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Date: Thursday, 03 Jun 2010 15:14

Ce 188 ème article devait être le dernier de ce blog et ce  n’est pas tout à fait un hasard si le précédent remonte à mars. Une éternité. (La question posée à l’époque vient  d’ailleurs de trouver sa réponse: malheureusement, Tidjane Thiam, le patron de Prudential, ressemble plus à Messier qu’à Bébéar).

Je quitte en effet mes fonctions à la rédaction en chef du Monde pour devenir cet été correspondant du journal en Allemagne.

Pour faire la transition avec la suite, je vous propose de jeter un coup d’oeil  sur cette toute récente note du Centre d’analyse stratégique (dernier avatar du  commissariat au Plan) sur l’économie allemande.  Pas inintéressante à quelques jours du voyage de Sarkozy outre-Rhin.  Merci de votre fidélité à à bientôt.

Author: "Frédéric Lemaître" Tags: "Non classé, Actualité"
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Date: Wednesday, 03 Mar 2010 10:41

Très peu connu en France jusqu’à ces derniers jours, Tidjane Thiam, patron de l’assureur britannique Prudential, a fait son entrée à la Une des gazettes économiques (dont Le Monde). Grâce à l’OPA géante qu’il lance sur un concurrent asiatique (filiale régionale d’AIG), les Français découvrent son histoire exemplaire: né en Côte d’Ivoire en 1962, ce fils d’un ancien ministre de Houphouet-Boigny fait de brillantes études, notamment à Polytechnique. Chassé d’Abidjan en 1999 par un coup d’état militaire alors qu’il faisait ses premières armes en politique, il réintègre le cabinet McKinsey, puis l’assureur britannique Aviva et enfin Prudential qu’il dirige depuis cinq mois seulement.  Pour ce Franco-Ivoirien qui dénonce le plafond de verre dont il a été victime en France, la Grande-Bretagne lui offre “le don le plus précieux: l’indifférence à ma couleur”.

Voir ce Franco-Ivoirien propulser son entreprise, fût-elle britannique, parmi les leaders mondiaux est - on se contente de peu- une petite source de fierté puisqu’il a été formé par les meilleures écoles de la République. Néanmoins, son pari est particulièrement ambitieux: avant même de lancer l’OPA, la cible AIA était bien plus grande que l’attaquant. Prudential a d’ailleurs perdu 20% en bourse en deux jours. Financièrement puis juridiquement (les autorités de la concurrence devront y mettre leur nez), l’opération - la plus grande qu’aît connue ce secteur- est risquée. La lancer alors qu’il est aux commandes depuis moins d’un semestre, en pleine crise économique et alors que le secteur de l’assurance va être bouleversé par de nouvelles normes comptables est presque un pari insensé. Mais ne disait-on pas déjà cela de Claude Bébéar (un autre Polytechnicien ) lorsqu’à coups d’acquisitions, il a propulsé en vingt ans le 17ème assureur français aux premières marches du podium mondial ? Dans le meilleur des cas, le cadet suivra les traces de son aîné. En cas d’échec, ce sera la comparaison avec l’hubris de Jean-Marie Messier qui s’imposera. Premier élément de réponse  dans les mois à venir.

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Date: Wednesday, 24 Feb 2010 10:16

Après les dirigeants de Renault en janvier, Nicolas Sarkozy  a convoqué à l’Elysée Gilles de Margerie, directeur général de Total, après qu’un de ses collaborateurs eut reçu Thierry Desmarets, président  non exécutif. A chaque fois, le président a plaidé pour le maintien de l’emploi en France. Cet activisme pose de nombreuses questions.

1) Politique industrielle et politique sociale vont-elles forcément de pair ?

2) Comment concilier le discours écologique et le souhait de maintenir les capacités de raffinage (excédentaires) en France ?

3) Le message envoyé aux investisseurs internationaux n’a-t-il pas, à moyen terme, davantage d’effets négatifs sur l’emploi que les remontrances n’ont, éventuellement,  d’effets positifs à court  terme ?

