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Date: Monday, 28 Jul 2014 00:46
tombes envahies de végétation
Kamakura, Japon, 3 mai 2014

À vivre un peu dans les rochers, nous oublierons tant de faiblesse. Baudelaire a écrit quelque part : « Nos paysagistes sont des animaux trop herbivores ». Un rêve de solidité et de résistance doit donc être mis au rang des principes de l’imagination matérielle. Le rocher est ainsi une image première, un être de la littérature active, de la littérature activiste qui nous apprend à vivre le réel dans toutes ses profondeurs et ses prolixités.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

fail2ban est un outil bien pratique pour éliminer de nombreuses attaques. Particulièrement, les attaques idiotes par dictionnaire testant tous les logins de façon répétée deviennent facilement enregistrées par leurs adresses IP. Elles sont ajoutées à une liste temporaire afin d'être bloquées pour un temps choisi. Attention cependant à ne pas transformer fail2ban en ban2fail. L'outil est délicat à configurer.

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Date: Monday, 28 Jul 2014 00:08
grande roue sur fond de ciel
Yokohama, Japon, 11 mai 2014

Tant de forces s’animent dans l’ambivalence sournoise, tout en forces ostensibles et en forces cachées, tout en attaques et en fuites. Aimer et haïr donnent une ambivalence sentimentale. Provoquer et craindre forment une ambivalence plus profonde, plus serrée puisqu’elle est au nœud même, non plus du sentiment, mais de la volonté.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

La grande roue est un immense salto presque immobile dans le ciel. Ne revennons nous jamais de nos rêveries du ciel, de nos élans au dessus de la ville. Les pieds au sol nous imaginons la fragile conquête de notre masse terrestre. La grande roue n'est pas le lieu des jeunes amoureux, selon la tradition locale. Elle porte malheur.

Le goya coupé en engrenages pénétrés de l'essence végétale, une première bouchée et c'est déjà l'élévation que l'on parcoure le long d'une tige aérienne. L'amertume se désire, elle se déploie en boucles autour des lèvres indéfiniment. Et nous voulons, et nous vivons, et nous aimons le long de ces grands cercles. Infiniment.

Plat de goya champuru
Tsujido, Japon, 11 mai 2014
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Date: Sunday, 27 Jul 2014 23:49
Ruelle avec izakaya
Tokyo, Japon, 9 mai 2014

Un défilé, par la simple loi de l’onirisme. « se resserre », non point dans le style tranquillement descriptif du géographe, mais avec le complet réalisme psychologique de l’imagination et avec la lenteur des forces invincibles.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Dans les ruelles sombres de Ueno, l'espace de l'imagination s'ouvre en grand à travers la fracture, la bonté, l'effleurement des yakuzas, le marché. Les humains se croisent, se frottent, se reconnaissent, se respectent.

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Date: Thursday, 24 Jul 2014 13:40
Affiches d'avertissements
Fujisawa, Japon, 24 juillet 2014

De quel droit mettez-vous des oiseaux dans des cages ?

De quel droit ôtez-vous ces chanteurs aux bocages,
Aux sources, à l'aurore, à la nuée, aux vents ?
De quel droit volez-vous la vie à ces vivants ?
Homme, crois-tu que Dieu, ce père, fasse naître
L'aile pour l'accrocher au clou de ta fenêtre ?
Ne peux-tu vivre heureux et content sans cela ?
Qu'est-ce qu'ils ont donc fait tous ces innocents-là
Pour être au bagne avec leur nid et leur femelle ?

Victor Hugo, Liberté.

Shonan, l'été, la plage et les règles municipales, celle-ci était affichée dans le bus. Entre ne pas faire peur aux autres, garder un niveau musical raisonnable, ne pas mettre son chien dans l'eau, ne pas boire trop, et autres, il y a « Couvrir ses tatouages. » En effet, le Japon accepte encore très mal les tatouages. Les interdictions notables sont dans la plupart des bains publics et parfois dans les agents de la fonction publique. Comme ils sont depuis quelques dizaines d'années la marque des Yakuzas, c'est à dire de la mafia locale, ils sont craints. Cependant, toutes ces recommandations bien sûr n'empêchent personne d'être ivres et de dévoiler ses tatouages, yakuza ou pas. Je me demande parfois si les recommandations sont plus pour rassurer la clientèle et le public plus que pour réaliser une action concrète.

