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Un paysage qui suscite le rêve
— La mer. Celle d'Ibiza, ou de chez moi, à Marseille. Où que je vive, en France ou en Espagne, comme depuis quelques années, j'ai toujours besoin de savoir que la Méditerranée n'est pas trop loin.
Une couleur
— Le vert, même si je ne la porte quasiment jamais. La couleur de l'espoir et des yeux des femmes que je préfère.
Un vêtement qui rend beau.
— Sobre. Un tee-shirt noir.
Une chanson
— Le sportif dirait La Marseillaise. J'ai toujours aimé le moment des hymnes. Pendant quelques minutes, la tension, la concentration sont à leur comble. Mais l'homme choisit Michael Jackson. Sa mort m'a fait un choc et m'a rappelé quelques souvenirs de jeunesse. Je l'écoute souvent à la maison, avec mes enfants. C'est le seul artiste capable de me faire presque danser. Je dis bien presque !
Un juron
— Je suis un faux calme et quand je jouais, il m'arrivait d'en lâcher quelques-uns... Maintenant, je fais attention. Quand je suis énervé, je dis " imposture !" et ça me fait du bien.
Un contemporain du sexe opposé
— "La maman", Malika. Et ma femme.
Un plat d'enfance
— Le felfel kabyle, préparé par " la maman ". Son parfum me replonge tout droit en enfance. J'en consomme moins maintenant, mais, chaque fois que je rentre à Marseille, j'y ai droit.
Un personnage historique
— J'ai eu la chance d'en croiser quelques-uns ! J'ai pu rencontrer le pape, sœur Emmanuelle, et même l'abbé Pierre, en 2000, qui était un peu étonné de se retrouver parmi les personnalités préférées des Français au côté d'un footballeur ! Celui avec qui j'adorerais faire connaissance, c'est Nelson Mandela.
Une autre nationalité
— Je me sens proche de l'Espagne, car ma femme en est originaire, mais mon identité me convient très bien : français d'origine algérienne. Je ne souhaiterais pour rien au monde en changer.
Un autre métier
— C'est un truc étrange, la retraite... Les premiers mois ont été très difficiles, et la façon dont j'ai tiré ma révérence y est sans doute pour beaucoup. Maintenant, ça va très bien. Ma nouvelle vie me plaît : je me lève plus tôt qu'avant, je fais un peu moins de sport, mais je suis très actif et j'ai la chance de passer plus de temps auprès de ma famille. Si je devais choisir un autre métier, je dirais chauffeur-livreur, en hommage à tous ceux qu'on croisait, en bas de chez moi, dans la cité de la Castellane, quand on jouait au foot avec les copains. C'est aussi un hommage à mes origines modestes.
« La mort de Michael Jackson m'a fait un choc. Je l'écoute souvent à la maison avec mes enfants. C'est le seul artiste capable de me faire presque danser »
Lire les articles sur
le culte Michael Jackson
et This Is It
En tournée en France jusqu'au 26 novembre 2009, le 17 décembre à La Maroquinerie à Paris
C'est qui ?
L'ex-leader du groupe de rock indé anglais The Servant — dix ans de vie commune, deux albums — se lance en solo. C'est à Paris, où il s'est installé en plein cœur du Marais, qu'il a entamé sa nouvelle aventure.
C'est quoi ?
En 2008, Dan Black réapparaît en Dr Frankenstein électro-pop : il colle les rimes de Hypnotize, de Notorious BIG, sur le beat d'Umbrella, de Rihanna, et les cordes de la BO de Spaceman, film de John Carpenter de 1984.
Sur Internet, le dévastateur Hypntz fait un carton... Mais le veto des ayants droit du rappeur tombe. L'Anglais sauve finalement la chanson en la dotant de nouvelles paroles, plus sombres. Rebaptisée Symphonies, elle ouvre finalement UN, album pop, rock, électro et mélancolique : le nouvel ADN de Dan.
Après son quatrième album Voodoo chez Dreyfus Jazz, la chanteuse vient de publier, cette fois chez Universal (Emarcy), un cinquième album, Connection, bilingue, sous le signe du jazz, du rock et de la chanson française.
Térez Montcalm sera sur scène à l'Alhambra (Paris Xe) le 15 décembre 2009.
Pourquoi ?
Avec son timbre éraillé de rockeuse, elle scatte, swingue, plie et tord les sons, construit des tours de notes bleues, entraîne un violon gipsy dans une danse lascive.
Mais encore...
Cette songwriter québécoise a un talent de comédienne. Sa reprise de Je n'attendais que toi, de Charles Aznavour, claque au vent comme un drapeau.
Et quand elle égrène ses compositions écorchées, Janis Joplin et Nina Simone semblent l'accompagner.

ConnectionÉcouter et télécharger
Kriss est décédée le 19 novembre. De son vrai nom Corinne Gorse, cette voix emblématique de France Inter et de Fip, était âgée de 61 ans.
Née en 1948, Kriss avait débuté sa carrière dès 20 ans à France Inter, dans l'émission satirique L'Oreille en coin. Au début des années 70, elle participe au lancement de France Inter Paris, qui devient Fip, une radio innovante pour l'époque essentiellement composée de musique, d'informations et de flashes sur la circulation dans Paris.
Kriss a ensuite animé plusieurs émissions sur France Inter, dont Roue libre de 1996 à 1999 et Portraits sensibles de 2000 à 2004, qui lui donnèrent « une notoriété dans l'art de l'interview humaniste et insolite », déclare France Inter dans un communiqué.
