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Date: Sunday, 14 Jan 2007 12:20
Je suis rendue ici.
Author: "Josée-Martyne"
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Date: Thursday, 02 Nov 2006 13:53
Gravé. Dans la peau. Seulement deux fois, dans ma vie. La première, c'était il y a longtemps, le 9 avril 2000. Pour célébrer, à ma façon, l'anniversaire de mon Grand Amour Littéraire. Baudelaire. Malheureusement, jamais je ne pourrai le rencontrer, l'entendre, le voir. J'ai quand même immortalisée notre «rencontre» dans ma chair, ultime hommage à ses Fleurs du Mal. Bien centrées, au bas du dos, ses fleurs, meurtries, rouge sang, cerclées d'épines vertes. La seconde fois, c'était... particulier. En général, lors de fiançailles, l'amoureux agenouillé propose à sa belle une jolie bague. Ce qu'il a fait, d'ailleurs. Un caillou assez imposant pour signifier de loin «elle a dit oui». Mais... la coutume suggère à la fiancée d'offrir un présent éternel à son futur. Mais quoi ? Une chaine en or ? Une bague ? Pfff...
Pour la postérité (et la bonne compréhension de ce qui suivra...) : en octobre 2004, mon Mec et moi avons tout fait pour nous procurer des billets de Metallica. Qui plus est, la première partie du spectacle était assurée par Godsmack. Jusqu'alors, j'ignorais que les rêves pouvaient être réalisés «facile» de même. Les deux, ensemble. Je nageais littéralement dans l'allégresse musicale.
Au retour du spectacle - un trip comme j'en ai rarement vécu ! - «ça» m'est apparu tellement évident... Godsmack, c'est du drum. Des drums, surtout. C'est une intensité à couper le souffle. C'est une voix, aussi. C'est de l'émotion. Des notes. Des mots. De la musique. Mon mec, c'est une vraie batterie. Toujours sur une spin, étourdissant, plein d'émotion. Intense. Un vrai soleil dans ma vie. En guise de présent «éternel», comme le suggère la coutume, je lui ai donc offert de sceller nos destins par un unique symbole. Déjà qu'un soleil, ça représente bien nos vies... si en plus c'est le logo d'un band qui nous arrache les tripes, c'est bingo. Depuis, nous sommes ensorcellés. Juste pour me faire sourire encore plus, voilà-t'y-pas qu'ils remettent ça. Quand ? À la date exacte où mon Mec et moi, on a décidé d'être un Mec et sa nana. Le 10 juin, à Québec. On voit les coïncidences où on veut bien en voir, vous me direz, mais celle-là, elle est quand même fichtrement coïncidée !!! Trois dodos. Il reste trois dodos avant que les billets ne soient disponibles. Un, deux, trois. T-r-o-i-s. C'est long, des fois, trois dodos. Alors en attendant, mur à mur, c'est le nouvel album qui passe, en boucle, en boucle, en boucle. Vous voulez goûter ?
Author: "Intellexuelle"
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Date: Thursday, 02 Nov 2006 10:30
Ce n'est peut-être pas «le plus fort» comme le chante Lynda Lemay, mais c'est assurément «le plus cool». Évidemment qu'il n'est pas parfait. Évidemment qu'il a ses travers, ses manies, ses emportements. Évidemment qu'il n'a pas toujours été «si cool». Mais c'est le mien, c'est mon père.

Qu'est-ce que je pourrais lui en faire, des reproches ! Mais...

C'est lui qui m'a donné mon surnom. C'est lui qui m'a inscrit aux cours de claquettes quand j'étais toute gamine. C'est lui qui me trainait partout, quand j'étais sa môme, en disant : «Regardez, elle a 4 ans et elle peut siffler toute une chanson»... pfff... C'est lui qui m'a appris à placer mes vers au bout des hameçons. C'est lui qui m'a poussé à choisir la flûte traversière comme instrument, parce que «c'est le son des anges»... C'est lui qui m'a montré à conduire, à 14 ans, dans son gros 10 roues double-clutch. C'est aussi lui qui m'a enlevé les clés du Jeep un peu plus tard... Qui a décidé qu'à «15 ans, c'est l'temps que t'apprennes à changer ça, un rubber»... C'est lui qui m'a dit : «Si tes cheveux rasés ne repoussent pas dans 15 minutes, tu dors sur la galerie ce soir»... et qui, au bout des 15 minutes, m'a confié : «Tu sais, finalement, c'est quand même joli, un coco rond»... C'est lui qui m'a appris à vivre ma vie comme je l'entends. C'est lui qui m'a dit : «Comme ça, je vais être grand-père à 40 ans ? On va s'en occuper, tu vas voir...»

Mais par dessus tout cela, son plus bel héritage demeure l'amour de la musique. Du plus loin que je me souvienne, tout était en musique. Dans le garage, entre la clé Allen et le tournevis étoile, il y avait de la musique. Dans le bois, pendant les soirées au bord du feu de camp, il y avait de la musique. Même pendant la chasse. Aucun bruit, non. Mais il trouvait quand même les notes pour danser : «T'entends, disait-il en chuchotant sur une steppette, les arbres qui cruisent les orignaux ?» Dans sa voiture, dans sa maison, dans sa tête, encore et toujours de la musique.

Quand j'ai la bonne idée de fouiller dans les vieux souvenirs, chez lui, je prends invariablement le gros cartable vert. Celui où il a y les découpes de vieux journaux. Avec, dans certains articles, des photos de lui, avec son saxo, avec sa trompette. Des images de mon papounet-d'avant-même-l'idée-de-ma-naissance. Il avait encore ses cheveux, un sourire grand comme ça, et plein d'étoiles dans les yeux.

J'adore entendre l'histoire de leur rencontre : «Quand j'ai connu ta mère, ahhh, qu'elle était belle... je jouais dans un band... elle m'a vu... je l'ai vu... j'ai joué tout croche pendant le reste du spectacle...». Ça m'a fait rêver longtemps, c't'histoire.

Tranquillement, il a laissé tomber les instruments. A eu des enfants. S'est fait pourvoyeur. Mais toujours, pas trop trop loin, il y avait une mélodie. Des petits pas de danse. 3 ou 4 trémolos d'à «qui, le p'tit coeur après 9 heures»...

Marcher avec papa, c'est toujours une aventure. Parce qu'on ne sait jamais ce qu'il pourrait entendre... Quelques notes qui passent et oupelaye, le voilà parti. Bien souvent un pseudo-twist dans lequel, invariablement, il vous entraînera. Qui que vous soyez, d'ailleurs. Il ne veut que danser. Que s'évader quelques secondes. Que vivre sa vie en musique, en chanson.

Des mes premières heures à aujourd'hui, toute la gamme me ramène au paternel. Mais quand j'entends celle-ci, dès les premières notes, ce dont je me souviens, c'est de voir les yeux de mon père. Ses grands yeux bleus qui s'émerveillent. Et moi, qui a encore 4 ans, qui vient de répéter la chanson, encore et encore, avec son papa. Lui, qui dit : «Écoutez-la chanter... elle la connait par coeur !». Et moi d'entonner. Parce que je pouvais le rejoindre. Parce qu'il en était fier. Parce qu'au-delà des paroles, des sons, de la voix, au-delà de la musique même, c'est en chantant qu'il me montrait la vie. Et je lui rendais bien... Quand j'entends cette chanson, j'ai 4 ans. Et je chante pour mon papa. Quand je m'ennuie de mon «vieux», comme ce matin, j'ai toujours sa petite maison dans la vallée pour me souvenir. Je ferme les yeux un instant, je chante. Je souris. Et surtout, je n'oublie pas, ô que non, le yoddle bien senti. Ça lui a pris si longtemps à me montrer comment faire...