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Date: Tuesday, 22 Jul 2014 23:38
carton et boîte ressemblant à un visage
Tokyo, Japon, 9 mai 2014

Pas d’apparence qu’il ne prenne, pas de caprice qu’il n’ait, pas de rêves qu’il ne réalise : il a toutes les figures, il fait toutes les grimaces. Il semble animé d’une âme multiple. Pardonnez-moi ce mot à propos de cette chose.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Il y a quelques jours j'écrivais : Pelican (celui que j'utilise pour Otsukare et je regrette). Bien sûr, on me demande maintenant pourquoi. Les mots publics ont des conséquences et génèrent des discussions. Je vais tenter de développer un peu plus le contexte de cette opinion.

Un carnet Web avec Pélican

Pelican est un générateur de fichiers HTML écrit en Python. Il utilise le format ReStructuredText ou Markdown (en fait MultiMarkdown) pour les fichiers d'écriture. Ces critiques ne sont que sous l'angle particulier des frictions que j'ai pu rencontrées en l'utilisant.

Statique et cache

Mise à jour 23 juillet 2014 : Depuis ce billet, la situation s'est améliorée à propos du cache.

C'est une critique qui s'applique à tous les systèmes de génération de fichiers pour un hébergement statique. C'est une critique que l'on peut avoir aussi pour de très nombreux sites dynamiques. Le cache HTTP est un choix d'expérience utilisateur, ce n'est pas un choix technique. Tous les générateurs de sites pour la création d'un billet, le changement d'un gabarit, la mise à jour d'un billet regénère automatiquement l'ensemble des fichiers Web qui auront dans la même foulée une nouvelle date. Ce qui signifie, qu'à chaque modification minime, l'ensemble du site est réindexable par les moteurs de recherche et qu'un navigateur ira chercher la page Web même si celle-ci n'a pas changé.

Le problème vient souvent de la non gestion des dépendances entre les fichiers. Si je met à jour ou crée un nouveau fichier, il n'y a seulement qu'un certain nombre de fichiers qui seront modifiés le flux, l'index, etc. Il n'est pas nécessaire de regénérer tout le site. C'est la partie facile.

Un peu plus difficile, il serait bon que lorsque l'on change un gabarit et que l'on regénère les fichiers relatifs à ce gabarit, on puisse avoir le choix de ne pas modifier l'information de cache. Certaines personnes voudront que le contenu soit rafraîchit pour un changement de design, d'autres comme moi ne pensent pas que cela fasse partie des conditions de rafraîchissement du cache. La condition nécessaire (pour moi) est le changement du contenu et seulement du contenu.

La pauvreté sémantique

Sur le thème de HTML, c'est bon, mangez en. Lorsque l'on commence à utiliser Markdown de façon un peu plus industrielle. On se rend compte que HTML en fait c'est très bien. Markdown (et ses dérivés) est un fabuleux format texte mais tant que l'on reste dans un territoire relativement simple. Créer des blocs de citation, des ancres intéressantes. Le compromis est à choisir. Le but de Markdown était justement de rester sur une sémantique simple. Ce n'est donc pas un reproche à propos de Markdown, mais plus du contexte d'utilisation. En fait, je trouve Markdown beaucoup plus pratique pour les mails que pour le Web.

Je me demande souvent donc si un système à la MultiMarkdown avec un entête de paires et le reste du document étant constitué par une structure <article> pourrait être une voie à explorer. Pour cet article cela donnerait quelque chose un peu comme :


Title: Pelican, un système de carnets statiques
created: 2014-05-09
updated: 2014-07-23 8h38
tz: Japan
css: /2013/12/20/style/article.css
uri: //www.la-grange.net/2014/05/09/pelican

<article>

   Le contenu HTML

</article>

Documentation

La documentation de Pelican est assez bonne mais brouillonne, surtout la section sur l'écriture du contenu. Elle est très orientée développement et certaines des options ne se comprennent que si l'on lit le code source du programme. Il y a de nombreuses options que je ne comprends toujours pas. Mais bon, là c'est beaucoup plus une question de retrousser ses propres manches et d'envoyer ses propres améliorations.

Mise à jour 23 juillet 2014 : Depuis ce billet, la documentation s'est améliorée mais toujours avec de nombreuses explications manquantes.