Depuis 2005, elle animait Kriss Crumble le dimanche, une émission faite de reportages, montages, sketches ou interviews intimes. La dernière émission enregistrée date du 21 juin 2009. Sur le site internet de France Inter, Kriss avait écrit un message à ses auditeurs, où elle racontait sa lutte contre la maladie. « Merci à vous, merci à la direction de ne pas me laisser tomber dans cette période un brin « hard » ! Et aussi merci à la vie qui, par certains chocs, vous incite à porter un œil neuf sur ce qui l'enrichit », indiquait son message.
Jean-Luc Hees, président de Radio France a salué « la grande tendresse » et la générosité de Kriss. « C'est quelqu'un qui avait une empathie formidable avec tous les gens », a-t-il déclaré sur France Inter.
Qobuz a installé ce matin sur l'ensemble de son site une opération spéciale qui durera jusqu'au 1er décembre prochain, afin de permettre à tous de découvrir la qualité du téléchargement en vraie qualité CD.
Très peu de sites de musique en ligne proposent le téléchargement en qualité CD et, si nous ne nous trompons pas, aucun site au monde ne propose un choix aussi large que Qobuz dans cette qualité, choix issu à la fois des labels indépendants et des majors.
Il nous faut préciser une fois de plus, au risque de paraître dénonciateurs vis-à-vis de nos confrères, que ce que Qobuz vend en qualité Lossless, ce sont des fichiers dont la qualité d'écoute sera exactement identique à celle du CD du même enregistrement.
QUALITÉ CD ????
Beaucoup de sites de téléchargement et même — ils sont sacrément gonflés — des sites de streaming parmi les plus mauvais du point de vue qualité de son, se réclament de la « qualité CD ». Ils mentent, et ils prennent leurs utilisateurs pour des sourds. Chez Qobuz, depuis la création de notre site, la seule obsession a été la qualité. Qualité des fichiers que nous commercialisons, qualité des informations liées et de l'environnement rédactionnel.
Cette démarche se situe à l'opposé de ce que font la plupart des autres sites de musique légale, qui restent cantonnés à une logique de disquaire de dernière génération, refilant à leurs clients sans soin particulier ce qu'on leur livre et quelle qu'en soit la qualité, poussant systématiquement les promotions suggérées en même temps, et ne prenant pas soin de développer des choix authentiques. Ce n'est certainement pas ce qui permettra l'émergence d'une expérience de qualité dans le domaine de la musique en ligne.
Disquaire numérique, nous essayons de l'être chez Qobuz et nous vérifions chaque jour que ce métier n'est vraiment plus le même qu'en physique.
Si la route à parcourir encore pour obtenir de la part des labels que les informations liées à la musique soient de qualité convenable, il est un domaine dans lequel Qobuz peut innover, c'est la qualité du son. Et ce, en raison de notre choix de départ qui a consisté à toujours livrer au format « sans perte », équivalente à la vraie qualité CD, de façon à être fidèle au travail des techniciens et ingénieurs du son qui se sont toujours efforcés de fabriquer un « beau » son afin de rendre justice au travail des artistes et des producteurs qui apportent, nous le savons, tant de soin à la qualité de leurs publications.
UNE PROMOTION LIMITÉE DANS LE TEMPS
Du 20 novembre au 1er décembre, nous avons donc le plaisir de vous faire découvrir ce que devrait être le téléchargement : la livraison aux amateurs d'enregistrements fidèlement transcrits, et non pas amputés et mutilés par la compression.
Vous pourrez ainsi télécharger sur Qobuz la qualité CD (la vraie !) au prix de la version compressée.
QUEL CATALOGUE ?
Cette opération est proposée sur l'ensemble du catalogue avec quelques restrictions, en fonction des autorisations qui nous sont données ou non par les éditeurs :
Tout Universal Classics
Tout ECM, classique et jazz
Tous les labels distribués par IdolWeb
Tous les labels disponibles sur le site, distribués par Believe
Tout Sony
Tout EMI Classics
Tout Abeille Musique
Tout Naïve
Tout Because
Tout Wagram
Certains de ces fournisseurs proposant de très très nombreux labels, cela fait un catalogue de près de 100 000 albums — plus de 1,2 million de pistes environ, disponibles jusqu'au 1er décembre en Lossless, au prix du mauvais compressé ailleurs !
Accédez à notre boutique spéciale LOSSLESS
COMMENT PROFITER DE L'OFFRE
Nous vous rappelons que vous pouvez télécharger en LossLess, et « remouliner » une copie du fichier dans iTunes ou Windows Media Player si vous souhaitez en posséder une version plus légère.
Nous vous rappelons que tous nos fichiers sont vendus sans DRM et totalement compatibles Mac ou PC et balladeurs compatibles Mac et PC.
Le téléchargement se réalise comme à l'accoutumée et vient se placer dans votre lecteur iTunes ou WMP. C'est 30% plus long environ.
Pendant la durée de cette promotion, l'offre préselectionnée dans la page album considérée est l'offre LossLess vendue au prix du format compressé. Si, néanmoins, vous souhaitez télécharger le format compressé, il vous suffit d'en cliquer le bouton.
COMMENT (MIEUX) PROFITER DE CETTE OFFRE
Nous tenons à rappeler une règle simple mais importante en matière de reproduction sonore : la qualité du signal perçu par l'auditeur est forcément limitée par le maillon le plus faible de la chaîne de diffusion. S'agissant de fichiers stockés sur ordinateur, vous devez veiller en premier lieu à ce que votre carte son soit de bonne qualité, sinon le signal sera déterioré.
Pour améliorer de manière spectaculaire le son de la musique stockée et diffusée sur votre ordinateur à un prix raisonnable, nous vous conseillons vivement le système XS de chez Focal, qui est tout simplement prodigieux de clarté, de beauté de son et de puissance, et qui vient se substituer à la carte son de votre ordinateur. C'est le plus beau cadeau que vous puissiez faire à vos oreilles… après celui de leur offrir la beauté des téléchargements en LossLess sur Qobuz !