Author: "Josée-Martyne"
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Date: Wednesday, 24 May 2006 19:39
Je me demande souvent, en vous lisant, d'où vous «venez» ? Quelles sont vos origines ? Moi, je suis née du Lac. Dans une petite chambre de l'hôtel Dieu de Roberval. Je suis une sirène. Mon sang n'a rien de rouge ; il est aqua, il est ashuap. Cette eau qui a portée mon enfance ne cesse de me hanter. Comme quand le grand amour part et revient ; comme quand l'accessible n'apparaît qu'en rêves. Je suis une «làlà». Nourrie de tourtière et de mer intérieure. Issue d'une branche bleue, collées aux entrailles des profondeurs. Une fille du Lac. Avec ses allures de Tom-Boy et son instinct grégaire. Ses envies de conquérir la planète - mais de retourner au village ensuite. Ses habitudes d'être appelée par son prénom un peu partout. D'être «la fille de...». D'être «celle qui travaille là...». D'aller prendre un verre n'importe où et de ne jamais être seule, parce qu'on connait celui-ci et celle-là. Ça y est. Nostalgia. Mélancolie. Bourdon. Passéisme. Spleen. Whatever. Il fallait bien, qu'un beau matin, comme ça, en me réveillant, j'ai les bleues du Grand Bleu. Encore. J'anticipais, même, le loqueteux présage, l'abysse. Je m'y suis peut-être engouffrée de conjectures. Un Gouffre marin commandé, genre. Mais j'ai soif. Mon Lac. Son Bleu. Les vagues qui vous lèchent. L'effluve qui vous tartine les sens. Je clapote de manque de Lui. Ashuap, mon Grand, mon Tendre, ma mère intérieure. Parce que c'est le printemps. Parce qu'au printemps, son bleu se répand. Qu'il ouvre toute grande sa gorge pour cracher le dernier gel. Parce qu'en mars, il émerge de son sommeil froid. Au début du mois, je lui ai rendu visite. Pendant le trajet, j'ai pensé à Lui. Je lui ai dédié plusieurs de mes plus belles phrases intérieures. J'ajoutais des mots qui l'auraient flatté. Et puis je l'ai aperçu, couché sous une ligne horizontale de nuage. J'ai baissé ma fenêtre et ai respiré son crachin glacial. Je me suis réservée pour Lui. Pour Nous. Je suis allé à sa rencontre. La fiancée du Lac qui s'abreuve de Ses larmes. Doucement, d'abord, pour ne pas l'effrayer. Pour qu'il me renifle. Qu'il se refasse une image de moi. Et puis plus j'avançais vers lui, plus j'avais le goût de son eau, plus j'avais cette chamade qui me disait, sans retenue : «Vas-y, plus vite, touche-le». J'ai d'abord caressé sa chemise du bout des doigts. Et puis je m'en suis saisi, comme d'un bien. Tenté de l'attraper. De le garder. Il glissait, glissait, semblait rire de mon essai. Ses parures gelées me brûlaient les doigts. J'ai marché sur son dos, comme pour lui dire que mes pas ne savent être autrement qu'à travers lui. Quand je l'ai quitté, je lui ai susurré qu'il était Mon Grand Amour, et que j'y reviendrai. Parce qu'on revient inévitablement à sa source, surtout si elle a de longues jambes comme mon Lac, pour vous enserrer de toute sa splendeur. Surtout, parce que sans Lui, je suis si petite. Surtout, parce que. Je suis née du Lac. Ses flots coulent en moi comme le sang dans vos veines. Même mes larmes ont des relents de bleu fâché. Origines... Alors pour ne plus être si triste de ne voir que des champs jaunes qui s'éveillent, pour ne plus être si cafardeuse de ne le revoir qu'en avril, pour ne plus être si affligée de mon absence volontaire, je prends Mara. Comme une petite pilule qu'on avale en placebo. Mara, parce qu'elle a su dire «Où le ciel boit dans l'eau».
Author: "Intellexuelle"
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Date: Wednesday, 24 May 2006 19:32
J'ai toujours eu très peur du mariage. De toute forme d'engagement, d'ailleurs. Parce que je percevais cela comme un «attachement limité», comme une petite prison dorée. Comme une restriction devant un monde exponentiellement riche et varié. J'ai souvent considéré le mariage comme une aliénation devant l'autre. Comme un «mal» pour un «bien». Jusqu'à ce que... C'était un matin splendide. La veille, nous rentrions d'un voyage à Québec, où nous avions assisté à un spectacle incroyable : Godsmack & Metallica dans la même soirée. Un rêve ! Nous nous connaissions depuis quelques mois déjà. Nous en étions encore à l'étape des découvertes, de l'un, de l'autre, des envies, des manies, des rêves, des goûts, des talents, des complémentarités, et des désaccords. Nous ne formions pas un couple traditionnel, au sens «mariable» du terme. Issus de milieux opposés, toutes nos différences nous rapprochaient pourtant. Tous ses combats ; tous les miens, pour s'offrir un monde à la hauteur de nos espérances. C'était un matin ensoleillé. Encore étourdis d'une fin de semaine presque magique où la musique nous avait vraiment réunis. Nous avions passé la nuit complète, après le spectacle, à parler, à s'ouvrir davantage, à se dire et se redire. À confirmer nos différences, à accentuer nos ressemblances. Mon admiration pour son courage et sa ténacité devant l'adversité ; la sienne pour à peu près les mêmes raisons. Nous avions parlé de mes enfants, de son implication dans une famille reconstituée. De ses désirs, des miens. De ses rêves, des miens. Et ce soir là, bien enlacés dans les draps satinés d'une suite amoureuse chez «Hôtel/Motel Sonia», nous avions fait l'amour, pour la première fois, encore. J'ai vécu cette espèce de fusion dont plusieurs parlent. L'état d'unicité entre deux corps : un tremblement partagé, une soif inextinguible de l'autre, un amalgame entre cet être et le mien, entre sa tête et la mienne, entre ses désirs et les miens. Une nuit de béatitude. C'était un matin empli de lumière. Un lundi tranquille, en décalage. Un lundi ordinaire. Jusqu'à... Jusqu'à ce qu'il s'amène. Nerveux. On aurait dit un gamin de 6 ans qui venait de faire un mauvais coup. Tout dans ses traits annonçait la nervosité, l'excitation, la peur, aussi. La radio berçait, en sourdine, son arrivée dans la pièce. Il était sorti «faire une course» et revenait avec un petit déjeuner. J'adore lui laisser le loisir de me nourrir ! Ce matin là, il a posé ses grands yeux bleus dans mes petits yeux verts. Il m'a ensorcelé, comme toujours. Sans un mot, il s'est agenouillé. J'y ai lu, en silence, la plus généreuse déclaration d'amour que l'on m'ait fait jusqu'à ce jour : ses yeux, les miens, et la lumière. Sa main a cherché la mienne. Fusion parfaite de nos regards. Mes doigts ont trouvé les siens. Naturellement. Il a ouvert la bouche, et je savais déjà que j'allais devoir lui confier mon avenir. De même qu'il allait devoir me prêter le sien. Mon coeur s'est arrêté de battre. Ce matin là, dans la douceur des traits éclatants d'une lumière amoureuse, même le soleil caressait son front. Il portait une auréole dorée, baignée de couleurs douces et tendres. Il a saisi ma main, et y a déposé un baiser. J'ai à peine senti la suite. Je ne la revis qu'en rêve, pour tout vous dire, tellement je touchais le ciel de ses yeux. Il avait préparé un long texte touchant. Je n'ai jamais entendu les mots qu'il aurait voulu dire. Sa gorge était nouée, ses traits étaient angéliques, purs, détendus, heureux. Et j'ai compris. J'ai pris quelques instants pour me ressaisir. Je savais quelle serait ma réponse. Quoique jamais je n'aurais cru me l'entendre dire. Je savais que coûte que coûte, ça allait être pour de bon, cette fois. Parce que j'avais appris. Parce que je savais. Parce que mes trippes me le commandaient. Il a mis la main dans sa poche et a sorti deux écrins. Les a ouverts devant moi. Puis a murmuré, d'une voix que je ne lui connaissais pas : «Ce serait un honneur, un bonheur, une joie immense, si tu acceptais de t'unir à moi, pour toujours. Pour combattre le quotidien, pour nous assurer une place parmi les étoiles, pour vivre tous les jours cet amour, pour que la lumière de nos êtres se reflètent dans ses pierres là, veux-tu m'épouser ?» Mes mots étaient en fait tellement désordonnés. Ma tête bouillonnait d'idées folles. Ma vie se plantait devant moi et me disait : «Voilà, ça y est, l'engagement suprême», «the commitment». Des mots comme toujours, au quotidien, pour la vie, s'entrechoquaient en moi. Et dans un souffle, avec l'air qu'il me restait pour me délivrer à jamais de cette solitude immense, avec tout le courage du monde devant un chevalier agenouillé, j'ai dis... J'ai dis que la lumière qui baignait son front était la plus belle de tous les jours du monde. Que sa main était la plus douce du monde. Que ses yeux me feraient vivre éternellement l'essence même de ma nature. Et j'ai dis oui. Un oui si faible qu'il m'a fallu le redire. Le crier. L'étendre pour bien m'en saisir. Un oui qui s'était transformé en «bien évidemment». En «je te promets tous mes jours, quoiqu'il arrive, y incluant l'envie de t'étrangler. Un oui qui signifiait que j'allais devoir cesser de quitter le bateau à la moindre avarie, mais plutôt tenter de colmater les fuites. Un oui qui me liait à une promesse solennelle. Un oui que je ne connaissais pas, que je n'avais jamais dit. Un oui d'amour, qui prend les trippes une par une, pour en tester la résistance. Un oui volontaire, où j'ai rapidement pris conscience qu'il allait délivrer mes ailes trop longtemps fourbues d'attente. La lumière du jour s'est immédiatement dirigée vers le caillou qui s'est glissé autour de mon annulaire. Cette lumière qui éclairé doucement ma nouvelle vie. Qui me disait : «désormais, cette promesse devra te lier à l'effort, à la compromission, à l'écoute, au pardon, aussi.» Désormais, tu es fiancée à cet homme, et cela implique que toutes les lumières pourront être vôtres. J'ai dit oui, encore, encore, et encore. Jusqu'à ce que ses lèvres épanchent mes mots. Jusqu'à ce que nos souffles se fondent et ne révèlent que l'essentiel, issu du creux de nos étreintes. Évidemment qu'au-delà du romantisme, il demeure le pragmatisme. Quand ? Comment ? Où ? J'insistais pour que Daniel, mon adoré, mon ado, puisse conduire la voiture qui mènera sa mère à l'Hôtel. J'insistais pour prendre le temps d'organiser un somptueux événement. Pour réaliser, petit à petit, le mariage du siècle, le rêve de la petite principessa qui sommeille en moi... Hier, il m'a proposé de débuter avec une pratique «générale». Invitons les parents proches, la famille immédiate, les amis sincères, et puis avouons-leur que devant eux, nous prêtons serment. On pourrait faire ça ici, dans la cour, sous un petit chapiteau. Cet été. Ce serait une répétition générale avant la Grande Allée, avant la cérémonie officielle, avant le tout-le-monde-y-sera. Et là, je dois y penser. Il m'a dit d'y penser. J'y pense. Malgré que je n'ai aucun point de repère, aucun précédant connu en la matière, aucune «jurisprudence» de pré-mariage ! Qu'est-ce que je fais ? J'accepte la «répétition générale», pour le moment... et j'ai largement le temps de préparer la noce réelle, en grande pompe, devant tous les gens à qui nous prometterons de consacrer notre vie amoureuse à la réussite de l'union ? Est-ce que j'ai tout simplement peur d'avancer ? Peur de réaliser qu'à ce stade-ci, le recul m'est pratiquement impossible ? Est-ce que j'ai la chienne de devoir m'engager avant l'engagement ? Je l'ignore. Je me questionne. Je me surprends à si profondément me questionner que j'en perds l'essence même de la proprosition : «Veux-tu m'épouser ?» Deux fois plutôt qu'une ? Certes romantique, comme idée. Certes amusante, aussi. Un mariage «non officiel» avant le grand saut vers la liberté de se consacrer à une union, d'en faire un objectif viable à long, à très long terme... Un projet, aussi. Celui de se dire, avant de l'affirmer légalement, que nous unissons nos destins au-delà des statistiques, au-delà des peurs, au-delà des angoisses. Par delà l'amour. Et l'été qui s'en vient...
Author: "Intellexuelle"
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Date: Wednesday, 24 May 2006 15:38
«Back through the years when I go wonderin' once again, Back to the seasons of my youth...»