4) Quelle est la conception de Nicolas Sarkozy des effets du commerce international ?  Pense-t-il vraiment qu’il faut ”produire en France les voitures vendues en France” ?  

Autant de questions sans réponses évidentes qui laissent planer un soupçon d’électoralisme sur la gesticulation présidentielle.

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Date: Monday, 01 Feb 2010 10:59

Davos est terminé et, avec cette quarantième édition, une page semble se tourner: celle de la domination occidentale. Le basculement vers l’Asie est depuis quelques années dans toutes les conversations mais rarement  il est  apparu aussi manifeste qu’à Davos même si la diversité (et la rivalité) des pays asiatiques rend peu probable à court ou moyen terme une évolution comparable à l’union européenne.

Quelques  propos entendus à Davos ou quelques anecdotes “davosiennes” illustrent ce dynamisme des pays émergents et le doute qui s’empare des Occidentaux.

 Le PIB de l’Asie devrait dépasser cette année celui de l’Union européenne. (Soyons  honnête, le Japonais qui a donné cette information n’a pas été précis sur le périmètre de l’Asie) 

La seule surcapacité d’acier chinois est équivalente à la production européenne.

Alors que le britannique David Cameron a mis en garde contre les partenariats public privé qui selon lui font porter la responsabilité finale des projets sur l’Etat, le ministre indien du Plan, M.Ahluwalia l’a contredit en expliquant que l’Inde avait trouvé la solution: “Pour nous, les PPP, ce n’est pas de l’argent public pour des projets privés mais l’inverse: de l’argent privé pour des projets publics. Et ça marche”.

Comment ne pas être frappé par le contraste entre  la jeunesse, l’aisance en anglais (et même l’humour) du chinois Zhu Min, gouverneur adjoint de la banque populaire de Chine et le côté compassé de  M.Sengoku, ministre de la politique nationale au Japon, s’exprimant en japonais lors de la  grande conférence “Economic Outlook” à laquelle participaient également Dominique Strauss-Kahn, Larry Summers et Christine Lagarde ?

Le président sud-africain Zuma: “Ce que Mandela a apporté à l’Afrique du Sud ? Avant tout la condfiance en soi”.

Le dilemme de Larry Summers, conseiller d’Obama: ” la reprise est dans les statistiques mais la récession dans la réalité des hommes”.

 Une réflexion de Jean-Claude Trichet: “l’ingénieur que je suis vit les progrès scientifiques actuels comme de la science-fiction. L’homme n’est pas programmé pour être contraint de  changer plusieurs  fois de travail au cours de sa vie en raison de la pression de la technique”.

 

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Date: Saturday, 30 Jan 2010 11:53

Conseiller économique d’Obama, Larry Summers ne peut pas se  permettre d’être  pessimiste. Et pourtant, outre sa mine renfrognée, les chiffres qu’il a donnés samedi matin sur l’emploi révèlent l’étendue du problème. Les 10% de chômeurs officiellement recensés cachent d’autres données inquiétantes. “Un homme  sur cinq âgé de 25 à 54 ans est au chômage. Si la reprise  se confirme, cela pourrait être un sur sept. Avant la crise, 95% de cette population avait un emploi. Cela aura des répercussions importantes sur notre  politique” a-t-il dit. Pour Obama et son équipe, rassurer la classe moyenne et remettre la job machine en place est la priorité des priorités. Le reste, y compris la coordination internationale de la relance, est secondaire. C’est un des enseignements de ce 4Oème forum de Davos. 

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Date: Friday, 29 Jan 2010 16:40

  

Il y a deux ans, alors que la crise  alimentaire couvait déjà, le forum de Davos n’avait consacré qu’une petite conférence à cette question. Le  Forum semble vouloir se rattraper cette année en y consacrant quatre rencontres dont l’une, avec Bill Gates, vient de se dérouler dans le grand amphithéatre.

