TEST CRUCIAL
"Les célébrations du 31e anniversaire de la révolution islamique
qui ont débuté lundi 1er février
et culmineront par une journée de défilés et de manifestations, le 11 février,
s'annoncent comme un test crucial
pour la cohésion du régime et la survie du mouvement de protestation civile,
né après l'élection contestée
du président Mahmoud Ahmadinejad, en juin"
* *
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La révolution en dérive
A partir du début des années quatre-vingt, la société post-révolutionnaire est confrontée à une conjoncture de guerre mais aussi à une situation économique et politique de plus en plus difficile, en contradiction flagrante avec les espérances soulevées à l'aube de la révolution où on promettait à chacun " son baril de pétrole ", son " droit au pétrole " spolié par le régime impérial, ou bien encore un développement harmonieux après la disparition du régime " démoniaque " du chah.
L'état de la société, à peine un an après la révolution, est en contradiction flagrante avec les rêves caressés au début du mouvement révolutionnaire... Source ConflitsRevue.org
Farhad Khosrokhavar
Farhad Khosrokhavar
Farhad Khosrokhavar
Il est nécessaire de rappeler ce que faisaient les gardiens de la révolution
aux opposantes emprisonnées dans les prisons de Khomeiny.
Le matin, quelques heures après les mises à mort,
le milicien se rendait au domicile de la famille de la victime
et annonçait aux parents tremblant pour la santé de leur fille :
« je suis venu vous remettre le dot de votre fille qui brûle en enfer
car elle a connu dans ma couche les joies de la jouissance d’un homme, moi ».
سپاه پاسداران انقلاب اسلامى anonyme 1980
Une histoire sordide que de nombreux iraniens ont eu à vivre,
tous ceux qui avaient un être cher arrêté au hasard des rafles,
au hasard de l’envie de posséder une femme.
Source Iran resist
Les négociations sur le nucléaire, qui reprennent lundi à Vienne entre les cinq pays du Conseil de sécurité plus l'Allemagne et l'Iran, ne suscitent guère l'optimisme.

Par
Isabelle Lasserre et Delphine Minoui 091019
L'Iran a averti lundi matin qu'il procéderait par ses propres moyens à l'enrichissement de l'uranium à 20% en cas d'échec des négociations qui commencent lundi à Vienne. En cette matinée de juin 2009, l'ambiance est morose à l'université Sharif de Téhéran, l'équivalent de notre École polytechnique. À la télévision d'État, le régime ne cesse de se targuer de ses «avancées technologiques» en citant l'exemple du programme nucléaire, «développé à des fins civiles». Pourtant, dans les laboratoires de recherche universitaire, le doute s'installe. «On n'arrête pas de nous parler de progrès scientifiques, mais comment expliquer qu'à la faculté nous manquons cruellement de moyens pour mener à bien nos propres expériences ? Nos dirigeants ne seraient-ils pas en train d'utiliser notre soi-disant fierté nationale pour fabriquer en douce une bombe atomique ?», s'interroge Mahmoud, étudiant en chimie.
Quatre mois plus tard, c'est animés par ces mêmes doutes que les Six (États-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne, France et Allemagne), qui veulent «donner sa chance au dialogue», reprennent lundi à Vienne, siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), les discussions avec l'Iran. En jeu, un accord destiné à permettre le retraitement à l'étranger de 1 200 kg d'uranium iranien faiblement enrichi, pour s'assurer qu'il ne sera pas détourné à des fins militaires : la fabrication d'une bombe nécessitant un taux d'enrichissement supérieur à 90 %, contre une capacité actuelle de 5 %. «Ainsi, les Iraniens n'auront plus accès à la matière. Ce qui donnerait davantage de temps pour résoudre la crise», explique un diplomate occidental.