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Date: Tuesday, 22 Jul 2014 12:58
Mains posées sur une table en bois
Tsujido, Japon, 7 mai 2014

Quand des métaphores sont réversibles, on est bien sûr de vivre en état de grâce d’imagination. La vie est légère.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Hier, j'ai sorti la vieille table de bois. Je l'ai bien nettoyée plusieurs fois et puis je l'ai séchée. Alors j'ai ouvert le pot de cire naturelle, acheté il y a quelques semaines dans une boutique à Tokyo. Le parfum m'a enveloppé des souvenirs, des lieux de mon enfance. J'ai placé de la cire sur le chiffon et j'ai commencé à parcourir tous les contours de la table. Une main posée sur la table, l'autre sur le chiffon, je prends soin du bois, je le nourris. Un geste sûr, mémorisé, connu et consciemment profond se déploie sur la surface et les recoins. Je laisse sécher une fois de plus. Et cette fois-ci avec un chiffon de laine, je frotte de nouveau la cire pour lui donner sa patine.

Dans ce geste et dans ce parfum, il y a bien plus que l'entretien d'une table en bois passée de génération en génération. Cet après-midi, c'est tout le souvenir de mon enfance en Normandie qui se déploie en lents mouvements le long des fibres du bois. C'est l'héritage de ce que l'on m'a enseigné, communiqué. C'est l'adoption d'une pratique, un bois d'amour, un amour du bois.

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Date: Monday, 21 Jul 2014 13:58
Mais en grain
Montréal, Canada, 21 juillet 2013

Dante écrit deux vers, puis il sort ; et les deux vers
Se parlent. Le premier dit : - Les cieux sont ouverts.
Cieux ! je suis immortel. - Moi, je suis périssable.
Dit l'autre. - je suis l'astre. - Et moi le grain de sable.
- Quoi ! tu doutes étant fils d'un enfant du ciel !
- Je me sens mort. - Et moi, je me sens éternel.
Quelqu'un rentre et relit ces vers, Dante lui-même :
Il garde le premier et barre le deuxième.
La rature est la haute et fatale cloison.
L'un meurt, et l'autre vit. Tous deux avaient raison.

Victor Hugo, Dante écrit deux vers.

Lorsque vous créez un script python qui accepte des arguments en ligne de commande (CLI), il est possible de vouloir deux comportements. Soit vous désirez que le progamme puisse lire une liste de fichiers.

python pipe_test.py --blah foo.txt bar.txt

ou bien de récupérer et traiter le contenu des fichiers grâce au pipe bash, par exemple :

cat foo.txt bar.txt | python pipe_test.py --blah

Un petit programme assez simple pour réaliser cela utilisant le module fileinput que je ne connaissais pas.

import fileinput
import argparse
line_number = 0
# Définitions des arguments de la ligne de commande
parser = argparse.ArgumentParser()
parser.add_argument("infiles", nargs="*")
parser.add_argument('--blah', help='do something',
                    action='store_true', dest="blah", default=True)
args = parser.parse_args()
filelist = args.infiles

print "Liste fichiers: %s" % filelist
for line in fileinput.input(args.infiles):
    line_number += 1
    print  "%s - %s" % (line_number, line.strip())

Résultat sans pipe

python pipe_test.py --blah foo.txt bar.txt

Nous obtenons la liste de fichiers ainsi que l'impression des deux fichiers :

Liste fichiers: ['foo.txt', 'bar.txt']
1 - foo 1
2 - foo 2
3 - foo 3
4 - foo 4
5 - bar 1
6 - bar 2
7 - bar 3
8 - bar 4

Résultat avec pipe

cat foo.txt bar.txt | python pipe_test.py --blah

Cette fois-ci pas de liste de fichiers puisque nous envoyons directement le contenu grâce à cat.

Liste fichiers: []
1 - foo 1
2 - foo 2
3 - foo 3
4 - foo 4
5 - bar 1
6 - bar 2
7 - bar 3
8 - bar 4

Et voilà en espérant que ce soit utile à quelqu'un d'autre.

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Date: Sunday, 20 Jul 2014 08:22
Motif régulier d'architecture
Ho Chi Minh, Vietnam, 12 juin 2014

Du céleste ouvrage l'objet,
Si vrai et régulier,
N'est-il sur tout autre sujet
Beau, noble et singulier ?

Jacques Pelletier du Mans, À ceux qui blâment les mathématiques.

lxml est une excellente bibliothèque qui donne une coquille python à libxml et libxslt. Cependant la documentation est parfois un peu spartiate et surtout certaines méthodes de l'API ne sont expliquées que si nous lisons le code de l'API directement. C'est ainsi que j'ai découvert le addprevious dont j'avais besoin afin de mettre à jour les entrées dans un flux Atom. (Bien sûr il existe une méthode équivalente addnext)

addprevious avec un exemple concret.

