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Je viens de réaliser qu’aujourd’hui c’est la dernière fois que je fête des quarante quelque chose. Du coup, outre le traditionnel repas familial des anniversaires de novembre (toute petite famille mais gros embouteillage en cette période) qui aura lieu la semaine prochaine, je vous inviterais bien pour goûter ce dimanche. (Ceux qui n’ont pas mon adresse et voudraient venir n’ont qu’à me la demander par là.)
Donc, voilà, dimanche aprème je serai chez moi ; vous sonnez, vous montez et on fête ça. Hop là.
Je profite du vague filet de connexion 3G pour publier cette sélection mensuelle.
Je ne vais pas vous occuper beaucoup la bande passante, seules deux photos ont à mes yeux acquis le droit de publication ! Il faut dire que l’essentiel de mes prises de vues concernaient Paris-Web et Paris-Carnet et qu’elles n’ont pas grand intérêt si ce n’est d’y reconnaître Truc ou Bidule.
Du coup je les affiche toutes les deux en taille moyenne.
Note : vous pouvez voir les photos en plus grand et en « diaporama » en cliquant sur l’une d’entre elles puis en passant à la suivante ou à la précédente à l’aide des flèches du clavier ou des touches P (précédente) ou S (suivante) ou encore en cliquant sur les flèches visibles au survol de l’image.
Ce mois-ci :
- Conservées : 72 (39 recadrées ; 57 retouchées)
- Sélectionnées : 6 (dont 4 portraits)
Ingrédients :
- 4 cuisses de canard de grande qualité
- de la graisse d’oie de bon faiseur
- de l’huile d’olive
- 12 belles pommes de terres du marché bio
- 500g de girolles fraîches du même marché
- 3 gousses d’ail
- 1 belle salade
- 1 botte de persil
- sel et poivre
Réalisation :
Restez au lit à faire des câlins jusqu’à environ une heure avant l’arrivée des invités. Courez au marché acheter ce qui manque dans la liste de courses susdite. Rentrez chez vous. Bloguez.
Après le providentiel coup de fil de vos invités annonçant leur possible retard, respirez, bloguez.
À l’heure où vos invités auraient dû être là, commencez la préparation du repas : faites la vaisselle de la veille (votre fils avait invité toute sa bande de potes et comate encore sous sa couette), puis pelez et découpez les pommes de terre en carrés. Ça laisse tout juste le temps à vos invités d’arriver chez vous.
Faites une pause dans la préparation. On n’est pas des chiens, l’accueil c’est très important pour vous. Faites en sorte que vos invités se sentent à l’aise. Par exemple, donnez-leur des pistaches dans un bol et un épluche-légumes. Il seront ravis de peler et presser les gousses d’ail (ça parfume les mains – et les pistaches – agréablement) ou de laver et essorer la salade. Ils sauront ainsi que vous ne les considérez pas comme de lointaines connaissances mais bel et bien comme des amis, des vrais.
Entretenez la conversation avec animation, montrez-leur des photos de Paris-Carnet et de Paris-Web où ils sont très beaux pendant que les patates cuisent tranquillement. Tellement tranquillement qu’au moment où vous voyez que vos patates rôties sont en train de virer à la purée informe, vous savez que c’est le moment où jamais de lancer les cuisses de canard (et de faire une ultime tentative de patates sautées en augmentant la puissance du feu sous leur poele). Une fois que la graisse qui les enrobe aura fondu, prenez confiance en vous et tirez les leçons des patates : montez la température au max sous la poele où se trouvent les cuisses de canard et ne vous en occupez plus. Mais alors plus du tout. Ne vous laissez surtout pas distraire par l’odeur de brûlé : sans doute de vielles graisses sous la poele qu’on aura oublié à la vaisselle précédente.
En aucun cas ne surveillez la cuisson, vos amis pourraient croire que vous vous désintéressez de leurs propos.
Quand l’odeur de cramé ne peut plus se laisser ignorer, ôtez la poele du feu. Trouvez une place parmi le bordel qui règne sur la table pour disposer quatre assiettes et des couverts. N’oubliez pas les verres, pour le champagne apporté par vos invités. Apportez la purée les pommes de terres sautées, servez chacun, en posant la face noire des cuisses sur l’assiette.
A ce moment précis, rappelez-vous que vous aviez acheté des girolles. Mine de rien, avec grand naturel, laissez vos amis devant leur assiette en train de refroidir et lancez les girolles. Pas trop longtemps parce que sinon les cuisses seront froides et le brûlé froid c’est plus difficile à manger.
Au bout de deux minutes, déclarez la cuisson des girolles achevée. Mettez-les dans un plat, sans trop les égoutter pour qu’elles baignent dans l’huile, ça les rend plus brillantes. Répartissez la persillade que vos invités ont réalisée sur les patates et les girolles. Lancez un « bon appetit » suffisamment engageant pour que vos convives comprennent qu’il est temps d’avaler le truc, enfin les machins, bref les aliments que vous avez placés dans leurs assiettes.
C’est là que vous savez si ce sont de vrais amis, en identifiant l’un des scénarios suivants :
- scénario 1 : ils se répandent en compliments. Ne les revoyez plus jamais, ce sont des faux-jetons qui diront du mal de vous dans votre dos.
- scénario 2 : ils appellent pizza-hut. Ne les invitez plus chez vous, ils sont incapables de vous soutenir dans vos expériences culinaires, ce sont peut-être de bons copains, mais des amis nenni.
- scénario 3 : “je crois que les girolles ne sont pas assez cuites” est leur seul commentaire, assorti d’un grand rire devant le désastre. Soigneusement ils récupèrent ce qui est à peu près mangeable dans leurs assiettes et reprennent la conversation où elle en était. Ceux-là gardez-les, gardez-les précieusement.
Récompensez-les de leur amitié : en dessert servez-leur un gâteau que vous n’aurez surtout pas fait vous-même.