La confiance altérée
À Paris, dans les couloirs des cabinets ministériels, on reconnaît pourtant que les jeux sont loin d'être faits. D'abord, parce que « la principale exigence des Six reste le gel du programme nucléaire, et que, sur ce point primordial, Téhéran n'a toujours pas répondu », précise le même diplomate. Ensuite, parce que les Européens négocient sans relâche avec l'Iran depuis six ans et qu'aucune de leur offre n'a jamais été acceptée par Téhéran. Pourquoi le régime, qui s'est encore durci depuis, dérogerait-il cette fois à la règle ? D'autant plus que la dissimulation de ses installations nucléaires pendant 18 ans - avant la révélation, en 2003, de l'existence du site d'enrichissement de Natanz - a, depuis longtemps, altéré la confiance.
Le seul fait d'enrichir de l'uranium ne constitue pas une violation du traité de non-prolifération (TNP), dont l'Iran est signataire. Cependant, de nombreux indices étayent aujourd'hui les soupçons de la communauté internationale. Téhéran a bénéficié de l'aide du réseau clandestin de prolifération nucléaire du Pakistanais Abdul Qadeer Khan. L'acquisition, par la République islamique, de plusieurs milliers de centrifugeuses et l'accélération des activités d'enrichissement sont incohérentes avec un programme nucléaire civil, la centrale électrique de Boushehr ne pouvant être alimentée que par du combustible russe, selon un accord signé avec Moscou. Des plans représentant des demi-sphères d'uranium destinées à fabriquer une bombe nucléaire ont été communiqués à l'AIEA. Le pays a procédé à des tirs de missiles de longue portée… La liste est loin d'être close, et la récente révélation de l'existence d'un nouveau site nucléaire, clandestin, à Qom, dont la création a été décidée en 2003, à un moment où l'Iran s'était engagé à geler son programme nucléaire, a encore alourdi le dossier. Les inspecteurs de l'AIEA viennent d'obtenir l'autorisation de le visiter, le 25 octobre, mais ils n'ont aucune garantie que leur déplacement leur permettra de connaître dans les détails le plan des installations.
Dans ces conditions, est-il encore temps d'arrêter le programme nucléaire iranien ? Et si oui, comment ? « La communauté internationale est persuadée de la nature militaire du programme nucléaire iranien. Nous sommes passés au stade supérieur : comment faire marche arrière ? », concède un diplomate proche du dossier. Un temps soupçonnée d'avoir voulu imposer une vision politique et pacifiste de la crise iranienne, sous la houlette de l'Égyptien Mohamed el-Baradei, l'AIEA, dans un récent rapport confidentiel cité par le New York Times, estime que l'Iran a désormais acquis « suffisamment de connaissances pour pouvoir élaborer et fabriquer une bombe atomique ». Selon les experts, la communauté internationale disposerait encore de quelques mois avant que ne soit franchie la « ligne rouge », le passage de cette « connaissance » à la « réalisation ». Mais le temps de la prévention est désormais compté. Car, comme l'écrit Thérèse Delpech, directrice des affaires stratégiques au CEA (Commissariat à l'énergie atomique), dans le dernier numéro de la revue Commentaires, « la dissuasion à l'égard de pays qui cherchent à se doter d'une arme nucléaire commence bien avant l'acquisition de l'arme ».
Rallier Moscou et Pékin
En cas d'échec des discussions, les Six envisagent de passer à la phase suivante, celle des sanctions dites lourdes, comme ce projet d'interdire à l'Iran l'importation d'essence : le pays, grand exportateur de pétrole brut, importe 40 % de son essence, faute de capacités de raffinage suffisantes. Jusque-là, les mesures d'embargo ne visaient que les activités économiques liées au programme nucléaire, en raison de l'opposition de la Chine et de la Russie. La stratégie occidentale, qui consiste à essayer de rallier Moscou et Pékin, en s'appuyant notamment sur la décrispation de la politique étrangère permise par l'élection de Barack Obama, permettra-t-elle de contraindre Téhéran ? « Nous pensons que le régime a du mal à prendre une décision stratégique. Et nous espérons que le consensus qui existe au sein de la classe politique iranienne sur le programme nucléaire puisse se fissurer si le prix à payer devient très élevé », confie un proche du dossier. L'adoption de nouvelles sanctions servirait également d'exemple pour les autres pays tentés de développer un programme nucléaire militaire. « Il ne faut pas donner l'impression que le crime est impuni. Il faut à tout prix dissuader les autres pays d'imiter l'Iran », résume un diplomate.