Il fait un temps de prémices. Début d'un printemps. Début de saison. Début des bontés du soleil, plein sud. Dehors, il fait un temps splendide. Un temps de renouveau. Un temps de renaissance. Un temps qui me rappelle cette enfance où je prenais plaisir à escalader les planches moisies de la vieille grange où nous trainions; un temps qui me rappelle cette enfance où j'étais si heureuse, dans l'absolu. Heureuse et insouciante. Parce que je ne savais pas. Pas encore, du moins. Il fait un temps de réminiscence, aussi. Comme une pause entre l'hiver et l'été. Comme d'associer le printemps à mes premières heures de jeunesse, à l'enfance. Toute petite, je me souviens de différents bonheurs, allant du poney que m'avais offert mon père jusqu'aux balades en forêt avant la chasse. Jusqu'à ce que... Jusqu'à ce que le poney ne devienne plus accessible. Jusqu'à ce que la jolie maison de pierre ne devienne une maison mobile. Puis un loyer. Puis un demi-sous-sol. Mais encore là, j'ignore ce qui me maintenait dans un esprit d'abondance prospère; encore là, j'ignorais ce qu'était la pauvreté réelle. Nous mangions. Nous avions un toit. Et puis nous vivions en famille, élargie, oncles et tantes se visitant au quotidien. Jusqu'à ce que... Jusqu'à ce que notre famille soit affectée par l'alcoolisme. À l'époque, ce n'était pas une famille au prise avec l'alcoolisme d'un membre. Non, c'était ma famille. Et elle était heureuse. Papa travaillait au chantier toute la semaine et revenait à la maison pour les fins de semaine. Maman nous élevait. Nous allions à l'école. Nous avions des amis. Un printemps, maman m'a offert une jolie veste cirée. Rouge. J'adorais le rouge. J'étais si fière de ma veste ! Peu de temps plus tard, pendant la récréation, cette veste m'a fait pleurer. J'ai su que nous étions «différents» des autres familles «normales» quand une petite fille de l'élémentaire m'a fait remarqué que la veste que je portais était la sienne, l'an passé. Vraiment ? Pour preuve, elle m'a montré que la poche intérieure avait été cousue à la main, par sa mère. Je n'y comprenais rien. C'était pourtant ma mère qui me l'avait offerte, cette veste. Puis j'ai soudainement mis ensemble, avec toute la logique que me laissaient mes 9 ans, les pièces du casse-tête. Les déménagements. Les chicanes des parents lorsque nous étions au lit. Les absences. Les restrictions. Tout s'expliquait, sans que je puisse en comprendre pourtant toutes les implications. J'ai connu la honte, sans pouvoir expliquer ce que c'était. En secret, au retour à la maison, j'ai jeté la veste qui n'était pas à moi. Sans savoir que je ne pourrais en avoir une autre dans l'immédiat. Sans savoir que j'allais blesser ma mère, en lui avouant pourquoi. Sans savoir que malgré tout, je devais être heureuse de pouvoir avoir une veste. Malgré. Tout. À la maison, ce même soir, j'ai demandé à maman si nous étions pauvres. J'avais déjà vu des trucs de «pauvre», des enfants, dans les films, qui vivaient dans des roulottes insalubres. Des gens qui travaillaient dans des usines et qui perdaient «tout». Mais je n'avais jamais pensé que je pouvais l'être, que je pouvais leur ressembler. Toute ma vie, sa réponse a raisonnée dans ma tête. «Une personne n'est pauvre que si elle décide de l'être.» Ah bon. Je n'allais certainement pas décider de l'être. Puis elle m'a expliqué, à la hauteur de mes neuf ans, comment et pourquoi. Et ce qu'il fallait faire. Quels comportements nous devions adopter. Par dessus tout, elle m'a surtout appris, ce soir-là, que l'amour n'arrivait pas à tout résoudre. Qu'il fallait une volonté de fer pour changer certaines situations. Et que, parfois, on peut, si on en a envie, si on s'en sait capable, vivre dans de drôles de conditions, pourvu que cela nous plaise, quand même. Plusieurs années se sont écoulées entre cette jeunesse et ma vie d'adulte. Plusieurs années, et plusieurs événements. Plusieurs moments de honte, aussi. Du haut de mon statut d'ainée, plusieurs petits mensonges à la fratrie pour qu'elle ne puisse pas se douter, ou, pire, savoir. J'ai appris très tôt à me débrouiller. À ne pas demander «inutilement» pour des gâteries. J'ai passé la majeure partie des soirées de mon adolescence à aller garder mes cousins et cousines pour me permettre d'être comme «les autres», à l'école. Pour dépenser en fringues «normales». Et j'en ai eu, de la chance, de vivre dans cette famille ! De la chance, parce que j'ai appris. Parce que malgré tout, nous étions si riches de bonheur, parfois, de sourires, souvent, de rires. Nous étions riche de pouvoir compter sur nous. J'ai appris à apprécier tous les petits bonheurs. Et à travailler fort, très tôt. À étudier, aussi, très fort, pour «me rendre plus loin». J'ai appris à faire de grandes choses à partir de peu. À me servir de ce qui était à ma portée, au lieu d'attendre que les rêves se réalisent. Appris à aider, à comprendre, à pardonner, parfois. Appris à ne pas en vouloir à la vie, ni aux personnes prises avec une dépendance malsaine. Et compris. Que la seule personne qui pouvait changer les choses, en ce qui me concerne, c'est moi. Briser le cercle : moi. Ne pas reproduire les mêmes fautes : moi. Évoluer différemment : moi. Je suis passée par de drôles de chemins pour arriver où j'en suis, présentement. Normal, il a fallu que je les ouvre, ces chemins. Que je défriche. Que je mate la terre. Que j'arrache les aulnes. Mais le paysage, aujourd'hui, vaut vraiment le détour ! J'espère que mes enfants ne verront jamais cette face-là de la réalité. Qu'ils pourront grandir dans l'environnement sécurisé que je leur offre avec toute la générosité du monde. Ils ne savent pas combien coûte un pain. Ni un carton de lait. Ils n'ont jamais eu à ouvrir leur petit cochon pour m'aider à payer le loyer. Et c'est bien ainsi, pour le moment. Ils auront bien assez tôt à se battre, comme je l'ai fait avant eux, dans un monde de consommation où l'abondance est un signe de réussite. Ils devront bien assez rapidement calculer. D'ici là, que ce soit sain ou non, ils n'ont pas à savoir que ce qui me motive à travailler si fort, tous les jours, c'est le «plus jamais». Ils n'ont qu'à apprendre que la volonté est un leitmotiv puissant. Que quand on veut, vraiment, bien souvent, on peut. Parfois, les plus belles leçons sont tirées d'un difficile apprentissage. Et j'ai appris.
Author: "Josée-Martyne"
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Date: Wednesday, 24 May 2006 15:31
Sérieusement, y'a de ces trucs qui me surprendront toujours chez les mômes. Ce samedi, l'ado avait invité un de ses amis à la maison. Autour d'un bon souper, ça discutait bruyamment, ça contait des blagues... et pis ça s'est mis à jaser politique. Je les regardais aller, et je me disais que peut-être, au fond, que tout n'est pas perdu ! Fallait voir ! Un kid de 9 ans½, deux de 15 ans. De la po-li-ti-que. J'écoutais, je n'en revenais toujours pas, et j'écoutais encore. De temps à autre, je rectifiais, je repositionnais un peu leur discours, j'ajoutais des informations, je posais des questions. Je faisais la «toutes les occasions sont bonnes pour leur [entrer dans la tête que] faire prendre conscience que...» «Il nous reste un pays à comprendre», c'est de Gilles Vigneault ça. Et ça se lance sur la différence québécois-canadien. Et ça pose des questions sur les partis politiques. Et ça s'obstine sur l'idée du communisme (celle-là, elle est de MA faute... au moment des impôts, quand j'ai signé les chèques, j'ai lancé un grand, très grand cri de détresse du genre : «Christ de communisme déguisé». Bon. Ça m'a fait du bien... mais je n'avais pas pensé qu'il faille tout expliquer, ici, hein, alors j'ai laissé passer, ne me doutant pas que ces enfants-là allaient se garocher sur google pour lire Marx...). Tranquillement, la discussion glisse vers l'allégeance politique. Oulala. Mon grand qui a fait des yeux complices quand je lui ai expliqué comment c'était possible de passer d'un parti à l'autre, sans trop-trop se faire chicaner. Vous auriez du leur voir la binette quand on a abordé la question de la Monarchie ! Hihihihi. Les pauvres. Pourtant, ça adore le médiéval, ces p'tites bêtes-là. Ça se fait des parties de donjons-trucs, ça connait tout l'héraldique... Alors, les gars, je vous présente Notre Reine, et blablabla, et ceci, et cela, et le parlement, et le sénat, et la législation, et la constitution... On a même eu le loisir de faire tous les jeux de mots possibles sur Papa Doc/Bébé Doc, Che tout dire. Ils ne vous ont rien appris de ça à l'école ? De quoi vous parlez dans les cours d'histoire, bordel de m... ? De Papineau ! De la Bataille des Plaines ! Ah... Le Tea Party, vraiment ! wooo... Reste qu'après la discussion, les gamins, ils étaient quand même un peu mêlés, hein. Outre l'extrême droite, la gauche, le centre-gauche ; Les libéraux, les Nouveaux libéraux, les Conservateurs, les Progressistes, les du pareil-au-même ; l'équivalence du Québec, les Fonds de ceci, les partage de cela, les «qui paye quoi» ; le Parlement bicaméral ici, la Chambre des communes là ; les deux paliers qui prennent chacun leur part et qui en chemin perdent des enveloppes ; le premier Ministre, le Sénat, la Gouverneure générale, la Reine ; le rapatriement de la Constitution, les élections représentatives, la démocratie, la dictature, le communisme... Les problèmes liés aux langues, à la culture, aux coutumes... En passant par les autochtones (fiston premier est métis, vous savez...). Un tour d'horizon (un peu comme cet horizon là, mais en plus politisé !) non-exhaustif. Bien après le dessert, ça commençait à être un peu «trop». Trop d'informations. Trop de «conditions à respecter». Trop de «je-sais-pas-les-gars». Trop de «parce que c'est comme ça». Même l'aspect légal leur semblait ri-di-cu-le-me-nt doublé... «Vous savez, c'est parce que nos lois civiles sont inspirées des Français, alors que le criminel, c'est plutôt British», quelque chose du genre. Mais c'est la finale qui valait la médaille de bravoure à mes trois aspirants politiciens. Parce que plus ça change, plus c'est pareil, en se levant de table, le chef de la Bande a dit, du haut de ses acquis adolescents : «Bin, c'est simple, pourquoi on ne la fait pas, la séparation?» L'ami qui répond : «Il faudrait qu'on sépare tout ça équitablement, en 10 provinces ? ce ne sera pas évident...» Et Benny-le-kid, qui avait tout écouté depuis le début, sans trop intervenir, d'ajouter : «Bin c'parce qu'on est encore trop petits pour être une dictature»... Ça promet. Canada, attache ta tuque !
Author: "Josée-Martyne"
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Date: Wednesday, 24 May 2006 03:54
Vous devez trouver que le temps passe... que rien ne s'écrit... mais c'est que vous êtes dans mon ancienne maison, hein... J'ai reçu mon relevé de visite de la semaine, et pis qu'est-ce que je vois ? Que ça passe encore en centaine dans l'ancien appart ! Voilà... suivez-moi. Je suis ici maintenant. . Ici. Ailleurs. Parce qu'il manquait de pièces, qu'il manquait d'ordre aussi... Et les couleurs, pouah, j'vous dis pas... J'ai acheté ma propre maison, que je suis en train de décorer. Allez, vous corrigez vos liens, là, hein ? Intellexuelle : la suite...
Author: "Intellexuelle"
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Date: Tuesday, 09 May 2006 18:41
Déménagée ! Ouf ! Qui m'aime me suive ! Comme quand on laisse une maison pour une autre, un brin de nostalgie par ci, une peur de l'inconnu par là... Mais je pense avoir fait ça comme une grande. Il reste bien des ajustements à faire, mais au final, je suis chez moi ! Ma première vraie maison «blog» à moi toute seule ! Http://www.intellexuelle.com Vous venez prendre un verre ? Allez, je vous invite ! J'ai une vraie maison-heu, et c'est à mon nom-heu !
Author: "Intellexuelle"
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Date: Friday, 21 Apr 2006 16:03
L'EXception et moi, un soir particulièrement bien arrosé...