Cette recette inégalable vous garantit à vie que vos amis, s’ils reviennent, le feront pour vous et non pour de basses raisons stomacales. Ils sont prêts à affronter de nouveau vos cuissons malheureuses ? Ils vous aiment pour vous-même, soyez en sûr !
À François et Eric, qui déjeunaient chez moi dimanche dernier, merci et… pardon !
Petit coup de frais sur le papier peint de cette chaumière. Pas de ravalement de fond en comble mais une touche de plus de ceci ici et une touche de moins de cela là. J’en ai profité pour réactiver ma page de liens, mais autant vous prévenir qu’elle est loin d’être à jour, je garde ça à faire pour les soirées d’hiver.
Les objectifs principaux de ce rafraîchissement étaient de simplifier plus encore la présentation (less is more selon l’expression favorite de l’ami Biou) tout en l’harmonisant sur l’ensemble des pages, de pouvoir intégrer ma chouette nouvelle fonction qui extrait toutes les images d’un billet pour réaliser une petite galerie regroupant les « sélections photos » et de faciliter la compréhension de la navigation aux nouveaux visiteurs. Si vous voyez une truelle qui traîne, prévenez-moi.
Ah et puis prenez donc quelques pistaches et un verre de sauternes, c’est fête aujourd’hui, je suis toute pleine de bonne humeur après les deux journées Paris-Web, une série de conférences passionnantes faites par des gens passionnés. Ces journées étaient organisées de main de maître par une équipe de bénévoles enthousiastes et enjoués, qui ont prouvé qu’il n’est nul besoin de se prendre au sérieux pour faire les choses sérieusement. Plein de gens ont pris plein de photos, même moi, et même qu’elles ne sont pas floues (par contre elles sont bruitées). Elles sont ici, avec toutes les autres prises pendant ces journées.
Holala il en faut des photos dans un mois pour arriver à en sauver quelques-unes !
Note : vous pouvez voir les photos en plus grand et en « diaporama » en cliquant sur l’une d’entre elles puis en passant à la suivante ou à la précédente à l’aide des flèches du clavier ou des touches P (précédente) ou S (suivante) ou encore en cliquant sur les flèches visibles au survol de l’image.
Ce mois-ci :
- Nombre de photos prises : plein !
- Conservées : 48 (18 recadrées ; 31 retouchées)
- Sélectionnées : 8 (dont 2 portraits)
C’était ce week-end anniversaire surprise de Lofirst, camarade blogueur rencontré lors de nos débuts avec Dotclear et ami commun de Garfieldd. Lofirst habite en Ardèche et dès que j’eus confirmé ma venue en compagnie de mon galant j’envisageai puis renonçai à l’idée d’en profiter pour pousser jusqu’au village où j’ai vécu un moment. Les routes d’Ardèche tournicotent à qui mieux-mieux, on en avait au bas mot pour deux heures aller et autant au retour depuis notre hôtel.
Je prévoyais donc bien passer mon dimanche à retrouver les fêtards de la veille pour un pique-nique des reliquats des agapes, rentrer sagement à l’hôtel et faire des tas de trucs déssalant ou déssalés. C’était sans compter l’envie de serrer dans mes bras mon amie potière et aussi celle de montrer au gars qui m’a à la bonne ce drôle de village de doux dingues. Au petit-déjeuner nous décidâmes d’aller y faire un tour. A partir d’Aubenas, le ruban des souvenirs s’enroule et se déroule au fil des virages, tiens la jolie maison est toujours là, ils ont agrandi le jardin, tiens ils ont mis un rond-point à ce carrefour si dangereux, oh mince alors ils ont coupé les beaux châtaigniers qui étaient là… Je refais mentalement le voyage du retour des courses, quand le coffre de l’Ami 8 était plein de provisions destinées à tenir trois semaines loin de tout.
Les Vans. Je reconnais tout, rien n’a vraiment changé. On ne s’y arrête pas et on file sur la route de Villefort. Petit pincement au cœur dans le virage où un ami a projeté savamment sa voiture pour être sûr d’y rester sur le coup. Je regarde le paysage, heureuse de retrouver bientôt Greer, oppressée par ces vallons serrés et profonds, ces terres arides. Je retrouve les sensations de bout du monde, de ces terres belles et hostiles. Je me souviens du jour où j’y ai emmené mes enfants il y a quelques années et d’une ado effarée qui répétéait en boucle « Mais maman, mais qu’est-ce que tu foutais là ? »
On prend le chemin la route qui mène au hameau. Waw, goudronné partout dis donc. Certes la largeur ne permet toujours pas de s’y croiser, mais mazette, on doit bien gagner dix minutes pour faire ces cinq foutus derniers kilomètres qui descendent au village. Ah, les ruines du vieux hameau inhabité sont toujours là, plus en ruines encore. Arrive le seul virage d’où l’on voit Elze au loin. J’ai une pensée fugitive pour la source où nous avons capté l’eau puis enterré un tuyau sur quatre kilomètres, sous la haute vigilance de Marcel. Quatre foyers regroupés pour se donner un vague confort. Les gars à la pioche et à la pelle pendant des mois. Un boulot de titan et Marcel que je voyais revenir les lèvres bleues et qui ne voulait pas laisser les autres faire sa part. Ils en ont inventé des stratagèmes pour l’obliger à se reposer les trois autres : « Va donc chercher à boire, on a trop soif. Va vérifier les plans, on doit pas être au bon endroit. Faut qu’on fasse une pause, je suis trop crevé… » Elle doit être là, un peu plus haut.
Je distingue « ma » maison, la plus haute. Elle me laisse indifférente, je l’ai quittée sans regrets ni dépit. La fin d’un épisode, au bon moment, celui où l’on peut partir sans tristesse ni colère.