Mardi 22 décembre, la Salle Pleyel s'embrasera sans doute au son du flamenco fiévreux du grand Tomatito et de son sextet. Pour l'état-civil, il est José Fernandez Torres, né en 1958 dans le sud de l'Espagne, à Alméria. Mais c'est sous ce nom de Tomatito que ce virtuose hors pair est reconnu sur tous les continents. Un surnom qu'il tient de son père, connu sous le sobriquet de Tomate, et de son grand-père, Miguel Tomate.
Nul doute que chez Tomatito la guitare et le flamenco sont une histoire de famille. D'ailleurs, son oncle n'est autre que le tutélaire guitariste Niño Miguel. Autant dire que sous de tels augures, le jeune homme avait tout pour devenir le digne successeur du plus célèbre guitariste de flamenco : Paco de Lucía. Ce qu'il fut dans les faits dès 1975, lorsqu'il remplaça son aîné pour devenir le fidèle accompagnateur du mythique Camarón de la Isla, auprès duquel il demeurera pendant dix-huit ans.
À la mort du chanteur en 1992, Tomatito va se consacrer pleinement à sa carrière sous son seul nom, ayant déjà publié des disques depuis les années 80. Plébiscité de longue date par les solides amateurs de flamenco, le guitariste touche dès lors un autre public, n'hésitant pas à flirter avec la pop et plus encore le jazz, un domaine où ses véloces improvisations font sensation aux côtés de Michel Camillo ou John McLaughlin, entre autres.
Néanmoins, loin de céder aux sirènes d'une world music dénuée de racines, Tomatito ne cesse de creuser le sillon de sa propre tradition, qu'il fertilise plus qu'il n'assèche au travers de telles collaborations : à chaque fois, son toucher fait danser et chanter la guitarra gitana.
Pour preuves, les bandes originales qu'il signe, dont celle de Vengo de Tony Gatlif couronnée d'un César. Un prix de plus pour celui qui peut se targuer d'être aussi respecté dans les ruelles des villes andalouses que dans les avenues de Los Angeles, là même où il obtint le Grammy Latino 2005 dans la catégorie flamenco pour son album Aguadulce.
Pour ce concert parisien de Pleyel, Tomatito sera accompagné par Cristy (guitare), David "El Potro" (chant), Simón Roman (chant), Luky Losada (percussion) et José Maya (danse).
Le Messie de Haendel est l'oratorio le plus souvent joué dans toute l'histoire de la musique sacrée. Son livret contraste fortement avec les textes des autres oratorios du compositeur. Au lieu de relater une histoire dramatique, de grands moments de théâtre, le texte de l'œuvre se préoccupe avant tout de prophétie et de méditation.
Lundi 7 décembre, ce Messie donné au Théâtre des Champs-Elysées sera l'occasion, pour Emmanuelle Haïm et son ensemble Le Concert d'Astrée, d'une alléchante rencontre avec l'une des plus grandes pages de Haendel, musicien qu'elle a déjà beaucoup « fréquenté » à la scène (Rodelinda à Glyndebourne et La Resurrezione déjà avenue Montaigne au printemps dernier) et surtout au disque (Delirio, Il Trionfo del Tempo e del Disinganno, Dixit Dominus...).
Le 13 avril 1742 à Dublin, a lieu la création du Messie, œuvre composée en moins d'un mois, au profit d'institutions charitables et sous la direction de Haendel lui-même. Le succès est immédiat, au point de l'identifier à cette œuvre pendant près de deux siècles, de plonger dans l'oubli presque tout le reste de ses ouvrages (opéras, oratorios, pièces instrumentales et vocales, etc.), et de faire de son Alleluia un informel second hymne britannique.
Composé à partir d'extraits des Écritures, cet oratorio est découpé en trois parties : Annonciation et Nativité, Passion, Résurrection. L'œuvre est simple, spontanée et envoûtante, avec une exceptionnelle partie de chœur, évoquant une vision triomphante et majestueuse du Christ, très loin des Passions représentant le Christ souffrant.
Côté voix, le public parisien entendra la soprano Camilla Tilling, le contre-ténor Matthew White, le ténor John Tessier et la basse Christopher Purves. Toute la troupe offrira trois autres représentations de ce programme : les 4 et 5 décembre à l'Opéra de Lille et le 10 décembre à l'Opéra de Dijon.
Chef d'orchestre et claveciniste, aujourd'hui directrice artistique du Concert d'Astrée, Emmanuelle Haïm est pianiste et organiste de formation. Après des études de clavecin auprès de Kenneth Gilbert et de Christophe Rousset, et de nombreux Premiers Prix au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, sa passion pour l'expression vocale la pousse à se consacrer à la direction du chant, d'abord au Centre de Musique Baroque de Versailles, puis au CNSM. Elle est sollicitée par les plus grandes voix qu'elle accompagne volontiers en récital. Elle développe très vite une activité régulière de continuiste et d'assistante musicale, ce qui lui donne l'occasion de se produire sur les scènes les plus réputées.
C'est tout naturellement qu'elle commence à diriger, et on la retrouve bientôt sur les plus prestigieuses scènes internationales en tant que chef invitée pour diriger des formations de renom. En 2001, Haïm connaît un succès retentissant au Glyndebourne Touring Opera, avec Rodelinda, puis avec Theodora de Haendel en 2003. Elle est la première femme à diriger la compagnie du Chicago Lyric Opera dans Giulio Cesare, en 2007.
Artiste fidèle du Glyndebourne Festival Opera, elle y présente à l'été 2008, L'incoronazione di Poppea de Monteverdi. Par ailleurs, elle dirige régulièrement l'Orchestra Of The Age of Enlightenment, l'Orchestre Symphonique de Birmingham (CBSO), le Scottish Chamber Orchestra, le Deutsche Sinfonie Orchester Berlin ainsi que l'Orchestre de Francfort, le Hessischer Rundfunk Orchestra.