Rien de  très nouveau pour les spécialistes. L’enjeu est de doubler la production d’ici 2050 pour nourrir les neuf milliards de personnes. Néanmoins, quelques idées fortes se sont dégagées. 1) Primo: l’augmentation de la productivté (avec évidemment le  débat sur les OGM) est indispensable mais ne saurait être la seule  solution. Même  si il n’y a aujourd’hui pas plus de  tracteurs dans  l’Afrique subsaharienne  que dans la seule  Thailande.2) Les droits de  propriété sont un problème majeur. En  Afrique, l’absence  de titres de  propriétés (notamment pour les  femmes) empeche les paysans d’obtenir des  prêts bancaires et d’investir. La  Tanzanie tente  une expérience:  utiliser  le GPS pour borner les terres cultivées et délivrer des  titres de propriété reconnus par les banques. 3) Investir davantage dans la production, c’est bien mais investir dans la gestion des récoltes est tout aussi important. En  Afrique, 30% des récoltes sont perdus faute de capacité de stockage et de  transport. Pourtant 5% seulement des investissements consacrés à l’agriculture  sont des tinés à ce secteur. 4) La déforestationfait partie du problème, pas de la solution. Virgilio Mauricio Viana, responsable au Brésil d’une fondation qui lutte contre la déforestation de  l’Amazoniea été assez convaincant montrant que l’agriculture  dépendant  de la pluie et celle-ci dépendant des forêts, la déforestation nuit à l’agriculture. Mais si l’on ne veut pas accroître les espaces cultivés, il faut augmenter la productivité des  terres.

On peut  certes également discuter des biocarburants et des régimes  alimentaires carnés si peu durables, mais dix-huit mois après le sommet de  la crise, il apparaît évident que les  prix des matières premières agricoles ne  devraient pas durablement baisser (ils restent assez élevés). Si les problèmes  agricoles ne  font plus la Une  de l’actualité, la banque mondiale et les dirigeants politiques semblent avoirmalgré tout retenu la leçon: selon Jacques Diouf, patron de la FAO, la part de l’agriculture dans l’aide publique au développement est passée de  3%  à 5% en deux ans. Une (petite) bonne nouvelle si elle se confirme.

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Date: Thursday, 28 Jan 2010 17:08

Entre l’économie espagnole et l’économie grecque, la première va apparemment mieux ou plus exactement moins mal que la seconde. Pourtant, à Davos, le premier ministre grec, George Papandreou, qui s’exprime dans un anglais parfait, a réalisé une bien meilleure prestation que son homologue espagnol, Jose-Luis Zapatero suffisamment faché avec la  langue de  Shakespeare  pour exiger une  interprête à ses côtés. Du coup, son discours est apparu beaucoup moins convaincant. C’est peut-être injuste mais c’est un fait.

Une  chose est sûre: les deux hommes tout comme  le président letton, Valdis Zatlers, ont fait l’apologie  de  la monnaie unique. Jean-Claude Trichet, sans doute plus inquiet qu’il n’y paraît, buvait du petit lait.

Sur le fond, les deux dirigeants des pays méditérannéens n’ont pas révélé grand chose. M.Zapatero  a estimé que l’Espagne n’était pas en danger et M.Papandreou a tenté de  prouver  qu’il arriverait bien à réduire à 3% les déficits publics en 2012. Parmi ses arguments: aujourd’hui chaque Grec est conscient de la gravité de la crise et que le changement est indispensable. Info ? Intox ? réponse dans quelques  mois.

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Date: Thursday, 28 Jan 2010 16:53

L’ex-président américain Bill Clinton n’oublie jamais ses propres intérêts. Présent  à Davos pour plaider la cause de  Haïti, il est l’invité d’honneur de la réception que le PDG de Coca-Cola , Muhtar Kent, donne  ce jeudi soir dans l’un des hôtels les plus huppés de  Davos.