Hier midi, couchée sur la table de torture, en train de me faire cramer le poil, entre deux bips-bips-scrrrrtccchhh du laser, je me rends compte que je suis en train de dire à Maryse, la gentille technicienne, «J'te l'dis, je le recommande à toutes les femmes» !!! Et je parlais de mon ex, Jean.

Drôle d'histoire que la nôtre... Je connais Jean depuis des lunes. Quand il est arrivé au Lac, directement de son Yamaska, j'avais à peine 14 ans. Immédiatement, il est tombé dans l'oeil de ma bonne amie, Anik. À plusieurs reprises, nous avons été ensemble, Anik, Jean et moi. Jamais rien, jusque là, ne m'aurait permis de penser que...

Quelques années plus tard, j'apprends qu'il va se marier avec Isabelle, une autre bonne amie de l'époque. Wow ! Drôle de coïncidence ! (Roberval, c'est pas très grand. Presque toutes les filles avec qui tu vas à l'école deviennent tes amies, si t'es pas trop chiante.) Jamais rien, jusque là, ne m'aurait permis de penser que...

Les mois passent. Un soir, pendant la Traversée du Lac, en marchant dans les rues, je recroise Jean qui est, cette fois, aux bras de Sylvie. Nan, bande de pervers, il n'était pas «avec». Juste en compagnie de. Bon ! Depuis tellement longtemps, Sylvie est la meilleure-amie-de-Jean-et-non-je-couche-pas-avec-on-est-amis-un-point-c'est-tout-oui-ça-se-peut. Sylvie, c'est une légende vivante. Une des femmes les plus extraordinaires que je connaisse. La plus folle aussi. Elle me dépasse largement en folie brute. LARGEMENT. Irrésistible, charmante, drôle, maniaco, sans pudeur, toujours sur un high - ou sur un low- mais rarement plate, pas-barrée-à-5, comme on dit par chenous. Sylvie + Anik + Isabelle + Moi = amies. La quadrature du cercle, genre. On se connait toutes. Amies depuis le primaire. On peut passer des mois sans se donner de nouvelles, et puis rappliquer comme ça, chez l'une, chez l'autre, sans avertissement, pour reprendre exactement là où on s'était laissé. Jean, donc, m'apprend qu'il est fraîchement divorcé. On fait la fiesta du «Souper dans les rues» pendant un moment, et puis chacun retourne à sa casa. Salutations faites, tout le monde est «à jour» dans le potinage de région. Jamais rien, jusque là, ne m'aurait permis de penser que...

Quelques semaines passent... Un soir, dans un des trois bars de mon patelin, je croise Jean. Tout sourire. Accompagné de son meilleur ami - qui, de fait, est devenu le parrain de Benjamin, quelques années plus tard ! On se questionne : «Et toi, ça va ?» «De la nouveauté ?» «Ah oui, encore célibataire ?» «Ah, moi aussi...». Et je lance, comme une grosse blague, comme juste-pour-faire-rire, comme pas-sérieusement, avant de retourner à ma table où m'attendaient mes amies, «alors on se «cruisera» demain, si on se revoit».

Le lendemain, poussée par un infime moment de lucidité de la veille, je me souviens de ce que je lui ai dit. Drôle, quand même. Jamais, jusque là... bin... peut-être, finalement...

On s'est revu. Je suis allé le «trôler». Il m'a invité... et blablabla. À la fermeture du bar, on est allé manger. [...]. Et puis quand il est venu me porter chez moi, vers 5 heures, comme je n'avais pas de café à proposer, je lui ai dit : «Je t'ai acheté une brosse à dent ce matin, tu veux venir l'essayer ?». On a vécu ensemble à partir de ce moment là.

Benjamin est né l'année suivante, tout juste après la fin de mon secondaire, que j'avais finalement décidé de terminer. Jean m'a annoncé, un matin : «Je pense que ce programme là est pour toi», en me remettant le programme du cégep. Ah oui, vraiment ? J'ai regardé, j'ai acquiescé, j'ai terminé le DEC deux ans après. Puis le temps, le déménagement à Québec, l'Université, son nouveau travail, le temps, encore, la vie qui se charge de nous changer, juste assez pour que plus rien ne soit comme avant... Ça aura duré cinq ans. Cinq magnifiques années. Et un matin, comme ça, un matin plus clair que d'autres, un autre matin, simplement, on s'est regardé et on a su. Que ce n'était plus comme avant. Que ce n'était plus «ça». Pas de cri, pas de crise, pas de chicane. Juste la constatation. Et ce qui s'en suit.

Depuis, Jean est toujours là. Comme un de mes meilleurs amis. Comme le père de Benjamin, aussi. Comme... Jean. Une force tranquille, un ange de patience, un bon vivant, un attentionné à deux pattes. On s'appelle 3-4 fois par semaine. On se voit aux 2 semaines pour s'échanger fiston pendant les weekends. On s'invite à souper. Tout comme avant, excluant la vie en commun et le coeur amoureux.

Je racontais, hier, à Maryse : «Tellement attentionné que quand j'arrivais de l'école, complètement crevée, il allait me faire couler un bain et pendant que je me prélassais sur le divan, il m'amenait un verre avec l'eau du bain, juste pour que je puisse lui dire si la température de l'eau était bonne...». «Tellement attentionné qu'à chaque semaine, je recevais un bouquet de fleurs, toujours différentes, selon l'humeur...». «Tellement attentionné que tous les jeudis, avant d'aller au boulot, il me demandait ''ce que je voulais écouter cette semaine'' et revenait avec le CD que j'avais choisi...». «Tellement attentionné que pendant 5 ans, chaque matin, dans un petit cahier ligné, il m'écrivait quelques mots. Au total, on doit bien avoir 150 cahiers...».

Mais pourquoi tu n'es plus avec lui, espèce de malade, que je vous entends penser !!! Je vous l'ai dit, tantôt : c'est la vie qui s'est chargée de nous mener sur d'autres chemins. Et c'est très bien ainsi, d'ailleurs. Ça lui a permis de sortir de l'enfer de mon caractère de chat mouillé, et ça m'a permis de rencontrer l'Autre. Et justement, mon Mec, dans tout ça ??? Mon Mec, il l'adore, mon EXception. Ils s'entendent bien, parce qu'il n'y a aucune rivalité. Chacun a son rôle, parfaitement. Quand Jean reste souper ici, c'est souvent mon Mec qui lance l'invitation. Même chose quand ils partent ensemble en bateau. Ça fait longtemps que ces choses-là ont été réglées, entre nous : «Jean, c'est un des meilleurs gars du monde, c'est le papa de Benjamin, c'est mon presque-meilleur ami, et ça sera le tien aussi, si tu le vois autrement que comme un ex.» Évidemment, la première fois que Jean est venu dormir à la maison, parce qu'il était en vacances au Lac, mon Mec a fait les gros yeux... C'est assez rare qu'on invite l'ex à faire dodo chez soi... Reste qu'avec le temps, ils se sont connus, se sont apprivoisés, et maintenant...

Mon Mec affectueux - et soûl - et l'EXception - aussi soûl, finalement !
Jean part en Afrique avec Benjamin pendant 2 mois l'hiver prochain. Sa soeur, qui y vit, va se marier là-bas. Et devinez qui ils ont invité à se joindre à eux ? Ouais, nous. Parce qu'on s'aaaaaaaadoooooorrrrrre !

L'amitié entre ex-conjoint ? Je sais, je sais, ça n'arrive pas tous les jours. Un vieux dicton scande qu'on : «choisit son conjoint, jamais son ex». Et parfois, c'est plutôt l'inverse... Mais... Oui, c'est possible. C'est même très faisable. Et tellement agréable !