En mars 2008, Emmanuelle Haïm est pour la première fois à la tête de l'Orchestre Philharmonique de Berlin. Elle dirigera Idomeneo de Mozart en février 2010 avec l'orchestre et le chœur de l'Opéra de Paris au Palais Garnier, dans une mise en scène de Luc Bondy.
En 2000, elle fonde Le Concert d'Astrée, qu'elle mène rapidement sur les chemins du succès. L'orchestre se produit aussi bien dans Rameau ou Lully que dans Monteverdi, Purcell, Haendel ou encore Mozart. De Paris à New York et dans de nombreux festivals en France et à l'étranger (Londres, Berlin, Salzbourg, Amsterdam), Le Concert d'Astrée enchaîne les représentations. Ce succès est couronné en 2003 par la Victoire de la Musique Classique récompensant le meilleur ensemble de l'année.
En 2004, l'orchestre s'installe en résidence à l'Opéra de Lille. Emmanuelle Haïm et Le Concert d'Astrée y donnent les représentations scéniques de Tamerlano de Haendel, puis L'Orfeo de Monteverdi à l'automne 2005.
En 2005, pour poursuivre son projet avec Le Concert d'Astrée, elle crée le Chœur du Concert d'Astrée qui se joint à l'orchestre sur de nombreux projets.
Lors des productions lyriques scéniques, Emmanuelle Haïm et Le Concert d'Astrée collaborent avec de grands noms de la mise en scène comme Jean-François Sivadier, Robert Wilson, David McVicard, Giorgio Barberio Corsetti, Sandrine Anglade, Stuart Seide et Claude Buchvald dans Dardanus de Rameau à l'Opéra de Lille, au Théâtre de Caen et à l'Opéra de Dijon à l'automne 2009.
Parmi les versions scéniques dirigées par Haïm, citons Thésée de Lully, Hippolyte et Aricie de Rameau, Giulio Cesare de Haendel, L'Orfeo de Monteverdi, Les Noces de Figaro de Mozart, The Fairy Queen de Purcell…
Fidèle représentante du baroque et du savoir-faire musical français, Emmanuelle Haïm est Chevalier des Arts et des Lettres et s'est vue remettre les insignes de Chevalier de la Légion d'honneur en juillet dernier.
Le site officiel du Théâtre des Champs-Elysées
Quelques jours après la sortie de son nouveau chef d'œuvre, La Différence, Salif Keita s'est associé à la Croix Rouge pour lancer un appel à mieux protéger les albinos de la région des Grands Lacs, tués par dizaines ces dernières années pour alimenter un trafic lucratif lié à des pratiques de sorciers.
« Nous disons aux gouvernements qu'ils n'en font pas assez » pour mettre fin à ces crimes, a déclaré Matthias Schmale, sous-secrétaire général de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge. « Il faut entre autres déférer en justice les auteurs de ces crimes », a-t-il indiqué à l'AFP lors de la présentation d'un rapport de sa Fédération sur le sujet.
Au moins 56 albinos ont été tués et démembrés au cours des deux dernières années en Tanzanie et au Burundi, et des parties de leur corps vendues pour des milliers de dollars à des sorciers qui confectionnent des grigris prétendument miraculeux. Le rapport bénéficie du soutien de la fondation Salif Keita, lui-même albinos et militant des droits de l'homme.
« Salif a 60 ans et cela en fait sans doute un des plus vieux albinos du continent », a estimé son frère Mamadou Keita. « Les autres ont été tués à la naissance, assassinés, ou bien ils sont morts d'un cancer de la peau parce qu'ils étaient mal protégés, qu'ils n'avaient pas accès à un traitement ou qu'ils étaient marginalisés », a ajouté Mamadou Keita à l'AFP.
Si plusieurs meurtriers d'albinos ont été condamnés récemment tant au Burundi qu'en Tanzanie, raconte l'AFP, le mystère demeure sur l'identité des clients pour qui travaillent les sorciers à l'origine de ces assassinats.
« Nous avons des preuves selon lesquelles cette question est étouffée, et c'est quelque chose que nous devons demander aux gouvernements » de la région, a relevé Matthias Schmale. « Le terrible malheur des gens albinos dans cette partie de l'Afrique est qu'en cette période de crise économique mondiale, ils sont les proies de tueurs à gages qui tirent profit de leur meurtre », relève le rapport de la Fédération.
Les albinos souffrent d'une maladie génétique caractérisée par une absence de pigmentation de la peau, des poils, des cheveux et des yeux. Ils sont victimes de discriminations dans de nombreuses régions d'Afrique.
Stephen Layton a été nommé à la direction artistique du City of London Sinfonia. Il sera également chef principal de la phalange britannique, tout comme son compatriote Michael Collins.
Le parcours de Layton étant assez similaire à celui du charismatique Richard Hickox, fondateur de l'orchestre disparu le 23 novembre dernier à 60 ans, ce choix a été salué par le milieu de la musique classique outre-manche.
Spécialiste de l'orgue au King's College de Cambridge tout comme Hickox, Stephen Layton a lui aussi toujours été impliqué dans la direction de chorales et de chœurs, notamment comme directeur de l'ensemble Polyphony et des Holst Singers.
« Le City of London Sinfonia fut un médium fabuleux pour les découvertes vocale de Richard et j'espère pouvoir poursuivre dans cette direction, a déclaré Layton. « Il est logique de les fusionner d'une certaine manière avec le Trinity College, Cambridge, Polyphony et les Holst Singers lorsque cela sera approprié… C'est la plus extraordinaire opportunité pour nous d'explorer de nouveaux projets tous ensemble et, pour moi personnellement, pour développer et construire le répertoire de l'orchestre ».