Le carton d’invitation  ne précise pas le montant du cachet que “William Jefferson Clinton, 42nd President of the United States” a exigé pour cette  apparition ni ce  qu’il compte faire de cet argent.  

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Date: Thursday, 28 Jan 2010 13:27

Alors que  les pays riches semblent plus inquiets que les émergents, Davos s’est intéressé ce jeudi matin aux pays pauvres. Bill Clinton l’ joué plutôt modeste. Très pédagogue, il a expliqué avoir non seulement besoin d’argent mais aussi, plus concrètement, “tout de suite d’une centaine de camions”. Comme à son habitude, l’ancien président s’est montré optimiste: “Un pays peut très bien renaître en très peu de temps. Au Rwanda, on a reconstruit le système de santé en  trois ans”. 

A ses côtés, le ministre brésilien des affaires étrangères, M. Celso Amorim, s’est montré presque plus convaincant. “J’étais au Brésil samedi. Le e commerce reprend. Même en matière d’art et de musique, ça repart”.

Outre  ce débat, le  Forum organisait un déjeuner sur le thème “comment aider les Etats fragiles ?”. Première  remarque: les trois-quarts des places étaient vides. Pourtant  les interventions ne manquaient pas d’intérêt. “La communauté internationale veut des élections. Mais croit-on vraiment qu’à Gaza ou en Afghanistan, c’était la priorité ? N’y avait-il pas d’autres moyens  de structurer ces  Etats  ? ” a demandé un consultant  américain. “Tout le  monde  veut coordonner les ONG mais aucune  ne  veut être coordonnée” a reconnu Paul Collier, un économiste britanniquespécialiste  du développement. Bekele Gelata, un des responsables de la Croix rouge et du Croissant rouge l’a concédé: “On ne  sait pas définir  la meilleure façon d’aider lees  Etats fragiles”. Seule note d’espoir:  “dans ces Etats, les  gens , eux, ne sont pas fragiles. Ils  sont  résilients et ont l’habitude de se  battre”. A suivre…

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Date: Wednesday, 27 Jan 2010 18:30

Etait-ce pour ne pas avoir à applaudir la présidente suisse? Contrairement aux usages, Nicolas Sarkozy n’a fait son entrée dans le grand hall du palais des congrès de Davos que pour prononcer son intervention, sans prendre la peine d’écouter celle de Klaus Schwab, président du Forum puis celle de Doris Leuthard, présidente de la Confédération.
Nicolas Sarkozy qui s’est défendu de vouloir “donner des leçons” a retrouvé les accents de son discours de Toulon, en septembre 2008. Ce n’est pas selon lui le capitalisme qui est en crise mais sa dérive financière. En revanche, ce n’est pas une crise “dans la mondialisation” mais une crise “de la mondialisation”.
Il a également critiqué ses homologues du G20 qui prennent des engagements sans les respecter. Rappelant, non sans une certaine jubilation, que la France présidera le G8 et le G20 en 2011, il a annoncé qu’il mettrait à l’ordre du jour la réforme du système financier international. Autre coup de griffe à certains de ses homologues (dont Barack Obama ?), il a dénoncé les 50 pays , membres de l’Organisation internationale du travail qui n’ont pas ratifié les huit conventions fondamentales de cette organisation.
S’il a dénoncé toute tentative protectionniste, il a à plusieurs reprises critiqué l’OMC et, plus largement, les “experts” qui monopolisent des sujets qui, en fait, relèvent du politique. Il n’a toutefois pas -heureusement- repris sa formule sur les automobiles qui doivent être fabriquées en France quand elles sont vendues aux Français.
Revenant sur la rémunération des dirigeants, il a à nouveau justifié avoir demandé la tête de Daniel Bouton, président de la Société générale à la suite de l’affaire Kerviel et justifié la nomination de Henri Proglio, à EDF qui s’est accompagnée d’un “salaire plus confortable”.
Si une petite partie de l’assistance lui a réservé une standing ovation, la plupart des peronnes présentes se sont contentées de l’applaudir.