Author: "Intellexuelle"
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Date: Monday, 17 Apr 2006 15:40
Au commencement, il y eut La Matou(e). J'ai déjà expliqué dans un billet MSN Space, que j'ai ramené ici lors du transfert, les «origines de La Matou(e)». En déménageant sur Blogspot, sachant qu'il y avait déjà un matou dans les parages, j'ai créé l'intellexuelle. Un jour, j'ai reçu un courriel d'un lecteur frustré : «Pourquoi ça s'appelle intellec-sexuel et que le contenu n'est pas cochon ?» Subtil à souhait. Pffff. Je vais te le dire, moi, pourquoi c'est pas «cochon»... De prime abord, une petite recherche : mon ami Bob [Le Robert Illustré] me dit qu'une intellectuelle, c'est, entre autres, une «personne dont la vie est consacrée aux activités de l'esprit.» Ça me va. Il me dit ensuite que l'adjectif sexuel, c'est, entre autres, ce qui est «relatif au sexe, aux conformations et fonctions particulières du mâle et de la femelle, de l'homme et de la femme.» Ça me va également. Comment mélanger tout ça ? Un soir, entre ami(e)s, comme souvent, on délirait sur tout et sur rien. Quelqu'un, surement celui qui avait un pichet de plus que nous dans le corps, a demandé si ça avait «un nom», tous mes jeux de mots «pervers». Tout ce que mon «oreille» sexuée entend et transforme à sa guise. Tout ce que j'interprète sous l'angle cochon/pervers/sexué/dépravé/libertin/vicieux. Par exemple, si j'entends un couple qui parle à la table voisine, disons de leur voiture. Le mec : «Tu peux l'amener au garage ?». La dame : «Oui, je m'en occupe, elle a besoin d'un changement d'huile». Inévitablement, je vais imaginer que c'est une façon subtile de la part du mec de demander à sa belle si elle veut baiser. Je rentre mon machin dans ton garage...tu t'occupes tu changement d'huile... pfff... Ma soeur, qui dit à son conjoint : «Ça ne veut pas entrer», en parlant d'une bague qu'elle veut porter. Son conjoint lui répond : «Met de la vaseline». Et moi : «Noooon, de la vaseline, c'est à base de pétrole, les gynécos le déconseillent, ça risque l'infection...». Eux : «???». Hier, au cours de conduite moto. Le moniteur : «Alors, qu'est-ce que vous avez préféré de votre cours aujourd'hui ?» Moi : «C'est quand Pierre-Luc et moi on s'est couché ensemble». Les autres : «???». Quand on a couché la moto, dans un grand virage, ensemble, deux sur la moto là... Littérairement parlant, au cégep, puis à l'université, j'ai «financée» une partie de mes études en vendant des textes trois-zixes à certaines revues. Et les textes que je ne vendais pas se retrouvaient quand même sur le «marché», via le web. Le monde est pervers... Bref, l'ami qui avait une pinte de plus que nous a lancé la phrase proverbiale suivante : «Une intellectuelle qui parle toujours de sexe, est-ce que ça a un nom ?». Après une légère tempête d'idées, on a trouvé «Intello-perverse» qui a été rejeté. Puis «Nympholettrée» qui n'a pas fait l'unanimité. Enfin, la contraction d'intellectuelle et de sexuelle est arrivée. Et l'Intellexuelle est née. Simplement. J'imagine que nous avons tous nos histoires de surnom. Quelle est la vôtre ?
Author: "Intellexuelle"
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Dé[sens]   New window
Date: Tuesday, 04 Apr 2006 16:07
J'ai déjà entendu ça quelque part : «Ignorance is bliss». Ça veut dire, en gros, que de ne pas savoir, c'est p't'être mieux de même. Ce qu'on ne sait pas ne fait pas mal... Ce qu'on ne voit pas, également. De même que ce qu'on ne veut pas voir. Les inspecteurs, par exemple, se servent beaucoup de la lecture du non-verbal. Les enquêteurs de toutes sortes, aussi. Les profs. Les amis. La famille. Nous, tous. D'instinct. J'ai voulu pousser l'instinct un peu plus loin, dans mes études. J'ai passé deux sessions en mode «enseignement particulier» [i.e. que le cours qui m'intéresse n'existe pas, qu'il faut le créer sur mesure, et se trouver un prof, quelque part, capable de «juger» nos avancés sur les études. Ça s'appelle «lectures dirigées» à défaut de trouver quelque chose d'approprié.] Mon «cas» : la communication non-verbale. D'abord par la synergologie, ensuite par les règles «non-écrites», les comportements physiques, les bonnes manières, le protocole, la «manipulation», l'argumentation par le physique et j'en passe... Depuis, j'ai poussée encore plus à fond l'étude comportementale physique. Ateliers, séminaires, lectures, prise de notes, études, blablabla. Aujourd'hui, on fait appel à moi dans plusieurs situations qui sont hors de mon champ de compétence principal, parce que, de bouche à oreille, on se «dit» que je peux analyser n'importe «qui», dans n'importe «laquelle» des situations. C'est très pratique, en entreprise, lors de la création d'un nouveau c.a, par exemple, pour étudier les interactions entre les membres. Ou en entrevue d'emploi, pour analyser ce qui n'est pas dit... Dernièrement, j'ai eu à vivre un moment de pure «ignorance is bliss». Là où un comportement physique, animal, non-verbal était en totale contradiction avec les réponses verbales. Incroyable ! Je n'avais jamais assisté à une antithèse communicationnelle du genre, aussi parfaite, aussi bien maîtrisée. Imaginez une personne qui dit «oui» mais fait «non» avec sa tête. Imaginez le blanc, puis entendez le noir. Imaginez ce que vous voulez entendre... puis entendez-le. Bref, au restaurant, samedi dernier, tout était complet, les tables étaient très rapprochées, et mon Mec et moi avions comme voisins un jeune couple. Dans la vingtaine environ. Jolie madame, joli monsieur. Ils riaient souvent. On pouvait entendre jusqu'à leurs murmures. C'était mignon... À l'entrée, ils avaient déjà discuté de leur dispute de la semaine précédente. À la soupe, ils en étaient à la reprise de la vie en commun. Au plat principal, ils se minouchaient et se disaient que peu importe, ils s'aimaient. Aux fromages-porto, ils repartaient de plus belle en croisière prochainement. Au sorbet, le monsieur veut savoir «la vérité». Parce que pour lui, c'est primordial. Question de respect. Question de pouvoir «refaire» vie commune avec la madame, sans se tromper, sans avoir peur. Question de clarifier la situation. Elle voulait partir. Ils ont terminé la bouteille de rouge. Il a commandé des cafés brésiliens. Elle lui a tout raconté. Nous avons tout entendu. Je vous passe les détails, mais madame racontait son aventure avec l'ami de monsieur. Où ils ont fait «ça», quand ils ont fait «ça», à combien de reprises ils ont fait «ça», depuis combien de temps ils faisaient «ça». En détails. Y incluant le «pourquoi ils faisaient «ça»...» Le monsieur pleurait, c'était triste et pathétique. Il a enlevé ses lunettes et les a déposé à côté de son assiette. Madame a commencé son jeu. Elle lui disait que plus jamais ça n'allait arriver, qu'elle avait perdu les pédales, qu'elle ne savait plus où elle en était à ce moment là, qu'elle s'en voulait énormément, qu'elle ne recommencerait plus jamais, qu'elle l'aimait, lui, et pas l'autre, qu'elle se trouvait beaucoup mieux dans sa maison à lui, tandis que l'autre ne possédait rien (!), qu'elle n'avait jusqu'alors pas réalisé qu'ils s'aimaient à ce point, qu'elle voudrait tout effacer, ne pas avoir miné l'amitié entre monsieur et son ami, entre elle et l'ami de monsieur, blablabla. Juste au «son», la madame n'avait pas l'air sincère. Imaginez au «visuel» ! Tous les signes étaient là. Tous. Les jambes qui bougent sans cesse ; la dame qui s'essuie les paumes sur sa jupe aux 2 minutes ; le nez qui picote et les microcaresses du bout des doigts ; les doigts sur les lèvres ; les boucles d'oreille qui semblent pesantes ; les cheveux à attacher, puis à détacher, puis à torturer, puis à lisser ; le pouce qui gratte la nuque ; les yeux en l'air, puis en bas ; l'intonation trop élevée par rapport aux conversations précédentes ; les élans de sincérité camouflés d'un oeil qui tique souvent, les doigts croisés, les pouces qui s'éloignent, la défensive au mauvais moment : tout, et j'en passe. J'aurais pu demander un «replay» que je l'aurais eu, je crois, tellement la madame a eu l'air d'avoir préparé son speech longtemps d'avance. Le monsieur, à la fin des excuses de la madame, s'est pratiquement dit «désolé» de lui avoir présenté son ami. J'ignore s'il était sincère, il l'a fait tout bas, tout bas. Il s'est agenouillé. À ce moment, je me suis dit qu'il allait ramasser un gourdin par terre et lui en garocher un coup dans les palettes, humilié par tous les mensonges de la madame. C'était tellement évident... Et l'a demandé en mariage. Elle a eu un moment de silence. Comme si elle ne savait pas si c'était une farce (sick) ou une vraie demande. Réalisant que son manège était totalement parfait...et qu'il avait sincèrement voulu la croire. Elle a dit oui. Ou il est à ce point con qu'il est aveugle ; ou il est à ce point aveugle qu'il est con. Mon Mec m'a regardé de travers quand, de ma chaise, j'ai dit, tout bas : «objection» ! Le monsieur ému, a dit à sa future : «t'as entendu chérie, nos premières félicitations». J'ai alors eu la preuve qu'il entendait mal... En se levant pour partir, il a remis ses lunettes. J'ai alors espéré, sincèrement, pour lui, que c'était pour ça qu'il n'avait rien vu de ce qu'elle lui «racontait»... Disturbed - Land of confusion
Author: "Josée-Martyne"
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Date: Thursday, 23 Mar 2006 11:34
