qu'à grand'peine le sentier tortueux qui serpente sous les grands arbres : les troncs des ban-langs se dressent à chaque détour comme de blancs fantômes ; l'on songe en frémissant à l'ennemi toujours invisible, toujours de ces contrées, le tigre, dont l'heure est venue, et l'on revient en pressant involontairement le pas, auprès du feu campement.

Pierre Loti, Propos d'exil.

Le courant du fleuve suit le mouvement lent de mon regard. Même la chaleur s'étale en nappe paresseuse au dessus de la ville. Mes yeux sont dépassés par une barge, j'ai ralenti. Je veux retenir encore un peu le temps, le raboter en prenant l'ampleur de mes épaules jusqu'au bout de mes doigts, sentir les copeaux tombés à mes pieds. Un par un. Silencieusement. La nuit, il sera bien le temps de l'accélération, de la propulsion, du retour vers l'est. Le pas vers l'aéroport, les fesses encore calées sur un tabouret en plastique en prenant un café, les mains accrochées au banh mi, le cou étiré dans une ruelle, et la tête ancrée encore au centre des saveurs, de la coriandre et du piment. Je repars selon l'horizontale. Étendu dans le temps. Le temps du fleuve.

femme nettoyant devant sa boutique
Ho Chi Minh, Vietnam, 15 juin 2014
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Date: Tuesday, 12 Aug 2014 13:35
Haie de fleurs devant une maison
Fujisawa, Japon, 2 juin 2014

Cette notion de permission de rêver donnée par des expériences positives — si l’on pouvait systématiquement en chercher la trace à la base de toutes les rêveries littéraires — nous montrerait par quels artifices, conscients ou inconscients, l’écrivain prétend s’attacher au réel même lorsqu’il imagine.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Le songe est exigeant. Il demande beaucoup d'espaces afin de pouvoir prendre le temps de l'espace. Le contrôle, l'interdiction des mots détruisent l'envie des mots que l'on voulait tisser ensemble. Cette rêverie de l'espace, elle se forme souvent dans les ruelles entre les maisons au dessus des haies. Dans les haies. Dans le fouillis calme, que de moments d'exploration jaillissent. Les mots s'invitent là où il y a de la sérénité.

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Date: Tuesday, 12 Aug 2014 13:06
Cabine téléphonique dans une haie
Fujisawa, Japon, 2 juin 2014

Toute la vie, nous gardons le désir d’imposer l’immobilité de la pierre au monde hostile, à l’ennemi étonné.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

La mémoire est étrange. Les traces subsistent et de normalité passent à l'étonnement. Le souvenir est parfois entretenu par les legs de notre passé dans le présent. Mr Hosono décide de partager le récit des événements de l'accident nucléaire de 2011. Il dit « Ma mémoire approche sa limite. Le temps est venu pour moi de parler des détails. »

Nos mots sont souvent ce combat entre ce que nous voulons cacher du futur et ce que nous voulons perpétuer par l'exposition publique.

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L'intime   New window
Date: Tuesday, 12 Aug 2014 12:54
Petit tori coincé entre les immeubles
Fujisawa, Japon, 2 juin 2014

Autrement dit, il semble que le complexe de Méduse puisse avoir une double fonction, suivant qu’il est introverti ou extraverti. Parfois, le poète vit des puissances médusantes, il sait clouer au sol son adversaire.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Lorsque nous créons le moderne, nous détruisons obligatoirement. Un champ, un espace, un immeuble précédent, la résidence d'insectes, un arbre, un souvenir localisé, nombre sont les choses qui finalement disparaissent. Et cependant, nous décidons parfois de préserver un élément. Les forces qui surgissent en notre intime humanité nous ordonnent de sélectionner cet élément plutôt qu'à un autre. Comprendre ceci. Explorer nos choix de cité afin de mieux comprendre ce qui s'écrit.

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L'îlot   New window
Date: Sunday, 10 Aug 2014 08:02
Point de lumière sur un bureau
Tsujido, Japon, 22 mai 2014

Le poète contemple l’univers avec les yeux d’un dieu.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

La pièce est obscure. Je ne distingue pas les huit coins. La pièce existe-t-elle ? Peut-être l'ai je imaginée ? On ne peut jamais être totalement sûr. Il y a pourtant sur ce bureau une ancre, un point chaud dans l'immensité, un désir d'y retenir le temps.