Mais, là encore, les Occidentaux n'ont aucune garantie de succès. Malgré l'annulation du projet de bouclier antimissiles américain en Europe centrale et la main tendue d'Obama, la Russie estime qu'il est encore « trop tôt » pour prendre de nouvelles sanctions contre l'Iran et qu'il convient pour l'heure de « ne pas effrayer » le régime de Téhéran. Désormais placée au cœur de la diplomatie mondiale, la question du nucléaire iranien a peut-être, en outre, acquis un caractère plus inquiétant qu'avant, avec la montée en puissance des Gardiens de la révolution, favorisée par la réélection contestée d'Ahmadinejad, et dont les prises de décision pèsent de tout leur poids dans la balance militaire comme politique. À cette mauvaise nouvelle, s'ajoute la relative faiblesse de l'Administration Obama. En difficulté sur la scène politique intérieure, où il peine à imposer sa réforme phare, celle de la santé, le président américain recherche, souffle-t-on à Paris, un succès diplomatique sur le front iranien. Décidé à faire oublier les mauvais souvenirs laissés par l'Administration Bush et son aventure irakienne, il donne la priorité au dialogue. À Paris, certains redoutent qu'il se résigne à des concessions vis-à-vis de l'Iran, ou laisse filer le temps.
«Une stratégie de fait accompli»
« Ce qui manque à l'Amérique, ce ne sont pas les bonnes intentions, elle en a à revendre, c'est la capacité de résoudre les crises. Elles sont trop nombreuses au Moyen-Orient, en Extrême-Orient, en Asie centrale, pour se contenter de discours », écrit Thérèse Delpech dans Commentaires. Alors qu'en 2003, pendant la crise irakienne, l'administration américaine avait exagéré et gonflé les informations fournies par les services de renseignements, tout se passe aujourd'hui comme si la nouvelle Maison-Blanche, devenue très prudente, sous-estimait les rapports des agences. En face, l'Iran d'Ahmadinejad exploite habilement les hésitations des États-Unis et de la communauté internationale. « Les Iraniens sont dans une stratégie de fait accompli. Ils essaient de gagner du temps et prennent garde à ne jamais rompre eux-mêmes les négociations pour les faire durer le plus longtemps possible », affirme Camille Grand, directeur de la Fondation pour la recherche stratégique.
Négociation, sanctions. Si rien ne marche, l'option de dernier recours, celle de frappes militaires contre les installations nucléaires iraniennes, est toujours à l'étude au Pentagone et en Israël. Il y a quinze jours, une réunion dont rien n'a filtré, s'est tenue à Paris entre les chefs d'états majors des armées américaine, israélienne et française. Les experts évoquent deux options possibles : une frappe ciblée, à l'instar du bombardement israélien d'Osirak, dans l'Irak de Saddam Hussein, en 1981, qui permettrait de retarder le programme nucléaire ; ou une campagne aérienne plus lourde, comme celle qui a été menée au Kosovo en 1999, qui viserait à faire plier le régime pour le forcer à négocier, mais qui risquerait aussi de le radicaliser et de provoquer une levée de boucliers dans le monde musulman.
Autre solution : que la communauté internationale se résigne à vivre avec un Iran nucléaire. Le danger serait alors de voir d'autres pays, notamment l'Arabie saoudite, la Turquie et l'Égypte, se lancer dans la course à la bombe atomique. «La possession de l'arme nucléaire par l'Iran serait le coup d'envoi de la prolifération nucléaire dans l'ensemble de la région», prévient Frédéric Tellier, spécialiste de l'Iran à l'International Crisis Group. (Source Le Figaro)
Article inédit — Novembre 2007
Source Le Monde Diplomatique
Le Proche-Orient remodelé
Du chaos irakien à l’escalade contre l’Iran
Proclamer que la troisième guerre mondiale a commencé est une chose ; identifier le « nouvel Hitler » en est une autre. Depuis le 11-Septembre, le président George W. Bush a successivement désigné comme adversaire Al-Qaida, l’« axe du Mal », la prolifération des armes de destruction massive, le fascisme islamique, parfois un panachage de tous ces ingrédients. Désormais, le rôle vedette du « méchant » est tenu par l’Iran et incarné par le président Mahmoud Ahmadinejad et ses déclarations provocatrices.