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Date: Wednesday, 27 Jan 2010 12:30

Contrairement à Jacques Chirac en son temps, Nicolas Sarkozy ne devrait pas avoir de problèmes météorologiques pour venir à Davos: le  temps y est superbe. Mais la température glaciale. Même chose dans le forum: derrière les sourires  de façade (”nice to see you again”), l’inquiétude  est perceptible. L’élection du Massachussetts est passée par là: comment éviter le  populisme et sa version politique, le  protectionnisme ? Une crainte renforcée par la  dette  des  Etats, considérée par une majorité de  panelistes interrogés par la chaine CNBC comme  la principale  menace  à venir (devant le protectionnisme et l’excès de régulation). Quoi qu’on en pense, les déficits publics qui ont été indispensables pour atténuer  les effets de la crise ne  permettront pas aux gouvernements d’améliorer, demain, les conditions de vie  des citoyens. Avec 10% de  chômage officiel et sans  doute près du double  si l’on prend  en compte les personnes découragées de trouver du travail, le problème est majeur pour Obama. Le  décor de Davos 2010 est donc planté. Nouriel Roubini, Kenneth Rogoff …les Américains les plus pessimistes sont des stars…tout comme, pour une autre raison, les Chinois. L’un des principaux dirigeants de la banque centrale de Chine ne s’est d’ailleurs pas privé de  rappeler  que le PIB américain en 2010 devrait être  le  même qu’en 2007! Dans le même  temps, le PIB chinois a crû,lui, de  25%!

Officiellement, l’édition 2010 du Forum est consacrée à un tryptique: “rethink, redesign, rebuilt the world”. Mais comme le remarque le professeur suisse Jean-Pierre Lehman, “c’est bien beau de vouloir repenser le monde, mais mieux vaudrait le penser”. Après trois G 20, l’heure semble  être au chacun-pour-soi. Au delà des mesures prises, c’est cela qui semble le plus  inquiétant.

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Date: Monday, 25 Jan 2010 12:11

la date ne doit évidemment rien au hasard: vingt-quatre heures avant l’ouverture de la 40ème  édition du forum économique mondial de Davos, celui qui en a longtemps été l’une des chevilles ouvrières, Richard Attias, annonce le lancement du “New York Forum”.

Pendant 13 ans, ce “fils de pub” a été, pour Publicis, le responsable de la logistique et de la partie événementielle de Davos. Mais son union avec Cecilia Sarkozy a probablement persuadé Klaus Schwab, patron du Forum de Davos de s’en séparer afin d’avoir une chance d’attirer Nicolas Sarkozy. Objectif d’ailleurs atteint puisque le président de la République prononcera le discours inaugural.  Différences essentielles: le New-York Forum ne devrait être que “business”. Surtout, il a lieu à New-York alors que Davos a volontairement lieu dans un pays neutre et dans une station perdue au bout du monde. Enfin, le forum est associé au New York Times alors que Davos travaille avec de nombreux médias. Première édition: du 22 au 24 juin prochain. 500 participants sont attendus. A suivre mais visiblement, Richard Attias veut prendre sa revanche  mais aussi prendre date pour l’après-Schwab, un sujet tabou au Forum économique mondial.

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Date: Tuesday, 19 Jan 2010 17:34

Eric Besson est content: l’immigration légale recule en France en 2009 grâce  à une “meilleure maîtrise” des flux migratoires.  Mais alors que le débat sur l’identité nationale très vite devenu le débat sur la burqa joue sur la peur de “l’invasion” de la France par les étrangers, un très intéressant article de l’universitaire Philippe Fargue paru dans la revue Esprit (janvier 2010) aborde cette question sous un tout autre angle intitulé “le paradoxe des influences réciproques”.