Construisons le début d'un flux Atom en XML en utilisant lxml.

from lxml import etree
feed = etree.Element('feed')
feed.attrib['lang'] = 'fr'

Jusque là pas de problèmes c'est assez simple. Nous construisons l'élément racine feed et nous lui donnons un attribut lang dont la valeur est fr. Le résultat est :

<feed lang="fr"/>

Donnons lui un peu plus de corps.

from lxml import etree
feed = etree.Element('feed')
feed.attrib['lang'] = 'fr'
title = etree.SubElement(feed, 'title')
title.text = u'Un magnifique carnet Web'
author = etree.SubElement(feed, 'author')
name = etree.SubElement(author, 'name')
name.text = u'Super Dupond'

Cette fois-ci nous avons un arbre.

<feed lang="fr">
  <title>Un magnifique carnet Web</title>
  <author>
    <name>Super Dupond</name>
  </author>
</feed>

Imaginons que, catastrophe, nous avons oublié l'accroche du site Web. Dans le vocabulaire Atom, celle ci est donnée par l'élément subtitle. Nous voulons placer cet élément entre l'élément title et l'élément author du flux.


subtitle = etree.Element('subtitle')
author.addprevious(subtitle)
subtitle.text = u'Les âneries du jour'

Nous créons un élément subtitle. Nous ajoutons cet élément avant l'élément author et nous lui donnons un contenu texte. Ce qui nous donne pour code final

<feed lang="fr">
  <title>Un magnifique carnet Web</title>
  <subtitle>Les âneries du jour</subtitle>
  <author>
    <name>Super Dupond</name>
  </author>
</feed>

L'illustration semble futile puisque nous aurions pu construire les éléments dans le bon ordre. Mais dans mon cas j'en avais besoin afin de mettre à jour un flux Atom.

  1. Rechercher si l'entrée existe déjà parmi la liste des entrées
  2. Si oui la supprimer, si non supprimer la dernière entrée du flux (la plus ancienne).
  3. Ajouter la nouvelle entrée au dessus de toutes les autres entrées mais après les données générales du flux.

Schématiquement, si nous devions mettre à jour en effaçant l'entrée 3

<feed>
  <title>…</title>
  <subtitle>…</subtitle>
  <author>… </author>
  <!-- Insérer ici la nouvelle entrée 3 -->
  <entry>Entrée 1</entry>
  <entry>Entrée 2</entry>
  <!-- Effacer l'entrée 3 -->
  <entry>Entrée 3</entry>
  <entry>Entrée 4</entry>
</feed>

J'ai encore quelques petits détails à régler avant de partager le code. Mais en espérant que cela puisse servir à une autre personne.

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Date: Sunday, 20 Jul 2014 06:42
Marchand de légumes
Kugennuma, Japon, 4 mai 2014

Nous donnerions une fausse idée de l’imagination si nous ne redisions pas combien les images sont rares.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Près de chaque station de train, la vie se déploie en mille petites subtilités. Nous remarquons l'humanité, nous participons à l'humanité. Et pourtant à chaque chandelle qui s'éteint, une boutique disparaît. Des conversations, des souvenirs s'évadent. L'espace sera détruit. Le bâtiment remplacé par un plus neuf. Probablement un café, un salon de coiffure ou autre élément plus moderne viendront s'installer. Elle et ses légumes semblent le dernier front de résistance face à l'ensemble des rideaux de fer baissés. Nous nous extasions du charme. Nous rêvons de sa tendresse. Et pourtant, nous allons nous aussi dans les franchises des supermarchés alentour. Peu de monde veut continuer à vendre des légumes sur un coin de table. Peu de monde veut même continuer à les produire.

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Date: Friday, 18 Jul 2014 11:10
Chemin dans la forêt
Zushi, Japon, 3 mai 2014

La contemplation de la nature, dit encore le poète, a besoin « des songes séculaires ». L’homme retrouve toujours et partout les mêmes rêves.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Une fois de plus, avec un ami, j'ai parcouru la colline au-dessus de la mer, la forêt de bambou, les jardins suspendus. Une fois de plus, je me suis arrêté dans ce petit restaurant près du port de pêche et puis nous avons terminé par ce temple de Kamakura où les enfants jouaient sur les escaliers en bois.