Par Alain Gresh
« Notre problème avec le gouvernement iranien ne concerne pas seulement l’Iran, explique M. Nicholas Burns, le sous-secrétaire d’Etat américain (1), mais ce que fait ce pays dans le Grand Moyen-Orient. Cette région occupe l’essentiel du temps de notre administration et du Congrès (...), et nous devons inscrire l’Iran dans le contexte de ce que nous faisons au Moyen-Orient et dans le monde. Nous pensons que l’Iran est un défi pour notre génération. Ce n’est pas un défi épisodique ou passager, il sera au centre de notre politique étrangère en 2010, en 2012 et probablement en 2020. »
Bien qu’étant un des principaux pays exportateurs de pétrole, l’Iran constitue-t-il vraiment cette hydre patibulaire que dénonce Washington (2) ? Certes, ses dépenses militaires ont considérablement augmenté depuis le début de la décennie, mais son armée reste sous-équipée. S’il est vrai que l’éclatement de l’Irak a, mécaniquement, augmenté le poids relatif de l’Iran, à qui la faute ? L’existence d’un clergé chiite transnational peut être un atout (certains chiites irakiens ou libanais font allégeance à un ayatollah iranien), mais aussi une faiblesse (l’inverse est vrai, et de nombreux chiites iraniens « suivent » un ayatollah irakien ou libanais) ; de plus, le clergé chiite est divisé, notamment sur le principe fondamental du pouvoir iranien actuel, le velayat-e-faqih (« gouvernement du docte »), qui donne au guide de la révolution (hier l’ayatollah Ruhallah Khomeiny, aujourd’hui l’ayatollah Ali Khamenei) un pouvoir absolu. Sans même s’attarder sur cette dimension religieuse, la division de la scène politique iranienne n’est pas un facteur de force.
Et l’arme nucléaire ? Dès le début des années 1990, plusieurs rapports américains annonçaient que l’Iran disposerait de la bombe dans les deux ou trois années à venir (3) ; régulièrement démenties, ces prévisions sont toujours « actualisées » : c’était vrai en 1991, en 1995, en 2000, cela reste vrai aujourd’hui. Pourtant l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a répété à plusieurs reprises que, malgré les tentatives de Téhéran pour échapper à certains contrôles, rien ne prouvait l’existence d’un programme militaire iranien.
Supposons même que ce pays se dote demain de l’arme nucléaire, que se passerait-il ? Interrogé en janvier 2007, le président Jacques Chirac faisait un constat d’évidence, qui devait provoquer quelques controverses et une mise au point embarrassée de l’Elysée : « Où l’Iran enverrait-il cette bombe ? Sur Israël ? Elle n’aura pas fait deux cents mètres dans l’atmosphère que Téhéran sera rasée. (...) Si l’Iran possédait une bombe nucléaire et si elle était lancée, elle serait immédiatement détruite avant de quitter le ciel iranien. Il y aurait inévitablement des mesures de rétorsion et de coercition. C’est tout le système de la dissuasion nucléaire (4). » En revanche, comme le soulignait le chef de l’Etat français, la possession par l’Iran de l’arme nucléaire accélérerait la prolifération dans la région. Déjà, les pays du Conseil de coopération du Golfe (5) et l’Egypte ont annoncé leur volonté de développer l’énergie nucléaire civile. L’objectif d’un Proche-Orient débarrassé de l’arme nucléaire devrait rester une priorité, à condition, bien évidemment, d’y inclure tous les pays, y compris Israël, qui fut le premier Etat à l’introduire dans la région.