Connu comme un clarinettiste soliste d'exception, Michael Collins a développé sa réputation de chef tout au long de l'actuelle décennie. « Je suis très excité par cette nomination au City of London Sinfonia », a-t-il déclaré. « Par le passé, j'ai déjà travaillé, à de nombreuses reprises, avec cette formation en tant que soliste. J'ai hâte de continuer mais aussi de compléter les plans de Stephen avec cet orchestre comme de développer mes idées au niveau du répertoire et des programmes ».
Le City of London Sinfonia a été créé par Richard Hickox en 1971 et se produit plus de cent fois par an. Le site officiel du City of London Sinfonia Le site officiel de Stephen Layton Le site officiel de Michael Collins
Du 28 novembre au 14 décembre, Ibériades est un festival de musiques espagnoles organisé par le Colegio de España, l'une des quarante maisons de la Cité internationale universitaire de Paris. Ce Colegio de España a pour mission de faire le lien entre l'Espagne et la France par les arts, la culture et les sciences et offre ici au public parisien une série de concerts gratuits à l'occasion du centenaire de la disparition du célèbre compositeur espagnol Isaac Albéniz.
Parmi les participants à Ibériades, des noms aussi prestigieux et incontournables que ceux de Teresa Berganza et Aldo Ciccolini, musiciens aux carrières internationales brillantes et affirmées, mais aussi de jeunes et prometteurs talents venus des quatre coins du monde pour interpréter cette musique universelle.
Parmi les temps forts, à noter, le 28 novembre, cinq concerts gratuits à la Maison de Radio France seront dédiés aux Espagnols de Paris. L'occasion de redécouvrir des compositeurs ibériques peu ou mal connus : Granados, Falla, Turina, Nin, Rodrigo, Mompou, Guridi, Infante, Obradors, Cassado...
Le 29 novembre commémorera donc le grand Isaac Albéniz par quatre concerts gratuits. 2009 célèbre le centenaire de la disparition du grand compositeur ibérique qui lui même n'a eu de cesse de faire « disparaître » musicalement les frontières entre ces deux pays.
Le 30 novembre, des concerts seront organisés pour les scolaires sur le thème de la guitare.
Les 7, 8 et 9 décembre est organisée une masterclass sur la musique espagnole et sud-américaine au Colegio de Espana.
Le 14 décembre grand concert gratuit à l'Unesco pour un hommage à la mélodie espagnole et sud-américaine. Une soirée de prestige qui proposera un parcours allant du Tage au Rio de la Plata au son de mélodies éternelles chantées par la célèbre mezzo-soprano espagnole Teresa Berganza et Jorge Chaminé, le plus ibérique des barytons par ailleurs directeur artistique de la manifestation. Concert qui sera également un hommage à la chanteuse Mercedes Sosa, disparue récemment.
Résidence pour chercheurs, professeurs et artistes espagnols, le Colegio de España (institution du Gouvernement espagnol dépendant du Ministère de l'Education) se situe à la Cité internationale universitaire de Paris.
Joann Sfar, vedette de la « nouvelle BD française » auteur notamment de l'excellent Chat du rabbin, s'est attaqué à la biographie filmée d'un monument de la chanson française : Serge Gainsbourg.
Un film au casting de rêve, à mi-chemin entre biographie pure et imaginaire. Intitulé Gainsbourg, vie héroïque, il retrace le parcours du chanteur, depuis le jeune Lucien Ginsburg dans le Paris occupé des années 40, jusqu'au poète, compositeur et chanteur célébré dans le monde entier.
Le film de Sfar explore d'une part l'itinéraire artistique du jeune homme épris de peinture jusqu'à la consécration de sa musique ; et d'autre part la complexité de sa vie adulte à travers ses amours tumultueuses.
La musique tient bien évidemment une place prépondérante dans le film, ce sont les acteurs du film qui interprètent les titres de Gainsbourg, tous les titres ont été réarrangés. La composition et les arrangements sont signés Olivier Daviaud (Olivia Ruiz, Bénabar, Dionysos…).
Disponible sur Qobuz le 21 décembre, la bande originale allie chansons originales, instrumentaux et intermèdes musicaux sur lesquels on pourra entendre des extraits de dialogue du film. D'autres artistes qui n'apparaissent pas forcément dans le film participent eux aussi à la BOF : Dionysos, Katerine, Emily Loizeau, Jeanne Cherhal, Gonzales, Serge Teyssot Gay ou bien encore Nosfell.
Côté casting, Gainsbourg, vie héroïque est interprété par Eric Elmosnino (Serge Gainsbourg), Lucie Gordon (Jane Birkin), Laetitia Casta (Brigitte Bardot), Anna Mouglalis (Juliette Greco), Sara Forestier (France Gall), Mylène Jampanoï (Bambou) et Philippe Katerine (Boris Vian).
La bande-annonce de Gainsbourg, vie héroïque :
Le site officiel de Gainsbourg, vie héroïque
Les 21 et 22 décembre, la saxophoniste Géraldine Laurent se produira à Paris, au Sunside. Quelques jours plus tôt, le 5 décembre, la Niortaise sera l'une des nombreuses invités du concert de l'organiste Rhoda Scott à Paris au Trianon.
A force de répéter qu'elle est l'un des secrets les mieux gardés du jazz hexagonal, Géraldine Laurent va finir par exploser hors la jazzosphère… Elle qui avait décroché une Victoire du Jazz dans la catégorie Révélation instrumentale… Cette fougue, ce son et cette inspiration dans les errances, la saxophoniste ne cesse de la trainer où qu'elle s'aventure. Même dans une fausse nonchalance, elle capte les ouïes dès les premières notes. Son superbe album Time Out Trio fut l'un des meilleurs opus jazz de l'année 2007.