 Jusqu’ici, explique-t-il, l’immigration était vu sous deux angles principaux: le remplacement d’une population autochtone par une population d’origine immigrée ou la complémentarité nécessaire des deux populations. D’où les thèmes d’invasion ou de métissage. Mais il y a une troisième lecture explique-t-il: l’immigration, démontre-t-il, est aussi un vecteur des valeurs et des pratiques occidentales au-delà de l’Occident”.

Basant sa démonstration sur l’évolution démographique des pays d’émigration, Philippe Fargues prouve que  “les migrants agissent comme vecteurs de transmission vers les populations non migrantes de leur pays d’origine des normes et des attitudes qui déterminent la baisse de la fécondité”.Pour lui, mieux le migrant est intégré , plus grand est son impact sur le changement social et culturel de son pays d’origine.

La conclusion est évidente: si elle veut vraiment promouvoir ses valeurs, la France sait ce  qui lui reste à faire…

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Date: Wednesday, 16 Dec 2009 10:52

Accor est un des rares groupes français, leaders mondiaux en son domaine: en l’occurence l’hotellerie (4000 hotels dans le monde). Mais il va falloir bientôt parler au passé. Non seulement parce qu’il risque de perdre son rang mais aussi parce qu’il ne devrait plus rester français très longtemps. Et ce dans l’indifférence générale. Explications:

Créé en 1967 par deux complices Paul Dubrulle et Gérard Pélisson, le groupe hôtelier ( Novotel, Mercure, Formule 1, Sofitel, Ibis…) connaît un succès remarquable. Mais, depuis 2005 et la retraite des deux fondateurs, les choses se gâtent. Le directeur général, Jean-Marc Espalioux, est écarté.  Un peu parce qu’il manque de charisme et de poigne, beaucoup parce que Gérard Pélisson rêve de donner les clés à son neveu, Gilles. Des fonds d’investissement entrent alors dans la place, notamment Colony. Le groupe continue à se développer en misant également sur les services, dont les tickets -restaurant. Les deux activités présentent peu de synergies mais sont complémentaires: la deuxième apportant les liquidités dont la première a besoin. Mais pour Colony dont les investissements se révèlent souvent hasardeux ( outre Accor, il est notamment présent chez Carrefour et possède le PSG), la prudence n’est pas le mère de toutes les vertus. Il faut que la bête crache! Conclusion: après avoir ferraillé pour que Accor (et Carrefour) cèdent les murs à des investisseurs et se retrouvent locataires, il passe à l’étape suivante: la scission, pour faire remonter le cours. Chez Carrefour, cela s’appelle la vente d’activités comme la Russie. Chez Accor, la scission entre les deux activités. Au début les dirigeants sont contre mais comme ils veulent garder leurs postes, ils s’inclinent. La Caisse des Dépôts, présente au capital, est le seul actionnaire de  poids à s’y opposer mais elle ne possède que 7,5% du capital et se retrouve isolée parmi les administrateurs. Son échec , lors du vote du conseil ce 15 décembre, amène d’ailleurs à s’interroger sur l’intérêt pour l’Etat d’avoir des participations minoritaires, mais c’est un autre sujet.

Que va-t-il se passer chez Accor ? Non seulement le groupe va quitter le CAC 40 mais à terme,  la division Hotellerie va devenir une proie et finira démantelée. Mais qu’on se rassure,  les actionnaires auront vu le cours de bourse monter. N’est-ce pas là l’essentiel ?

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Date: Monday, 14 Dec 2009 17:46

L’économiste Emmanuel Saez est avec son complice Thomas Piketty un des meilleurs connaisseurs des systèmes fiscaux.

Peu connu en France, il est un des conseillers de l’équipe Obama. Il a d’ailleurs reçu au printemps la médaille Clark, considérée comme une des antichambres du prix Nobel.

Bien que vivant surtout aux Etats-Unis, il donnera ce mardi une conférence à la Paris School of Economics sur la réforme fiscale qu’il appelle de ses voeux pour la France. Comme en témoigne  la trame de son intervention, c’est même une véritable révolution fiscale qu’il appelle de ses voeux. 