L’amie Greer et son compagnon nous accueillent les bras ouverts, aussi émus que moi. Nous avons apporté du pain frais et du fromage : j’ai encore le souvenir des bonnes manières de qui se rend en un lieu éloigné de 45 minutes de la première boulangerie. Ils habitent une autre partie de la maison que celle que Greer occupait lorsque j’étais sa voisine mais il y règne la même chaleur de bric et de broc de bon goût, les petits rideaux de dentelle ; les pots, des tasses, des vases, des théières de « deuxième choix », ceux qu’elle ne pourrait vendre et que j’adore par leurs imperfections ; le poele Godin nouvellement acquis pour chauffer la maison au seul coût de la sueur du ramassage et de la coupe des bois environnants ; les tissus tendus sur les murs les moins jolis, les poutres grossièrement poncées et lavées à la saint-marc ; le plancher inégal aux raccords de carreaux de grès « deuxième choix ».
Les sourires ravis meublent les rares silences, il y a tellement de nouvelles à s’échanger. Greer me parle de gens dont j’ai oublié jusqu’aux noms, de leurs enfants devenus grands. On enchaîne le thé à l’anglaise après le café à l’italienne, le cake après la ratatouille. Je veux lui acheter des pots avant de repartir mais tout est dans la voiture, prêt pour aller les vendre au marché de mardi. Elle file plonger dans un carton, presque au hasard, et me rapporte deux tasses que je n’arrive pas à lui payer. Elle dit les avoir choisies au hasard mais elle sont colorées avec ce rouge qui m’avait fait m’exclamer en le voyant sur un « pot raté » de la maison : le rouge est dur à dompter, elle utilise de l’oxyde de fer, réactions imprévisibles à la cuisson avec son vieux four brinquebalant.
Je voudrais rester encore des heures avec eux, mais je commence à souffrir d’une familière claustrophobie. Ce pays a beau être un lieu de rééducation respiratoire, il m’étouffe : dans le meilleur des cas on voit le flanc de montagne en face qui doit bien se situer à cents ou deux cents mètres à vol d’oiseau. Je m’apprête à donner le signal de départ mais elle propose une promenade. Comment refuser ? Et là c’est le festival, on croise le concentré de ce que j’ai connu il y a bien longtemps : l’eau ne donne pas comme elle le devrait, il va falloir suivre le tuyau dans la montagne pour retrouver où ça cloche, ou voir du côté des containers de décompression s’ils sont tous en bon état ; une camionnette dont les roues sont enlisées dans le fossé qu’on se met tous à pousser tirer pour la sortir de là (en vain, il faudra téléphoner à un paysan d’une autre vallée pour qu’il vienne avec son tracteur) ; la voiture d’une évaporée qui s’est garée en plein milieu du seul endroit où on peut faire demi-tour ; des jeunes en sarouel, jupes longues et dread-locks qui cherchent le lieu de la fête[1], l’air hagard du vingtième joint. Un gars au corps sec et au visage émacié, la cinquantaine grisonnante, s’approche de notre groupe, tombe en arrêt devant moi et me reconnaît en un quart de seconde ; je guette avidement le nom qui sortira de la bouche de mes amis en s’adressant à lui pour ne pas commettre d’impair. Putain, Michel ? Ce gars c’est Michel ? Holalala…
Je regarde la maison de Marcel de loin, pas envie de m’approcher, pas envie d’y voir d’autres que lui. Il ne cessera jamais de me manquer cet idiot.
Le tour du village est fini, nous remontons en voiture non sans s’être promis de se revoir à Paris, très bientôt. J’étais ravie d’y être allée, je suis ravie de rentrer !
Notes
[1] L’un des vingt habitants organisait une « grande fête », ce qui risquait de porter le nombre d’habitants au kilomètre carré à quarante facile.
J’ai mis plusieurs mois (années disent quelques-unes de mes proches) à me rendre compte que je plongeais lentement au fond du trou, jusqu’à ce qu’au milieu de l’année 2008 un toubib me dise stop, madame, vous n’avez pas un coup de mou, vous êtes en dépression.
Quatre mois plus tard, je reprenais le chemin du boulot. Je disais à tous et à chacun « ayé, c’est fini, je vais bien ». Je ramenais autant que possible cette période à une petite parenthèse, disons-le : à un coup de mou. Et de fait, je vais bien. Mais j’ai le sentiment, dès que j’y réfléchis un peu ou dès qu’un grain de sable vient se fourrer dans l’engrenage, que je ne suis pas encore revenue aussi bien qu’avant. Aussi bien qu’avant ? Mais avant quoi, me suis-je demandé ces dernières semaines. C’est curieux comme « pas aussi bien qu’avant » me vient spontanément à l’esprit sans que je puisse situer cet avant.
Met-on aussi longtemps à remonter qu’à plonger ? Si comme l’entendent ces amies j’ai chuté lentement mais sûrement en trois ou quatre ans, me faudra-t-il autant de temps à faire le chemin dans l’autre sens ? Je n’ai que trois repères sur le chemin de ma descente, je ne dis pas que ce sont des faits marquants, dans le sens qu’ils auraient entraîné la chute, voire en seraient la cause, mais ce sont des moments où j’ai bien perçu réellement que je n’arrivais pas à faire face.
En 2005, il y a eu tout d’abord mon désarroi face à la détresse de mon fils, détresse manifeste mais totalement inexprimée, impossible à discuter avec lui, se manifestant par une révolte et une agressivité alternant avec des moments de profond abattement, d’atonie totale. Je ne savais pas en partant le matin dans quel état j’allais le retrouver en rentrant du boulot et parfois j’ai pensé qu’il allait en finir. Ça me hantait, la peur me hantait. Que faire ? Je me sentais si démunie, si inapte à l’aider, si nulle enfin, moi la mère qui assurait un-max-le-cachou-tu-parles. Que faire ? Comment l’aider ? Quelle était ma part de responsabilité et m’acharner à la trouver ne me faisait-il pas perdre un temps, une énergie précieuse à être présente, sur le front ? Au bout de quelque mois de cette vigilance vaine, de nuits jamais complètes, jamais reposantes, une lueur d’espoir est apparue avec le projet de séjour à Bamako pour mon gamin. Il était motivé, quelqu’un là-bas de fiable et de solide était prêt à l’accueillir, à le prendre en charge. Il est parti. Ça a été difficile pour lui. Le voyage était prévu pour trois mois, au bout de la moitié il a voulu rentrer, l’immersion complète en bidonville, la superstition, les rats, il n’en pouvait plus. J’étais moins épuisée, épuisée encore mais moins. J’ai pensé qu’il ne fallait pas qu’il rentre, qu’il ne surmonterait pas un échec de plus et que rentrer avant la fin prévue par lui-même (c’est lui qui avait choisi d’y passer trois mois) l’anéantirait. J’ai parlé souvent et longtemps avec l’homme qui l’accueillait ; nous avons décidé ensemble d’insister, par tranches de deux semaines : tu restes encore un peu, on en reparle, peux-tu tenir deux semaines ou c’est trop insupportable ? De deux semaines en deux semaines, il a tenu. Il était fier en rentrant. Mais de mon côté j’ai dû faire face à de « bonnes âmes » qui désapprouvaient ma décision, me trouvaient cruelle, et (le fin du fin) certains m’ont proposé de le prendre avec eux « puisque tu ne veux pas t’en occuper ». Ma place de mère était invalidée.