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Date: Sunday, 10 Aug 2014 07:54
Ronds d'eau dans une flaque
Tsujido, Japon, 21 mai 2014

Mais on n’en finirait pas si l’on voulait étudier toutes les images qui se forment aux confins de deux éléments matériels. Pour un terrestre, toutes les sources sont pétrifiantes. Ce qui sort de la terre garde la marque de la substance des pierres.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

J'ai arrêté le pas. Il pleuvait. La pluie était un peu froide. Une hésitation entre le besoin de fraîcheur et le frisson. J'ai observé les ondulations du goudron. Lentement. Longuement. Patiemment. Sans compter. Contempler. Figé.

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Date: Sunday, 10 Aug 2014 07:40
Guichet d'un musée
Tokyo, Japon, 17 mai 2014

Tout rêveur de la plume sera sensible à ces valeurs de l’encre noire sur la page blanche.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Pourquoi allons nous dans un musée ? Qu'y recherchons-nous ? Parfois je ne suis pas très sûr. Parfois je veux garder l'illusion. Nous transcendons beaucoup. Nous nous conformons beaucoup. Aussi. À une idée de la culture. Et pourtant.

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Date: Sunday, 10 Aug 2014 07:35
Tombes sous les arbres
Tokyo, Japon, 17 mai 2014

Mais c’est là la matière du songe qui donne la première vérité, celle qui fait confidence de l’âme du rêveur.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Les jours de grande chaleur, il est agréable d'étendre un pas lent sous les arbres du cimetière d'Aoyama enveloppé parfois du parfum de l'encens. Alors Je ralentis. Juste alors, la rêverie flotte.

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Date: Sunday, 10 Aug 2014 07:13
Filtre café
Kamakura, Japon, 3 mai 2014

Tout est violent, mais rien n’explose. Les forces sont diverses, mais elles travaillent dans une ligne.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Depuis quelques jours, un homme et une femme se donnent rendez-vous tous les matins dans le café où je me rends. Chaque jour, elle s'habille avec une tenue élaborée différente. Ils ont commencé par des conversations et puis après quelques jours, les rires s'y sont ajoutés. Maintenant ils se touchent du bout des doigts. Au goutte à goutte, au mot à mot, aux regards encore hésitants, tout s'infuse. Tendrement.

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Date: Sunday, 03 Aug 2014 06:44
femme sur un écran dans une salle de cinéma
Onchi Koshiro, Dans le cinéma

Un style personnel, c’est le rêve même de l’être.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Nous sommes allés au musée des arts de Yokohama, ce week-end, pour découvrir une exposition sur les œuvres d'impression au bois du Japon (moku hanga). Ce n'est pas la première, ni la dernière, tant la variété des thèmes, des couleurs techniques donnent un chemin pour la rêverie. Mais celle-ci m'a permis de découvrir un artiste particulier : Onchi Koshiro (恩地 孝四郎). Il est l'initiateur du mouvement « sōsaku hanga » proposant que l'artiste soit maître de l'ensemble du processus créatif et de sa réalisation. Kanae Yamamoto a peut-être réalisée la première œuvre en 1904, « le pêcheur » signalant cette nouvelle tendance Dans le cadre du travail des estampes réalisées par morceaux de bois, il doit non seulement dessiner, mais également graver les blocs de bois et réaliser l'impression lui-même. Traditionnellement, les œuvres étaient réalisées par un ensemble d'artisan.

Découvrir un artiste participe du voyage extraordinaire. D'un chemin à l'autre, d'une colline à l'autre, le paysage intellectuel et artistique s'élargit, fourmille et on aurait alors envie de passer de longues heures à explorer l'ensemble. Les relations entretenues avec les autres artistes, les magazines, publications contemporaines de l'artiste, les modes de pensées dans leur contexte historique. Il y a du rêve dans ces découvertes qui ressemblent beaucoup à la malle dans un grenier.

deux estampes de plongeuse
Onchi Kochiro (à gauche). Affiche de la piscine Molitor (à droite)

Il y a par exemple cette image d'une plongeuse par Onchi Koshiro présente à l'exposition devant laquelle je suis restée de très longues minutes. Le cadrage, les teintes, les lèvres de cette femme en suspens ; elle a quitté la planche, elle n'a pas atteint l'eau. Les nuages dans le bas de l'œuvre accentue le mouvement aérien, céleste de la plongeuse. Il y a de la sensualité, du désir, de l'élégance, de la légèreté. Je me suis aussi souvenu de cette affiche de la piscine Molitor que j'avais oubliée depuis longtemps. Mais voilà une œuvre en appelle une autre, le cerveau est ainsi fait.