Lampe dans un temple
Kamakura, Japon, 3 mai 2014

Quel bonheur de marcher, j'y ai même cette fois-ci découvert un sol couvert de misère, je suis reparti plus riche de trois brins. La fortune des errances est incommensurable.

misères
Zushi, Japon, 3 mai 2014
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Date: Thursday, 17 Jul 2014 12:32
Océan
Enoshima, Japon, 2 mai 2014

Tous ces objets résistants portent la marque des ambivalences de l’aide et de l’obstacle. Ils sont des êtres à maîtriser. Ils nous donnent l’être de notre maîtrise, l’être de notre énergie.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Lorsque nous écrivons, nous ne collons pas des  l e t t r e s  les unes à côté des autres, pas plus que des mots. Cela n'aurait que peu de sens vert tomate lunettes batteries émotion le avoir calepin peinture. Il en est de même lorsque nous prenons une photographie. Nous ne plaçons pas des pixels de couleurs afin de les mettre côte à côte. Ces pixels bleus sont ceux que l'appareil numérique a voulu enregistrer selon son algorithme. L'argentique ne fait que peu de différences, remplaçons le programme numérique par la chimie. Cette photographie, l'océan et un peu de ciel, après quelques heures, a déjà vécu. La photographie ne reste déjà plus que de l'ombre. Elle a fâné. Elle s'est diluée. Je la grossis. Je l'explore. Je révèle ses pixels. Je tente de comprendre son intimité. Non vraiment rien, si ce n'est l'envie de redessiner les carrés bleus à la main ou de les réarranger par valeur. Je reprends du recul. Elle reprend un peu de sens. Il y a cette femme à ma droite avec ses lunettes de soleil et ses cheveux en queue de cheval. Il y a ce grand aigle qui passe régulièrement au dessus de nos têtes, hésitant entre les rats et le poulpe grillé dans notre assiette. Il y a le parfum du sel qui remonte la falaise de la presqu'île porté par le vent pour atteindre la terrasse où nous sommes assis. Il y a l'envie que le midi s'étire un peu plus loin jusque dans la nuit. Il y a ce bonheur. Oui c'est peut-être cela cette photographie insignifiante, bleue et plate. C'est peut-être cela le souvenir du hors-champ et de son intimité.

Pixels d'une photographie
Enoshima, Japon, 2 mai 2014
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Date: Wednesday, 16 Jul 2014 10:47
Rue la nuit
Tsujido, Japon, 1er mai 2014

Il n’y a pas de paysages littéraires sans les lointaines attaches à un passé. Le présent ne suffit jamais pour faire un paysage littéraire. Autant dire qu’il y a toujours de l’inconscient dans un paysage littéraire.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Je lis un livre sur les algorithmes (traités en python) afin de combler mes lacunes. Au cours de la lecture, je tombe sur la page suivante d'une formule écrite en python et puis finalement mathématiquement.

Extrait de livre
Algorithmes en python

L'auteur précise que « le sigma majuscule 𝚺 peut être un peu intimidant si vous n'avez pas travailler avec auparavant. Ce n'est cependant pas plus effrayant que la function sum en Python. » Sa mention m'a fait sourire car j'ai eu la réaction exactement inverse en lisant la page. Alors que la notation mathématique m'a été évidente au premier coup d'œil, il m'a fallu du temps pour déchiffrer la ligne pourtant courte de Python. Pendant mes études, j'ai appris, manipulé, écrit, utilisé les notations mathématiques pour décrire l'univers et le comprendre. Cet ensemble de signes est alors plus naturel pour moi que celui pourtant simple d'un langage de programmation.

Je vis en ce moment une reconfiguration (trop) lente de la compréhension des mots par le japonais écrit. Encore un autre voyage sémantique.

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Date: Tuesday, 15 Jul 2014 22:45
Calepin et téléphone
Séoul, Corée du Sud, 12 avril 2014

L’intelligence aussi voudrait s’intéresser non seulement à des faits, mais encore à des valeurs.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Régulièrement, une personne se plaint du système de listes de discussions du W3C. D’ailleurs il n’est pas certain si les individus parlent du système d’archivage ou du système de gestion de la liste ou des deux. Aujourd’hui a été encore l’opportunité de se défouler contre le W3C. Les attitudes négatives du milieu de l’informatique ont tendance à tout faire pourrir. C’est bien triste. Une discussion récente a été l'occasion de nombreuses petites piques et finalement très peu de propositions concrètes.