Aux Etats-Unis, pourtant, règne une vision manichéenne. Le pouvoir iranien, comme hier celui de Gamal Abdel Nasser ou de Saddam Hussein, est qualifié d’irrationnel : auprès du président Ahmadinejad, le concept de dissuasion ne saurait fonctionner. Ainsi a-t-on entendu l’universitaire Bernard Lewis, qui a servi de caution « orientaliste » à l’intervention américaine en Irak, annoncer le plus sérieusement du monde que Téhéran s’apprêtait à lancer une bombe atomique (qu’il n’a pas !) sur Israël le 22 août 2006 car ce jour correspond, dans le calendrier musulman, au voyage que fit le prophète Mahomet à Jérusalem puis au ciel, le président iranien pensant que l’apocalypse accélérera le retour de l’« imam caché » (6). « Cela pourrait bien, écrivait Lewis, être une date appropriée pour la destruction apocalyptique de l’Etat d’Israël et, si nécessaire, du monde. Il est loin d’être acquis que M. Ahmadinejad prévoit de tels cataclysmes pour le 22 août. Mais il serait sage de garder cette possibilité en tête (7). » Ce type de délire est largement répandu à Washington, où, depuis la révolution islamique, l’hostilité à l’Iran est viscérale.
Cette phobie se traduit par un discours de plus en plus agressif de la Maison Blanche, mais aussi de la plupart des candidats à l’élection présidentielle américaine, démocrates et républicains (8), à l’égard de l’Iran, accusé d’être derrière la « subversion », en Irak comme en Afghanistan. Cette analyse a été reprise par M. Bernard Kouchner, ministre français des affaires étrangères : l’Iran fait « tout » en Irak, transformant ce pays en territoire d’exercice « rêvé (9) ». Et Paris se distingue désormais de ses partenaires européens par ses positions jusqu’au-boutistes, réclamant plus de sanctions contre Téhéran et s’alignant sur Washington au moment même où chacun peut mesurer l’échec de la guerre américaine contre le terrorisme.
Dans le cadre de sa stratégie, Washington a intensifié son aide aux « minorités » – kurdes, arabes, azéris et baloutches (10). La fragmentation irakienne va-t-elle s’étendre à l’Iran ? Cette politique n’est pas sans susciter de surprenantes contorsions. Ainsi, alors que le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) turc est inscrit sur la liste des organisations terroristes, une délégation du Parti pour une vie libre au Kurdistan (Pejak) – organisation sœur du PKK en Iran –, conduite par son leader Rahman Haj-Ahmadi, était reçue à Washington en août 2007 (11) !
Ce n’est pas la seule contradiction de la stratégie anti-iranienne que tente de mettre sur pied la Maison Blanche avec la création d’un front commun enrôlant les pays modérés du Golfe, l’Egypte, la Jordanie et Israël – et au renforcement duquel devrait contribuer la conférence d’Annapolis sur la paix israélo-palestinienne (lire l’encadré de Dominique Vidal, page 14). Washington a ainsi, directement ou indirectement, intensifié l’aide à des groupes fondamentalistes sunnites, y compris à des extrémistes proches d’Al-Qaida, pour lutter contre les chiites (12).
A un an de l’élection présidentielle américaine, à seize mois de la fin du mandat de M. Bush, le risque est grand de voir celui-ci tenté par une fuite en avant, par une opération militaire contre
l’Iran qui effacerait ses déboires en Irak. A l’automne 2006, au terme de quatre années passées comme ambassadeur d’Israël à Washington, M. Dani Ayalon était interrogé pour savoir si un président aussi impopulaire pouvait prendre une telle décision : « Oui, je le crois. Vous devez connaître l’homme. J’étais privilégié et je le considère comme un ami personnel. Les gens qui le connaissent savent qu’il est très déterminé. Il est sûr de la suprématie morale des démocraties sur les dictatures. (...) Pour lui, les ayatollahs avec des bombes nucléaires, c’est une combinaison intolérable qui menace l’ordre du monde, c’est pour cela qu’il ne laissera pas cela arriver (13). » Alain Gresh.
Nouvelle manifestation réprimée à Téhéran
La chape de plomb qui s'abat sur Téhéran peine à avoir raison des manifestants. Ils ont à nouveau bravé l'interdit, mardi, en descendant dans les rues de la capitale.
L'occasion était symbolique. Elle coïncidait avec la commémoration d'une journée de soutien populaire, en 1952, à la nationalisation du pétrole, un an avant le coup d'État anglo-américain contre Mohammad Mossadegh, le premier ministre de l'époque.Mais plusieurs témoins, contactés en Iran, rapportent de nombreux accrochages et plusieurs arrestations, notamment sur la place Haft-é Tir.