Je faisais déjà partie de l’équipe de Dotclear, depuis peu de temps. Hormis le soutien de mes deux plus fidèles amies de la « vraie vie », c’est notamment là, et surtout auprès de Xave et Pep, que j’ai trouvé l’appui le plus constant, le plus présent. Tous les jours (et bien souvent la nuit) ils étaient en ligne, tous les jours ils me confortaient dans ma décision, tous les jours ils savaient m’aider à ne pas trop croire ceux qui me disaient, de fait, que j’étais une bien mauvaise mère. Sur le chat’ aussi, souvent, Zeubeubeu débarquait et me sortait une vanne à la con pour me faire rire et Olivier s’emportait contre les « méchants » avec le sens de la nuance qui le caractérise, c’est que des cons, mets-leur un coup de boule. Quelques semaines après le retour de Meusa, nous nous retrouvions en chair et en os toute l’équipe pour la première fois, autour d’un dîner chaleureux et tendre.
C’est sans doute à la lumière de ce très fort sentiment d’appartenance, de ce il-y-a-une-place-pour-moi, qu’il faut lire l’importance que prit pour moi le deuxième moment où j’ai perdu pied en en étant consciente, en 2007. Si l’on s’en tient aux faits, Dotclear n’est qu’un logiciel, aucune raison que ça bouffe le chou. Et puis quelque temps après la sortie de Dotclear 2, les uns et les autres, pour des raisons qui leur appartiennent, se sont éloignés du projet. Certains sont simplement devenus muets, occupant une sorte de place de membres honoraires, d’autres avaient d’autres chats à fouetter, d’autres des soucis personnels graves. Par manque de motivation ou de temps ou de sérénité, les uns et les autres ne se préoccupaient plus du projet, parfois le considéraient comme un boulet et le disaient avec véhémence. Officiellement, la bande d’amis subsistait, mais son ciment s’effritait.
Je ne décris pas là la réalité, chacun pourrait y apporter son éclairage qui pourrait être très différent du mien. Je parle de ce que j’ai ressenti et uniquement cela.
Bref, il y eut un moment où j’ai eu l’impression d’être la seule suffisamment conne parmi les anciens pour y trouver encore de l’attrait. J’aurais pu me dire que c’était tous des cons ou bien alors qu’ils manquaient de temps ou d’énergie. J’aurais pu aussi me dire que c’était une phase et qu’il fallait laisser du temps au temps, que ça reviendrait (ce qui s’est d’ailleurs produit). Mais non. J’ai juste pensé que j’étais une moins-que-rien, la seule à m’accrocher comme une moule à son rocher à un truc dont tous les autres avaient compris depuis longtemps que c’était inutile. J’ai pensé que ce qui m’accrochait au projet c’était que j’étais désespérément no-life comme disent les djeunz, je me suis sentie pathétique et ridicule. Pitoyable. J’avais honte de moi, vraiment. J’ai démissionné de l’équipe. Je ne me sentais plus capable de tenir l’amitié et ma participation au projet sans que l’un aille à l’encontre de l’autre, parce qu’en tant que contributrice j’avais des exigences inconciliables avec cette phase que traversaient les membres de l’équipe. J’ai choisi l’amitié, j’ai démissionné, proposé qu’on n’en fasse état nulle part, il y avait déjà bien assez de chacals sur le dos de Dotclear. La plupart ont compris mon départ comme ça, pas tous. Je m’en rendais compte, je l’avais même anticipé, mais je n’étais pas capable de rester, même sachant cela. C’était trop destructeur pour moi, ça me renvoyait à trop de solitude, de dévalorisation. Cahin caha, on a colmaté quelques trous, revu un peu la structure organisationnelle pour mieux définir les responsabilités de chacun et le projet ayant repris du poil de la bête les choses ont plus ou moins repris leur cours.
C’est peu après que dans mon entreprise un certain nombre de micro et macro événements m’ont fait pour de bon tomber en carafe. Pour le coup, ces événements-là, s’ils ont certes pris une particulière ampleur par ce qu’ils créaient d’écho à mes fragilités, ont tout de même été le déclencheur net de la mise en panne totale de la machine.
Pourquoi je raconte tout ça ? Parce que je reconnais encore, trop souvent, des « ondes de propagation » des phénomènes paroxystiques ci-dessus dans mes réactions à telle ou telle circonstance intervenant dans ma vie. J’ai l’impression de devoir me battre contre moi-même pour ajuster les choses à leur due proportion, à leur vraie grandeur. Et que j’y parviens difficilement.
Je pense de plus en plus souvent qu’il va me falloir retrouver le chemin d’un divan, un autre, les sentiers sont trop balisés avec la dame du mardi d’autrefois. Je recule encore un peu. Pas envie de relancer la machine à creuser. Mais je ne suis pas sûre d’avoir un autre choix pour me convaincre que j’ai une place quelque part.