Ça faisait déjà quelques mois que je le connaissais. Ça faisait déjà quelques mois que je l'embrassais, aussi. Puis, de jour en jour, je m'approchais. De nuit en nuit, je rendais mes caresses plus accentuées, plus ciblées. J'avais à peine 15 ans. Il en avait 21. C'était un homme, j'étais une adolescente. Je suis devenue femme une nuit de novembre, dans ma chambre de jeune fille. Dans ma tête, toutes les belles images se bouscoulaient et n'arrivaient pas à couvrir cette douleur insondable. Douleur aux entrailles. Parce que j'avais peur. Parce que je savais - en cours de bio, on avait parlé de contraception - que c'était dangereux. Mais j'étais en confiance. Parce qu'il m'avait dit qu'il ferait attention. Que ça n'arrivait pas, comme ça, la première fois. J'étais en confiance, parce que j'étais chez moi, dans ma chambre, dans mon lit, chez mes parents. J'étais en confiance, parce que même ma mère ne m'a jamais dit de ne pas l'inviter dormir. Parce qu'elle ne m'avait jamais mis en garde, non plus, contre les hommes qui rassurent en disant qu'il n'y a pas de danger. Parce que je ne savais pas. Ne pas savoir n'est pas synonyme de confiance, évidemment. Mais synonyme d'innocence. Au sens pur. La première fois, j'ai fermé les yeux. J'avais peur. J'avais froid. Je visitais l'inconnu. Au contraire de l'abandon prôné dans les dépliants pour adolescentes, j'étais si craintive qu'il nous a fallu du temps pour y parvenir. Ma tête disait oui, mon corps criait non. Novembre est passé. Décembre est venu. Une seconde fois, puis une troisième, et, après quelques semaines, une sorte d'ersatz de couple s'est formé. Je commençais à apprécier les aspects ludiques de mes premiers jeux d'amour. Un soir, une nuit, j'ai ramassé toute ma confiance, tout mon aplomb, et ai imposé une protection. Parce que. J'avais des rêves, grandioses. Parce que. J'étais jeune. Parce que. C'était dangereux. Puis janvier est arrivé. Avec les maux de coeur. Les maux de ventre. Les maux de tête. Un passage chez l'infirmière de la polyvalente. J'ai ris, quand elle m'a suggéré de faire le test de grossesse. J'ai ris, parce que c'était impossible que je sois enceinte. Im-po-ss-ib-le. Je prenais mes précautions. Je faisais attention. J'avais oublié cette première fois. Celle qui m'a fait passer de fille à femme, de femme à... mère. J'allais avoir 16 ans. J'allais avoir un enfant. Toute ma vie a été requestionnée, ce matin-là. Entre vous et moi, je n'ai aucun regret. Entre vous et moi, je referais la même chose, le même jour, la même nuit. Entre vous et moi, ce fut un cadeau du ciel de pouvoir mettre cet enfant au monde. Mais également entre vous et moi, ça n'a pas été facile. Toujours entre vous et moi, en ce qui me concerne, j'ai pris la meilleure décision. Celle de prendre mes responsabilités, parce que je le pouvais. Parce que j'avais le soutien des autres. Parce que j'avais une mausus de tête de cochon aussi. Ce matin, je suis tombée sur ce billet. Et puis sur cette chanson, «16 ans», de Gaston Mandeville. Je me suis dit qu'au bout du compte, si je vous racontais, peut-être qu'une mère, qu'un père, quelque part, prendra le temps d'expliquer à sa fille... Peut-être qu'une adolescente, qu'un adolescent, passera par ici, lira ce billet, et comprendra que la pensée magique, c'est toujours aux autres qu'elle sert, jamais à soi-même. Qu'il faut savoir imposer ses décisions et ses volontés, même dans les moments les plus embarrassants. Même dans les moments les plus intimes. Question de respect. Question de vie, simplement.
Author: "Josée-Martyne"
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Date: Tuesday, 21 Mar 2006 11:12
Pourquoi bloguer. Pourquoi venir ici, pratiquement tous les jours, pour écrire un truc. Pourquoi étendre mes idées sur une table mondiale et laisser d'autres yeux y avoir accès. Pourquoi écrire, simplement... À l'université, parfois, quand j'étais au pub, j'écrivais de petits trucs. Et puis je changeais de place, j'allais m'installer au bar, par exemple, et je surveillais la place que je venais de quitter. Parce que j'avais laissé, sur la table, le poème écrit, ou le texte rédigé. Je guettais les réactions de la personne qui allait trouver le papier. Je voulais voir. Ses traits. Ses sourires ou ses grimaces. Son opinion «visuelle». Ça m'est arrivé de voir quelqu'un s'approcher de la table, faire le ménage, jeter le papier sans même le lire. Comme ça doit arriver ici que quelqu'un passe par cette page sans s'arrêter, sans lire. Ça n'a pas d'incidence sur mes écrits, pourtant. Je persiste. Parce que. D'autres fois, je voyais quelqu'un prendre la feuille et la lire. Je voyais ses yeux, sa bouche, ses mains. Je voyais ses expressions. Je savais qu'il lisait. Qu'il aimait. Ou pas. Qu'il faisait des «oui-oui» ou des «non-non». Peu importe, j'étais spectatrice d'une pièce que j'avais mise en scène, et j'appréciais. Mes mots et mes idées voyageaient. Prenaient le large. Faisaient réfléchir, rire ou pleurer. Mais ils vivaient. Ils vivaient. J'écris sur un espace public parce que... ça me plaît. Parce que j'aime écrire, d'abord. Parce que je raconte des histoires, ensuite. Parce que les sujets abordés sur cet espace me touchent, me plaisent, me frustrent. Parce que je veux dire, aussi, parfois. Et puis parce que j'aime l'interaction entre les mots dits et les mots lus. Entre mes billets et vos avis sur ces billets. Entre ma pensée et la vôtre. Parce que j'apprécie vos commentaires. Mais aussi parce que j'imagine vos visages, à la lecture des messages. J'imagine votre voix, quand je lis vos opinions. J'y mets l'intonation. La frustration. Le rire. J'y mets vos propres images, s'il y a un lien. J'écris ici, parce que je me sens bien de le faire. Parce qu'il n'y a pas de frontière éditée. Parce que l'interaction est pratiquement immédiate. À la différence d'un texte publié, j'ai instantanément une idée de mes «lecteurs». Je peux savoir qui me lit, et, quand je regarde les commentaires, ce qu'il en pense. J'écris ici, comme je chanterais ailleurs, si j'avais une jolie voix. Ou pas. J'écris, parce que j'aime le faire. Parce que c'est aussi naturel que de respirer. J'écris parce que.
Et si vous disparaissiez ? Si vous ne me lisiez plus ? Probablement que je me questionnerais. Probablement que j'arrêterais. Ici. Peut-être. Je l'ignore. Une chanteuse que personne n'écoute chanterait-elle encore ? Peut-être. Pour elle. Un danseur que personne ne voit danserait-il encore ? Peut-être. Pour lui. Une blogueuse que personne ne lit écrirait-elle encore ? Peut-être. Pour elle. Parce que. Je lis, ailleurs, plusieurs opinions différentes à propos des carnets personnels, des blogues, des ceci, des cela. Je lis, et parfois, j'enrage. Pourquoi questionner sans cesse un même phénomène ? Pourquoi doit-il y avoir ab-so-lu-me-nt une raison logique et sans faille, UNE raison, d'écrire, peut importe le support ? Un éditeur ne demande pas à l'auteur : «Pourquoi écris-tu ?». À la limite, il peut toujours lui demander «Pourquoi veux-tu publier ?». Limite. Pourquoi tu manges ? Parce que c'est bon. Et que ça m'est indispensable. Pourquoi te laves-tu ? Logique. Pourquoi écrire ? Même réponse. Parce que c'est bon. Et que ça m'est indispensable. Logique. J'ai visité quelques espaces où les adolescents s'ouvrent, dans un langage qui leur est propre. Effectivement, dans certains cas, on nivelle par le bas la langue française. J'ai de la difficulté à comprendre certaines phrases trop «slang». D'autres espaces, adultes. Intéressants ou non. Ce qui me plaît, à moi, ne plaît sans doute pas à la «masse». Et puis ? Ce qui m'importe et me réjouis, c'est qu'ils s'expriment. Qu'ils écrivent. Même mal. Même pour rien. Ils s'ouvrent. Se disent. Avec ou sans talent. Avec ou sans opinion. Avec ou sans jugement. Avec ou sans raison. Bon. Pourquoi je vous lis, maintenant ? Un peu pour les mêmes raisons. Parce que j'aime entrer dans votre quotidien. J'aime caresser vos mots avec mes yeux. J'aime sourire pour une expression, un billet, un commentaire. J'aime savoir ce que les «autres» pensent. Disent. Veulent. Croient. Je vous lis parce que mes amis sont loin d'ici, et que vous constituez un peu une ligne imaginaire d'amitié. Je vous lis parce que vous êtes un ersatz à ma solitude d'adulte, parfois. Parce que mes pauses sont vides sinon. Parce que vos vies me font rigoler, ou pas. Je vous lis comme si, au quotidien, j'ouvrais une vingtaine de roman, et que je poursuivais la lecture d'hier. Page après page. Un roman, une nouvelle, un conte, un poème, qui s'écrivent jour après jour, au fil des événements, au fil du temps. Une page de moi, une page de vous. On ne se connait pas, pourtant. Et en creusant bien, on se rend compte que ce n'est pas avec les mots tissés ici qu'on se connait bien, non. On peut percevoir. Avoir une idée. Croire que et penser que. On présume. Mais tous ces mots ne sont pas moi. Ils sont mots. Ils sont liés dans une histoire, une trame, un début et une fin. Un morceau de moi. Un morceau, ce n'est pas le gâteau ! Ces morceaux de vous ne sont pas vous non plus. Qu'une partie. Laissée. Donnée. Sur une table. Accessible. Universelle.
Author: "Josée-Martyne"
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Date: Friday, 17 Mar 2006 09:43
C'est pas comme si je passais toutes mes journées à essayer d'inventer le coup le plus pendable à faire à Monsieur Mon Mec. Reste que je passe beaucoup de temps à me torturer l'imaginaire pour qu'il puisse se souvenir longtemps de moi. Un peu comme les lubies d'Alexandre Jardin, version moins romantique. Hier soir, tout à coup, m'est venue cette idée mauvaise. Mais très mauvaise. Assez mauvaise pour que je me dise que ça vaut p't'être la peine de l'essayer... Je vous passe certains détails que vous imaginerez vous-même, mais l'idée de départ, c'est que j'aime bien faire des fleuleuleu à mon Mec avec de l'huile. Je fais lever le mini-lui juste avant son départ du matin. Statistiquement, ça rend la journée plus productive... Ordinairement, je me sers de l'huile aromatisée «normale» qu'on trouve dans les sexshops et les pharmacies. Mais là... là... Je m'suis dit que ça pourrait être tellement, mais tellement drôle pour moi, en tout cas, si je vidais plusieurs capsules d'huile de foie de morue, que je mélangerais à l'huile ordinaire. Mettons que le temps qu'il s'en rende compte (frotti-frotta et puis les premières effluves, et puis y'a quand même le plaisir, hein, et puis non, définitivement, y'a une odeur louche, mais le zing-a-zing est bon, mais c'est quoi c't'odeur ?), voilà le mal fait. Y'aura beau se doucher, se frotter et s'assécher nickel, il va quand même rester, le petit relent... Je l'imagine bien, passer sa journée à essayer de ne pas rire vouloir m'étouffer quand il aura une toute petite perception de l'odeur qui le suit... Z'allez pas bavacer là hein ? On garde ça entre nous... ;-)