Plus tôt, dans la journée, le chef de la police iranienne avait accusé les opposants d'«incitation à la sédition», en référence aux manifestations qui ont suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad. «Certaines personnes qui ne sont pas parvenues à atteindre leur objectif électoral ont semé le doute (sur les résultats du scrutin) de différentes manières et ont transformé cela en une incitation à la sédition», avait déclaré Esmail Ahmadi Moghaddam. Delphine Minoui 090721
"You could make him a blond and shave his whiskers,
put him in a zoot suit and I'd still spot him"
Former US hostage Chuck Scott
Preuve que l'opposition n'a pas abdiqué malgré la reprise en main du pouvoir après d'importantes manifestations de rue, les attaques et les critiques contre le régime se sont multipliées sur internet, deux jours après la confirmation de l'élection de Mahmoud Ahmadinejad par le Conseil des gardiens.
"Il est de notre responsabilité historique de poursuivre nos manifestations et de ne pas abandonner nos efforts pour préserver les droits de la nation", écrit sur son site Mirhossein Moussavi, qui exhorte les autorités à relâcher les "enfants de la révolution" emprisonnés lors des manifestations. Dans un communiqué mis en ligne mardi soir sur le site de son parti, Mehdi Karoubi, candidat réformateur arrivé en dernière position, en appelle à la préservation de "l'unité révolutionnaire" et dénonce des "forces visibles et invisibles" hostiles au changement.
"Je ne considère pas ce gouvernement comme légitime et je poursuivrai mon combat (...) en utilisant tous les moyens, et je suis prêt à coopérer avec les personnes et les groupes favorables à la réforme", ajoute-t-il, appelant à la libération des "milliers" de personnes arrêtées.
Le Front de participation à l'Iran islamique, un parti modéré, dit de son côté sur son site internet que l'élection du 12 juin relève du "coup d'Etat" et que le résultat en est "inacceptable".
L'UE JUGÉE INAPTE À DISCUTER DU NUCLÉAIRE La police iranienne a déclaré que 1.032 personnes avaient été interpellées à Téhéran lors des troubles post-électoraux et que la plupart d'entre elles avaient depuis été libérées. "Ceux qui sont toujours en détention ont été déférés devant des tribunaux publics et révolutionnaires de Téhéran", a précisé le chef de la police iranienne, Ismail Ahmadi-Moghaddam, cité par l'agence de presse Fars. Il a ajouté que 20 "émeutiers" avaient été tués et un demi-millier de policiers blessés.
Selon le collectif américain Campagne internationale pour les droits de l'homme en Iran, qui s'appuie sur des informations en provenance d'Iran, la répression de la contestation a conduit à l'interpellation de 2.000 personnes, dont des figures de l'opposition, des enseignants, des journalistes, des étudiants et des manifestants.
Sur le front diplomatique, le chef d'état-major des forces armées iraniennes a déclaré que l'Union européenne n'était plus qualifiée pour discuter avec Téhéran de son programme nucléaire du fait des ingérences de certains de ses Etats membres dans les affaires intérieures.
"Avant qu'ils ne présentent leurs excuses pour leur énorme erreur, ils n'auront aucun droit à parler de négociations en matière nucléaire", a déclaré Hassan Firouzabadi, cité par l'agence de presse Fars. Les Européens, comme les Etats-Unis, soupçonnent Téhéran de chercher à se doter de la bombe atomique sous couvert de programmes nucléaires civils.
Depuis le début de la crise, en 2002-2003, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne sont particulièrement impliquées dans la recherche d'une solution et les trois pays européens forment avec les Etats-Unis, la Russie et la Chine le groupe dit du "P5+1" qui tente de régler le problème sous l'égide de l'Onu.
Les Occidentaux ont proposé à Téhéran un gel des sanctions frappant la république islamique en échange d'un gel des activités d'enrichissement de l'uranium, une offre rejetée fin mai par Mahmoud Ahmadinejad.