Les communautés du W3C travaillent avec les moyens du bord. Le résultat est loin d’être parfait, mais ces qualités sont essentielles. Reconnaître les atouts et les avantages afin de pouvoir les faire évoluer dans un sens plus riche et positif permettrait l’amélioration de la situation générale. Le système actuel pour la gestion est Hypermess.

Pas satisfait avec la CSS, proposez une nouvelle feuille de style qui soit réaliste et s’intègre dans le système courant. Pas satisfait avec le système d’archivage, faire des propositions de code et de gestion pour améliorer l’ensemble. Pas satisfait des logiques ergonomiques, proposez en de nouvelles. Mais le plus important, faire des propositions réalistes. Ne pas oublier que votre solution n’est pas forcément la solution de tous. Bien souvent nous oublions que lorsque nous ne sommes pas satisfaits d’un système (émotion nombriliste), nous ne voyons pas dans le même temps tous ceux qui sont satisfaits du système courant. Et ce que certains perçoivent comme un défaut sera perçu comme un avantage par d’autres.

Les avantages ?

Des inconvénients ?

  • Pas de vue d’un fil de discussions au complet
  • Une présentation assez datée et rébarbative. Mon petit doigt me dit que Daniel Davis va proposer quelque chose.
  • Une présentation non compatible avec les petits écrans.
  • Les fils de discussions brisés dans l’index par mois quand ils s’étalent sur plusieurs mois.
  • L’impossibilité pour les non-membres de récupérer les fichiers mbox.
  • L’impossibilité de télécharger une mbox pour un fil de discussion particulier.

Des manques ?

  • Une possibilité de comprendre la syntaxe markdown d’un message pour la convertir dans les archives Web. Ceci dit assez aléatoire à convertir.
  • Peut-être la possibilité de voter sur la qualité d'un message.
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Date: Tuesday, 15 Jul 2014 13:57
Tissu flottant près d’une fontaine
Hiratsuka, Japon, 26 avril 2014

Cette image poétique peut paraître obscure. Elle a précisément besoin d’être révélée au sens photographique du terme par l’image princeps du couchant martelé, de l’orient forgé. Alors la rêverie de lecture devient sensible à des tonalités cachées, elle découvre d’infinies profondeurs d’une âme imaginante. En effet, pour produire cette image, le poète a mis en acte des puissances multiples, couvrant plusieurs régions de l’inconscient.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

L'entrée du sanctuaire après le tori, la fontaine pour les ablutions, les voyageurs pourront pratiquer l'humidification délicate, la main gauche, la main droite, les lèvres. Un tissu pour s'essuyer les mains a été placé sur un bout de baguette suspendu à deux fils. L'océan est proche, l'idée du vent fera le reste. Le linge est sec. L'énergie de la nature était là, il suffisait de l'imaginer.

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Date: Tuesday, 15 Jul 2014 13:45
Escalier avec rampe
Oiso, Japon, 26 avril 2014

Une fois l’image princeps reconnue, on ne peut plus en méconnaître la vie profonde, la vie cosmique. L’imagination humaine veut jouer son rôle dans la pleine nature. On n’a plus besoin alors d’une imagerie très colorée, de formes très nettement dessinées pour vivre une image qui grandit, qui prend une valeur cosmique, une valeur mythique.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Vivre ensemble s'aménage. Il suffit alors de définir l'espace qui répond aux besoins communs. Pouvoir monter et descendre une colline à pied, avec ou sans vélo, droitier ou gaucher, l'imagination et la forme ont tracé la voie.

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Date: Monday, 14 Jul 2014 13:21
Rivière et chemin
Hiratsuka, Japon, 26 avril 2014

Comment ne pas reconnaître alors que la trempe engage primitivement des valorisations bien éloignées des simples valeurs d’utilité. On poserait d’ailleurs mal le problème si l’on évoquait des thèmes magiques. Ces thèmes existent, la liaison entre la magie et la technique a été à juste titre examinée. Mais l’instance onirique à laquelle nous nous référons est différente de l’instance magique. Elle correspond à un plan un peu vague, à des déterminations un peu flottantes. C’est précisément la région de la simple imagination de la matière, la région de l’onirisme du travail.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

De Hiratsuka (平塚) à Oiso (大磯), nous pouvons prendre le train de la ligne Tokaido (東海道). Il est aussi possible de prendre le bus pour aller près de la rivière Hanamizu (花水川) au terminus nishikaigan (西海岸). De là, nous pourrons traverser la rivière, et puis la longer vers le nord en croisant la voie ferrée de la Tokaido et finalement s'orienter vers l'ouest afin de se rendre au temple Takaki (高来神社).