Author: "Josée-Martyne"
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Date: Thursday, 16 Mar 2006 14:43
Réflexion sur le pouvoir de CHOSE, de TRUC, de VOLONTÉ. Je comprends, aujourd'hui, le besoin qu'ont certaines personnes, de croire en LUI, en un DIEU, en QUELQUE CHOSE.Je me demande même, à ce stade de ma vie, pourquoi je ne «crois» pas. Je suis née dans une famille catholique chrétienne. J'ai été baptisée à quelques mois de vie. J'ai également reçu tous les sacrements «officiels» jusqu'à mes 12 ans. J'ai affirmé «je crois en Lui» ; j'ai dis «je ne suis pas digne de Te recevoir, mais...». J'ai même fais des prières, pendant un certain temps. Le problème, au départ, ça a été la non-implication dans le truc. L'automatisme. Je le fais, je le suis, parce qu'il en est ainsi. Parce que maman-papa-la-famille le fait. Puis est arrivée la révolte. Le tumulte. L'adolescence, quoi ! Est arrivé ce moment où tout bascule. Où les idées reçues doivent être remixées au malaxeur personnel. Où j'ai tout remis en cause ; de ma filiation à mes croyances, de mes désirs à mes réalités.Par choix personnel, par réflexion, par logique, également, j'ai exclus «La puissance supérieure» de ma vie. J'ai choisis l'option «Je suis, moi, je me possède, je me décide, je me façonne, je vis.»Peut-être est-ce parce que j'ai toujours eu un besoin intrinsèque de posséder ma vie, de contrôler les éléments qui y entrent et qui en sortent ; de décider en pleine conscience de ce qui allait exister, être, demeurer, partir, entrer, vivre et se prolonger. À 15 ans, Dieu était «moi». Évidemment, après quelques années «d’abstinence», j'ai fais le tour du panorama, avant d'exclure définitivement la chrétienté de ma vie (Panorama des religions : je suis formée comme étant une chercheure, après tout !) Je suis allé lire les autres. Les plus grandes, en tous les cas. Catholique, Protestant, Orthodoxe, Musulman, Hindouiste, Juif, Bouddhiste...Vous me direz peut-être que la vôtre, de religion, n’est pas pareille, qu’elle répond à tout, qu’elle possède tout, qu’elle est réfléchie plus qu’une autre, qu’elle existe depuis plus longtemps qu’une autre, que…Cela restera sans me convaincre. Je «crois» que je n’ai pas la faculté de croire avec la «foi», sans preuve, sans résultat concret, sans satisfaction logique, sans explication valable. Thomas, qu'il s'appelle, pour les cathos ?Cela étant dit, aujourd’hui, je comprends mieux. Je comprends mieux le besoin de croire. La nécessité de s’en remettre à quelque chose d’autre que soi. Ce personnel appétit de mettre «dans les mains de», et d’attendre. Jusqu’ici, donc, j’avais toujours très bien réussis à me convaincre que seule moi, et moi seule, avait le contrôle de ma vie, que j’étais la mieux placée pour remédier à ce qui me faisais chier, que le «on n’est jamais aussi bien servi que par soi-même» était gravé sur mes foufounes depuis la naissance.Est-ce une relation de confiance que les «croyants» (toutes religions confondues) entretiennent avec leur «déité» ? Est-ce une confiance aveugle, absolue, sans nom puisqu’existante depuis l’entente de départ ? Ce matin, c’est ce que j’aimerais posséder, avoir, comprendre ; j’aimerais savoir que je peux laisser aller mes idées vers «Chose», vers «Lui», vers «Elle», et ne plus m’en préoccuper. J’aimerais pouvoir passer le relais du problème à une supériorité. Donner le problème, et dire, confiante : «Voilà, tu en fais ce que tu en veux, mais arrange-moi le coup, s’te plaît…» Ce matin, j’aimerais croire. Parce que j’ai besoin de croire en quelque chose, j’imagine ? Parce que je me sens seule, j’imagine ? Parce que je me sens trop petite devant l’immensité des décisions qui viennent, qui repartent, qui reviennent, exponentiellement grandies ? Parce que j’ai trop de paramètres à prendre en compte pour rationnellement décider de ceci ou de cela. Parce que je ne connais pas la suite ; parce qu’elle me fait peur, justement. Parce que je me sens si petite, dis-je, devant si grand. Je suis quelqu’un de très conscient, vous savez. Allumée. Au fait. Au courant, si vous aimez mieux. Socialement acceptable. Mentalement stable. Psychologiquement solide. Professionnellement douée. Intellectuellement «ploguée». J'ai fais tous les tests. Mensa m'aime bien. V'voyez, j'suis là. Et, surtout, de là l’objet de mon questionnement aujourd’hui, je suis lucide. La lucidité, c’est cette faculté de voir juste, d’avoir toute sa raison. À moins que... c'est vrai, qu'un moment donné, «arrivé au bout, ça r'vire de bord ?» La lucidité, donc. Je l’ai. Combinée à six longues et prolifiques années, où j’ai appris la maîtrise de moi-même, où j’ai assumé et intégré toutes ses connaissances sur le cerveau humain, sur les réactions humaines, sur les relations humaines. Sur la psychologie en général, sur les communications en général. Sur le spécifique également. Et j’ai l’expérience. Pas une expérience de vie incroyable, je n’ai que 30 ans. Mais ce que j’ai vaut bien des tonnes de bouquins. Parce que j’en ai vu de toutes les couleurs. Une vie en accéléré, finalement. J’ai appris à me contrôler parfaitement. Je suis donc, à mon humble avis, une caméléon-sous-contrôle. Capable de m’imprégner rapidement de l’ambiance, et d’ajuster mon animalité en conséquence. Et j’ai l’instinct. Et le décodage infaillible. Pourquoi je vous raconte tout ça ? Pour que vous sachiez, pertinemment, que je ne suis pas une désespérée inconsciente. Que je ne suis pas une «perdue». Nah-han. Remarquez, je vous raconte peut-être ça, aussi, pour que vous n’ayez pas l’intention de me convaincre (!). Et que vous sachiez que quand faiblesse il y a, je sais la reconnaître. Et y remédier. La plupart du temps. Ou enfin, seulement parce que ça ME rassure de mettre en mots mes idées. Je m’écris un phare, pour ne pas me perdre dans la houle de mes idées. Aujourd’hui, donc, j’ai conscience que mon «contrôle» est restreint sur les événements qui viennent. Que mon équilibre est précaire. Que je ne «maîtrise» plus bien toutes les données. Trop d’inconnues dans mes équations. Plaît-il encore de connaître la valeur de X et Y, voilà que s’ajoutent les A, B et C. J’aimerais donc, vous l’aurez deviné, pouvoir mettre mes «variables inconnues» dans un petit paquet, puis fourguer le tout en «haut», ou en «bas», ou au «centre». Quelque part, simplement, dégagé de moi-même, dégagé de mon entité propre. Les laisser à quelqu’un (ou quelque chose) d’autre, d’extérieur. Ne plus penser. Ne plus accrocher mes mailles sur les coins mal rabotés de mes idées, de mes décisions à venir, du poids de mon futur, et de ce qu’impliqueront toutes les cases cochées, éventuellement. Même «drilée» à la maîtrise de mes émotions, même vaincue à l’adversité, même en ayant ma bat-protection contre les agressions extérieures et même en mettant ma cape antistress (pourtant bien éprouvée !) ; même, donc, en vivant en parfaite maîtrise, comme d’habitude, de mes instincts primaires et secondaires, je me sens envahie. On m’a appris, par forces démonstrations, à me maitriser. À ne laisser transparaître que ce que je veux bien. À gérer le stress productivement. Et pourtant, ce matin, mon corps me signifie qu’il est rempli à pleine capacité : mes petits avertissements «nerveux», comme je me plais à les appeler, sont de retour. En force. (Chez moi, ça se traduit par de petites cloches de stress, un peu comme une forme de psoriasis inconnu des dermatologues (!), sur les doigts. Pourquoi les doigts ? Le prolongement de mes pensées, sans doute !) Je me rends donc compte que je suis envahie par le doute et rongée par le stress quand mes doigts commencent à se faire des amis bubulles. Et ce matin, y’a une dizaine d’amis qui se sont formés sur moi. Imperceptibles à vue, moi, je les sens. Je les sais là, présentes. Me rappelant que je dois impérativement réagir. Que je dois défaire les noeuds des cages qui empêchent mes papillons de voler allègrement, comme ils se doivent de le faire. Et parce que je ne sais pas comment dénouer tout ça, parce que j’ai peur d’avancer pour me rendre compte que j’ai entraîné ma clique dans un marécage, parce que je doute et que je n’aurai confirmation qu’après-coup, parce que je suis dépossédée de ma «force» de négociation, parce que je n’ai que l’option de m’en remettre à «rien» ; j’aimerais croire. Vraiment.
Author: "Josée-Martyne"
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Date: Monday, 13 Mar 2006 14:10
CONFIANCE. n.f. (lat. confidentia). 1. Sentiment de sécurité d'une personne qui se fie à qqn, à qqch. 2. Espérance solide en une personne ou en une chose. 3. Assurance, sentiment de sécurité. 4. Présomption. Au départ, je lui ai dit : «C'est peut-être une mauvaise idée». Ou encore : «Les conséquences pourraient être fâcheuses». Ou pire : «Je le connais bien... c'est un gros risque que tu sois déçu». Il a voulu lui faire confiance. Contribuer. Participer. L'aider. Et, par la bande, se simplifier la vie. Puis, après la pluie, je lui ai dit : «Le temps arrange les choses». Ou encore : «Il n'y a rien pour rien, dans la vie». Ou pire : «On ne pouvait pas savoir...». Je lui ai dit d'avoir confiance. Encore. Et puis de sourire. Même défait. Même floué. Même escroqué. Des bonnes intentions, de très bonnes, même. Et puis la trahison. La colère, la violence. Les accusations ridicules. Maintenant, ne reste que la déception. Immense. Presque insondable. Jusque là, je me suis fait toute petite. Juste là. Pour lui. Pour lui dire que je sais. Que je comprends, aussi. Que sa déception est la mienne. Pour d'autres raisons que les siennes. Mais ce matin, je me rends bien compte que j'ai beau vouloir faire comme si, j'enrage pareil. Je me cache pour enrager. Pour ne pas envenimer les choses. Pour ne pas en rajouter. Je me cache pour planifier l'anéantissement de l'autre. Parce que sa mesquinerie me tue. Quelqu'un que j'aime s'est fait avoir par quelqu'un que j'aimais bien. Quelqu'un que j'aime a mal. Quelqu'un que j'aime se tient, debout, malgré les vents, devant l'autre. Fort. Fier. Et le contexte fait que je ne peux que regarder. La tempête. S'abattre. À moins que...