Alors que les tensions entre l'Iran et la Grande-Bretagne restent vives, le ministre suédois des Affaires étrangères, Carl Bildt, dont le pays assume la présidence tournante de l'UE, a déclaré à Reuters qu'il était dans l'intérêt mutuel de Téhéran et des capitales européennes de préserver leurs relations diplomatiques et de poursuivre le dialogue.
Par ailleurs, Mahmoud Ahmadinejad a annulé un déplacement en Libye pour un sommet de l'Union africaine. Son entourage n'a donné aucune explication mais un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré que son agenda était trop chargé.
Jean-Stéphane Brosse, Henri-Pierre André et Clément Dossin
La colère gronde aujourd'hui dans la capitale iranienne.
Téhéran est, depuis trois jours, le théâtre
des plus spectaculaires manifestations
depuis la révolution islamique de 1979.
090616
Ketab Bookshop, Los Angeles
A hub for lively discussions on sanctions and military action against Tehran ...
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Washington n'envoie pas de signaux assez clairs à Téhéran selon Mahmoud Ahmadinejad
Les Etats-Unis n'ont pas adressé à l'Iran des signes suffisants de leur volonté d'améliorer leurs relations avec Téhéran, estime le président iranien Mahmoud Ahmadinejad dans un entretien diffusé dimanche.
Le président Barack Obama a annoncé après son investiture sa volonté d'ouvrir des discussions avec l'Iran et il a adressé en mars dernier au peuple iranien un message vidéo exprimant son souhait d'améliorer les relations entre les deux pays. Source AP
Nicolas Sarkozy menace l'Iran "d'accroître les sanctions dans tous les domaines"
"La communauté internationale ne peut pas accepter que l'Iran se dote de l'arme nucléaire", a réaffirmé mercredi Nicolas Sarkozy, menaçant "d'accroître les sanctions dans tous les domaines" si Téhéran ne répond pas aux exigences internationales.
"Rejoints par les Etats-Unis, la Russie et la Chine, les Européens doivent maintenir le cap avec détermination et, faute de réponse de l'Iran, accroître les sanctions dans tous les domaines", a lancé le président français dans un discours aux ambassadeurs français. "Tout doit être mis en oeuvre pour convaincre Téhéran de privilégier la coopération sur l'isolement et sur la confrontation."
"Personne n'a de meilleure stratégie à proposer et, si nous devions échouer, chacun connaît l'alternative catastrophique devant laquelle le monde serait placé (...) : la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran", a-t-il justifié. "Personne ne souhaite que nous aboutissions à cette catastrophe", a-t-il affirmé, appelant les dirigeants iraniens à faire le choix du dialogue. AP
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Extrait de l'Allocution de M. Nicolas SARKOZY,
Président de la République,
à l'occasion de la conférence des Ambassadeurs.
Palais de l'Élysée, Paris, le 27 août 2007
"Quatrième crise, au confluent des trois autres : l'Iran. La France maintient avec ses dirigeants un dialogue sans complaisance, qui s'est avéré utile en plusieurs occasions. La France a pris l'initiative, avec l'Allemagne et le Royaume-Uni, d'une négociation où l'Europe joue un rôle central, rejointe par les Etats-Unis, la Russie et la Chine. Les paramètres en sont connus ; je n'y reviens pas, sinon pour réaffirmer qu'un Iran doté de l'arme nucléaire est pour moi inacceptable, et souligner l'entière détermination de la France dans la démarche actuelle alliant sanctions croissantes mais aussi ouverture si l'Iran fait le choix de respecter ses obligations. Cette démarche est la seule qui puisse nous permettre d'échapper à une alternative catastrophique : la bombe iranienne ou le bombardement de l'Iran. Cette quatrième crise est sans doute la plus grave qui pèse aujourd'hui sur l'ordre international".
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"L'Iran et Gazprom signent un accord de coopération énergétique"
AFP - 080713 / TEHERAN (AFP) - Téhéran et le géant russe Gazprom ont conclu dimanche un accord de coopération pour le développement des champs gaziers et pétroliers iraniens, quelques jours après que le groupe français Total eut jugé trop risqué politiquement d'investir en Iran