Des sourires qui vont (presque tous) jusqu’aux yeux, des sourires joyeux et des sourires un peu tristes, des sourires tendres et des sourires qui attendrissent. Des qu’on est contente de retrouver à chaque fois. Des qu’on n’a pas vus depuis longtemps, alors que deviens-tu ? Des photos, plein, avec ou sans flash ; celui-ci teste son nouveau « caillou », celui-là en a reçu un lui aussi, direct from States. Des qui s’asseyent, des qui repartent, des qui au bar, des qui sur le trottoir et la clope.
Celle-là, tiens, ça doit être la première fois depuis deeeees mois (années ?) qu’on échange autre chose qu’un chaleureux regard. Celui-ci me fait un massage impromptu, miam, mon dos en est encore tout reconnaissant. Celui-là drague, celui-là attend son heure, celle-là est venue rejoindre son amant avec des pâtisseries orientales. Des tables se constituent, se désagrègent, s’entre-mêlent et se refont. J’avoue pour ma part avoir surtout joué la douairière et attendu que les petits enfants viennent à moi, hors pause bar et clope. Le mojito est en passe de devenir ma boisson rituelle à Paris-Carnet (et ma dose d’alcool mensuelle), comme devient rituel le traditionnel tartare que je commande, affamée. Devrais-je pousser le fétichisme jusqu’à m’habiller chaque mois de la même façon ?
A propos de fétichisme, il y a des blogueurs bizarres. Un petit nouveau nous déclare hésiter à rendre public son blog consacré à Olivier Minne. J’espère qu’au moins il mettrait un warning, je n’aimerais pas que mes enfants tombent là-dessus par hasard.
Je reçois des messages de la part des papa-maman de la belle brune, on me donne un message à transmettre à ma fifille.
Je fais des photos, je les rate toutes. Dommage, si elles n’étaient moult floues, il y a deux ou trois postures que j’ai captées au bon moment. J’emprunte le nouveau jouet du gars qui m’a à la bonne : je crois avoir appuyé sur le déclencheur quand j’ai en fait éteint l’appareil… Tanpis, ça sera pour le prochain.
De temps à autre je publierai ici les photos dont je suis le plus contente (à l’exception des portraits, sauf autorisation), si possible une fois par mois. Je placerai en premier et en plus grand ma favorite. Ici la macro d’une rose issue d’un joli bouquet offert par Bilibul. Je suis vachement contente de celle-là parce qu’elle n’a nécessité ni recadrage ni retouche.
Note : vous pouvez voir les photos en plus grand et en « diaporama » en cliquant sur l’une d’entre elles puis en passant à la suivante ou à la précédente à l’aide des flèches du clavier ou des touches P (précédente) ou S (suivante) ou encore en cliquant sur les flèches visibles au survol de l’image.
Ce mois-ci :
- Nombre de photos prises : 141
- Conservées : 53 (36 recadrées ; 31 retouchées)
- Sélectionnées : 11 (dont 5 portraits)
Demain dimanche, nous serons au Parc Floral Montsouris[1] toute la journée. Si vous voulez nous rejoindre pour boire un café, pique-niquer ou simplement dire bonjour, voyez du côté des pelouses pas trop loin de l’aire de jeux. Mon numéro de portable n’a pas changé, si vous ne l’avez pas vous pouvez me le demander par mail.
Nota bene pour initiés. – À cœur vaillant…
Notes
[1] Réajustement pour rejoindre un autre pique-nique déjà programmé
J’ai un appareil photo. Un gars qui m’a à la bonne m’a prêté son ancien appareil depuis qu’il s’est offert un nouveau jouet de la morkitu. J’avais bien dû faire sept ou huit photos entre le Polaroïd de ma dernière colonie de vacances et cet appareil, que j’approche avec circonspection. « Tu ne sauras jamais rien faire de bien avec », sussure mon petto têtu. Un ami il y a quelques mois m’avait de la même façon prêté un appareil, qui resta sagement rangé dans son étui à l’exception d’une prise que j’effaçai aussitôt, dépitée du rendu absolument sans intérêt.
Mais cet été j’en ai fait une petite centaine. Elles ne sont franchement pas terribles, mais je m’accroche. Je m’accroche parce que j’ai auprès de moi un petit grand garçon courageux qui, guidé et encouragé par son papa, se lance depuis deux semaines à apprendre des tas de choses qu’il ne s’était pas autorisées jusque là. Couper sa viande dans son assiette, nager là où on n’a pas pied, nouer ses lacets lui-même, jouer l’humour en lieu et place de la bébéfication dont il usait auparavant pour réclamer quoi que ce soit. Et puis même, fort sans doute de ses nouveaux succès, il m’a dit hier qu’il retenterait bien le « jeu du métro », malgré la peur récemment instillée par une personne de confiance de son entourage qui lui a dit qu’il risquait de se faire enlever entre deux stations, la même qui disait de lui qu’il ne saurait jamais nager. Qui sait, l’envie brûlante qui brille dans ses yeux en voyant les poneys passer au jardin du Luxembourg lui donnera peut-être la force de braver le risque de chute (mortelle, forcément mortelle bien entendu) ?
Bien sûr ça ne va pas tout droit ces chemins-là. Parfois il se décourage devant un lacet réticent et se met à chouiner pour qu’on les lui noue. Parfois il frotte ses yeux d’un air dolent pour qu’on lui fasse ce qu’il sait faire. Mais un pas en arrière n’annihile pas le chemin des trois pas en avant. Lorsqu’il renonce désormais c’est parce qu’il n’a pas envie de faire, pas parce qu’il ne s’en sent pas capable.
Je crois que ça s’appelle une grande victoire et son papa peut légitimement être fier de lui, d’eux.
En l’honneur du courage de Mini-Papillon, voilà même une photo de mon stock, qui servira de témoin-repère que les Shadocks ont bien raison : « Plus on rate, plus on a de chances de réussir. »
Il y a six ans, le 13 août 2003, le petit Olivier Meunier entra dans le magasin de jouets de son quartier en vue d’acheter un seau et une pelle pour aller faire des pâtés de sable. Las, le marchand avait déjà vendu tout son stock et le petit Vivi s’en trouva fort marri mais ne renonça pas à s’amuser. Disposant harmonieusement sur les rives du web quelques pelletées de code joliment moulé dans des fichiers en alliage php-html il construisit un joli jouet qu’il baptisa Dotclear et invita les enfants de tout âge à venir le partager avec lui.