Author: "Josée-Martyne"
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Date: Friday, 24 Feb 2006 21:00
Arrrrghhhhhhhhh. Ouch. Ayoye. Tabarn... Nicolet (JMD) - Ok, on va tout de suite tirer quelque chose au clair : l'épilation au laser, c'est PAS pas douloureux, d'accord ? C'est même vachement traitre quand tu penses que c'est anti-douloureux et que tu te rends compte que ça fait mal en chien par moment. Dans la pub, siouplaît, faudrait dire : «Une méthode absolument AVEC douleur, et PRESQUE permanente et PAS SI rentable que ça, finalement». Premier rendez-vous, donc, hier avant-midi. J'avais déjà eu mon rendez-vous «d'évaluation», là où une technicienne en poils nous observe les régions à épiler, rend son verdict et communique l'évaluation à la «centrale» épidermique. Hier, c'était pour-le-vrai là. En arrivant à la cabine, la gentille technicienne, à qui l'on sourit, parce qu'on ne sait pas encore qu'elle nous emmènera gaiement dans le monde des masochistes, nous demande d'enfiler un paréo tout blanc. Ensuite on s'allonge sur le lit de torture. Puis la technicienne branche sa machine à torture. Ensemble, on met de jolies lunettes roses qui nous aident, sans doute, à voir la douleur d'une autre couleur. Finalement, après le blabla et le flafla, on débute. Ça fait «scrrrrtssshhhhhhh» après un «biiiiip». En séquence, donc, ça ressemble à : «biiiiip», «scrrrrtssshhhhhhh», «biiiiiip», «scrrrrtssshhhhhhh», «ayoye asti», «biiiiip», «scrrrtssshhhhhhh», «calvaire, c'tu encore bin long ?», «biiiiip», «scrrrtssshhhhhhh», «Heye, c'est quoi l'odeur ?» , «Mon poil qui crame ?», «Ah bon», «biiiiip», «scrrrtssshhhhhhh», «oui, oui, j'suis correcte, on continue», «biiiiiip», «ça fait une heure là hein ?», «scrrrtssshhhhhh», «là sacramant, c'est pire, on dirait», «biiiiiip», «scrrrtssshhhhhhh», «s'cuse moi, je sacre beaucoup aujourd'hui, tabarn...», «biiiip», «scrrrrtsssshhhhhhh», «Bon, la zone bikini, finalement, ça va être une zone boxer, ok» ???. Ainsi de suite jusqu'à complète annihilation des poils. Deux heures à penser que finalement, c'est pas ce que j'avais prévu pantoute. Moi, je me disais avant de partir : «Je vais prendre ce rendez-vous là comme des vacances.» Un genre de break dans ma semaine. Relax. Je m'étais même apporté un livre, hahahaha. Je me disais : «Hey, j'ai vu pire, j'ai accouché deux fois, je me suis fait percer la langue, j'ai deux gros tattoo, une couple d'accident, la douleur, je connais ça...». «Je suis fille du Lac, j'ai été élevée dans la douleur. Chez nous, on apprend à pelleter à 6 mois. À 2 ans, on s'est déjà cassé au moins deux morceaux...» Pfffff. J'ai surtout lu la douleur, ouais. Zéro pantoute de «Anges & Démons». Et le contrat, aussi douloureux que le laser, finalement. À ce prix-là, je fais +1 dans la colonne de gauche et je me ramasse avec un citron de gros kit de nénés tout neufs, qui seront insérés pendant que je serai ENDORMIE. «Tu devrais te mettre de la crème anesthésiante» ; pffff ; «Tu devrais prendre des antidouleurs avant de t'y rendre» ; pffff ; «Tu devrais y aller une zone à la fois» ; pffff. Des fois, comme ça, ça arrive que les autres femmes qui te donnent des conseils soient dans le vrai. Prochain rendez-vous ? Je me badigeonne de crème EMLA, je m'empiffre d'Empracet et s'il reste des valiums, je me paye un clisti de beau trip dans le monde des pu-de-poils. Il m'en reste 6, d'ailleurs, des rendez-vous. «Ce sera de moins en moins souffrant» qu'elle m'a dit, la technicienne. Comme je disais à Patata, ce matin, «j'suis mieux de pas crever avant mes 40 ans, parce qu'avoir enduré tout ça, y incluant le prix, ce serait le pire investissement que j'ai fait dans ma vie !» La personne qui, un jour, a inventé l'adage : «Il faut souffrir pour être belle», c'était une sacreboire de bonne visionnaire. Pis je dois être belle en bâtard ce matin, parce qu'hier, j'ai souffert.
Author: "Intellexuelle"
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Date: Tuesday, 14 Feb 2006 14:29
Toutes ces lettres là ? Oui, toutes. Touchant, hein ? - La Matou(e) Nicolet (JMD) - De circonstance, avec la Saint-Valentin et tout le reste... Je vous raconte ma plus belle fête «d'amour», d'accord ? C'était en février, en 1989. J'avais à peine 15 ans. Période trouble. Troublante. Troublée. J'étais à une sorte de croisée des chemins, entre ici et là-bas. J'avais peu d'espoir en la vie en général, que je voyais bleue, très foncée. Je m'imaginais un monde, et puis sa fin. Rien entre les deux de tangible. De réel. Période adolescente très noire, finalement. Mes plus grandes ambitions m'étaient dictées par l'espoir, du moins, par ce qu'il en restait. J'avais peur de tout, et pour balancer ces peurs, j'affrontais tout. Avec la hardiesse d'une jeune femme, avec les couleurs d'une petite fille. Je blâmais la terre entière et détestais toute forme de beauté. Il n'y avait que la musique. Et les amours. Et encore... Un soir, c'était l'hiver dans mon coeur. Comme dans la chanson. Exactement comme dans la chanson de Cabrel. J'ai tenté d'aller briller à côté du soleil. Comme je peux vous raconter l'histoire, je vous tais le résultat de mes détresses. Cela dit, une de mes amies a eu l'idée de me «réinsérer» dans le «monde vivant» en me proposant d'être participante, le temps d'un weekend, à une session de formation personnelle. Je ne pouvais mieux tomber : j'avais besoin de support, besoin de preuves qui me diraient que la vie était vivante, au final. J'ai accepté, comme dans «qu'est-ce que j'ai à perdre ?» La fin de semaine en question m'a peu apporté, en soi. Mais ne serait-ce que pour ce que je vais vous présenter dans quelques instants, elle valait toutes les ratées du monde ; elle valait tous les espoirs du monde ; elle valait son pesant d'or. Une des activités du weekend consistait à prendre conscience de «l'amour» qui nous «entoure» et qu'on «oublie» trop souvent. Pffff. J'y croyais peu. Si peu. Et pourtant. Moi qui me disais seule, qui me sentais seule, qui me voyais seule... Un des moyens de prouver aux participants qu'ils n'étaient pas seuls, et qu'ils ne l'avaient jamais été, fut de trouver, à «l'extérieur», une personne qui nous connaissait et de l'envoyer en mission. J'ignore comment les organisateurs de l'activité ont recruté les missionnaires. Cette personne «extérieure» à l'activité devait parcourir la terre à la recherche de gens prêt à témoigner amour et affection aux participants. J'ai eu la chance d'avoir une de mes tantes comme missionnaire. Pendant plus d'une semaine, à mon insu, elle a fait le tour de la famille, des parents, des oncles, tantes, cousins, cousines, puis des ami(e)s proches, des connaissances. Chaque fois, leur demandant, pour mon «bien», d'écrire sur un petit bout de papier un mot gentil à mon attention. À la fin du weekend, dans une des dernières activités, les participants sont invités à s'isoler un peu. Puis à ouvrir le paquet qui leur est adressé. Le mien était là. Avec mon nom. Un gros paquet, avec un ruban rose. Nous étions environ deux dizaines, dispersés ça et là dans la salle. Nous nous regardions, ne sachant pas à quoi s'attendre de ces drôles de paquets «d'amour». Puis j'ai ouvert le mien. Défait le gros ruban rose. Pris la première lettre. Un mot de ma grand-maman Annette : «Martyne est spéciale, tellement spéciale qu'il n'en existe qu'une, celle-là, la mienne, que j'adore depuis si longtemps. Je t'aime ma grande, mamy Annette.» Wow. J'étais estomaquée. J'ai pris la seconde lettre. Un mot de mon papa : «Tu sais ma matou qu'on ne se dit jamais qu'on s'aime, c'est trop difficile chez nous. Mais voilà que je profite de l'occasion pour te le dire, et pour te le dire assez souvent que tu t'en souviendras jusqu'à tes vieux jours : je t'aime, je t'aime, je t'aime... Papa.» Ok, les larmes. J'ai compris, là, après la deuxième lettre, ce qu'était le paquet. Mamy Georgette qui m'a écrit que j'ai été sa première petite fille et que «comme toutes les premières, tu dois franchir les barrières et briser les sceaux»... Autant de témoignages que de connaissances. Autant de gens qui me disait leur amour, leur amitié. Mes tantes. Mes oncles. Des cousins, des cousines. Mes grandes amies. Mercédès, Audrey, Annick. Des connaissances de la polyvalente, aussi. Un ou deux profs. Tous ces gens qui m'avaient côtoyés, qui me connaissaient un peu, me souriaient. Inutile de vous dire que je garde précieusement, très précieusement, ces dizaines de témoignages. En cas de déprime, de cafard, d'ironie du monde, je plonge dedans. Pour me souvenir. Qu'ils sont tous là. Pour moi. Si jamais... Au moins une fois dans une vie, à mon avis, tout le monde devrait pouvoir recevoir de tels témoignages. Je vous encourage fortement à organiser une telle mission à un de vos proches. Sourires éternels garantis. ...et tous mes remerciements à tante Henriette, qui s'était pliée à l'exercice. Ça n'a pas du être évident, ni facile, et pourtant... Si tu savais, tatty, à quel point tes efforts ont changé ma perception de la vie, ma perception du monde... Merci. Bonne fête de l'amour, en général, à tous !
Author: "Josée-Martyne"
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Axiome 1   New window
Date: Wednesday, 01 Feb 2006 11:46
«Justement, j'ai rien fait !» «Ne rien faire, c'est aussi faire !» - La Matou(e) Nicolet (JMD) - Je vous entretiens peu de mon boulot. Confidentialité et professionnalisme obligent. Mais je vais dire, tout haut, ce que j'ai envie de crier, tout bas. Parce que les communications, finalement, m'apparaissent comme une tare d'évidences. Je me sens comme les Danaïdes. Ou Sisyphe. Plongés dans d'éternels recommencements. Je vous explique mon boulot ? 1) Un contrat d'audit communicationnel, en gros et en résumé, c'est une analyse des systèmes communicants dans une entreprise donnée. 2) Un(e) conseiller(e) en communications organisationnelles, c'est moi, entre autres. 3) Un rapport final, en gros et en résumé, c'est la présentation des résultats de l'analyse des systèmes de communications dans l'entreprise, accompagné de recommandations et, dans mon cas, de blocs d'interventions possibles. 4) Une partie de mon boulot (2), donc, est d'effectuer certains audits communicationnels (1) dans certaines entreprises et de produire un rapport final (3) qui mènera, parfois, à des interventions correctives. En image : une série de photos qui permettent à l'entrepreneur/DG de «voir» où se situent certains problèmes, un peu comme le jeu des «7 erreurs». Deux images, donc : la première est donnée par l'entrepreneur/DG comme étant l'image «perçue» de son entreprise. La seconde étant donnée par un conseiller externe comme étant l'image «réelle» de son entreprise. Quand les deux images se ressemblent, c'est la joie : le problème, s'il y a problème - mais logiquement, quand on m'appelle, c'est très rarement pour me demander de venir régler un «y'a rien» en préventif...- se situe à un autre niveau. Dans mon cas, en bref, quand les deux images discordent, j'ai du boulot. Et les deux images discordent souvent. Pas que je fasse exprès de déterrer les cadavres ou d'ouvrir les garde-robes, non. Plutôt parce que c'est souvent, souvent, souvent, au niveau des communications que les gens tendent à avoir de petites faiblesses. Encore plus souvent à propos de l'axiome 1.
École de Palo Alto - [Une logique de la communication] - Axiome 1 de Paul Watzlawick : On ne peut pas ne pas communiquer.
Pour ceux qui désirent approfondir tous les axiomes, visitez ceci. «On ne peut pas ne pas communiquer», donc. Ce qui signifie que même les silences, parfois, sont chargés de sens. Même le non-dit est une «intervention». Ce que l'on tait, ce que l'on ignore consciemment - ou non, ce que l'on perçoit et évite, ce qui se trame sans intervention, c'est aussi de la communication. Ne «rien faire» est faire. Parce que ça signifie, au final, que la décision prise, en ce cas, est d'ignorer l'autre. Ignorer le problème, si problème il y a. Dans la majorité de mes interventions, je dois inculquer cette notion d'impossibilité de non-communiquer. Parce que trop souvent, les gens pensent, à tort, que tout «passera». Que le temps va arranger les choses. Que, comme dans le vieil adage, le silence est d'or. Il n'en est rien, dans bien des cas. Chaque fois, j'ai ce refrain en tête : «Then it comes to be that the soothing light at the end of your tunnel is just a freight train coming your way...» Et bang ! L'absence de réaction est perçue comme un retrait, comme un je-m'en-fout. Tout est subjectif. Encore plus en milieu de travail. Un(e) DG reçoit une plainte verbale. Il l'entend. L'écoute-t-il ? Dans toute sa bonne volonté, il décide de ne rien faire, croyant que le temps arrangera les choses. La personne qui a formulée la plainte attend des réactions, un changement, une amélioration. La situation dégénère, rien ne se passe [mais tout se crée...]. Cette personne hésitera à reformuler une plainte, ne sachant si oui ou non il y a eu intervention. La direction générale croira le problème résolu «de soi» et fermera un dossier qui n'a jamais été ouvert. La personne plaintive devra faire face, seule, à ses problèmes. Se sentira exclue ou incomprise. Selon les cas, selon la gravité des actes, des paroles ou des tâches contestées, s'en suivra une escalade vers la démotivation, vers le harcèlement, vers les problèmes. Et bingo, j'ai du boulot. Jusque là, ça me va. La plupart du temps, ça s'arrange. Là où je fais la grimace, c'est quand on m'annonce que le/la plaintif/ve se retrouve dans une situation abracadabrante, parce que quelqu'un, quelque part, n'a rien amélioré à ses méthodes de gestion. Et dans ces cas-là, j'ai tellement envie de dire : «L'inaction, très cher, c'est agir en silence...»
Author: "Josée-Martyne"
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