Chemin de sanctuaire
Hiratsuka, Japon, 26 avril 2014

À partir de cet endroit, l'ascension de la montagne Korai (高麗山) commence par les chemins de forêt.

Chemin de forêt
Oiso, Japon, 26 avril 2014

Sur les crêtes, nous marchons, d'un côté la campagne entre les monts, de l'autre le littoral et l'océan Pacifique.

Forêt et Pacifique
Oiso, Japon, 26 avril 2014

Derrière une colline, nous apercevons le port d'Oiso, c'est notre destination finale, nous devons y arriver pour le repas. Il y a là un bistro de poissons.

Repas de poisson
Oiso, Japon, 26 avril 2014

Tout ceci est description, instructions, directions. Entre chaque lettre, chaque mot, il existe l'espace du souffle, des sons, des parfums, du muscle tendu, du désir, de l'abandon. Entre chaque ligne, il y a du bonheur.

carte satellite et tracé GPS
De Hiratsuka à Oiso, Japon, 26 avril 2014
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Date: Monday, 14 Jul 2014 12:43
Plât de spaghetti à la pieuvre
Tsujido, Japon, 24 avril 2014

La porte des rêveries cosmiques est ouverte.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Le goût est une éducation, un chemin de découverte, une pluie fine dans une journée chaude. Le désir des tentacules est l'imagination de ce goût, la réminiscence d'un plaisir que l'on veut éveiller de nouveau. Chaque jour, jeter son sac dans les fourrés et courrir à perdre haleine sur les chemins oubliés pour s'y souvenir des hésitations et des joies délicieuses.

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Date: Monday, 14 Jul 2014 12:30
Clôture et végétation
Tsujido, Japon, 21 avril 2014

Il faudrait cependant pour entrer dans cette avenue des songes quitter les perspectives prématurément objectives et raisonnables ; seul un rationalisme en vacances peut assumer la liberté de telles songeries.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

La nature se moque bien de nos efforts de domestication. Nous tentons d’éradiquer, de contenir, de repousser. Elle regagne, contourne, s'épanouit. C'est tout cela qui me plaît en elle. Cette résistance à notre conformisme.

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Date: Monday, 14 Jul 2014 12:15
Fleur d'arbre
Tsujido, Japon, 22 avril 2014

Mais trop de rêveries naissent en moi quand je revis les puissances de l’eau.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

À mon arrivée, j'ai ouvert une nouvelle page. Aujourd'hui une fleur pour tout chemin d'errances, pour tout compagnon de rêveries.

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Date: Monday, 14 Jul 2014 12:07
Coquelicots
Tsujido, Japon, 21 avril 2014

Tout souffle, pour qui rêve, est une haleine chargée d’influences.

Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté.

Entre les rues étroites de Kamakura, nous nous sommes glissés. Les archers nous avaient donné l'impulsion. Encore un coin de rue, et le musée du cinéma nous chuchotait déjà son exposition du moment : Le royaume des actrices des studios de Shochiku à Ofuna. Yasujiro Ozu y a travaillé et bien entendu Setsuko Hara, son actrice principale. Quelques affiches, quelques carnets, des photographies des studios maintenant disparus, juste quelques souvenirs frêles et beaux pour donner l'envie d'explorer un peu plus le cinéma japonais de la première moitié du 20eme siècle.

Déjà nos pas se dirigent vers la sortie du musée. La séance d'un film se termine, un unique spectateur sort. Le vieil homme a peut-être 80 ans, fin, fragile mais droit comme un coquelicot. Il soupire, une fois, et puis deux fois encore. Entre ses soupirs profonds, il se dit à lui-même combien le film était merveilleux en laissant échapper un long « ah » profond de satisfaction mélancolique. À la sortie, nous regardons le programme d'aujourd'hui, quel film. Ce film… de Ozu, son tout dernier… « Le goût du saké »

Alors aujourd'hui dans les rues de Tsujido, sous une vapeur de pluie, je pense à Ozu et à son cinéma lent et tendre.

rues et végétation
Tsujido, Japon, 21 avril 2014
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