Marcher dans les traces, certes géantissimes, laissées par les John Coltrane, Wayne Shorter et autres Sonny Rollins ne lui fait pas peur et c'est sans complexe qu'elle a toujours projeté son art vers l'avant, sans se poser de question. Pour ces deux concerts parisiens, Géraldine Laurent sera entourée de Pierre de Bethmann au piano, Yoni Zelnik à la contrebasse et Franck Agulhon à la batterie.
Pavel Šporcl se produira à trois reprise en France avant Noël. Tout d'abord les 25 et 26 novembre à la Salle Pleyel avec l'Orchestre de Paris dirigé par Ilan Volkov pour y interpréter L'Enfant du violoneux de Janácek. A noter qu'Aldo Ciccolini sera de la partie ces deux soirs là pour le Concerto pour piano n°4 de Saint-Saëns. Le 11 décembre, le virtuose tchèque jouera le Concerto pour violon et orchestre en la mineur opus 53 de Dvořák avec l'Orchestre lyrique de région Avignon Provence dirigé par Jonathan Schiffman au Palais des Papes d'Avignon.
Né en République Tchèque en 1973, Pavel Šporcl étudie le violon à l'académie de musique et des arts de Prague auprès de Vaclav Snitil. A l'âge de quinze ans, il entre à la fameuse Julliard School de New York et travaille auprès de feu Dorothy DeLay, Itzhak Perlman et Eduard Schneider.
Star tchèque au violon bleu qui n'hésite pas à donner ses concerts avec un foulard bleu noué autour de la tête, à la pirate, vêtu de jeans ou de pantalons en cuir noir, Šporcl est lauréat de plusieurs concours internationaux dont l'ARD de Munich, la Music Session World Tour Competition de Hollande et l'International Prague Spring Competition. En 1996, il a reçu le Prix Martinu. Et l'année suivante, il fait ses débuts en France lors du Midem.
Pavel Šporcl a enregistré chez Supraphon des œuvres, entre autres, de Smetana, Dvorak, Janacek et Martinu, enregistrements qui ont reçu plusieurs récompenses. En 2008, il a publié les Quatre saisons de Vivaldi ainsi qu'un album baptisé Gipsy Way. Le site officiel de Pavel Šporcl
Beethoven, au moins autant que Mozart, est un compositeur mythe, et ce mythe est né de son vivant. Qu'il fût connu ou méconnu, il était déjà le Génie, personnage surhumain à mi-chemin entre l'artiste et la Divinité. Par la suite, il fut récupéré par le nationalisme allemand, mais la mythologie universaliste issue des Lumières en fit aussi son héros. Toutes les avant-gardes musicales, de Wagner à Stockhausen et Boulez, se réclamèrent de lui, mais il cautionna bien involontairement la tradition académique.
Ce n'est pas seulement en musique qu'il est considéré comme une référence : Beethoven est aussi un modèle humain. On voit en lui, dès le XIXe siècle, l'exemple parfait de l'homme luttant contre son Destin, de l'individu moderne affranchi des tutelles politiques et s'imposant au monde, une sorte de conscience indépendante et libre. Il y a bien de l'emphase dans ces représentations de Beethoven en artiste héroïque, voire maudit, tourmenté par des amours sans issue qui ont défrayé la chronique musicale, et la sensibilité moderne n'aime plus trop cette version du mythe, à laquelle Romain Rolland donna une forme littéraire avec son personnage Jean-Christophe, dont la vie est librement inspirée de celle de l'auteur de Fidelio.
Beethoven (« jardin aux betteraves », en flamand !) est né à Bonn le 16 ou le 17 décembre 1770 dans une famille d'origine flamande (d'où la particule van). La mythologie romantique a fait de lui un enfant martyr, brutalisé par son père qui lui imposa une éducation musicale à la baguette. Certes, Johann van Beethoven éleva son fils à la dure, mais pas beaucoup plus que Leopold Mozart.
Dans les deux cas, un père musicien professionnel, constatant les dons de sa progéniture, voulait en faire une sorte de singe savant. Johann van Beethoven, musicien de la cour du prince-archevêque de Cologne, était vraisemblablement un médiocre, alcoolique de surcroît, comme sa propre mère. Il flaira l'aubaine avec son fils si prometteur. Le petit Ludwig quitta l'école à onze ans pour parfaire sa formation musicale et, à l'occasion, remplacer son père. Ce début de carrière un peu triste fut cependant éclairé par les cours de bon niveau dispensés par Christian Neefe dès 1779 et par la présence amicale de la famille von Breuning, des aristocrates viennois installées à Bonn, à qui il dut son premier séjour dans la capitale autrichienne, en 1787.
À Vienne, où il ne reste que deux semaines, le mythe le fait jouer devant Mozart qui aurait prophétisé que ce garçon ferait parler de lui. L'anecdote est controuvée mais montre bien que, dans l'imaginaire musical romantique, Beethoven était considéré comme le continuateur de son aîné. Il retournera à Vienne, définitivement cette fois, en 1792, et très vite sera lancé dans les salons aristocratiques de la capitale. Au pauvre enfant de Bonn fait place un musicien de salon, brillant improvisateur, fulgurant virtuose un peu rebelle, qui effarouchera le vieux Haydn qui lui donnait des cours de composition. Un musicien indépendant aussi, dont le statut n'est plus celui d'un laquais et qui parlera d'égal à égal avec les plus grands aristocrates de l'Empire, les princes Lichnowski, Lobkowitz et plus tard l'archiduc Rodolphe, fils de l'empereur François II, son élève et ami.
Dans les compositions de cette époque se distinguent déjà quel ques
traits typiquement beethovéniens : le goût pour les vigoureux contrastes, les cellules rythmiques fortement marquées, les cellules thématiques cursives. Mais aussi un charme (viennois ?) très prenant.