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Date: Thursday, 03 Dec 2009 10:38

Nicolas Sarkozy prononcera-t-il le discours d’ouverture du prochain forum de Davos, en janvier 2010 ? La proposition - prestigieuse- vient de lui en être faite par Klaus Schwab, le fondateur et responsable du World Economic Forum

En quarante années, le WEF n’a jamais réussi à obtenir la présence d’un chef d’Etat français. Jacques Chirac, “pour des raisons météorologiques” ne s’est exprimé que par vidéo-conférence. La venue du président français serait donc un symbole assez fort, pour les deux parties. Avantage pour le Forum: le discours de Nicolas Sarkozy sur la  nécessaire régulation et sur la moralisation du capitalisme correspond à l’analyse du professeur Schwab.

Celui-ci semble moins optimiste que par le passé. “J’ai créé le forum il y quarante ans pour que les PDG rencontrent les différents stakeholders,(la société civile) mais au fil des ans, leurs politiques de rémunérations ont rapproché les PDG des actionnaires et, parallèlement, les actionnaires sont devenus court-termistes” déplore cet homme, moins libéral qu’on le dit souvent . Il faut “reconstituer un ethos professionnel ” plaide-t-il.

 Même la nouvelle régulation du monde, notamment le G20, trouve à peine grâce à ses yeux. Certes, cette initiative  -lancée par Nicolas Sarkozy, rappelle-t-il- a eu un immense mérite mais le repli sur soi des opinions publiques -la votation suisse le prouve- va, selon lui, rendre de plus en plus difficile l’engagement des grands leaders mondiaux sur des causes communes. La difficulté qu’a Obama à se rendre à Copenhague en témoigne. Pour les Américains, c’est une perte de temps pour un président pas assez proche de leurs préoccupations.

Bref, Klaus Schwab est d’humeur sombre et semble même faire partie de ceux qui pensent qu’une crise monétaire au début de l’année 2010 n’est pas exclue. Heureusement, diront les détracteurs de Davos, le Forum se trompe souvent. La reprise n’est donc peut-être pas exclue.

   

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Date: Wednesday, 02 Dec 2009 10:50

Les technologies pourront-elles sauver la planète ? Oui, répondent les optimistes ou les économistes schumpétériens.

Un influent think-tank bruxellois, Bruegel, vient pourtant de publier une étude qui vient à contre-courant de nombreuses idées reçues. Cette fois, trois économistes dont Philippe Aghion, montrent que, contrairement à une idée reçue, les technologies de l’environnement occupent une part infime (2,15%) des brevets déposés auprès de l’Organisation mondiale pour la propriété intellectuelle.  Non seulement cette part est faible, mais elle ne progresse pas.  Conclusion des auteurs: il ne faut pas compter sur le secteur de la production et de la distribution électrique  dont les dépenses en R&D ont tendance à diminuer, pour réduire  les émissions de gaz à effet de serre. Deux raisons essentielles expliquent cette situation: les plus grands profits à attendre des technologies vertes  sont pour le public davantage que pour les entreprises concernées. Les entreprises hésitent donc à investir car elles ne peuvent pas s’approprier le fruit de leurs innovations.

Que peuvent faire les Etats ? D’après Philippe Aghion et ses collègues, il faut non seulement introduire une taxe carbone mais aussi subventionner la “green R&D “.  Pur eux, les gouvernements doivent non seulement influer sur l’allocation de la production entre activités propres et sales (c’est l’objectif de la taxe carbone) mais aussi sur l’allocation des dépenses de R&D entre R&D propre et R&D sale !