C’est en souvenir de cette jolie journée que nous fêtons Dotclear chaque 13 août.
Vous pouvez souffler sur les bougies avec nous en laissant un petit message sur le billet d’anniversaire et/ou en adhérant à l’association tout nouvellement créée (tout est expliqué dans le billet) et placée sous la haute et sage présidence de Xave.
Au-delà des aspects pratiques et matériels qui faciliteront la gestion des noms de domaine et autres serveurs ou organisation d’initiatives dotcleariennes, mon côté sentimental n’est pas insensible à l’aspect symbolique qui s’attache à la création de cette association. Au fait, je ne dois pas être la seule à être sentimentale puisque c’est aujourd’hui que Xave a décidé de l’annoncer alors que son existence est officielle depuis plusieurs semaines…
Moui, sauf que le chef, en plus d’être un sentimental, est aussi un tordu (en même temps, c’est de base dans nos critères de recrutement dans l’équipe) et qu’évidemment il a programmé la mise en ligne du billet officiel à 23h59 si bien que pour respecter sa préséance, nous devrons publier nos propres billets à minuit. Donc, à cause de lui on va sembler louper l’anniversaire. Rha !
Ceux qui connaissent l’adage savent qu’il en manque la deuxième partie dans le titre de ce billet : « … quand tout s’agite autour de vous ». Las, ces vacances en Cornouaille ne sauraient l’illustrer tout à fait car il manque à ma douceur l’agitation de mes co-vacanciers.
J’avais pourtant bon espoir. L’un s’enthousiasma à la vue des deux beaux vélos rangés dans la réserve attenante. L’autre écarquilla des yeux ravis à la vue du Guide vert laissé à la disposition des locataires de la charmante maison que nous occupons dans ce village portuaire. Les dégâts considérables du modèle présidentiel se firent jour derechef : tout dans l’effet d’annonce, rien derrière. Les vélos sont restés suspendus à leurs crochets et le Guide vert dans son tiroir. Oh bien sûr ils vous diront qu’il pleut. Piètre excuse : ici les commerçants commercent et les pêcheurs pêchent nonobstant les ondées et crachins ; on a même vu des promeneurs équipés de vêtements imperméables et d’élégants sabots en plastique coloré mais mes deux comparses s’accrochent aux coussins du canapé avec la dernière ferveur. L’activité physique principale – et commune – consiste à se déplacer dans la maison l’ordinateur à bout de bras et le sourcil froncé, le regard rivé sur l’icône Airport, à la recherche du wifi qu’un voisin complaisant aurait laissé ouvert.
À l’heure officielle de la pause post-prandiale, ces hypocrites restent au salon tandis que j’assume fièrement l’appel de la couette. Là encore l’esbrouffe est à l’ordre du jour : quand je redescends les rejoindre après quelques centaines de minutes, l’un est espataré de tout son long et l’autre fait mine de lire, mais leurs yeux à tous deux sont clos.
Et tout cela n’est rien en regard de la paresse intellectuelle qui règne en maîtresse ici. Au premier soir, l’homme du groupe nous annonce que la soirée sera consacrée au visionnage de trois épisodes d‘Urgences qu’il ne s’agirait pas qu’il rate. Allons bon, une soirée télé quand ça frime sur Twitter en se vantant de l’achat de préservatifs… On mesure la réalité de la prétendue vie dissolue des gays célibataires : que de la gueule.
Quant aux prétentions culturelles de notre lectrice du Guide vert, sachez que le vert qu’elle préfère est celui du pré, celui où tous les mardis soir on raconte dans le poste des histoires d’amour entre poules et veaux, assortis de ses commentaires philosophiques (oui oui il paraît que l‘Amour est dans le pré est rien moins que l’illustration d’une fable de Diderot) tels que « rho qu’ils sont mignons » ou « ah voilà ce qu’on gagne à être peste, bien fait pour elle ».
Il faut compter avec le lestage aussi : ces temps gris sont propices à la confection de plats roboratifs et aux expériences culinaires diverses. Le bœuf bourguignon alterne avec la pannacotta, les crêpes avec le pesto, la tapenade avec les charcuteries. Au lieu d’assumer leur flemmardise avec panache, ils cherchent dans l’élaboration de plats réclamant une longue digestion le prétexte à leur indolence.
Il est d’ailleurs temps maintenant que je vous laisse, nous partons au ravitaillement.
La femme n’a pas le pied métropolitain. Elle s’obstine néanmoins à tenter de camper sur ses deux jambes sans se tenir à la barre ni à la poignée de la porte. Elle a posé un cabas de toile plastifiée à l’enseigne d’un magasin citadin à ses pieds, après bien des hésitations toutefois.
Trois ou quatre fois entre les deux premières stations elle a trébuché et s’est cognée à moi, qui suis assise sur un strapontin. Trois ou quatre fois je l’ai aidée à se redresser, ne recueillant qu’une mine pincée en guise de remerciement. L’homme qui se tient debout et s’est écarté prestement à chacun de ses chancèlements échange avec moi un soupir exaspéré.
Le manège recommence à la station d’après. N’y tenant plus il lui demande :
« Mais pourquoi ne vous tenez-vous pas à la barre ?
- Vous avez entendu parler de la grippe A ?, rétorque sèchement Mrs. Culbuto. Non merci ! »
Voilà qui nous laisse sans voix et nous fait sourire de concert.
Glacière. Comme d’habitude, un fort flux montant et descendant. Une place se libère sur le strapontin en face du mien. Mrs. Culbuto se penche pour attraper son cabas rose à fleurs, dans l’intention manifeste de se saisir de la place qui vient de se libérer. Le gars se faufile vivement entre la dame et l’objet de son désir et se vautre tranquillement sur ledit strapontin.