Un musicologue allemand du XIXe siècle, Wilhelm von Lenz, a distingué trois manières dans la carrière du compositeur. Jusqu'à
la fin du XVIIIe siècle, nous sommes dans la première, mais il est
réducteur de parler d'une manière unique à laquelle se ramèneraient
les œuvres de cette époque. Certaines sont relativement banales et bien de leur temps. D'autres d'un style nouveau. Des Trois Trios
pour piano, violon et violoncelle op. 1, le dernier présente toute la
matière (et la manière) beethovénienne. Une œuvre de vastes
dimensions comme le Concerto pour piano n° 1 (en fait le
deuxième composé) rompt en douceur avec tout ce que l'on
connaissait alors du concerto de clavier. Les onze premières sonates
pour piano ne doivent presque plus rien à Haydn ou Mozart et les Six Quatuors op. 18, pour l'essentiel, rompent avec l'esprit et la lettre de tous les quatuors antérieurs, tout comme les Sonates pour piano et violoncelle op. 5. Même la Symphonie n° 1 est bien
plus novatrice qu'on ne le dit.
Un art foudroyant
On ne doit pas en conclure, comme on l'a souvent fait, que Beethoven ait été un démiurge imposant au monde une musique totalement nouvelle. Si cette nouveauté est bien réelle, elle tombait dans un terreau capable de l'apprécier. Le romantisme a trop souvent considéré que la nouveauté était a priori maudite et mal reçue. Or le jeune Beethoven ne fut en rien un artiste maudit. On le discuta parfois, mais dans l'ensemble la réception fut bonne. Comme l'a montré la musicologue Tia DeNora dans un livre fondamental (1), les classes aristocratiques autrichiennes, dont le pouvoir politique était diminué, ont récupéré une part de légitimité en promouvant le génie de Beethoven qui s'imposait comme l'homme de la situation, après la mort prématurée de Mozart et la demi-retraite de Haydn.
La « deuxième manière » débute à peu près avec le nouveau siècle. Elle est surtout marquée par une puissante individualisation des œuvres, un phénomène qui intéresse les symphonies (les n° 2 à n° 8 appartiennent à ce deuxième style) ainsi que les Concertos pour piano n° 3 à n° 5, le Concerto pour violon et le Triple Concerto, les Sonates pour piano n° 12 à n° 27, les Sonates pour piano et violon n° 6 à n° 10, les Trios n° 5 et n° 6, les Quatuors n° 7 à n° 11, les deux versions de l'opéra Léonore, ultérieurement remanié et redonné sous le titre de Fidelio, etc. Le public de l'époque n'a pu qu'être surpris par cette musique au dynamisme foudroyant, aux bouleversants mouvements lents, aux développements surdimensionnés, mais surtout par l'art de la composition, qui permet au compositeur d'organiser son discours avec logique et sens de l'économie et de tirer les plus puissants effets d'éléments très simples (la cellule de quatre notes sur laquelle se fonde la Cinquième Symphonie, par exemple).
Dans chaque domaine, chaque œuvre a un visage singulier. On ne peut comparer les Quatuors n° 7 et n° 8, les Sonates « Waldstein » et « Appassionata », les Symphonies « Héroïque » et « Pastorale ». Dans chaque œuvre, chaque mouvement, le climat affectif est particulièrement caractérisé. Au cours de cette période, l'écriture instrumentale se libère de toute convention antérieure. Elle est de plus en plus originale, accumulant les particularités rythmi ues et les tensions harmoniques.
C'est à cette époque que Beethoven commence à se rendre compte qu'il souffre de problèmes auditifs. Cet élément biographique a été monté en épingle, car il ajoute une touche fatale à la carrière du génie créateur. On ne saurait en minimiser l'importance. La surdité de Beethoven renforça un caractère souvent asocial et ombrageux, gâta ses relations avec autrui, favorisant le repli sur soi. À la fin de sa vie, elle était devenue totale. Eut-elle des conséquences sur son art ? C'est probable. Incapable d'écouter ses propres œuvres, de les diriger, de jouer en mesure avec d'autres instrumentistes, il était réduit (si l'on peut dire) à une audition intérieure qui lui faisait parfois outrepasser les limites connues des possibilités instrumentales ou imaginer des effets sonores « inouïs ».
Tant de nouveautés ne sauraient en principe passer sans mal. On est pourtant étonné de la ferveur qui entourait encore Beethoven.
Les paysages de l'âme
Mais l'indépendance a un prix. La situation professionnelle et financière de Beethoven n'est pas stabilisée. À plusieurs reprises, il recherche un emploi de maître de chapelle, mais aucun de ces projets ne se réalise. En 1809, l'archiduc Rodolphe et les princes Lobkowitz et Kinsky s'engagent par contrat à lui verser une rente s'il reste à Vienne. Mais les difficultés financières nées de l'occupation de la capitale par les Français (le florin est dévalué de 80%) rendent sa situation précaire. Les chefs-d'œuvre se raréfient progressivement. Après le Concerto pour piano n° 5 « L'Empereur » et le Quatuor n°10 en 1809, le Trio « à l'Archiduc » et le Quatuor n° 11 en 1810, la musique de scène pour Egmont de Goethe en 1811, les Symphonies n° 7 et n° 8 en 1812, Beethoven entre dans une période de relative sécheresse de plusieurs années d'où n'émergent que le cycle de lieder À la bien-aimée lointaine, les Sonates pour piano n° 27 et n° 28, les deux Sonates pour piano et violoncelle op. 102.