Ces conclusions attirent d’autant plus l’attention que Bruegel, dirigé par l’économiste français Jean Pisani-Ferry (membre du cabinet de DSK à Bercy) est traditionnellement réservé face à l’intervention publique dans le champ économique. En 2006, une de ses plumes les plus prolifiques, Nicolas Véron, avait sévèrement critiqué l’Agence  pour l’innovation industrielle que Jacques Chirac et Jean-Louis Beffa avait créée. D’ailleurs, cette AII ne s’est jamais remise des entraves bruxelloises.

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Date: Friday, 27 Nov 2009 11:00

L’Unedic vient de lancer avec succès un emprunt obligataire de 4 milliards d’euros. Le précédent qui datait de 2005 venait à expiration en février prochain. Il s’agissait donc de prendre le relais. Les gestionnaires du régime d’assurance-chômage peuvent être satisfaits: le taux est très bas, les institutions internationales y ont largement souscrit et en quelques heures, l’Unedic avait récolté plus d’argent qu’elle n’en attendait.

Notons que les banques n’ont pas fait non plus une mauvaise affaire. Dans ce type d’opérations, leur rémunération est traditionnellement de 0,1%, soit 4 millions d’euros, dont la moitié, paraît-il, pour les traders, qui n’ont pourtant pas eu beaucoup d’efforts à faire. Merci pour eux!

Comment s’est passé le choix des banques-conseils ? Un responsable résume: ” Impensable de ne pas prendre BNP Paribas, Michel Pébereau est trop influent; difficile de ne pas prendre Crédit Agricole, son président, Georges Pauget est président de la Fédération bancaire française,  difficile aussi de ne pas prendre Natixis car l’Elysée apprécie que l’on soutienne Fraçois Pérol. Et pour  faire bonne mesure on prend une banque étrangère qui en l’occurence a très bien travaillé, HSBC”.

Bizarrement, les appels d’offre sont rarissimes sur ce type  d’opérations, on se demande pourquoi.

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Date: Wednesday, 25 Nov 2009 15:52

A l’approche du sommet de Copenhague sur le changement climatique auquel , finalement, Barack Obama se rendra (ce qui , en principe, renforce les chances d’un accord ou en tout cas rend plus difficile un échec), les publications savantes se multiplient sur le sujet. En voici, trois, très différentes, reçues ces derniers jours.  Pour ceux qui s’interrrogent sur les bienfaits de la taxe -carbone ou ont oublié qu’à Kyoto, les Etats-Unis s’étaient battus pour le marché de permis à polluer, on lira avec intéret l’opuscule que Katheline Schubert, professeur à  Paris 1, présente ces jours-ci devant l’école d’économie de Paris, dans le cadre du Cepremap. Son titre est on ne peut plus explicite: “Pour la taxe carbone”. il devrait être mis en ligne vendredi.

En attendant, la  mission Climats de la Caisse des dépôts multiplie les publications. Deux font le point sur Copenhague et l’après-Copenhague, c’est à dire la réunion de Mexico, qui, un an plus tard, pourrait être décisive.

Enfin, pour savoir si la technologie peut (ou non) sauver le monde, le think-tank bruxellois Bruegel vient de publier, en anglais, une analyse très intéressante del’économiste français  Philippe Aghion sur le sujet.

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Date: Tuesday, 10 Nov 2009 16:05

Début septembre, je  m’étais pris une volée de bois vert pour avoir suggéré, dans Le Monde que les économistes travaillant dans des banques ne disposaient peut-être pas tous de l’indépendance qui convient à une profession qui a tant d’influence sur les décisions politiques et dons sur nos vies. Au nom de la profession, Patrick Artus s’était vigoureusement élevé contre mes allégations. Pourtant, que lit-on dans Le Monde de ce 11 novembre ?  Qu’une banque française, le Crédit foncier, vient  de se séparer de son directeur des études parce qu’il avait exprimé des opinions sur le  logement  locatif  qui ne plaisaient pas à son employeur. Celles-ci se sont révélées en grande partie exactes mais c’est évidemment secondaires.

Author: "Frédéric Lemaître" Tags: "Non classé, Actualité"
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