« Oh ! »
Mrs. Grippe-A-No-Pasaran n’a pu retenir un cri de dépit et de réprobation et foudroie mon nouvel ami du regard. Angélique il lui dédie un large sourire :
« Hors de question que je vous laisse vous assoir ! Vous n’imaginez même pas le nombre de virus qui traînent sur les sièges. »
Cette fois c’est la franche rigolade autour de nous. Pour d’obscures raisons, Mrs Mouchée nous quittera à la station suivante.
On doit parfois affronter une image de soi peu en rapport avec celle qu’on en avait jusque là. Dérangeante. Il faut alors savoir accepter cette nouvelle donne, si bouleversante qu’elle soit, et l’intégrer comme une part de soi, un autre morceau du puzzle qui nous compose.
D’aucuns s’imaginent que ce type de confrontation est réservé aux pratiquants du divan et je suis ici bien désolée de leur dire que ça peut vous arriver n’importe quand, n’importe où. Aucune protection n’est 100% efficace, Ne croyez pas non plus ceux qui vous diront que la fidélité (à soi même) en est le seul garant. Ceux qui disent ça ne sont pas dans la vraie vie, celle où la surprise peut arriver par un ami, un voisin ou - et-vie-d’amant - un amoureux.
Le mien adore jouer au Néanderthal des barbecues, tombe en dépression profonde dès que le ciel grisaille vaguement, a les yeux qui tourneboulent dans tous les sens au simple énoncé d’une recette (surtout si elle comporte les mots pignons, amandes, cerneaux de noix, pistaches ou noix de cajou) et passe des heures à chasser dans l’objectif de son doudou-photo de course les couleurs les plus chatoyantes.
Autant de facteurs qui pour ainsi dire auront causé la perte de mon intégrité ou plutôt la découverte de deux nouvelles facettes.
1. J’ai aménagé ma terrasse
Et attention, je ne parle pas là seulement des caillebotis au sol et de la chouette grande table en bois et son grand parasol à manivelle ! Nan nan, j’ai aussi acheté des plantes chez M. Tr*ffaut[1]. Pire, je les ai rempotées, moi même personnellement, avec l’aide de Fûûlion. Dingue. Quelques photos prises par mon photographe personnel avant les rempotages, en attendant les suivantes, dans les beaux pots vernissés.
2. J’ai cui-si-né
Et pas qu’une fois hein ? La première fois, et j’ai des témoins, c’était rougets sur lit de fonds d’artichaut :
ROUGETS SUR FONDS D’ARTICHAUT
Avec le concours de mon ami Pic*ard. Décongeler et couper en tronçons 1 sac de fonds d’artichaut que vous étalerez dans un grand plat allant au four, rincez 1 sac de filets de rougets, répartissez-les sur les artichauts avec la peau en haut. Placez-les à four très chaud 10-15 minutes.
A accompagner avec une sauce relevée, par exemple une sauce chien : 1 jus de citron vert, 1 petit piment, 3 oignons “ciboule” et une tomate pelée débités en tout petit, persil, ciboulette, un poil de gingembre, 1 verre d’eau bouillante, 1 cuillérée à café d’huile d’olive, le tout à laisser quelques heures au frigo après que ça aura refroidi.
Forte de cette première réussite, j’ai enchaîné hier avec des poivrons à la brousse :
POIVRONS FARCIS A LA BROUSSE
Coupez en deux dans le sens de la longueur six gros poivrons rouges (videz les petites merdes à l’intérieur : machins blancs et graines), placez les creux en haut dans un plat allant au four ou la lèche-frites, garnissez avec un mélange de 2 brousses, une grosse poignée de basilic, une petite de ciboulette, 2 gousses d’ail pressées, sel, poivre (ça doit être pas mal avec quelques pignons par dessus aussi ;-)). Au four bien chaud 30-40 minutes.
Pas de photos, on a tout mangé.
Désormais, je m’attends à tout.
Notes
[1] Il faudra d’ailleurs que je vous parle de l’Homme des Bois de l’enseigne, qui a couvé mes premiers achats.
Le 14 juillet, ma chère Samantdi sera à Paris. Nous vous proposons de nous rejoindre pour un pique-nique goûter vers 16 heures au Parc de la Butte du Chapeau-Rouge, près des métros Danube ou Pré-Saint-Gervais. Elle a déjà depuis quelques jours annoncé l’événement et je me fais ici le relais pour inviter tous les blogueurs et blogueuses qui voudront se sustenter pour se remettre des vives émotions que ne manqueront pas de créer le défilé des beaux militaires.
Voici le plan : nous serons à l’endroit pointé par la flèche verte.
Il paraît qu’on se bonifie avec l’âge. C’est évidemment mon cas, mais pas dans tous les domaines, je le crains. Prenons l’exemple de la téléphonie : je viens d’acheter mon troisième téléphone de l’année (qui, je vous le rappelle, n’en est qu’à son mitan). On ne me l’a pas volé, il n’est pas tombé en panne, je n’ai pas saisi une promotion en or, non, non. Je l’ai perdu mercredi soir parce que – je m’en suis souvenue ce matin – en quittant Paris-Carnet je ne l’avais qu’à moitié rangé dans une poche à moitié ouverte de mon sac à dos et les cahots du voyage en scooter ont fait le reste. Bien évidemment j’avais synchronisé mes contacts sur mon ordinateur une première fois et puis… j’ai oublié de le faire régulièrement. J’en ai donc perdu une bonne moitié également.
Ça m’arrive tout le temps : je fais un truc à moitié en me disant que j’y reviendrai plus tard et puis j’oublie. Je lis aussi parfois à moitié (ce qui ne m’empêche pas de répondre derechef, et pas toujours de façon pertinente…). Idem pour les choses à faire : j’entame, je vais jusqu’à la moitié (plus ou moins grosse) et je laisse en plan. Et comme j’oublie la moitié des trucs aussi, eh bien j’oublie de terminer ce qui a été commencé. Souvent ça me fait rire, parfois ça fait rire les copains, pas tous, et parfois ça m’inquiète : suis-je encore capable d’aller jusqu’au bout de quelque chose, ne serait-ce que ranger un téléphone dans une poche de sac à dos ? Est-ce pure négligence ? Flemme ? Sélectivité ? Privilège de nantie ? Suis-je sur la pente qui me conduira à devenir une charmante petite vieille qui perd un peu la boule ?