Cette période est marquée par de graves drames familiaux. À la mort de son frère, Beethoven prend en charge l'éducation de son neveu Karl, qu'il entend soustraire à l'influence – et même à la présence – de sa mère. S'ensuivent des procès sans fin où le compositeur n'a pas toujours le beau rôle. Plus tard, Karl tentera de se suicider. Cette ténébreuse affaire aura sans doute eu un impact négatif sur sa créativité, mais plus généralement on le sent passé de mode. Une nouvelle société fait fête à Rossini et, dans l'atmosphère de dictature politique et religieuse qui suit le Congrès de Vienne, on honore Beethoven, on lui commande des pages de circonstance (Les Ruines d'Athènes, Le Roi Étienne), mais il semble hors jeu.
Replié sur soi, muré dans sa surdité, il crée ses œuvres les plus fortes, qui définissent la « troisième manière » : les dernières Sonates pour piano n° 29 à n° 32, composées entre 1818 et 1822, dont chacune invente une forme nouvelle et crée des paysages de l'âme d'un romantisme tout intérieur ; les Variations Diabelli où, à partir d'une petite valse, se déploient son intarissable imagination et sa science. Couronnement de toute sa carrière, la Missa solemnis et la Neuvième Symphonie sont un double monument à l'humanité. Après quoi, les six derniers Quatuors (1823-1826) nous montrent un compositeur peu soucieux de plaire à qui que ce soit, seulement tourné vers l'expression mais aussi la rigueur d'écriture.
En décembre 1826, il contracte un refroidissement qui évoluera en pneumonie. On dit qu'au moment de sa mort, le 26 mars 1827, un coup de tonnerre éclata et qu'il aurait dressé le poing vers le ciel. Mais on dit tant de choses…◆
(1) Beethoven et la construction du génie. Fayard, « Les chemins de la musique », 1998
LUDWIG VAN BEETHOVEN
1770
Naissance à Bonn (le 16 ou le 17 décembre)
1787
Séjour à Vienne
1792
Installation définitive à Vienne
1800
Premiers symptômes de surdité
1808
Création des Cinquième et Sixième Symphonies
1814
Fidelio, version définitive de Léonore
1824
Création de la Missa solemnis et de la Neuvième Symphonie
1827
Mort à Vienne
BEETHOVEN
en 5 disques
■ Les symphonies
Chamber Orchestra of Europe, dir. Nikolaus Harnoncourt
5 CD Teldec / Warner

Alliant dynamisme, fraîcheur et intelligence, la relecture des symphonies de Beethoven par Harnoncourt dans les années 1990 fit l'effet d'un tremblement de terre. Une mise en œuvre magistrale des principes « baroques » sur instruments modernes.
■ Les concertos
Tonhalle de Zurich, dir. David Zinman,
Arte Nova / Sony-BMG

Disponible en volumes séparés, cette intégrale des concertos est l'une des meilleures versions modernes, à la fois acérée, lumineuse et respectueuse de la tradition. Et la brochette de solistes est la plus belle qui soit – Yefim Bronfman, Christian Tetzlaff, Truls Mörk, Gil Shaham…
■ Les sonates
Stephen Kovacevich
9 CD EMI
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Disponible en LossLess
C'est avec Stephen Kovacevich qu'il faut parcourir ces 32 sonates pour piano : aucune n'est ratée ni même médiocre, la plupart sont inoubliables, qu'elles expriment la violence ou le recueillement.
■ Les quatuors
Quatuor Alban Berg
7 CD EMI
Écouter et téléchargerDisponible en LossLess
Clarté, intensité, expressivité, sens aigu de l'architecture : le Quatuor Alban Berg réussit la parfaite quadrature du cercle dans cet Himalaya de la production beethovénienne.
■ Fidelio
Otto Klemperer
2 CD EMI
Écouter et télécharger
Disponible en LossLess
L'ampleur et la monumentalité de la direction de Klemperer font de cette version de Fidelio la plus romantique jamais enregistrée. Et le drame est vécu avec intériorité et véhémence par les voix de Christa Ludwig, Jon Vickers, Walter Berry.
Samedi 12 décembre, deux maîtres de la musique indienne se retrouveront sur la scène de la Salle Pleyel : Pandit Shivkumar Sharma et Ustad Zakir Hussain.
Formés dans la grande tradition classique de la musique hindoustanie, celle qui irrigue l'essentielle de la création de l'Inde du Nord, Shivkumar Sharma et Zakir Hussain auront chacun su imposer leur différence de style, à commencer par leurs instruments respectifs.
Le premier demeure le maître absolu du santour, instrument à cordes de la famille du dulcimer qui fut longtemps confiné aux folklores de la vallée du Cachemire, où Sharma est né en 1938. Ainsi, il entrera à la fin des années 60 dans le grand concert mondial - et par ricochet dans le cercle restreint des Pandit – grâce à l'album Call Of The Valley, avec le flûtiste Hariprasad Chaurasia, autre iconoclaste avec lequel il ne cessera dès lors de créer.
Depuis, cet homme au sourire bienveillant et aux doigtés véloces a triomphé sur toute la planète, sans jamais oublier les principes essentiels de l'Inde millénaire. Pour preuve, à sa suite, il a formé son fils Rahul avec lequel il se produit régulièrement en des duos tout de cordes sensibles ou plus agiles.
Quant à Zakir Hussain, dans le droit héritage de son père, l'illustre percussionniste Alla Rakha, il aura donné aux tablas, pulsation fondamentale de la musique indienne, un rôle de soliste à part entière. Depuis plus de trente ans, il a signé des disques sous son nom qui font référence, dont l'emblématique Making Music sur ECM ou le triptyque du collectif Shakti.
Autant de signes d'ouverture aux autres, de fusions des styles qui auront pour conséquence une totale rénovation des tablas, mais qui ne doivent pas faire oublier que le virtuose a tout autant enregistré avec les meilleurs maîtres indiens, cette fois en position d'accompagnateur zélé et dévoué.