Il y a de nombreuses autres choses à découvrir. Suivez le fil.

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Date: Sunday, 03 Aug 2014 03:44
un homme assis à l'intérieur d'un temple
Kamakura, Japon, 3 mai 2014

Il n’est pas toujours nécessaire que l’eau soit profonde. Si la rive est montagneuse, avec des pics et des rochers se mirant dans l’eau, cela suffit pour qu’on rêve d’une profondeur.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

La chaleur, je suis à l'extérieur, le bois brûle sous la paume de la main. Le visage près d'une ouverture, un courant d'air frais glisse sur ma peau. Au loin, un homme s'est assis, le dos à un pilier de bois, les jambes allongées sur le tatami. Il se repose au frais. Ni besoin de nom, de s'enregistrer, de définir ses préférences, de s'exprimer même. Il est entré et il prend un repos. Ses pensées intimes resteront siennes.

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Le geste   New window
Date: Saturday, 02 Aug 2014 03:15
mains et baguettes
Tokyo, Japon, 9 mai 2014

Une nuance vraiment réelle est effacée par ce nominalisme, par cette interprétation trop rapidement rationaliste. Pourtant Sisyphe arcbouté contre son rocher est l’image d’une lutte réelle contre un objet réel ! Pourquoi ne prendre que la forme du symbolisme et ne pas essayer d’en vivre le dynamisme ?

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Je regarde fasciné le geste répétitif et répété quelques milliers de fois pendant la journée afin de cuire les boules de pieuvre. Je suis heureux la file d'attente est un peu plus longue. J'ai une bonne excuse pour l'observation.

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Fail2ban   New window
Date: Monday, 28 Jul 2014 00:46
tombes envahies de végétation
Kamakura, Japon, 3 mai 2014

À vivre un peu dans les rochers, nous oublierons tant de faiblesse. Baudelaire a écrit quelque part : « Nos paysagistes sont des animaux trop herbivores ». Un rêve de solidité et de résistance doit donc être mis au rang des principes de l’imagination matérielle. Le rocher est ainsi une image première, un être de la littérature active, de la littérature activiste qui nous apprend à vivre le réel dans toutes ses profondeurs et ses prolixités.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

fail2ban est un outil bien pratique pour éliminer de nombreuses attaques. Particulièrement, les attaques idiotes par dictionnaire testant tous les logins de façon répétée deviennent facilement enregistrées par leurs adresses IP. Elles sont ajoutées à une liste temporaire afin d'être bloquées pour un temps choisi. Attention cependant à ne pas transformer fail2ban en ban2fail. L'outil est délicat à configurer.

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Date: Monday, 28 Jul 2014 00:08
grande roue sur fond de ciel
Yokohama, Japon, 11 mai 2014

Tant de forces s’animent dans l’ambivalence sournoise, tout en forces ostensibles et en forces cachées, tout en attaques et en fuites. Aimer et haïr donnent une ambivalence sentimentale. Provoquer et craindre forment une ambivalence plus profonde, plus serrée puisqu’elle est au nœud même, non plus du sentiment, mais de la volonté.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

La grande roue est un immense salto presque immobile dans le ciel. Ne revennons nous jamais de nos rêveries du ciel, de nos élans au dessus de la ville. Les pieds au sol nous imaginons la fragile conquête de notre masse terrestre. La grande roue n'est pas le lieu des jeunes amoureux, selon la tradition locale. Elle porte malheur.

Le goya coupé en engrenages pénétrés de l'essence végétale, une première bouchée et c'est déjà l'élévation que l'on parcoure le long d'une tige aérienne. L'amertume se désire, elle se déploie en boucles autour des lèvres indéfiniment. Et nous voulons, et nous vivons, et nous aimons le long de ces grands cercles. Infiniment.

Plat de goya champuru
Tsujido, Japon, 11 mai 2014
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