Enfin quand je dis que ça m’inquiète : à moitié seulement, bien sûr.
En principe, j’évite de parler boulot ici : d’abord je n’ai pas envie qu’on fasse trop facilement le rapprochement[1] et me retrouver avec des lecteurs-collègues autres que mes amis, ensuite c’est mon espace récré ici : quand je quitte les locaux de la Vénérable Entreprise je tâche de ne plus y penser du tout.
Mais je ne résiste pas à relater deux anecdotes, tellement démonstratives à la fois des préjugés qui y règnent et des raisons pour lesquelles parfois je me décourage.
Premier dialogue. La discussion m’est rapportée par le collègue qui est chargé de réfléchir à la mise en place d’un nouveau site (ou refonte d’un existant ça n’est pas tranché). Elle a lieu entre ce collègue et le déssaïdor de qui bosse sur quoi dans le service.
Le collègue : pour l’équipe qui doit travailler sur le nouveau site, j’aimerais bien y adjoindre Mme Kozlika.
Le supérieur : elle me l’a déjà demandé mais ça n’est pas du tout son rayon. Elle s’intéresse aux réseaux sociaux, facebook, les skyblogs, les logiciels libres[2], tout ça ; ça n’a rien à voir avec nous. Par contre une fois le site en place si elle veut répondre aux questions des internautes on en aura besoin. Ou les relectures du rédactionnel. C’est plus proche de ce qu’elle sait faire.
Le collègue : non non, je crois que justement elle n’est pas spécialement branchée sur les réseaux sociaux et qu’elle se débrouille pas mal en sites. D’ailleurs regardez elle a fait un faux site de démo pour nous [lui montre le truc] avec le CMS dont elle s’occupe.
Le supérieur : moui… c’est à peu près ce dont on a besoin, mais… enfin… elle se débrouille ou bien ? N’oubliez pas qu’elle a beaucoup d’amis informaticiens, hein [air on-me-la-fait-pas]. On va plutôt confier ça à un maquettiste [aka ex-monteur papier de l’imprimerie] et après au service informatique.
Fermez le ban.
Second dialogue. Je croise l’une des personnes du service chargé des autres sites web que celui de mon service, qui est traité à part. À l’origine c’est un « maquettiste » (voir plus haut).
Le gars : dis donc, tu as une idée de ce qu’ils recrutent exactement dans ton service ? On m’a proposé d’y venir, je n’ai pas compris pour y faire quoi.
Moi : ah non je n’étais pas au courant du tout qu’ils cherchaient du monde. Possible que ce soit pour aider sur la mise en conformité avec le RGAA suite au décret. Je fais partie du groupe de travail là-dessus et du monde en plus ne serait pas de refus, ya du boulot !
Le gars : oh tu crois ? pour ce truc pour les aveugles, là ?
Moi : euh oui, enfin… sur l’accessibilité en général plutôt.
Le gars : ah oué… bon ben c’est tout vu, ils peuvent aller se faire f***.
Moi : uh ? Mais pourquoi ça ? C’est plutôt motivant je trouve ! D’ailleurs, je viens de faire un stage très intéressant qui…
Le gars : nan mais tu comprends, toi c’est pas pareil mais je suis un technicien moi, ces trucs-là ça m’intéresse pas. T’as vu le document ? 300 pages pour dire faites ceci, faites cela et que des trucs pas intéressants et en plus ils ont pas été foutus de créer une appli qui contrôle ça automatiquement à 100% ; je connais bien, on m’a demandé un bilan sur les sites dont je m’occupe actuellement. Ils rigolent ou quoi ? C’est du travail administratif, chuis pas un gratte-papiers, chuis un technicien (Ad libitum/nauseam, rien pu en tirer d’autre.)
Ça sera samedi prochain, 20 juin, de 10h à 18h au bar Tamm Bara, 7 rue Clisson (Paris 13e, M° Chevaleret). On pourra y manger et y boire, on pourra y rencontrer le nouveau maître-queux de Dotclear et on pourra surtout apporter ses jouets (ordinateur portable, informations de l’hébergeur…) et construire des châteaux de sable blogs en bonne compagnie. Vous n’êtes pas obligés de vous annoncer (dans les commentaires de ce billet), mais ça nous arrangerait pour prévenir les tenanciers du nombre de repas à prévoir.
On pourra aussi n’y venir qu’en curieux, en voisin, en assoiffé ou affamé, juste pour le plaisir de la rencontre. Les consommations sont à un prix fort abordable (café à 1,50 €, plat à 9 €), les patrons sympathiques et la connexion de course.
Vous pourrez également assister à l’émouvante création en direct (signature des statuts et du règlement intérieur avant dépôt à la préfecture) de l’Association Dotclear et prendre des photos que vous vendrez très cher dans vingt ans, quand la Fondation Dotclear sera reconnue d’utilité publique.
En quelque sorte, on voit mal les raisons qui pourraient vous faire rester chez vous en pareille occasion.
Mamzelle Krazy Kitty, en provenance de Los Angeles et de passage sur nos terres hexagonales, nous propose un pique-nique samedi 13 juin au parc Montsouris, vous pouvez annoncer votre venue dans ce billet-ci ou ce billet-là.
Pareille occasion ne saurait se rater, j’y serai bien sûr. Et vous, viendrez-vous ? Le rendez-vous est fixé vers 12h / 12h30 au même endroit que celui prévu la dernière fois. Et cette fois, que personne ne chante, ça serait chouette de faire un pique-nique dehors… pour changer.
































